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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 09:59

25 févr. 2012

Le Figaro

Klaus F. Zimmermann

L’économiste allemand, professeur à l’université de Bonn, considère que le programme économique du candidat socialiste n’entraîne pas la France dans la bonne direction.

La Banque mondiale a clairement déclaré que dans certains pays comme la France, le coût du travail est trop élevé, compte tenu de la diminution du temps de travail et du nombre trop généreux de jours de congé

Les réformes du marché du travail récemment annoncées par l’italie et l’espagne auraient dû intervenir il y a longtemps, mais elles placent ces pays sur la voie d’un avenir plus prospère. L’irlande est également en train de prendre les bonnes mesures. Ces initiatives doivent être saluées car elles sont bénéfiques pour toute l’europe.

Dans ce contexte, il serait regrettable que la France et son probable futur président François Hollande s’engagent dans la direction opposée, annulant ainsi les gains des réformes, pourtant timides, menées par Nicolas Sarkozy durant son mandat.

Si le candidat du Parti socialiste est élu et respecte ses engagements, son pays risque d’être rapidement perçu comme l’italie d’avant Mario Monti. Certes, M. Hollande a évoqué les réformes du marché du travail engagées voilà plus de dix ans par l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Ces mesures, mises en oeuvre par l’allemagne, ont montré qu’en pleine crise économique, le chômage pouvait être réduit, même dans une économie au coût de main-d’oeuvre élevé. Mais François Hollande ne semble pas comprendre que le fait de s’appuyer sur de nouvelles hausses d’impôts n’était justement pas la solution adoptée par ceux dont il partage les idées, les sociaux-démocrates allemands. M. Schröder avait bien compris qu’afin qu’une économie progresse, la part des dépenses publiques dans le PNB ne devait pas augmenter. Un conservateur aurait eu beaucoup plus de mal à faire passer ce message.

Les sociaux-démocrates allemands ont mené une expérience économique audacieuse : ils ont montré que des partis de gauche étaient capables de restructurer et de redynamiser l’économie, en réduisant les prestations ainsi que le rôle de l’état dans l’économie. S’il y a une leçon que François Hollande doit retenir, c’est bien celle-ci, d’autant que la part du secteur public dans l’économie est beaucoup plus élevée en France qu’en Allemagne. Au lieu de cela, il opte pour une solution singulière, propre à la France, affirmant que les lois économiques qui sont applicables dans d’autres pays ne le sont pas dans le sien.

Cela est d’autant plus regrettable qu’une France qui se dirige dans la mauvaise direction, une France qui veut renégocier le pacte budgétaire européen et une France qui ne corrige pas les choix qu’elle a faits ne peut au minimum que retarder le processus de réforme européen. Il en ira de même de la croissance et de l’emploi. Au pire, elle risque de paralyser la BCE, qui à de nombreux égards est le véritable moteur de l’intégration européenne.

Tout cela serait doublement dommageable au moment où Nicolas Sarkozy, donnant un exemple sans précédent de coopération transnationale, vient de faire sienne, à la télévision française, la conception allemande des affaires économiques et sociales. Angela Merkel, pour sa part, faisant fi du protocole, se déclare prête à faire campagne aux côtés du président français pour aider à sa réélection.

Tous ceux qui connaissent les aléas de l’histoire franco-germanique reconnaîtront qu’il s’agit là d’un pari risqué. L’année prochaine, la France et l’allemagne célébreront le cinquantième anniversaire de leur traité d’amitié. La meilleure façon de renouveler ce lien privilégié serait pour M. Hollande, s’il est élu, de revoir sa politique.

Récemment la Banque mondiale, présidée par Bob Zoellick, plutôt critique envers la politique économique allemande, a clairement déclaré que dans certains pays comme la France, le coût du travail est trop élevé, compte tenu de la diminution du temps de travail et du nombre trop généreux de jours de congés accordés. Dans le cas de la France, cela va bien au-delà des cinq semaines de vacances. La Banque mondiale considère à juste titre que cette stratégie n’est pas viable dans une économie mondiale marquée par une concurrence internationale accrue.

Le pire dans les déclarations de François Hollande, c’est qu’elles vont probablement susciter de faux espoirs au sein de la population française. Sa critique de la finance est justifiée, mais celle-ci n’est pas responsable du manque de compétitivité française. Blâmer les banques est une chose, mais cela ne rend pas financièrement plus pertinente son intention d’abaisser l’âge de la retraite à 60 ans.

Si François Hollande examinait les choix faits par les sociaux-démocrates allemands il y a dix ans, il comprendrait qu’ils n’ont pas opté pour cette approche à la légère. Les réformes furent très douloureuses et certaines le sont toujours. Mais il n’y avait aucune autre alternative. Un niveau de vie élevé doit se mériter et non pas simplement se revendiquer.

S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher aux Allemands, c’est d’être descendus de leur piédestal et d’avoir su s’adapter. On peut considérer que l’économie allemande, par le volume de ses exportations et la réussite des réformes du marché du travail, est la plus mondiale. D’après moi, c’est l’unique et véritable caractère du leadership allemand.

 

Plus la France tardera à adopter ce qui est non pas une vision allemande, mais une vision globale pour l’europe, plus cela risque de lui nuire tout comme au reste de l’europe. Les gouvernements réformistes italien et espagnol ne manqueront pas de souligner à la première occasion qu’ils sont largement en train de devancer la France. Ils ont déjà rattrapé leur retard en matière de flexibilité du marché du travail et bientôt, on espère, en termes de dynamisme économique.

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Published by voxpop - dans Politique

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