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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 08:37

Guillame Roquette

            

GROQUETTE@LEFIGARO.FR

Jusqu’ici, la digue tenait tant bien que mal. L’Etat s’efforçait de maintenir l’école publique à l’abri du communautarisme. Parfois par la loi, quand cela s’avérait nécessaire : celle de 2004 interdisant les signes religieux à l’école, puis la circulaire Chatel de 2012 élargissant cette obligation aux parents d’élèves participant à la vie des établissements. Concrètement, les mères voilées ne pouvaient pas accompagner les sorties scolaires. Vincent Peillon quand il était ministre de l’Education nationale mais aussi Manuel Valls quand il avait la charge des cultes comme ministre de l’Intérieur avaient résisté aux pressions de toutes sortes et maintenu cette interdiction.

Ça, c’était avant. Car moins de deux mois après avoir été nommée ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem vient de donner satisfaction, dans la plus grande discrétion, aux activistes musulmans : désormais, les parents accompagnant des enfants dans le cadre scolaire ne sont plus soumis à la neutralité religieuse. La brèche est ouverte. Déjà, les associations contre « l’islamophobie » crient victoire et espèrent bien que la ministre ne s’arrête pas en si bon chemin. La liste des prochaines revendications est prête : le halal dans les cantines, l’autorisation des tenues couvrantes pour les filles, et, bien sûr, l’abrogation in fine de la loi de 2004.

Apparemment, Najat Vallaud-Belkacem n’en a cure. Habile, elle justifie sa décision en se réfugiant derrière le Conseil d’Etat, qui juge lui aussi que les mères voilées ne posent pas de problème. Cela ne vous rappelle rien ? Il y a vingt-cinq ans, le même Conseil estimait déjà que le port du voile islamique à l’école était compatible avec la laïcité (de même qu’il n’avait rien trouvé à redire au regroupement familial d’Africains polygames…). Où est le problème ? D’autant que la ministre de l’Education nationale prend bien soin de préciser qu’en cas de prosélytisme trop voyant, les responsables scolaires pourront réclamer aux mères « de s’abstenir de manifester leurs croyances ». Le message aux enseignants est clair : débrouillez-vous comme vous voulez avec l’islam mais ne demandez plus à l’Etat de vous soutenir. Il est interdit d’interdire.

Il y a six mois, Le Figaro avait provoqué un énorme scandale en révélant un rapport remis au Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, qui préconisait d’en finir avec l’intégration au nom de la lutte contre les discriminations. Les experts sollicités préconisaient d’assumer la dimension « arabe-orientale » de la France, proposaient l’enseignement d’une langue africaine au collège… et réclamaient qu’on mette fin à l’interdiction pour les mères voilées d’accompagner les sorties scolaires. A l’époque, toute la gauche au pouvoir, François Hollande en tête, avait juré ses grands dieux que ces recommandations resteraient sans lendemain. On sait désormais à quoi s’en tenir : autant les socialistes français sont mobilisés contre la violence islamiste, autant ils semblent avoir pris leur parti de l’halalisation à l’œuvre dans des territoires entiers de la République. Il est loin (1989) le temps où, comme le rappelle Eric Zemmour dans son dernier livre, Ségolène Royal signait des pétitions pour dénoncer dans le voile « le signe de l’oppression et de la contrainte exercées sur les femmes ». Désormais, l’assimilation semble devenue un gros mot, la laïcité une vieillerie tout juste bonne à em… les catholiques.

Et pendant ce temps, le communautarisme pousse ses feux à tous les étages du système éducatif. La célèbre crèche Baby-Loup, qui avait osé licencier une collaboratrice voilée, a dû quitter Chanteloup-les-Vignes, harcelée par les salafistes. A l’université, les incidents liés au respect de la laïcité se multiplient. Sur le campus de Lille 1, selon Le Monde, des étudiantes maghrébines tête nue sont accostées par des étudiants de même origine qui leur demandent pourquoi elles ne portent pas le voile. Merci, Madame la ministre.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 08:29
 
"On ne saurait mieux résumer que par notre sondage le gigantesque fossé qui s'est creusé entre les Français et leurs représentants sur toute une série de sujets."
(Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP, cité par Rivarol du 30 octobre).

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 09:02
Nous savons tous que nos "zélites" profitent et organisent le système mafieux à leur avantage.
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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 08:52

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NON à la propagande du lobby

 

homosexuel dans les écoles !

