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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 06:56


La situation budgétaire de la France demeure dans un état grave et les objectifs de réduction de la dette comme ceux de la maîtrise du budget ne seront pas tenus. Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes met une nouvelle fois en exergue les mensonges et autres omissions de François Hollande et de son gouvernement.

Sur les 50 milliards d'économies promis, 30 milliards ne sont toujours pas "documentés", c'est-à-dire ni argumentés, ni décidés alors que nous sommes déjà au milieu de l'année.

Sur le reste, beaucoup d'économies sont incertaines, l'Etat ne contrôlant pas les dépenses des administrations dont plusieurs sont, comme à l'Education Nationale, dirigées par les syndicats et non par leur ministre. 

Didier Migaud, le président de la Cour des Comptes évoque aussi le poste le plus important dans les possibilités d'économies : la réduction de l'effectif des fonctionnaires, en surnombre et sous-employés dans beaucoup d'administrations, ainsi que l'augmentation de la durée de leur temps de travail. Cependant, sur ce dernier point, il ne s'agit pas d'augmenter la durée légale du travail, excepté peut-être là où elle est anormalement courte comme au ministère de la Culture (24 h hebdomadaires !), mais d'augmenter la durée du travail effectif en réduisant entre autres choses l'absentéisme chronique dans la fonction publique et en augmentant la productivité souvent très faible (excepté hôpitaux, police, gendarmerie, justice, etc.).

"La maîtrise de la masse salariale publique est incontournable pour permettre un freinage des dépenses publiques dans leur ensemble. Aussi convient-il d’envisager le recours au levier de la baisse des effectifs des administrations publiques, porteuse d’économies importantes et durables". (Rapport de la Cour des Comptes).

C'est notamment le cas à la SNCF, en grève depuis plus d'une semaine, alors que son nouveau statut est en discussion depuis mardi à l'Assemblée nationale. La productivité y est moindre de 30 % et les salaires supérieurs de 35 % par rapport aux conditions salariales des entreprises de même nature en France et en Europe (transports publics et compagnies ferroviaires).

Mais d'abord, peut-on dire que "la SNCF est en grève" ? Non car il ne s'agit que d'une petite fraction des employés, 14,1 % le chiffre est précis, mais dans ces 14 %, la moitié sont des conducteurs de trains qui, bien sûr, bloquent le reste.

Ce serait le moment d'employer la méthode que le président Reagan utilisa lors de la grève des contrôleurs aériens aux Etats-Unis : tous furent licenciés et la plupart réembauchés aussitôt, mais sous un nouveau statut et à cette occasion triés en fonction de leur utilité pour le service public.

Et si Guillaume Pepy faisait la même chose, avec l'appui de Valls, l'homme qui préside la France depuis son bureau de Premier ministre et se prétend capable de réformer notre fonction publique archaïque, conservatrice et vieillotte ? Tous les conducteurs et les contrôleurs licenciés, triés et repris en CDI avec un réaménagement de leurs conditions de travail et une amélioration contractuelle de leur salaire pour compenser la perte des primes et des durées de travail archaïques actuelles, comme la prime "de charbon", l'emploi garanti à vie et la retraite en moyenne à 52 ou 53 ans, quasiment au dernier salaire.

On peut parier qu'aucun président ou ministre socialiste n'aura le courage de le faire. Aucun directeur de la SNCF non plus, par solidarité de classe avec la fonction publique. Ni Marine Le Pen, dont le silence actuel montre son embarras et la difficulté qu'elle éprouve à choisir entre les clients de la SNCF en colère et les syndicalistes qui lui ont apporté une part de sa victoire aux européennes : 41 % des ouvriers, 35 % des employés et presque 30 % des syndicalistes dont, selon L'Humanité consternée, 33 % des F.O., 27 % de SUD pourtant à l'extrême gauche, 22 % de la CGT qui reste le relais du PC, 17 % de la CFDT. Le FN reste tabou chez les cadres des syndicats, mais plus du tout à la base, que Marine veut séduire, pensant qu'il y a encore des voix à y prendre.

Pour le moment, le gouvernement tient bon face aux grévistes car il ne peut plus céder alors qu'il est en échec ou semi-échec partout : sur les Finances et l'économie, sur les intermittents où il y a aussi un tri à faire entre les vrais travailleurs intermittents et les profiteurs du système, notamment dans le service public, sur la loi de Cantat-Duflot sur le logement qui bloque tout notamment la construction de logements neufs, sur la loi pour une transition énergétique grandement absurde parce que trop idéologique, sur la sécurité dans les cités et les campagnes, et même sur sa propre communication qui s'avère catastrophique.

Au fait, pourquoi cette grève de la SNCF ? L'objet de la loi en discussion est officiellement de "renforcer et moderniser le Service public". Bel objectif sur lequel tout le monde devrait être d'accord, surtout les syndicats.

