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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 09:26

    
Le 1 décembre 2013
      BD Voltaire
Dominique Jamet
       
         

Son accès de franchise s’explique-t-il par le dépit de ne pas voir reconnu son rôle personnel ou par le seul souci de rétablir la vérité historique ? Quoi qu’il en soit, alors que sort sur les écrans un film qui célèbre le trentième anniversaire de la grande marche pour l’égalité et contre le racisme, Julien Dray – qui sait de quoi il parle – vend la mèche et rappelle que ce mouvement n’était pas tout à fait aussi libre ni pur de toute attache qu’on voudrait le faire croire aujourd’hui. Encore ne s’agissait-il que de coups de pouce et de coups de main. Le prodigieux succès de SOS Racisme, un an plus tard, doit beaucoup – sinon tout – au soutien idéologique et logistique du Parti socialiste – Georgina Dufoix et Françoise Gaspard –, à l’appui matériel et financier de l’Élysée – Jean-Louis Bianco –, au génie publicitaire et aux relations de Jacques Pilhan, et bien sûr à l’autorisation et à la caution de François Mitterrand. La carrière de l’homme à la petite main jaune, Harlem Désir, et d’un certain nombre de ses « potes », dont Julien Dray lui-même, ne relève pas exactement de la génération spontanée.

Les revendications parfaitement normales de ceux qu’on appelait les Beurs, ces Français, fils d’immigrés, qui attendaient de la société française qu’elle leur fît une place et qu’elle les aidât à l’occuper, la générosité instinctive et naïve de toute une jeunesse qui leur emboîtait le pas, tout cela était télécommandé, manipulé, canalisé, récupéré enfin par une machine de propagande et de communication bien rodée, parfaitement cynique et redoutablement efficace.

On eut l’occasion de le vérifier dès le 3 décembre 1983 lorsque la marche des Beurs regroupa au poteau d’arrivée – Paris – cent mille accompagnateurs. La mobilisation fut plus forte encore en 1990 lorsque, rassemblant dans une atmosphère d’union sacrée tous les partis politiques derrière le président de la République et le chef de l’opposition d’alors, des centaines de milliers de moutons indignés et panurgiques marchèrent de la République à la Bastille pour protester contre la profanation de tombes juives au cimetière de Carpentras, répugnant forfait attribué d’office – au faciès – au Front national.

Ils n’étaient que 25.000 ce samedi dans les rues de Paris, selon les organisateurs, et 4.000 selon la police dont les chiffres, en l’occurrence, semblent plus dignes de foi, à arpenter le pavé pour barrer la route au racisme. Ce n’était pas faute que les médias, les partis et les associations spécialisées eussent fait du battage autour de cette manifestation et qu’ils eussent depuis des jours crié au retour de la bête immonde.

L’échec de la mobilisation escomptée s’explique, me semble-t-il, par trois causes essentielles.

Il n’échappe plus guère au public que les motivations du MRAP, de la LICRA, de la Ligue des droits de l’homme et de ce qu’il reste de SOS Racisme sont moins humanitaires que communautaires, que ces associations ne défendent pas tant des libertés que des lobbies, que les causes censées être les plus nobles sont leur fonds de commerce et leur gagne-pain et que plus généralement elles ne sont que les supplétifs et les mercenaires du Parti socialiste et de ses alliés de gauche.

Le Parti socialiste, quant à lui, est perçu à juste titre, aussi bien par la jeunesse des banlieues que dans les beaux quartiers, comme un parti de notables, d’élus et de fonctionnaires salariés, déconnecté du monde réel et de ses difficultés, un syndicat d’intérêts à peine plus crédible que l’UMP – c’est dire. Pourquoi irait-on se mobiliser à l’appel du terne apparatchik qui tient boutique rue de Solférino et volerait-on au secours d’un ministre qui est tout sauf une victime ?

Enfin, si aucune personne de bonne foi ne peut nier qu’il existe dans ce pays, sur notre sol, comme partout, mais tellement moins qu’ailleurs, des discriminations, de scandaleuses inégalités, ni que le racisme affleure ici et là, attisé par la crise, la surreprésentation des étrangers dans la délinquance et l’absence de contrôle des frontières, comment qualifier autrement que comme une grossière imposture, une énorme ficelle, une manœuvre cousue de fil rose la campagne lancée et orchestrée depuis un mois par un tas de mauvais bergers qui hurlent au retour du grand méchant loup au prétexte qu’une sotte, une petite fille et un hebdomadaire moribond ont odieusement insulté Christiane Taubira ? La machine à décerveler les purs, les naïfs et les gogos ne fonctionne plus. Le fascisme ne passera pas ? Le fantasme n’est pas passé.

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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