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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:27

 Bd Voltaire

 

Le 7 septembre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

On allait voir ce qu’on allait voir. À la veille du G20 réuni à Saint-Pétersbourg, les bulletins de désinformation émis par les professionnels de la météorologie politique concordaient. Ébranlé par la détermination occidentale, isolé, affaibli, le responsable de la non-puissance invitante opérait une spectaculaire volte-face. Vladimir Poutine lâchait son protégé syrien et se disait prêt à participer à la « punition » de Bachar el-Assad si on lui fournissait les « preuves » que n’allaient pas tarder à apporter les experts de l’ONU. De leur côté, le président français et son partenaire américain allaient travailler au corps leurs alliés égarés et rassembler, comme au bon vieux temps des calomnies et de la guerre contre l’Irak, une grande coalition contre le maître de Damas. Bref, les bobards volaient en escadrilles…

On a vu ce qu’on a vu. Non seulement Poutine n’a pas cédé un pouce de terrain, mais il a confirmé son soutien diplomatique et matériel au gouvernement syrien, réaffirmé sa conviction que c’était la rébellion qui avait recouru aux gaz, et maintenu son opposition à ce qu’il qualifie d’agression. La Russie, décidément isolée, n’a guère été approuvée que par quelques pays insignifiants, tels que la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, présents à la conférence, auxquels on peut notamment ajouter, parmi les absents du sommet, l’Iran, l’Algérie, l’Égypte… De leur côté, il est vrai, Barack Obama et son collaborateur français regroupaient onze signatures sur un texte qui, tout en condamnant formellement la Syrie, exclut toute participation à l’opération prévue et annoncée avec tambours et trompettes par Paris et d’une voix moins assurée par Washington.

François Hollande, pour sa part, sort de cet épisode encore plus Gros-Jean comme devant. Contraint d’attendre le toujours hypothétique feu vert du Congrès américain, le président français déclare également s’en remettre d’avance aux conclusions d’un rapport dont on sait déjà que, confirmât-il la réalité de l’emploi des gaz, il n’en désignera pas pour autant le ou les coupables. Avec l’obstination habituelle aux velléitaires qui reviennent d’autant moins aisément sur une décision qu’il leur est moins habituel d’en prendre, le chef de nos armées tient de plus en plus ferme sur les sables mouvants où il s’est enlisé et semble même prêt à accepter le rôle de sacrifié que dans la grande tradition des guerres coloniales il était de coutume de réserver aux supplétifs. Notre aviation héritera-t-elle du périlleux honneur de braver dans le ciel syrien les défenses du régime tandis que les Américains se borneraient à expédier sur les cibles repérées des missiles de croisière et éviteraient au maximum d’y risquer des vies humaines ? Tirez les premiers, messieurs les Français !

De quelle légitimité, sans mandat de l’ONU, sans participation de l’Union européenne, sans vote du Parlement, le président de tous les Français qui veulent ou acceptent la guerre peut-il se prévaloir ? 68 % de ses sujets (19 points de plus qu’il y a quinze jours) rejettent désormais sa politique et refusent précisément notre participation à une intervention militaire. Le roi veut la guerre, son peuple veut la paix. Lequel des deux l’emportera ? La France, oui ou non, est-elle une démocratie ?

Cette évolution et ce basculement de l’opinion tiennent moins à la crainte d’un échec, voire d’une défaite, qu’à la prise de conscience d’une réalité complexe que ne peut plus masquer le matraquage éhonté d’une propagande à sens unique. Le régime syrien serait-il l’auteur du massacre de la Ghouta, l’opposition syrienne, jour après jour, se montre capable et coupable du pire, et son drapeau n’est plus, s’il le fut, celui de la révolution et de la liberté, mais celui de la terreur et du chaos. Plus encore qu’une erreur, c’est une folie de soutenir ceux dont une vidéo, qu’a pu voir ces derniers jours le monde entier, dévoile le vrai visage de cruauté inhumaine, ceux qui viennent encore d’assassiner un chirurgien de Médecins sans frontières, condamné à mort pour avoir voulu sauver des vies humaines, ceux qui semblent bien détenir les deux journalistes français disparus il y a trois mois en Syrie. Qu’elle l’ait voulu ou non, la coalition nationale syrienne a désormais pour alliés et pour soutiens non seulement, sur le terrain, les combattants du Front Al-Nosra, de l’État islamique du Levant et autres milices qui mettent la Syrie à feu et à sang, mais à travers le monde tous les extrémistes qui avec Al-Qaïda et les Frères musulmans nous ont déclaré la guerre. Les amis de nos ennemis peuvent-ils être nos amis ?