C'était déjà l'objectif annoncé par les technocrates qui nous gouvernent quand, en 1977, ils séparèrent SNCF en deux entités : SNCF qui gèrerait les transports et RFF, Réseau Ferré de France, qui gèrerait le réseau, les rails et les caténaires. Cela permettrait, disaient énarques et polytechniciens par la voix des politiques, de resserrer les coûts et résorber la dette. Et effectivement, la dette de la SNCF disparût aussitôt, transférée d'un coup de baguette magique comptable de SNCF à RFF qui naquit endetté jusqu'au cou, voyez comme le service public est bien géré !

Ils n'oublièrent qu'un détail : doter RFF des moyens d'avoir son propre personnel sous statut privé, en CDI, et de le former à l'efficacité et à la productivité. Du coup RFF, cette coquille très endettée mais vide, dut louer son personnel à SNCF, au même conditions salariales, statutaires et syndicales d'inefficacité et de manque de productivité. Résultat : la catastrophe de Brétigny qui a permis une enquête montrant que le réseau est mal entretenu, 1/3, oui, 1/3 des boulons qui tiennent les rails sont dévissés, tordus, cassés parce que le personnel d'entretien occupé par les RTT, les réunions syndicales, les vacances, les retraites à 50 ans et l'absence d'encadrement - car ce dernier est terrorisé par les syndicats -, ne fait pas son travail.

Un ami conducteur de TER m'a raconté qu'après une nuit bien arrosée dans son club de danse à Nantes où l'on fêtait un prix de danse, il avait conduit dès 6 heures du matin une rame se rendant de Nantes à, non pas Montaigu, mais les Sables d'Olonne, et s'étant endormi aux manettes avait zappé l'arrêt à une station, passant à toute allure sous les yeux des clients-voyageurs médusés, avant d'être arrêté par le système de sécurité automatique où on le trouva toujours endormi. Quelle sanction ? Aucune, il a simplement appelé avec son portable son délégué syndical qui est allé voir le directeur régional de réseau qui a arrangé l'affaire. Pourtant, un signal auquel il doit réagir sonne toutes les dix minutes dans sa cabine de pilotage, pour voir si le conducteur, que ce soit un TER ou un RER, est toujours éveillé et le reste. Dans le cas de mon ami, grosse fatigue et alcool… D'ailleurs les syndicats protestent contre ce signal de contrôle et d'alerte qui "stresse" parait-il les conducteurs et justifie disent-ils leurs gros salaires et les jours de repos compensatoire dont ils bénéficient.

Une telle gestion a finalement produit 44 milliards de dette supplémentaire et elle s'accroît de 1,5 milliard par an. D'où l'idée des mêmes énarques et polytechniciens de ressouder SNCF et RFF en une seule entité, SNCF avec deux filiales SNCF-Réseaux qui gèrera les rails et SNCF-Mobilité qui gèrera le transport des voyageurs et des marchandises. Vous ne voyez pas la différence avec la situation précédente ? Pourtant il y en a une, celle qui est baptisée "renforcer et moderniser le service public" : SNCF aura le poids suffisant pour emprunter des milliards sur les marchés financiers ce qui lui permettra de continuer à s'endetter. Génial, non ?

Mais CGT et SUD-Rail n'en veulent pas, ils veulent que l'Etat prenne en charge la dette de 44 milliards et la résorbe par l'impôt au moment où le même Etat cherche 50 milliards d'économies et le moyen de tenir sa promesse de réduire l'impôt. D'où le clash et le blocage.

C'est que CGT et SUD ont compris que, s'ils gagnent, ils empêcheront la mise en œuvre de la concurrence qui a pour objectif d'obliger SNCF à se moderniser, à réguler sa charge salariale, à rendre son personnel productif comme il l'est dans toutes les compagnies ferroviaires européennes et même dans les filiales de la SNCF qui opèrent à l'étranger, et finalement à gagner de l'argent comme une entreprise doit le faire, et comme le font les compagnies de chemin de fer allemandes et italiennes par exemple, dont les tarifs ne sont pas plus élevés et le service meilleur qu'à la SNCF. Pour vérifier, faites donc un Paris-Milan ou Paris-Venise par la Cie italienne Thello.

Ouais ! Mais si on ne peut plus dormir aux manettes et s'il faut serrer les boulons au soleil ou sous la pluie… Donc on emm… les clients, ces pauvres salariés qui eux doivent arriver à l'heure au boulot et y faire leurs 7 h 30 ou plus journalières, et on menace et on insulte les non-grévistes, ceux qui ont compris qu'il est impossible de revenir à la SNCF des années 50 et à ses cheminots qui harassés par le pelletage du charbon dans les tenders et le travail sur les plates-formes en plein air des locomotives à vapeur, 45 heures par semaine, avaient bien mérité leur retraite à 50 ans.

Voir une video édifiante à ce sujet en cliquant sur le lien ci-dessous...
http://bcove.me/n1q69afa

Maurice D.

 

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