 

 Voir la pétition

http://petit.io/petition/avenir-de-la-culture/stop-au-califat-lgbt-a-l-education-nationale-1


 

 

 

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 07:03

Bd Voltaire

Il est bien, Alain Juppé. Il n’est plus le gendre idéal, certes, mais l’a-t-il jamais été ? Il a cette élégance discrète, une élégance de chat, cet égoïste mammifère qui retombe toujours sur ses pattes et sait si bien ronronner et se lover au creux de son maître. Mais Alain Juppé n’a plus de maître. Sa seule allégeance, désormais, va aux dogmes qui gouvernent le monde. Lui qui, autrefois, était de droite dans ses bottes s’affirme en majesté un parfait candidat à la magistrature suprême pour quiconque pense large, à défaut de penser loin, haut et profond, en clair pense à gauche et au centre gauche en ce pays. Cette élégance discrète plaît tout autant aux descendants des grandes et antiques lignées bourgeoises pour qui tout doit changer afin que rien ne change (on connaît l’histoire) qu’aux adeptes inconditionnels de la dissolution des mœurs et de notre peuple dans un grand ensemble sans foi ni loi.
alain
Sa parole, très légèrement colorée d’un accent que l’on entend au bord de la Garonne à l’ombre des beaux hôtels particuliers, fait couler un flot ample et rassurant qui n’a plus rien à voir avec le torrent impétueux et menaçant de ses débuts en politique, flot qui s’en va mourir langoureusement dans l’océan des bonnes intentions. Bref, on boit ses paroles comme les meilleurs crus bourgeois, sans modération, d’autant que le millésime est fort respectable. Pour autant, ce vin est-il charpenté ? Oui, si l’on considère que l’ambition personnelle et l’orgueil structurent toute action politique. Rien de bien original, en somme. De ce tonneau on a bu et on boira sans doute encore longtemps.

Alors, pourquoi un tel engouement si on veut bien aller au-delà de la rassurante élégance du personnage ? Et si, au fond, Alain Juppé n’était pas d’une certaine façon la garantie que tout va pouvoir continuer comme avant ou à peu près comme avant. « À peu près comme avant » : tout est là, au reste. Les Français ne sont-ils pas en train d’acheter en Juppé une certaine tentation de Venise, tentation dont il fit un livre, on se souvient, en un moment de découragement où il faillit tout laisser tomber ? Notre peuple tout entier n’est-il pas aujourd’hui dans cette même configuration psychologique ?

Avec ce vieux sage, la fête continuerait comme avant, ou à peu près comme avant, alors même que les vieux palais s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la mer, que les barbaresques menacent de débarquer toujours plus nombreux sur la place Saint-Marc – mais n’est-ce pas une heureuse occasion, si l’on en croit notre nouveau Montaigne ou Montesquieu, l’on ne sait – et que la classe patricienne n’a plus aucune prise sur le peuple car elle en a perdu l’affection, la confiance et le respect. On se dit que sous les masques de carnaval, on pourra continuer à se mentir, à mentir aux autres, à se délecter aussi d’une décadence qui est une forme d’élégance, quand on y songe un peu.

Avec Juppé, les hommes pourront toujours se marier avec les hommes, les femmes avec les femmes et on ne s’interdira pas toutes sortes d’autres choses dans cette fuite en avant et surtout dans les profondeurs de la lagune. En même temps, avec Juppé, on retrouvera un peu de crédibilité, de stature, d’honorabilité qui siéent à une vieille République, le temps des bouffons normaux ou anormaux semblant révolu. Et puis, par-dessus tout, Juppé serait le seul à pouvoir barrer la route à ceux qui ont des manières si rugueuses et prétendent incongrûment rétablir le pays dans sa souveraineté pleine et entière.

Voila, c’est cela, Alain Juppé : une certaine tentation de Venise offerte aux Français. À moins qu’entre-temps, l’égoïsme de l’âge l’emportant sur l’orgueil de l’animal politique, le vieux sage ne préfère se la garder pour lui tout seul, cette tentation. Il aurait raison : pour lui-même et pour la France.

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 17:55
  1. Débats
Guillaume Perrault

LE FIGARO. - Comment expliquez-vous le pessimisme des Français aujourd’hui ?

Valéry GISCARD D’ESTAING. - L’autorité politique est affaiblie. Les dirigeants français ne s’occupent pas vraiment de l’avenir et ne s’intéressent plus au passé. Par exemple, existe-t-il une proposition de la France en faveur d’une organisation fédérative de l’Europe? Et pourquoi avoir oublié de commémorer en 2014 les neuf cents ans de la bataille fondatrice de la France à Bouvines, dont la date était connue jusqu’à une période récente par tous les écoliers et tous les enseignants de France ?