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:18

 

Bd Voltaire 

 

Le 7 septembre 2013

Marie
Delarue
Ecrivain, musicienne, plasticienne.

On pousse un ouf de soulagement lorsque, rentrant de vacances, on trouve encore l’appartement intact derrière la porte close. Chaque année, le cercle des amis et de la famille ayant eu à subir un cambriolage plus ou moins traumatisant s’agrandit, si bien qu’on se dit que, statistiquement, on est le suivant sur la liste.

Vendredi dernier, la grand-messe du soir –
C dans l’air, sur France 5 – avait pour titre « Un cambriolage toutes les 90 secondes ». Encore s’agit-il d’une estimation basse, nous dit le criminologue Christophe Soullez, ce calcul étant fondé sur les chiffres enregistrés par la police. Sachant qu’une part importante des cambriolages et plus encore des tentatives ne fait pas l’objet d’une plainte, on est en effet bien au-delà : « À peine six ménages victimes sur dix disent porter plainte quand ils constatent une effraction ou une tentative. »

La hausse officielle est de 10 % en un an, 30 % sur les cinq dernières années, assortie d’une extension géographique qui atteint désormais tout le territoire, villes et surtout campagnes. Il ne s’agit absolument pas d’un « fantasme sécuritaire » mais bien d’une réalité, conviennent les intervenants, pointant du doigt un ratissage de plus en plus méthodique des « zones rurales » et une « croissance exponentielle » depuis 2009. Il s’agit d’une « criminalité organisée, systématique et quasi industrielle », dit Patrice Bayard, le très galonné directeur de l’OCLDI, l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante, rattaché au ministère de l’Intérieur. C’est dire qu’il parle d’or.

Là où l’on commence à rigoler – façon de parler –, c’est quand il s’agit d’évoquer les auteurs. En effet, c’est peu dire que le tableau n’est pas politiquement correct.

Bien sûr, on trouve là-dedans un petit tiers de « délinquants nationaux habituels » et un autre petit tiers de « délinquance itinérante ». Selon la définition de l’OCLDI, il s’agit de « malfaiteurs organisés qui usent de leur mode de vie itinérant ou agissent sur de vastes zones d’action pour tenter de freiner l’action judiciaire ». Une sorte de gens du voyage, en somme, des communautés de vanniers pas encore sédentarisés, comme on dit dans la grande presse.

Reste que le troisième tiers – et de loin le plus important à ce qu’affirme le monsieur du ministère – est une délinquance itinérante « rattachée aux organisations criminelles de l’Est ». Pour nous consoler, ces doctes experts nous signalent que les affreux n’ont pas fait de la France leur unique terre d’élection mais sévissent partout en Europe. Ça vous rassure ? Moi non.

Bref, on se le demande : qui sont donc ces barbares ? Des noms, des noms !

Monsieur Ploquin, docteur ès criminalité au magazine Marianne, tente de retarder le moment fatidique. Expert en excuses sociologiques, il nous parle de « l’effet induit des printemps arabes et de la crise économique ». Comprenez les clandestins arrivés ces dernières années de Libye, de Tunisie ou d’Égypte et qui n’auraient d’autres ressources que de dévaliser le petit commerce et piquer le sac de la grand-mère. Faut les comprendre.

Et puis, et puis… et puis il y a les autres. Les gangs organisés venus des anciennes républiques de l’Est ou de ces jolis pays où nous sommes aller porter la démocratie triomphante : la Serbie, le Kosovo, la Bosnie… Des gangs d’Arméniens, Ukrainiens, Albanais, Moldaves, Géorgiens, Roumains… Ceux-là fonctionnent sur le modèle soviétique de l’ancienne mère patrie, dit M. Bayard : un leader et des troupes interchangeables constituées de toxicos, de soldats démobilisés, de demandeurs d’asile. Enfin, il y a les groupes claniques et familiaux, particulièrement chez les Tziganes et les Roms. Ils sont structurés autour d’un chef de clan, avec des contremaîtres et des exécutants – jeunes femmes et enfants – réduits en esclavage. Rien que des gens charmants qui, au pillage systématique, ajoutent la « traite des êtres humains en bande organisée ».

