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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 14:50

Le Point

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Tout est parti de la CFDT : vouloir compenser le travail "pénible" de certains salariés en leur donnant des avantages spécifiques comme de prendre leur retraite plus tôt "afin que l'injustice de la différence d'espérance de vie liée à la pénibilité du travail soit réparée". Un peu comme les 35 heures : continuer à faire 39 heures par semaine, mais en contrepartie d'un droit nouveau à des RTT. Dans les deux cas, un "progrès social", mais au détriment des entrepreneurs chargés de le financer, avec en arrière-plan des 35 heures l'utopie du "partage du travail" pour lutter contre le chômage.

Sur les retraites, le débat avait été bêtement installé en 2008 par le gaulliste "social" François Fillon qui avait accepté de définir certains facteurs de pénibilité pouvant être pris en compte dans le régime de retraite, mais sous condition expresse d'avis médicaux afin d'empêcher les abus. Une nouvelle boîte de Pandore avait ainsi été ouverte et un nouveau droit avait été créé dans la logique des régimes spéciaux. Funeste erreur.

Un coût de 2 milliards d'euros

La gauche revenue au pouvoir, la CFDT n'a eu de cesse de vouloir encore plus - toujours plus ! - et a fini par obtenir le maximum avec la création d'un "compte pénibilité", le patronat étant mis dans l'impossibilité de s'y opposer. Et pour faire bonne mesure, comme pour les 35 heures, les technocrates ont pondu une nouvelle usine à gaz quasiment impossible à appliquer.

Pour commencer, seul le privé est concerné - cela ne va pas durer, les syndicats se léchant déjà les babines sur la notion du "stress" dans la fonction publique - et seuls les employeurs privés devront s'acquitter des cotisations prévues qui vont s'ajouter à la cotisation "accident du travail", actuellement de 3,3 % en moyenne. Résultat : encore plus de taxes sur le travail et une ligne de plus à ajouter sur les fiches de paye ! L'étude d'impact estime le coût de cette mesure à 2 milliards d'euros, ce qui semble largement sous-évalué.

"Une machine à broyer les entreprises et l'emploi"

Dans la pratique, les salariés effectuant des tâches "pénibles" - 1 million seraient concernés en 2015 et 3 millions en 2016 - pourront réduire leur temps de travail, se former pour changer de poste et surtout partir jusqu'à deux ans plus tôt à la retraite. Le système consiste à engranger des points cumulables selon le niveau de dépendance aux dix critères de pénibilité retenus. Pour bien compliquer le tout, on a supprimé le contrôle médical qui était obligatoire depuis 2008, mais considéré comme un acte de méfiance à l'égard des intéressés. Les chefs d'entreprise devront donc se débrouiller avec leurs salariés et avec toutes les possibilités de conflits internes qu'on peut imaginer. Ils devront aussi se soumettre à de nouvelles contraintes administratives fastidieuses - "l'impôt papier" - pour chacun de leurs salariés concernés : "Un dispositif à la complexité kafkaïenne, source d'augmentation du coût du travail et d'insécurité juridique", selon Thibault Lanxade, du Medef.

Dans le secteur du bâtiment, le premier touché, le président de la FFB, Jacques Chanut, affirme qu'il s'agit d'un "incroyable casse-tête pour les entreprises, déjà assaillies par des normes et obligations de toutes parts ! Il est coûteux, complexe et destructeur d'emplois." Quant à Stanislas de Bentzmann, le président de Croissance Plus, il n'y est pas allé par quatre chemins, déclarant dans une interview au journal L'Opinion le 30 juin dernier : "Le compte pénibilité est une catastrophe économique annoncée, [...] une machine à broyer les entreprises et l'emploi [...]. En l'état, le gouvernement a fabriqué un monstre."

Passage en force

Ce qui est également violent, dans ce dossier, c'est la façon dont le gouvernement s'y est pris pour le faire aboutir, utilisant la seule voie de l'autoritarisme. Les syndicats d'employeurs, totalement opposés au principe même de ce compte pénibilité, n'ont rien pu faire pour l'empêcher, n'étant pas considérés comme de réels "partenaires sociaux", contrairement à la CFDT, la CGT ou FO. Ils n'ont pu obtenir qu'un report en 2016 de l'application de six des dix points de la réforme, les quatre autres entrant en vigueur dès le 1er janvier 2015. Ils pensaient avoir gagné un peu de temps pour rediscuter. Or, sans prévenir, le gouvernement a fermé la porte à toute négociation future en publiant d'un coup, le 9 octobre, le décret concernant les dix critères de pénibilité, gravant ainsi dans le marbre étatique l'ensemble du dispositif et signifiant aux chefs d'entreprise : "Circulez, il n'y a plus rien à voir ! La discussion est terminée."

"Un communisme mou"

Exactement comme pour la loi de 1998 sur les 35 heures, que Martine Aubry avait fait passer en force. À l'époque, le premier à la féliciter avait d'ailleurs été François Hollande, au nom du Parti socialiste qu'il dirigeait (cf. La Dame des 35 heures par Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoit, Robert Laffont, 2002). On avait chanté "L'Internationale" dans les ministères et le Premier ministre, Lionel Jospin, avait déclaré à la tribune de l'Assemblée : "Je renoncerai aux 35 heures quand le patronat renoncera aux licenciements." Du pur trotskisme !

L'utopie et l'idéologie ont à nouveau pris le pas sur la réalité économique et le pragmatisme social. Les entreprises et les Français n'ont pas fini de souffrir, car un pays qui est déjà confiné dans un "communisme mou", comme le signalait Franz-Olivier Giesbert dans son édito du 9 octobre, et qui est dirigé par des technocrates inconséquents et des syndicalistes marxistes ou utopiques, n'a pratiquement plus aucune chance de pouvoir s'en sortir

 

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

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