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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 09:29

Le 29 novembre 2013                

       

Dans le cadre des discussions sur le « métier enseignant », Vincent Peillon a proposé de baisser le nombre d’heures de cours pour les enseignants en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire). On ne peut qu’approuver l’idée de soulager le service des professeurs intervenant dans les établissements les plus difficiles. À situations différentes, conditions différentes. Sauf que les finances de l’État étant ce qu’elles sont, ce qu’on donne à l’un doit être pris à l’autre. Le ministre de l’Éducation nationale propose donc d’augmenter de fait les obligations de service des professeurs des CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Écoles) : en clair, alourdir leur travail ou diminuer leur salaire.

Les CPGE sont les fleurons de notre système éducatif. Elles reçoivent les meilleurs bacheliers de France, les font travailler dur pendant deux ans (trois en cas de redoublement) pour leur permettre d’intégrer les écoles prestigieuses qui forment l’élite de notre pays : Polytechnique, École Normale Supérieure, HEC (Hautes Études Commerciales), etc. Ceux qui n’y arrivent pas ont du moins l’avantage d’avoir acquis une culture et des méthodes de travail qui leur permettent de réussir brillamment masters, doctorats, diplômes d’ingénieurs ou concours divers. Les seuls critères de recrutement et de réussite sont le talent et le travail. Nos plus grands scientifiques, politiques, chefs d’entreprise sont passés par cette formation, parfois venant de milieux modestes.

Cette réussite tient aussi à la qualité des enseignants et à leur investissement. Leur demander plus de travail ou de perdre en salaire ne peut que les décourager et affaiblir une filière d’excellence qui a fait ses preuves. Pour répondre à la grogne des enseignants de CPGE, Vincent Peillon évoque le conservatisme. Il y a pourtant des conservatismes plus criants, dans certaines entreprises publiques ou dans la haute administration qui entoure les ministres… Sur Radio J, il a déclaré : « On met beau­coup moins d’argent public là où il y a pourtant les plus grandes difficultés, que là où il y a les plus belles réussites. Est-ce que c’est juste ? Ça ne l’est pas. »

Mais s’il y a de « belles réussites », n’est-ce pas parce qu’on y a mis de l’argent ? La justice n’est-elle pas de favoriser ce qui permet la réussite, quel que soit le milieu social d’origine, plutôt que mettre de l’argent dans des dispositifs dont l’efficacité est pour le moins douteuse ? Ces déclarations dévoilent une idéologie que M. Peillon n’est hélas ni le premier ni le seul à porter : le peuple que nos dirigeants aiment, c’est celui qui reste à sa place, tout en bas, et qu’on endort à grand renfort de jeux, de télévision, de subventions à des activités ludiques. Mais ne surtout pas lui permettre d’accéder à la culture, à la réussite ; il risquerait de penser ou de prendre la place de la nomenklatura. En somme rien de bien neuf depuis la Rome décadente.

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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