Mais tout cela, Madame, fait aujourd’hui de bons Européens et fera peut-être demain de gentils Français…

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 10:07

 

 

Le 1 septembre 2013

Bd Voltaire
François
Delaître
Artisan.

Christiane Taubira, garde des Sceaux, nous disait que l’esclavage était le crime exclusif des méchants Blancs contre les gentils Noirs, et se refusait à évoquer le rôle majeur des Africains eux-mêmes – et des Arabes en particulier – dans l’organisation de la traite négrière, bien avant l’arrivée des Blancs ; au prétexte d’éviter aux « jeunes Arabes » de porter « sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » – les jeunes Blancs pouvant bien se débrouiller avec leur conscience, eux.

Des historiens condamnèrent sa partialité.

Ses tendances partiales lui ayant tout naturellement valu le ministère de la Justice, elle instaurait le droit des homosexuels à se marier au nom de cette égalité de traitement qu’elle refuse aux esclavagistes, réintroduisant bientôt le commerce humain au nom du droit à l’enfant – par n’importe quel moyen – qu’on ne saurait longtemps refuser aux homosexuels mariés, toujours selon ce principe devenu frappadingue d’égalité.

Les générations futures jugeront.

Elle nous dit aujourd’hui que la prison n’est pas une solution, que l’incarcération est le terreau de la récidive, bref : qu’il faut vider les prisons. Sur quelles données fonde-t-elle son jugement ? Manifestement pas sur les travaux des experts qui, comme le rappelait Alain Bauer il y a quelques jours, n’ont absolument pas établi de baisse significative de la récidive chez les condamnés éloignés de la prison par des sanctions alternatives.

La probation est pourtant l’arme de Christiane Taubira contre la délinquance. En prenant au pied de la lettre les mesures qu’elle propose, comme Le Figaro le révélait cette semaine, sa réforme pénale pourrait épargner la prison à 98 % des condamnés. Soit près de 120.000 condamnations chaque année pour des délits allant de l’infraction routière à des faits nettement plus graves tels les coups et violences volontaires, le trafic d’armes ou de drogues.

Ces dizaines de milliers de délinquants pourraient ainsi, grâce à la mansuétude du garde des Sceaux et la complicité du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, venir s’ajouter à un nombre comparable de condamnés dont les peines de prison ferme ne sont pas appliquées, faute de places dans les prisons et de volonté à faire respecter les décisions de justice : 80.000 à 100.000 condamnations sont actuellement « en attente d’exécution ».

Des dizaines de milliers de voleurs, brutes, proxénètes et trafiquants en tous genres encouragés à persévérer 

Les victimes apprécieront.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:49

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Le 1 septembre 2013

Bd Voltaire
Charlotte
d'Ornellas
Journaliste indépendante

 

Depuis le 10 août, les Veilleurs – mouvement initialement constitué en opposition à la loi Taubira – marchaient sur les routes de France. Hier, leur périple « à la rencontre des Français » s’achevait à Paris, place de la Concorde, avec quelques centaines de personnes selon les chiffres officiels, 5.000 selon les organisateurs ; et ce, malgré l’interdiction de la préfecture de police.

« Nous avions dit que nous marcherions de La Défense à la Concorde, nous l’avons fait. Nous avions dit que nous veillerions place de la Concorde et nous l’avons fait. » Leur sérénité est une réponse assez cinglante à l’agitation médiatique, politique et policière qui, depuis quelques jours, multipliait les mises en garde.

Le rendez-vous est donc fixé à La Défense, où un important dispositif policier les attend. La confrontation n’est pas leur but, et la consigne était claire : « Inventez l’itinéraire de la marche que vous souhaitez, évitez les barrages… » Ils s’élancent donc, par petits groupes, vers la Concorde, se fondant parmi les touristes et les promeneurs.

La seule agitation dans l’après-midi est celle provoquée par des dizaines de camions de CRS qui vont et viennent, gyrophares allumés et sirènes hurlantes… et qui, parfois sans aucune justification, bloquent les passants ou les détournent. C’est leur comportement, et uniquement celui des forces de l’ordre, qui suscite, en l’occurrence, l’attention des badauds. La seule manifestation parisienne de ce samedi était finalement organisée par la préfecture de police !

