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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 15:55

Le Figaro
Ci-gît la réforme territoriale

YVES THRÉARD

Les Français appelés à voter aux élections départementales des 22 et 29 mars vont s’exprimer sans même savoir quelles seront les compétences de cet échelon territorial. Celles-ci doivent être précisées d’ici à la fin de l’année, quand la grande réforme du fameux « millefeuille » sera définitivement adoptée par le Parlement. Mais qu’ils se rassurent : il y a peu de chances pour que les pouvoirs de l’assemblée départementale - principalement la gestion des collèges et celle des aides sociales - s’en trouvent bouleversés. Le big bang annoncé des collectivités locales n’aura pas lieu.

Certes, le nombre des régions métropolitaines est passé de 22 à 13, mais la France va rester la France, avec ses 36 769 communes, 15 903 syndicats intercommunaux, 101 départements, auxquels s’ajoutent désormais, ici ou là, des métropoles.

Il était question de simplifier. Résultat : le « millefeuille » sera encore plus indigeste. Ci-gît la réforme territoriale. Son histoire résume, illustre, traduit jusqu’à la caricature le syndrome français de l’immobilisme. Curieux pays qui se vante d’avoir fait la Révolution, mais qui est aujourd’hui incapable de se remettre en question. Curieux pays que cette nation ankylosée, étouffée par ses traditions, ses clientélismes, ses syndicats, otage d’un personnel politique qui dit une chose et fait le contraire, qui promet puis se dédit, qui parle fort avant de se dérober sur la pointe des pieds. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les électeurs boudent les urnes ou renversent la table en poussant un coup de gueule. La défiance est totale.

Cette réforme territoriale, donc, devait tout changer. François Hollande et Manuel Valls avaient promis moins de régions, la suppression des départements et une meilleure répartition des compétences entre chaque collectivité. Le souci de rationalisation étant partagé par quasiment tout le monde, à droite comme à gauche, l’affaire semblait aller de soi. L’autre objectif - tailler dans les dépenses publiques pour enregistrer quelque 12 milliards d’économies - faisait aussi l’unanimité.

Ces belles et louables ambitions resteront des souvenirs car le dossier a été mené en dépit du bon sens. Les socialistes auraient pu reprendre, pour l’améliorer, la réforme engagée par la droite avant eux : elle consistait à fusionner les conseillers généraux et régionaux. Ils l’ont abrogée en arrivant au pouvoir sans raison valable, par pur antisarkozysme. Elle participait pourtant du même état d’esprit que la leur.

Ce texte prévoyait aussi la suppression de la clause de compétence générale des collectivités. Qu’ont fait les socialistes ? Ils l’ont rétablie début 2014 pour finalement, quelques semaines plus tard seulement, revenir sur leur décision. Un vrai travail de gribouille ! Quant à l’estimation des économies annoncées haut et fort, elle était digne de Mme Irma : un jour, plus de 20 milliards, le lendemain, moitié moins. De toute manière, avant de s’attaquer aux territoires, mieux vaut se concentrer sur la réforme de l’État pour en préciser les missions et savoir lesquelles déléguer. La méthode est donc mauvaise.

Au bout du compte, la non-réforme des collectivités territoriales, qui aura fait couler beaucoup d’encre et divisé, à droite et à gauche, coûtera peut-être plus cher que si rien n’avait été entrepris. Elle aura aussi montré, comme la loi Macron, que les responsables politiques français sont champions pour se noyer dans un verre d’eau. Leur cas relève de la psychanalyse.

 

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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