L’avenir économique de notre pays paraît bouché. L’outil institutionnel européen n’est guère performant. Pendant ce temps, la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde poursuivent leur rattrapage. Ces deux nations s’affirment comme des concurrents économiques redoutables. Pour autant, je suis convaincu que le déclin de la France n’est en rien irréversible.

La dette publique dépasse désormais 2 000 milliards d’euros…

Depuis dix ans, la France, comme tous les pays de l’Europe latine, s’est laissée aller au dévergondage budgétaire, c’est-à-dire à l’abandon de toute discipline en matière de comptes publics. Autrefois, les États étaient tenus par la peur de la dévaluation, qui était impopulaire. Depuis la création de l’euro, beaucoup considèrent qu’ils peuvent accumuler les déficits sans en supporter les conséquences ! Les déficits, en effet, n’ont plus de conséquences immédiates sur la monnaie, mais des conséquences invisibles et à moyen terme sur la dette. L’opinion ne les mesure pas. Elle croit qu’il existe un Trésor caché qui payera la dette ! Pourtant, en France, les intérêts de la dette coûtent chaque année 48 milliards aux contribuables. C’est une lourde menace pour l’avenir. Aujourd’hui, nous sommes protégés par des taux d’intérêt très bas, mais c’est provisoire. La Fed a annoncé son intention de relever ses taux d’intérêt dès que la conjoncture le permettra, probablement dans les dix-huit mois à venir. Le changement de la politique monétaire américaine aura des conséquences sur les taux d’intérêt exigés par les créanciers de l’État français.

Ce jour-là, notre pays risque de se retrouver dans la situation qu’a connue la Grèce. Les pouvoirs publics seront conduits à demander l’aide du FMI.

Le pacte de stabilité concourt-il à la très faible croissance de la France ?

Nos engagements européens ne sont pas responsables de l’atonie de la croissance. Cette situation nous incombe entièrement, alors que nous en faisons grief aux autres. En 2012, la France a confirmé solennellement son engagement de respecter les 3 % de déficits publics. Le Parlement a autorisé la ratification de cet accord. Bien sûr, nous pouvons, une fois encore, demander à Bruxelles un délai. Mais ce choix de facilité revient à réclamer le droit de continuer à se surendetter.

En réalité, il est impossible de retrouver une croissance forte dans une économie où les dépenses publiques absorbent 57 % du PIB ! C’est la clé de tout !

Convenez que les Français nourrissent malgré tout un grand scepticisme envers les institutions européennes…

Une idée reçue voudrait que les Français rejettent la construction européenne. C’est inexact ! Les Français sont insatisfaits des institutions européennes telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui, ce qui est tout différent, et je partage leur sentiment. Leur désenchantement est logique. Aucune réforme sérieuse n’a été menée à bien pour adapter les institutions imaginées pour les six pays fondateurs du traité de Rome à un ensemble qui compte aujourd’hui vingt-huit membres. Les commissaires européens sont trop nombreux. Chaque État présente le commissaire européen de sa nationalité comme son avocat à Bruxelles. Or, la Commission européenne, garante de l’intérêt général européen, n’a aucun compte à rendre aux États membres ! Le Conseil européen, pour sa part, créé à mon initiative en 1974, connaît un affaiblissement coupable. À l’époque, il réunissait neuf chefs d’État et de gouvernement, sans aucun collaborateur à leurs côtés. Aujourd’hui, chacun des vingt-huit chefs d’État et de gouvernement arrive au Conseil européen avec une délégation. On compte maintenant plus de cent participants présents dans la salle à chaque rencontre ! Comment voulez-vous avoir des échanges de fond dans ces conditions et aboutir à des décisions nettes ? Pour tout arranger, en juin 2012, le Parlement européen a arraché au Conseil européen son pouvoir de décision dans le processus de désignation du président de la Commission. C’est un coup porté à l’équilibre institutionnel voulu par Jean Monnet.

Comment interprétez-vous le résultat des Européennes de juin, qui ont vu les listes de Marine Le Pen arriver en tête ?

Le succès du Front national aux européennes traduit la force du vote de protestation. En réalité, le mécanisme de l’Europe à vingt-huit a été disloqué avec le non français au référendum de 2005. Pour autant, les sondages l’attestent : une grande majorité de nos compatriotes ne veut en aucun cas abandonner l’euro ! Nous devons prendre appui sur ce soutien de l’opinion pour retrouver le fil du projet européen initial avec ceux qui, parmi nos voisins, le veulent bien. Et en laissant les autres vivre leur vie.