« Il disait :

 

Reprends courage/L’espérance est un trésor/Même le plus noir nuage/A toujours sa frange d’or »,

 

 chantent ces nombreux Veilleurs, encadrés par les CRS. Peu importe leur nombre en réalité, ils sont majoritairement jeunes, et veulent réfléchir, écouter et apprendre pour mieux s’engager.

Mémoire et espérance, c’est le thème. Se souvenir pour mieux construire. Alors que l’un d’eux déclame un texte d’Antonio Gramsci, un passant intervient, attrape le micro car il veut s’adresser à « ces gens qui méprisent les homosexuels ». Le micro est repris : ce n’est pas le lieu ni le sujet, mais la personne est accueillie par quelques Veilleurs qui acceptent volontiers de l’écouter.

De nos jours, rares sont ceux qui acceptent d’écouter « l’autre » : les Veilleurs en font indiscutablement partie. Ils sont à l’écoute d’un monde qui est le leur, et dans lequel ils décèlent « une profonde blessure ». La loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe fut le prétexte de leur création. Mais leur combat s’est considérablement élargi. L’une des organisatrices, Alix, le rappelle : « Cette loi n’est pour nous que l’épiphénomène d’une société qui a perdu le sens des choses, parce qu’elle refuse la réalité… »

Au terme de cinq heures de musiques, lectures et références faites à Hélie de Saint Marc, Anouilh, Rostand, Péguy, Mozart, Bach… il faut bien reconnaître que cette veillée relevait plus de l’événement culturel que de la seule manifestation. Aucune revendication ; mais des propositions, des témoignages, des lectures.

À défaut d’être soutenu, ce mouvement mérite au moins d’être écouté, puisque regroupant des personnes soucieuses d’un patrimoine culturel qu’elles apprennent à aimer, qu’elles veulent continuer à découvrir et, surtout, partager.

Pour preuve, une des dernières interventions d’Axel : « Distribuez ce qui est beau. Imprimez un poème que vous aimez, et offrez-le à des inconnus. La gratuité de votre geste touchera… »

Ils peuvent passer pour de doux rêveurs, mais leur rêve n’a d’égal que leur détermination.

Il va sans dire que cette soirée des plus pacifiques s’est déroulée sans le moindre incident. Une leçon pour d’autres braillards à banderoles criardes et slogans vengeurs. Et sûrement un regret pour ces infortunés CRS, policiers et autres argousins auxquels fut refusé le plaisir d’un samedi soir en famille.

 

Voir la Vidéo :

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=znPpZIHl-Jw

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:17

Bd Voltaire

 

Le 1 septembre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

 

Que le chef de l’État, chef des armées, réponde dans l’urgence à une agression contre le territoire national ou à la demande d’assistance d’un pays ami lui-même confronté à un danger mortel, ce n’est pas seulement son droit, mais son devoir, quitte à ce qu’il en rende compte dans les trois jours à la représentation nationale. La majorité, l’opposition et l’opinion, passé l’étonnement causé par la décision rapide, nette et courageuse de François Hollande, n’ont d’ailleurs pas manqué d’approuver et même d’applaudir l’opération Serval, qui nous a amenés à intervenir au Mali pour y réparer les conséquences de notre opération en Libye. Le cas de figure syrien n’est pas du même ordre. La Syrie, que l’on sache, n’est pas une menace pour le monde. Ce serait plutôt le monde qui aurait une fâcheuse tendance à faire de la Syrie un champ de manœuvres pour ses règlements de comptes.

Or, nous ne sommes plus au temps des rois quand, pour un oui pour un non, sur un coup de colère ou sur un coup de dés, le premier despote venu, assoiffé de conquêtes et rêvant de grandeur, lançait ses armées sur le pays voisin. Jusqu’au milieu du XXe siècle, des militaires d’opérette et des dictateurs de tragédie – général Tapioca, caporal Hitler, général Alcazar, maréchal Staline, Mussolini ou Mao Tsé-Toung – ont prolongé de telles pratiques, que la fondation d’une organisation internationale couvrant la planète a rendues anachroniques et, de fait, incompatibles avec les principes de la démocratie.

