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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:23

Le vice-président de l’institut Presaje* en appelle à un sursaut de la responsabilité individuelle.

À la culture de l’excuse il faut ajouter désormais la religion des “droits à...”

Pourquoi le ciel est-il tombé sur nos têtes insuffisamment emmitouflées en ce mois de mars ? À qui la faute ? À la nature qui « reprend ses droits », comme on le dit souvent ? À la météo ? Aux divers responsables des transports qui se sont laissés surprendre par cet enneigement ravageur ?

Il est évidemment trop tôt pour prononcer des sentences péremptoires, avec tous les risques d’injustice que cela comporterait. Mais il faudra bien, le moment venu, faire les comptes. Et ne pas se borner, comme il y a deux ans, à invoquer l’épaisseur inhabituelle des flocons ! Le problème, c’est que la recherche de responsabilité (la vraie, l’individuelle) a largement dérivé, ces dernières années, au profit d’un concept plus « adapté », si l’on peut dire : le concept de « responsabilité collective. »

L’ennui,

c’est que ce report sur la responsabilité dite collective ne constitue nullement un cas isolé : il prolifère. Même question pour l’autre affaire installée à la une des journaux : l’affaire de la viande de cheval. Encore une fois, évitons les conclusions prématurées. Mais on peut déjà se demander comment on a pu laisser s’incruster, tranquillement, une somme incroyable de « vices cachés » dans la filière agroalimentaire. La réponse n’est ni technique ni même juridique, mais « sociétale » : l’impératif de responsabilité n’occupe plus la place qu’il devrait occuper, chez les acteurs économiques comme chez les « contrôleurs » de tout acabit. On connaît l’échappatoire habituelle : l’inculpé dira le plus souvent « qu’il ne savait pas ». Ce qui est exactement le contraire de ce que nous enseigne notre socle culturel gréco-latin. « Le coupable est responsable de son ignorance » , disait Aristote.

Souvenons-nous de l’affaire Laetitia, début 2011. En Loire-Atlantique, suite à l’élargissement imprudent d’un détenu réputé notoirement dangereux, les inspecteurs chargés de l’enquête durant les premières semaines de « l’affaire » ont affirmé qu’ils avaient bien repéré des erreurs, mais que la responsabilité des « dysfonctionnements » était collective. Comment ne pas comprendre la perplexité qui s’installait alors chez nos concitoyens ? cause le système de sécurité (comme s’il n’y avait pas de hiérarchie en charge) cela ressemble fort à un déni de responsabilité.

Transportons-nous dans le domaine de la sécurité, débouchant fréquemment sur les juridictions pénales. L’auteur libéral Alain Laurent a trouvé un allié inespéré en la personne de Lionel Jospin, stigmatisant le recours aux excuses « sociologiques » à propos de la délinquance des banlieues : « On peut dire que c’est le chômage, le cadre urbain ou le défaut d’intégration, mais cela ne supprime pas la responsabilité individuelle. »

Cette déclaration date de 1999. Le virus de l’excuse a-t-il régressé depuis lors ? Non, il gagne maintenant le domaine politique. La disparition récente de Stéphane Hessel a suscité un petit sursaut médiatique à son fameux opuscule sur les « indignés ». Sans nier l’aspect initialement sympathique de ce cri, force est de constater qu’il a rapidement dégénéré en une énumération de tous les maux affligeant ou menaçant les opprimés, les sans-papiers, les sous-payés, et de façon générale toutes les « victimes » de la société capitaliste, sans autre précision. Sauf quand il s’agit des terroristes - immigrés ou non - vis-à-vis desquels nous ne sommes pas gentils : l’auteur nous incite à mieux comprendre leur colère et ses débordements !..

Nous atteignons là le sommet de ce que Pascal Bruckner dénonce fréquemment et fort opportunément la « culture de l’excuse » . Qu’il s’agisse de la responsabilité civile, sociale, pénale ou politique, le déclin du concept de responsabilité est patent. Initialement conçu comme le truchement principal de l’« autonomie de la volonté » si cher à Emmanuel Kant, notre droit tend désormais à privilégier la responsabilité collective… et distributive.

vie professionnelle n’est pas satisfaisante ? C’est la faute à la société. L’Assurance-maladie est gravement déficitaire ? Qu’y puis-je ? N’ai-je pas droit à la santé ? Et le défilé aux guichets s’allonge jour après jour : droit à l’éducation, droit au repos, plus récemment droit à l’enfant… À l’évidence, le consommateur moyen ne fait aucun rapprochement entre sa dépense et l’équilibre des comptes macroéconomiques. À la culture de l’excuse il faut ajouter désormais la religion des « droits à… »

La responsabilité ne figure pas au fronton des mairies. Mais qui peut nier son rôle irremplaçable dans le maintien de notre tradition républicaine ?

Restaurons-la ! *Prospective, recherches et études appliquées à la justice et l’économie

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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