Qu’entendez-vous par là ?

Il existe désormais, sur le continent européen, deux projets politiques différents qui connaîtront inéluctablement des évolutions divergentes. Le premier est celui d’une grande zone de liberté commerciale comprenant des facilités de circulation et d’échange. Londres, en particulier, défend ce projet. Les Britanniques ne consentiront à rester dans l’Union européenne que s’ils parviennent à imposer à Bruxelles de restituer aux États membres certaines des compétences qu’elle exerce aujourd’hui. En outre, ces partisans d’une Europe réduite à une grande zone de liberté commerciale militent pour de nouveaux élargissements vers des États de moins en moins européens. À leur initiative, Bruxelles, activement soutenue par Washington, poursuit de manière quasi clandestine des négociations avec la Turquie et des contacts avec l’Ukraine. La majorité des Vingt-Huit soutient ces élargissements, que désapprouvent la France et l’Allemagne. Or, ces élargissements à des pays de plus en plus hétérogènes affaibliraient l’identité de l’Union et feraient perdre toute signification à la « citoyenneté européenne ».

Que doivent faire la France et l’Allemagne, selon vous ?

L’autre projet pour l’Europe, que je défends avec mon ami Helmut Schmidt, consiste à approfondir l’intégration européenne, dans la fidélité historique au projet de Robert Schuman et Jean Monnet, en faisant de la zone euro un ensemble économiquement intégré. Il sera ainsi d’une force comparable aux grandes puissances que sont les États-Unis et la Chine, capable de maintenir l’emploi et de porter ses valeurs culturelles et sociales. En 1957, le traité de Rome a institué un marché commun, qui s’est mué en marché unique, qui a appelé ensuite une monnaie commune. L’euro, chacun le sait, ne se concevait pas sans une politique économique unifiée. Or, cette dernière étape n’a pas été accomplie. Le temps est donc venu de l’instituer entre les pays disposés à aller de l’avant. C’est le seul moyen de dessiner un avenir qui corresponde aux attentes des Français.

Qui ferait partie de cette union approfondie ?

Les six pays fondateurs de 1957 (France, Allemagne, Benelux, Italie), l’Espagne, le Portugal, l’Autriche et, le moment venu, la Pologne. La participation de l’Irlande et de la Finlande peut être envisagée. Ces douze États constitueraient un ensemble homogène que nous appellerons « Europa ». Son objectif est de compléter l’euro par une union budgétaire et fiscale, dotée à terme d’un Trésor public commun et d’un mécanisme de solidarité financière.

Vaste programme ! N’est-ce pas utopique ?

En aucun cas : nous avons déjà fait le plus dur en créant l’euro. L’idée est simple. Lorsque vous prenez le Thalys à Paris pour vous rendre à Bruxelles, vous ne savez pas quand vous traversez la frontière entre la France et la Belgique. Pourtant, dans cet espace sans frontières intérieures, des fiscalités très différentes coexistent. Ça ne peut plus durer ! Il faut qu’un entrepreneur puisse créer de l’activité lundi à Munich, mercredi à Milan, vendredi à Barcelone, en sachant que les impôts y seront identiques - hormis les impôts locaux. Ainsi sera mis en place un espace homogène de créativité économique. Cette réforme permettra de surmonter les blocages dont notre pays souffre tant. La jeunesse française en sera la première bénéficiaire. Elle pourra plus aisément déployer ses talents dans tout l’espace européen ! Ce sera une liberté nouvelle pour entreprendre et créer au service d’une économie renouant avec la croissance.

Voilà qui est séduisant, mais comment s’y prendre concrètement ?

Au plan technique, il n’y a rien d’insurmontable. Les directeurs respectifs des administrations fiscales des pays concernés se réuniront pour définir les caractéristiques d’un « bon impôt européen » en matière d’impôt sur le revenu, d’impôt sur les sociétés et de taxation du patrimoine. L’idéal serait une courbe progressive à pente faible. La réduction des disparités d’assiette et de taux peut commencer très vite et être étalée sur une quinzaine d’années. C’est possible sans modifier les traités, par un simple accord des chefs d’État et de gouvernement. Une même monnaie, les mêmes impôts : une fois cette unification réalisée, l’opinion n’acceptera plus qu’on revienne en arrière. Lors de la prochaine élection présidentielle, on ne pourra pas échapper à ce débat…

On va crier à la mort de la souveraineté nationale !