À la suite de l’emploi massif et meurtrier d’armes chimiques, le 21 août dernier à Damas, dans des conditions qui ne sont pas encore élucidées, trois chefs d’État ou de gouvernement – et non des moindres – ont réagi dans la précipitation en annonçant leur décision conjointe de « punir » un quatrième chef d’État qu’ils tenaient pour seul coupable de ce « crime contre l’humanité ». Lequel a été commis dans le cadre d’une guerre civile atroce qu’est venue entretenir, aggraver et compliquer depuis deux ans et demi l’intervention avouée ou non d’innombrables acteurs extérieurs, dont un certain nombre, en l’occurrence, sont juges et parties.

Barack Obama, David Cameron et François Hollande savaient parfaitement qu’ils violaient ou que, pour le moins, ils contournaient la légalité internationale censée passer par l’ONU. Les trois hommes ont dû constater chemin faisant qu’ils allaient également, à l’intérieur de leurs propres pays, à l’encontre d’une opinion publique réticente, voire hostile. Aucun d’entre eux, faut-il le rappeler, n’avait pris, avant d’être élu, un tel engagement et n’avait donc reçu le mandat de rejoindre dans la guerre civile syrienne le parti de l’insurrection. Leur prise de position posait donc problème, du seul point de vue de la démocratie.

Dans ces conditions, David Cameron, le premier, s’est résolu, ou résigné, à soumettre sa politique à l’approbation de la Chambre des communes qui lui a répliqué par un non franc et massif. Barack Obama, à son tour, et contre toute attente, vient de lui emboîter le pas. Au Congrès de lui donner ou non le feu vert qui lui permettra de franchir la ligne rouge. Ce faisant, le président américain n’a pas seulement témoigné de ses troubles de conscience, mais obéi à un scrupule démocratique. Le peuple américain est hostile dans la proportion des trois quarts à une nouvelle aventure, après celle d’Irak, aux suites désastreuses, et celle d’Afghanistan qui s’achemine vers une fin calamiteuse. Il est las de porter ce « fardeau de l’homme blanc » que beaucoup voudraient lui voir déposer et de semer la mort sous prétexte de répandre la démocratie pour ne récolter que le ressentiment et la haine.

François Hollande reste donc seul en tête de la course à l’abîme, tout seul comme le grand qu’il n’est pas. La route des lauriers qu’il rêvait de ramasser pourrait bien lui être coupée. Persistera-t-il, contrairement à ses deux compères, à priver la représentation nationale de son droit de vote, alors même que tous les sondages confirment l’hostilité de la majorité des électeurs à sa politique ? Osera-t-il, après la leçon de démocratie que vient de nous donner Londres et avant celle que va nous donner Washington, passer en force ? Certes, la Ve République, à bien des égards, tient de la monarchie. Le locataire de l’Élysée devrait être le premier à se rappeler que cette monarchie est aussi constitutionnelle.

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:04
Bd Voltaire
Le 31 août 2013
Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

Sans mandat de l’ONU, cavalier seul au sein de l’Union européenne, sans l’aval du Parlement, ignorant superbement l’avis contraire de la majorité des Français (64 % aux dernières nouvelles), François Hollande maintient donc sa décision de coller aux basques de l’Oncle Sam en se lançant et en nous lançant aveuglément dans une opération absurde que nous n’oserions pas mener sans les États-Unis, et que les États-Unis pourraient parfaitement mener sans nous. Plaisant attelage que celui de l’éléphant et de la mouche du coche ! Nous allons faire de la figuration inintelligente et jouer les utilités dans un film dont le producteur, le réalisateur et le scénariste sont à Washington. Et cela pour tenir les promesses inconsidérées que le Président et le ministre des Affaires étrangères français ont prodiguées aux représentants d’une opposition dont nul ne sait exactement ce qu’elle représente, et parce que le Président américain se doit, sous peine de perdre la face, de respecter l’engagement solennel qu’il a pris de jouer les gendarmes en cas de franchissement de la « ligne rouge » par le conducteur syrien.

De quoi s’agit-il exactement ? En aucun cas de faire la guerre, paraît-il, puisque reconnaître, financer, entraîner, équiper, armer l’un des deux belligérants et bombarder son adversaire n’est pas prendre part à la guerre. Pas davantage de renverser le régime que l’on n’a cessé d’affaiblir et dont on souhaite publiquement la chute. Mais seulement, pour l’instant, d’intimider, d’humilier, de coiffer d’un bonnet d’âne et de mettre au coin Bachar el-Assad. Dernier avertissement avant l’exclusion temporaire qui précédera elle-même l’exclusion définitive.

