Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 09:18

  

Le Point.fr - Publié le 19/08/2014 à 06:43 - Modifié le 19/08/2014 à 07:15

Après avoir commis toutes les erreurs, Mitterrand nomme Fabius pour appliquer la rigueur. Hollande, jeune énarque, est déjà au coeur du réacteur.

  • Par Jean Nouailhac

 

 

Étrange année 1984. Trois ans après son élection du 10 mai 1981, François Mitterrand ne peut que constater les énormes dégâts de sa politique. Son Premier ministre, Pierre Mauroy, a mis en application le "programme commun de la gauche" sur lequel il a été élu ainsi que les "110 promesses" de sa campagne électorale. Il a nationalisé à tout-va et d'abord toutes les banques qui comptent et tous les plus importants groupes industriels français, réalisant ainsi les rêves les plus chers - mais à quel prix ! - du Parti communiste et de l'extrême gauche socialiste dont Mitterrand avait eu besoin pour se faire élire, tout comme Hollande a eu besoin de l'extrême gauche pour son élection de 2012.

Mauroy a fait voter la semaine de 39 heures, la cinquième semaine de congés payés et la retraite à 60 ans, augmenté le smic de 10 % et les allocations familiales de 25 %, et régularisé la quasi-totalité des sans-papiers. L'euro n'existe pas encore, on en est loin. L'inflation fait rage. Le franc s'effondre et sera dévalué à trois reprises pendant les trois premières années de la présidence Mitterrand ! Cet open bar français totalement démagogique est évidemment fortement critiqué par tous les experts économiques européens, mais le gendarme de Bruxelles n'existe pas encore.

En 1981, on compte 1,5 million de chômeurs. En 1986, ils seront 2,5 millions. C'est durant ces années de folles inventions fiscales qu'est créé cet impôt si destructeur "sur les grandes fortunes" qui prendra le nom d'ISF en 1988 et qui perdure encore aujourd'hui. Jacques Delors, le ministre des Finances, voit venir le danger de l'écroulement du pays et conseille à François Mitterrand de changer radicalement de politique. Le président, contraint et forcé, donne son accord.

Les communistes au bunker

Un premier plan de rigueur dit "plan Delors" est mis en place au printemps 1983. Aux élections européennes qui suivent, les socialistes reculent sévèrement, les communistes payent au prix fort leur participation au gouvernement et perdent la moitié de leurs voix, et le Front national monte à 11 %. La société civile commence à se révolter contre certaines lois et l'événement de l'année 1984 pour elle est l'abandon du projet de loi Savary, du nom du ministre de l'Éducation nationale qui voulait étrangler l'enseignement libre. Deux gigantesques manifestations en mars à Versailles - près d'un million de personnes - et en juin à Paris - beaucoup plus d'un million - font plier le gouvernement.

Le jeune Laurent Fabius qui était ministre depuis 1981, d'abord au Budget puis à l'Industrie, devient Premier ministre le 17 juillet 1984 à l'âge de 37 ans. Les communistes, après leur claque aux européennes, refusent cette fois de participer au gouvernement et s'en vont panser leurs blessures dans leur bunker de la place du Colonel-Fabien.

Trois modèles

Pendant cette année 1984, François Mitterrand aura l'occasion de rencontrer officiellement, en tête à tête, les chefs d'État ou de gouvernement de trois des pays les plus puissants du monde, à part la Russie et la Chine. Tous les trois des exemples économiques pour la France, mais il n'en sera rien : les États-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. En mars, il rend visite à Washington au président Ronald Reagan, l'homme qui avait critiqué ses opposants de gauche à la présidentielle en les épinglant ainsi : "Tout ce qui bouge, ils le taxent. Ce qui bouge encore, ils le réglementent. Tout ce qui ne bouge plus, ils le subventionnent." Exactement comme le faisaient les socialistes français à l'époque et comme ils continuent de le faire aujourd'hui.

En septembre, Mitterrand reçoit le chancelier Helmut Kohl au cimetière de Douaumont. Il lui tient la main pendant la Marseillaise et la photo de ce geste symbolique de la réconciliation franco-allemande fera le tour du monde. Trente ans plus tard, on peut constater à nos dépens où en est l'économie allemande par rapport à l'économie française !

Enfin, en octobre, il s'en va à Londres saluer la Dame de fer, Margaret Thatcher, en plein milieu de la grande grève des mineurs qui durera un an et se terminera en février 1985 par un retentissant K.-O. du syndicat communiste qui l'avait déclenchée pour des raisons politiques. Depuis lors, il n'y a plus de grèves politiques de l'extrême gauche en Grande-Bretagne, contrairement à la France qui en est encore à devoir supporter des grèves à répétition de fonctionnaires et de personnels protégés, grèves qui devraient leur être interdites depuis longtemps du fait justement de leur statut.

Hollande alors à la Cour des comptes

Cette année 1984 est doublement symbolique pour le pays : deux jeunes gens âgés de 30 et 29 ans, dévorés d'ambition, qui se sont connus à l'Ena et qui vivent ensemble, Ségolène Royal et François Hollande, ont la chance de pouvoir observer de près le coeur du réacteur politique français. Ségolène a un bureau depuis deux ans à l'Élysée où elle est "chargée de mission pour les affaires sociales". François, lui, après avoir été directeur de cabinet de Max Gallo, secrétaire d'État et porte-parole du gouvernement Mauroy, a rejoint la Cour des comptes où il est conseiller référendaire et où il se spécialisera, entre autres, en droit fiscal.

Trente ans ont passé. En cette rentrée 2014, Laurent Fabius - 68 ans le 20 août - a repris au Quai d'Orsay le cours de sa carrière à éclipses. François Hollande a fêté ses 60 ans le 12 août et ses deux premières années à l'Élysée auront marqué la France à jamais : il a eu tout faux comme Mitterrand à ses débuts de président et le pays est de nouveau au bord du gouffre, entièrement par sa faute. N'aurait-il rien appris en 1984 ?

 

Partager cet article
Repost0
Published by voxpop - dans La France en résistance

Bienvenue

  • : Le blog de voxpop
  • : Immigration en France : Etat des lieux, réflexion et charte de vote. La France en résistance
  • Contact

CHOISIR 

LA  FRANCE

 

RESISTANCE !

Capture-d-ecran--316-.png 

J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.

J'ai plus envie de relativiser. >>>>