L’intérêt de la fédération d’États-nations que je défends, c’est au contraire que de très nombreuses compétences - santé, éducation, logement, protection sociale, culture, défense - resteront du ressort des États membres. À terme, un mécanisme de solidarité financière entre les États d’Europa, à l’image du dispositif en vigueur en Allemagne depuis 1949, permettra aussi de garantir une certaine homogénéité des ressources sur l’ensemble de leur territoire. Si les besoins d’endettement se rapprochent, il deviendra possible d’émettre des emprunts publics communs de la zone euro par le Trésor public d’Europa. Les États d’Europa conserveront le droit d’emprunter sous leur seule signature, mais ces emprunts seront alors dépourvus de tout caractère européen et ne sauraient faire appel à la solidarité des ressources de la zone.

Comment assurer le contrôle démocratique de ces institutions ?

Des institutions distinctes des Vingt-Huit - un directoire élisant un président et des vice-présidents - prendraient des décisions selon le principe de la double majorité (majorité des États membres représentant 60 % de la population d’Europa). Aucun des pays de cette union renforcée ne pourrait invoquer un droit de veto. Ce directoire serait assisté d’un Congrès des peuples d’Europa, composé pour un tiers de députés européens élus dans Europa et pour deux tiers de parlementaires nationaux. Un tel projet n’est pas très difficile à réaliser.

Lorsque vous étiez élève à l’ENA, votre promotion avait choisi comme nom « Europe ». On peut dire que vous avez de la suite dans les idées…

Je suis convaincu depuis toujours qu’il faut constituer une fédération d’États-nations de la taille de nos grands concurrents - les États-Unis, la Chine - et la doter d’une forte unité de fonctionnement pour défendre ses intérêts, mais aussi son progrès social et sa culture. Le morcellement ne nous protégera pas ! Avec mon ami Helmut Schmidt, si nous avions trente ans de moins, nous nous passionnerions pour ce projet. Et notre rêve est si ardent que nous avons la présomption de croire que nous réussirions à le réaliser. Nous transmettons le flambeau à la jeunesse. Il n’est pas de projet plus exaltant pour elle. Puisse-t-il l’aider à surmonter le pessimisme qui étreint aujourd’hui la France !

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 17:38
Flash info UNI

 

Le gouvernement serre la vis, réduit les dépenses, augmente les impôts, taille dans les aides sociales, et voilà que René Dosière met son nez dans les documents budgétaires pour s'apercevoir que, ô stupeur, la rémunération des conseillers ministériels a augmenté en moyenne de... 7,1% entre 2013 et 2014. Les primes, appelées indemnités sujétions particulières, ont quant à elles subi un coup de pouce plus modeste (4,3 % tout de même). Au total, en comptant la rémunération et les primes, chaque conseiller : gagne en moyenne 6,5 % de plus cette année que l'an passé. L'inflation, pour mémoire, est passée de 0,6 % en septembre 2013 à 0,3 % aujourd'hui.

Entrons dans les détails. En 2014, énumère le député socialiste, la rémunération moyenne d'un membre de cabinet ministériel s'est élevée à 8 201 euros brut par mois (7655 euros en 2013). L'indemnité - la prime - est quant à elle en moyenne de 2 235 euros chaque mois (2 142 en 2013). "Ces hausses sont choquantes dans une période où ces mêmes personnes demandent aux Français des efforts de rigueur et d'économie", observe, plutôt direct, l'élu de l'Aisne. Il remarque en revanche que la hausse des rémunérations est plus modérée à Matignon (+ 3,7 %, à 13 348 euros), parce que les primes ont été fortement réduites.

Plus curieux encore, beaucoup de conseillers gagnent plus que leur ministre... Dans 19 ministères sur 31, la rémunération brute moyenne est en effet supérieure à celle du ministre, qui s'établit selon René Dosière à 9 940 euros. Enfin, la rémunération la plus élevée se trouve au ministère de la Culture (un conseiller gagne 13 744 euros par mois !), suivie de l'Intérieur (12 987 euros), de la Décentralisation (12 680 euros), du Redressement productif (12 369 euros) et enfin à l'Enseignement supérieur (12 222 euros). C'est au ministère de l'Intérieur et à celui de la Défense qu'on gagne le plus : 12 987 euros brut par mois, primes comprises... 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 22:34

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Au-delà du cas personnel du secrétaire général de la CGT, l'affaire Lepaon révèle la face sombre du syndicalisme français. Le décryptage de Jean-Luc Touly, auteur de Syndicats - Corruption, dérives, trahisons.