C’est trop ou trop peu. C’est suffisant pour nous attirer le ressentiment et éventuellement les représailles d’un des deux camps sans satisfaire les besoins et les revendications de l’autre. C’est assez pour que l’Amérique et la France soient accusées une fois de plus de s’immiscer avec leurs gros sabots dans les affaires intérieures d’un pays souverain, naguère encore colonisé ; ce n’est pas assez pour en finir avec le dictateur et le régime visés. Ce n’est pas d’une ou de plusieurs frappes – dont les cibles ont, du reste, été dûment averties de ce qui les attend – que jaillira une solution (même provisoire, même militaire) à un problème national, religieux et politique.

Décontenancés par les réticences et les refus de leurs opinions publiques, les deux cavaliers de l’Apocalypse, l’un perché sur un pur-sang qu’il ne maîtrise pas, l’autre juché sur un âne qui refuse d’avancer, s’efforcent in extremis de bricoler une coalition qui, à défaut d’agir dans la légalité, serait censée prouver que la Syrie fait contre elle l’union des démocraties occidentales et des pays musulmans. Mais les buts des uns et des autres ne sont pas les mêmes. Alors que Washington et Paris rêvent d’installer un gouvernement démocratique à Damas et de préserver l’existence d’une Syrie multiconfessionnelle, multiethnique et multiculturelle, la Turquie et la Ligue arabe veulent la victoire et l’hégémonie de la composante sunnite du pays, et les djihadistes voient dans le conflit l’occasion rêvée de faire flotter sur un État du Moyen-Orient les bannières noires du salafisme et d’Al-Qaïda. Sous prétexte de « punir » un assassin, nous cautionnons des criminels.

Ni l’honneur de la France ni l’intérêt national ne sont en jeu entre Alep, Homs et Damas. La Chambre des communes nous a fourni, l’autre jour, la plus claire et la plus justifiée des échappatoires en refusant à David Cameron la permission de s’aventurer sur un terrain où il n’avait rien à faire au mépris des conséquences terribles qui pourraient en résulter. Le chef de l’État français daigne autoriser l’Assemblée nationale à discuter du sujet du jour mercredi prochain, peut-être avant, peut-être après l’intervention franco-américano-turque. Mais ce sera un débat sans vote. C’est dire la considération, la marge de manœuvre et le pouvoir qui, sous la Cinquième République, sont laissés à la représentation nationale

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 09:10
Bd Voltaire
Le 31 août 2013
 
Dominique
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.
Jamet

« La mort stupide eut honte », comme dans le poème de Victor Hugo. Les boutefeux de la croisade anti-Bachar el-Assad, et plus généralement tous ceux qui, de par le monde, aiment d’autant plus la guerre qu’ils la font moins et qu’ils ne la paient jamais que de la peau des autres, peuvent rengainer leur grand sabre et déchausser leurs bottes.

Depuis quelques jours pourtant, le pire paraissait sûr. Les dés avaient été jetés. Lié par les paroles imprudentes qu’il avait prononcées et les engagements irréfléchis qu’il avait pris, poussé au crime par ses alliés arabes, turcs et israéliens, le grand timonier de l’Occident avançait à contrecœur, à pas comptés, à reculons, mais il marchait inexorablement vers l’abîme. Après le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, les États-Unis s’apprêtaient à mettre le doigt dans l’engrenage d’une nouvelle guerre et d’une nouvelle folie.

Certes, l’aval de l’ONU leur manquait, ils n’étaient pas parvenus à mettre sur pied une nouvelle coalition. Sans l’Allemagne, l’Italie, le Canada, l’Australie et les pays membres de l’OTAN, ils ne pouvaient compter que sur les deux chiens couchants que sont depuis des années la Grande-Bretagne et la France ; soit une communauté réduite aux laquais, en somme. La machine infernale n’en était pas moins lancée.

Déjà, sur les bases de Chypre, de Djibouti et d’Abou Dhabi, les réacteurs des avions de chasse à cocarde tricolore vrombissaient, déjà les porte-avions et les destroyers frappés de l’étoile blanche pointaient leurs missiles sur les cibles repérées par les drones. Rien ne semblait pouvoir arrêter le processus classique d’une de ces guerres dont l’historien saura quand elle a fini, mais dont le politique ne sait ni où ni quand elle s’arrêtera.

Le coup d’arrêt est venu d’où on n’osait plus l’espérer. La Chambre des communes, en désavouant David Cameron, a coupé l’herbe sous le pied d’Obama. Qu’est-ce qui a déterminé la formation d’une majorité d’idées où travaillistes, libéraux et conservateurs rebelles ont mêlé leurs bulletins ? Le refus de se lancer dans une telle aventure sans le feu vert de l’ONU ? La prise de conscience des risques encourus et des conséquences possibles ? La prise en considération des moyens de défense et de riposte de la Syrie et de ses alliés ? L’envoi sur zone de navires de guerre russes ? Le poids d’une opinion publique majoritairement hostile aux opérations envisagées ? La volonté, à la lumière des mensonges du passé, de ne passer aux actes, à la fameuse « punition », que s’il y a des preuves ?

Un peu de tout cela, sans doute, mais par-dessus tout la conviction que les élus de la nation détenteurs de la légitimité populaire et du pouvoir législatif ne sont pas tenus en toute circonstance de se plier aux injonctions de l’exécutif. L’Angleterre s’est souvenue jeudi soir qu’elle est la mère des Parlements. Elle a donné au Premier ministre et au monde une leçon de démocratie.

En France comme de l’autre côté de la Manche, comme de l’autre côté de l’Atlantique, une majorité de la population rejette la politique du pire. Nous verrons bien mercredi prochain si la majorité de l’Assemblée nationale est capable d’un sursaut identique à celui des Communes, ou si elle se résigne à suivre, la queue basse, les consignes d’un gouvernement et d’un chef d’État eux-mêmes à la remorque d’un capitaine de vaisseau qui a perdu le cap.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:16



COMMUNIQUE DE PRESSEde Jacques MYARD
Député de la NationMaire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République


 

Le 30 Août 2013




Une fois n'est pas coutume , je crie "Vive l'Angleterre ! "

Le vote de rejet de la résolution portant sur les frappes sur la Syrie par le Parlement britannique marque le retour d'un peu de raison dans l'hubris guerrier des gouvernements occidentaux .

A l'évidence , les députés britanniques n'ont pas été convaincus par les arguments de preuves présentés par leur gouvernement . Ils ont ainsi fait preuve de bon sens , les frappes loin de résoudre la crise ne feraient qu'aggraver la situation et risquer d'embraser toute la région véritable poudrière !

De plus , le parlement britannique montre l'exemple d'un parlement souverain , le parlement français pourrait s'en inspirer justement , l'absence de vote à l'Assemblée nationale remplacée par un simple débat sans suite apparait plus que dérisoire ! Un vote s'impose !

En l'occurrence , le Président de la République serait bien avisé de revoir sa copie et de corriger son discours guerrier , quant aux Américains qui prétendent agir seul - sans l'aval du Conseil de Sécurité - et alors que leurs principaux alliés refusent de les suivre ils devraient savoir que le monde a changé et qu'après la faute stratégique de l'Irak , rien ne les oblige à en commettre une autre !

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:58

 Boulevard Voltaire

 

 

Le 29 août 2013

Charlotte
d'Ornellas
Journaliste indépendante

 

Bachar el Assad, le président syrien, ne peut faire mieux que d’apostropher certains leaders occidentaux, à l’annonce d’une probable intervention militaire : « N’ont-ils pas compris que toutes ces guerres n’ont apporté que la ruine et l’instabilité au Proche-Orient et dans d’autres régions du monde ? » En cela, personne ne viendra le contredire, surtout pas les chrétiens d’Orient.

Ainsi, en 2001, monseigneur Coutts, évêque de Faisalabad, reçoit la visite d’un l’imam alors que Bush décide de bombarder l’Afghanistan, imam qui lui dit : « Empêchez-le d’attaquer les musulmans », sachant que l’action d’un Occidental sera toujours tenue pour être celle d’un chrétien, c’est donc contre eux que se retourne la colère. Les chrétiens irakiens confirment : « Nous étions, dès le premier jour, considérés comme les collaborateurs des Américains, puisque nous étions chrétiens ».

Mais la France s’apprête malgré tout à s’engager, avec l’Angleterre et les États-Unis, aux côtés des “Combattants de la liberté”. Eux qui n’hésitent pas à lancer « des appels au meurtre des infidèles depuis les minarets » selon le témoignage d’un jeune chrétien syrien, où à s’illustrer dans des vidéos rivalisant de sauvagerie.