Jean-Luc Touly est conseiller régional d'Île-de-France. Il a notamment écrit «L'Argent noir des syndicats», avec Roger Lenglet et Christophe Mongermont, (Fayard, 2008) et «Syndicats - Corruption, dérives, trahisons», avec Roger Lenglet, (éditions First, 2013)


FigaroVox: La CGT aurait déboursé 130.000 euros pour la rénovation de l'appartement de fonction de son secrétaire général, Thierry Lepaon. Cela vous étonne-t-il? Ce genre de pratiques est-il vraiment inédit?

Jean-Luc TOULY: La contradiction flagrante des dirigeants syndicaux que révèle cette affaire ne m'étonne aucunement. On pourrait citer un nombre incalculable de dérives semblables des individus, des organisations syndicales, des fédérations, des confédérations, des comités d'entreprise… On pourrait parler des frais de fonctionnement injustifiés, du Comité d'entreprise d'Air France, d'EDF, de la SNCF de Lyon, où les syndicats ont été condamnés. Les scandales sont légion.

Les hauts responsables syndicaux, en fin de carrière, sont souvent nominés dans des postes élevés, bien payés, dans des autorités étatiques ou privées.

Evidemment, faire payer la CGT entre 130000€ et 150000€ de travaux pour Thierry Lepaon est scandaleux, d'autant plus que les syndicats sont encore financés entre les 2/3 et les 3/4 par les entreprises ou l'Etat: ce sont donc les cotisations et les subventions de l'Etat qui, indirectement, ont payé le logement! Le manque de transparence des syndicats et leur système anti-démocratique conduisent systématiquement à des dérives. Ces informations ont d'ailleurs probablement été transmises par des adhérents de la CGT, choqués par cette découverte. Il existe ainsi des poches de résistance au sein même de l'organisation, qui dénoncent ces pratiques et ce côté occulte qui détruisent la confiance envers les syndicats. J'ai été moi-même membre de la CGT pendant 30 ans, avant de rejoindre FO, et j'ai bien vu que la dénonciation n'est jamais facile dans ces organisations: elle entraîne pressions, perte de mandat syndical voire perte de l'emploi dans certains cas!

Au-delà du cas de Thierry Le Paon, cela révèle-t-il un problème plus large de corruption au sein de la CGT? Quel est l'ampleur de celle-ci aujourd'hui?

Je pourrais vous parler de nombreux cas! Les hauts responsables syndicaux, en fin de carrière, sont souvent nommés à des postes élevés, bien payés, dans des autorités étatiques ou privées. Bernard Thibault a ainsi été élu en juin dernier administrateur du Bureau International du Travail, à Genève, avec l'aide de François Hollande. Les grandes entreprises peuvent faire de même: le directeur de cabinet de Thibault, Bernard Saincy, a été par exemple nommé à un haut poste chez GDF-Suez, après avoir quitté la CGT. Ces nominations sont des cadeaux accordés aux dirigeants syndicaux pour services rendus ; or, quels services rendent-ils vraiment? Je n'irais pas jusqu'à parler de méthodes mafieuses, mais les secrets et l'opacité de ces nominations posent problème…

Les syndicats reçoivent des sommes colossales, versées notamment par les entreprises, qui achètent ce faisant une sorte de paix sociale: les organisations leur sont dès lors redevables. On comprend très vite l'ambiguïté de leur action: d'un côté, ils appellent à manifester ; de l'autre, ils maintiennent des relations très étroites avec les patrons…

Ce nouveau scandale va venir alimenter la détestation du syndicat. Le véritable problème est celui de la transparence, de l'indépendance. Comment faire confiance à ses représentants si ceux-ci ne sont pas francs?

Le scandale de L'UIMM a révélé que des patrons «fluidifiaient les relations sociales». Les pouvoirs économiques, voire politiques, neutralisent-ils les syndicats?

On a parlé du cumul chez les politiques, mais le même problème existe chez les syndicalistes !

Evidemment: pour faire passer ses réformes, parfois difficiles ou impopulaires, le gouvernement a besoin de l'appui des syndicats. En cas de refus, il les menacera de faire passer une loi pour plus de transparence dans leur organisation et leur financement, loi qui sera ensuite très vite laissée de côté. En réalité, derrière les oppositions de façades, les syndicats travaillent main dans la main avec le patronat et l'Etat. L'exemple de Perruchot me paraît parlant: ce parlementaire avait dénoncé un certain nombre de dérives et de scandales en 2011, et avait préparé un rapport explosif. Cependant, il n'a jamais été publié, car personne n'avait intérêt à ce qu'il soit rendu public.