L’opposant syrien Haytam Mana, responsable à l’étranger de la Coordination nationale pour le changement démocratique, confirme au journal belge, Le Vif : « Comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ? »

Oui, mais Bachar el Hassad aurait utilisé des armes chimiques…

La ficelle est un peu grosse, surtout quand l’annonce est faite alors que les rapporteurs de l’ONU n’ont rien affirmé, que certaines photos du « massacre » se sont avérées égyptiennes ou irakiennes, ou que du gaz sarin était trouvé chez les rebelles quelques mois plus tôt !

Mana est sceptique : « Les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or, ce matériel sert de preuve pour les Américains ! »

 

Le risque d’une intervention est le chaos.

 

C’est la raison pour laquelle de nombreuses autorités chrétiennes appellent à la prudence, à commencer par le Pape, pour qui la voie du dialogue est « l’unique option ».

La critique du patriarche latin de Jérusalem, qui avait fustigé « l’attitude criminelle des grandes puissances », en juillet dernier à Paris, est vive : « L’Occident et des États-Unis n’ont pas été attaqués par la Syrie. Avec quelle légitimité osent-ils attaquer ? Qui les a nommés policiers de la démocratie au Moyen-Orient ? » Il rejette lui aussi l’alibi fourni : « Il ne faut pas répéter cette comédie des armes de destruction massive [en Irak], alors qu’il n’y en avait pas. Ce pays est toujours dans une situation très critique. »

Monseigneur Audo, évêque chaldéen d’Alep, s’alarmait quant à lui sur les ondes de Radio Vatican :

 

 « S’il y avait une intervention militaire, cela voudrait dire, selon mon appréciation, une guerre mondiale. »

 

Mais le plus virulent est le patriarche syrien catholique Youssef III Younan : « Nous, les chrétiens, avons été trahis et vendus pour le pétrole. L’Occident soutient la démocratie au nom de régimes qui n’ont rien de démocratique : le Qatar et l’Arabie saoudite sont parmi les pays les plus arriérés du monde. Leurs dirigeants sont reçus dans les palais occidentaux en héros de la démocratie, du pluralisme, de la tolérance ! »

Prudence donc, avant que les Syriens n’aient à pleurer à l’instar de cette jeune irakienne : « Les droits de l’Homme, ce sont nos parents égorgés par les milices. Nous n’avons jamais rêvé de démocratie, au mieux nous avons parlé de liberté. »

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Published by voxpop - dans La France en résistance
29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:16

Retraite : comparaison public-privé

  FONCTIONNAIRES SALARIES DU PRIVE

Age de départ à la retraite (à partir de 2017)

52 ans et 57 ans, 60 ou 62 ans 60 ou 62 ans

Base de calcul de la pension

6 derniers mois de traitement Régime de base : 25 meilleures années *

régimes complémentaires : ensemble de la carrière

Majorations parents famille nombreuse

+10 % pour 3 enfants
+15 % pour 4 enfants
+20 % pour 5 enfants
etc...
+10 % à partir de 3 enfants pour le régime de base
+10 % à partir de 3 enfants, plafonnés à 83 € par mois, pour les complémentaires

Distribution de trimestres gratuits (hors majorations pour enfants)

- Pour services hors Europe
- Pour services Outre-Mer
- Pour tous les agents autorisés à partir avant 55 ans
Non

Réversion (pour les veufs et les veuves)

Aucune condition Condition d'âge : (55 ou 60 ans, suivant la caisse)
Condition de ressources

Cotisation employeur

74,28 %** (payée par le contribuable) 16 %

Niveau de retraite garanti

Oui, au minimum 75 % du dernier salaire hors primes, pour une carrière complète Non

 * Dans la limite du plafond de la sécurité sociale    ** Pour les fonctionnaires civils d'Etat                                                   

Madame, Monsieur, 

Ces différences de traitement entre salariés des secteurs public et privé vous scandalisent ?  Vous en avez assez des injustices ?
Alors signez la pétition de Sauvegarde Retraites au Président de la République, François Hollande, pour exiger que la réforme globale des retraites - dont le vote par le Parlement est prévu à l'automne 2013 - instaure enfin l'équité entre tous les retraités.

Signez la pétition :
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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.

J'ai plus envie de relativiser. >>>>