Dans mon travail, j'essaie de transférer à mes collègues mon expérience du syndicalisme. Toutefois, j'ai le plus grand mal à leur faire comprendre que les personnes à la tête de ces organisations sont choyés par les dirigeants de l'entreprise, dans le plus grand secret. Les salariés sentent quand même un certain malaise, et ne comprennent pas le cumul des mandats chez ces représentants. On a parlé du cumul chez les politiques, mais le même problème existe chez les syndicalistes! Certains sont en poste depuis 20 ans, 30 ans, et resteront pour une durée indéterminée.

Dans ce contexte, faut-il s'étonner que ces derniers soient relativement passifs face à certaines réformes du gouvernement?

C'est ce que j'ai essayé de montrer dans mes livres. Les patrons, par exemple, cherchent à s'attirer les bonnes grâces des syndicats, pensant qu'ils vont ainsi contrôler les travailleurs ; or, il n'en est rien, pour la simple et bonne raison que les syndicats ne représentent plus les salariés! Leur rôle, aujourd'hui, se cantonne à gérer le comité d'entreprise, les activités sociales et culturelles. Ils sont devenus des prestataires de services, de voyages.

Le syndicalisme, rendu aveugle par ses œillères, ne se rend pas assez compte de cet état de fait, se met à dos les consommateurs, et s'enferme peu à peu dans ses intérêts propres, sans considérations extérieures.

Les syndicats ne se battent plus pour les intérêts des employés ; et, plus grave encore, ils se focalisent sur leur entreprise, sur leurs salariés, sans considération pour les citoyens, les consommateurs à l'extérieur de leur travail. La coupure, entre ces deux instances est donc bien installée. Prenons un exemple: lorsque des salariés, dans le secteur des transports, font grève, ils sont eux-mêmes touchés par leur mouvement, mais ils affectent également - et même surtout - la vie des utilisateurs des transports en commun. Le syndicalisme, rendu aveugle par ses œillères, ne se rend pas assez compte de cet état de fait, se met à dos les consommateurs, et s'enferme peu à peu dans ses intérêts propres, sans considérations extérieures.

De plus, les syndicats ne peuvent plus rester enfermés dans des oppositions de principe. Par exemple, plutôt que de refuser catégoriquement le travail le dimanche, mieux vaut en parler, poser le problème et essayer de trouver une solution: c'est ce que les travailleurs, et notamment les jeunes, attendent d'un syndicalisme intelligent. Or, la situation actuelle ne correspond nullement à cette vision.

Cela explique-t-il également la désyndicalisation massive de la France?

Les syndicats ont fait une erreur en poussant leurs adhérents à voter pour la gauche, en 1981. Ils espéraient que l'alternative politique allait régler les problèmes des Français ; on connaît la suite. Or, en appelant à voter pour un parti, ils ont perdu leur indépendance politique, et la confiance des Français.

Pour l'instant, les syndiqués n'osent pas, ou très rarement, dénoncer ces abus. Ils ont peur, et connaissent les conséquences potentielles en cas de critiques.

A mon sens, la chute des syndicats est partie de là. Les autres éléments, que nous avons évoqués précédemment, participent du même mouvement de désaffection, de méfiance. Nous avons toujours besoin de syndicats prêts à se battre pour les travailleurs ; pour l'instant cependant, aucun ne remplit ce rôle.

Le seul moyen d'améliorer la situation viendrait d'un engagement des politiques, qui doivent absolument prendre cette affaire au sérieux, et instaurer un certain nombre de règles: transparence, limitation du cumul des mandats des dirigeants syndicaux, voire obligation de publier son patrimoine. Je suis en parfaite harmonie avec l'analyse et les remèdes du rapport Perruchot.

Pour l'instant, les syndiqués n'osent pas, ou très rarement, dénoncer ces abus. Ils ont peur, et connaissent les conséquences potentielles en cas de critiques: perte du mandat syndical, perte de l'emploi, pressions, dépression nerveuse. Certains cas, dont je pourrais vous parler, ont mal fini. Les syndicalistes se comportent en cela comme des patrons voyous. Les journalistes, en dénonçant ces abus, ont également un rôle essentiel dans ce processus. A terme, si les scandales sont révélés et que les médias en parlent, les syndicats devront forcément changer leur organisation. Plus nous attendons, toutefois, plus la transition sera difficile.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:56
Lefigaro.fr           

L'enquête sur la mort de Rémi Fraisse, dimanche sur le site du barrage contesté du Tarn, privilégie ainsi la thèse d'un décès dû à une grenade offensive, du type de celles utilisées par les gendarmes, selon le procureur d'Albi.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 20:58

 

 

FIGAROVOX/HUMEUR - Fleur Pellerin n'a pas été capable de citer une oeuvre de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature. L'écrivain Christian Combaz n'en revient toujours pas.


Christian Combaz est écrivain et essayiste. Son dernier livre, «Gens de Campagnol», est paru en 2012 chez Flammarion. Lire également ses chroniques sur son blog.


Chère Fleur,

Comme écrivain je n'avais déjà guère d'illusions quant à l'intérêt que vous portez à la littérature, mais le fait que vous ayez été incapable, il y a quelques heures de répondre à la question «quel est votre livre préféré de Patrick Modiano?» achève de me convaincre que vous n'êtes pas à votre place rue de Valois. Quand la journaliste qui vous interrogeait, stupéfaite, vous a fait remarquer que c'était étonnant tout de même, vous avez répondu que vous n'aviez «guère le temps de lire depuis deux ans», c'est à dire vraiment n'importe quoi. Son étonnement ne concernait pas le temps que vous étiez en mesure de consacrer à la lecture depuis deux ans, mais celui que vous employez au service de la France depuis six semaines.

Le contenu des livres, pour vous, c'est de l'enfantillage, du pittoresque, du secondaire.

Quand on est chargé de la promotion de la culture française, le matin où l'on apprend que Patrick Modiano a décroché le prix Nobel, on tape son nom sur Wikipédia à l'heure du café. Dans l'ascenseur on se fait résumer Villa Triste. On demande un dossier de presse avant dix heures et demie. N'importe quel cadre commercial à qui l'on vient d'annoncer l'obtention d'un nouveau marché se rue sur les informations du tribunal de commerce. La ministre de la culture, en recevant un coup de fil de chez Gallimard, serait donc incapable de bachoter son sujet une demi-heure avant que les caméras ne débarquent? Evidemment non. Vous n'en êtes pas incapable. Vous avez seulement mieux à faire. Le contenu des livres, pour vous, c'est de l'enfantillage, du pittoresque, du secondaire. L'art pour vous, ce sont des textes de loi, des décrets, des budgets à attribuer, vous venez de l'avouer ingénument sur Canal Plus avec cette espèce de dédain navré des gens qui sont occupés de choses sérieuses, et qui répondent «si vous croyez que j'ai le temps!».

Chère Fleur, je me demande de quoi vous avez bien pu parler, lors de votre déjeuner avec votre hôte nouvellement couronné, si vous n'avez rien lu de lui. (En outre, quand on le connaît, on se doute qu'il n'a pas dû être excessivement bavard à table).

Le scandale est que vous n'ayez pas saisi cette chance pour prononcer un discours intelligent sur la sensibilité littéraire de la France, sur l'importance que revêt la littérature dans la vie sociale de notre pays. Et la raison pour laquelle vous ne l'avez pas fait, c'est que vous en ignorez tout.

Tant de fois pour ma part, avant d'aller dîner chez un écrivain, avant d'aller au théâtre sur une aimable invitation de l'auteur, j'ai commandé un ouvrage ou consulté des articles, la veille, pour rafraîchir ma mémoire à leur sujet. Je ne suis pas ministre, je suis simplement poli. Vous semblez illustrer qu'il y a incompatibilité entre les deux mais passe encore après tout. Même si une impolitesse commise au nom de l'Etat est une impolitesse au carré, on peut toujours pardonner une bourde personnelle. Le problème est que vous n'étiez pas en mesure, à l'occasion de cet événement, de promouvoir l'image de la France à l'étranger, au moment où elle est si souvent écornée dans d'autres domaines. Le scandale est que vous n'ayez pas saisi cette chance pour prononcer un discours intelligent, que le monde entier aurait écouté, sur la sensibilité littéraire de la France, sur l'importance que revêt la littérature dans la vie sociale de notre pays. Et la raison pour laquelle vous ne l'avez pas fait, c'est que vous en ignorez tout.

Alors ce n'est pas à vous, finalement, que j'en veux mais à ceux qui ont placé votre ignorance, si banale, si consternante, au gouvernail parce qu'elle ressemblait à la leur . A mon avis, dès ce soir, Manuel Valls et François Hollande vont consulter Wikipédia sur Modiano.

Votre mésaventure aura au moins servi à cela.

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

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