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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:02

 

 

Boulevard Voltaire

Le 28 août 2013

Pierre-Edouard
Ducray
Responsable des études chez Sauvegarde Retraites

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

 

Pierre-Édouard Ducray est chargé des études au sein de l’association Sauvegarde Retraites. Il a bien voulu répondre à nos questions.

Le gouvernement vient de présenter son projet de réforme des retraites. Quelles en sont les mesures principales ?

En réalité, il ne s’agit pas d’une réforme… Les mesures qui ont été présentées par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, visent au contraire à multiplier les replâtrages pour préserver le système en l’état. En somme, il s’agit de raboter les retraites pour tenter de sauver le système, quel qu’en soit le prix.

 

Mais les sacrifices ne sont-ils pas surtout demandés aux actifs ?

Effectivement, une hausse des cotisations est prévue. Pour être précis, il s’agit plutôt d’une augmentation de l’augmentation puisque, l’an passé, le gouvernement a déjà décrété une hausse progressive des cotisations sur quatre ans. Aujourd’hui, vu la récession, une telle surenchère risque d’engendrer une baisse des salaires et une hausse du chômage. Ensuite, un nouvel allongement de la durée de carrière est également au menu. Ceux qui ont moins de 40 ans aujourd’hui devront travailler 43 ans. Il s’agit, en quelque sorte, de travailler plus pour gagner moins.

Les retraités sont épargnés ?

Non, le Premier ministre ne s’est pas attardé sur la question, mais le projet prévoit au moins deux mesures les concernant. La première touche les revalorisations annuelles. Aujourd’hui, elles ont lieu le 1er avril. Demain, ce sera le 1er octobre. Comme une entreprise en faillite partielle, l’État organise un retard de paiement. Il compte grappiller ainsi 1,4 milliard d’euros. La seconde consiste à fiscaliser l’intégralité des majorations de pension pour enfant, c’est-à-dire à augmenter tout simplement l’impôt sur le revenu des retraités.

 

Alors tout le monde est perdant ?

Oui, surtout dans le sens où cette politique ne résout rien. Ces mesures n’apportent même pas un tiers des ressources nécessaires. Si elles ont un impact neutre sur l’économie – ce qui est malheureusement peu probable –, elles devraient permettre de dégager sept milliards d’euros sur les vingt milliards escomptés. Et encore, les besoins de financement fixés à ces vingt milliards d’euros sont largement sous-estimés. Ils ne prennent pas en compte les surplus nécessaires qu’il faudra pour financer la retraite des fonctionnaires, ni une part des subventions publiques prises en charge par l’État, lui-même déficitaire. En revanche, les bénéficiaires des régimes spéciaux s’en sortent bien, le gouvernement a pris soin de préserver leurs avantages…

Peut-on procéder autrement ?

Soyons clairs : à force de retarder les échéances, il n’y a plus de solution miracle. En revanche, il existe des alternatives beaucoup plus justes et qui surtout permettraient de ne pas hypothéquer l’avenir de notre économie. Déjà, il est urgent que les régimes spéciaux soient réellement réformés. Le gouvernement ne peut pas, d’un côté, donner des leçons de justice sociale et de morale égalitariste et, de l’autre, préserver des privilèges d’un autre âge, sous prétexte qu’il ménage sa clientèle électorale. Ensuite, il faut tout remettre à plat comme l’ont fait la plupart de nos voisins européens en basant cette réforme de fond sur deux grands piliers : d’une part, un plafonnement des cotisations obligatoires et l’interdiction de recourir à l’emprunt dans un système en répartition, ce qui permet de respecter le principe d’équité et de solidarité entre les générations ; et, d’autre part, la consécration du principe « à contribution égale, retraite égale », ce qui permet, cette fois, de garantir l’équité entre les personnes d’une même génération.

En savoir plus : sauvegarde-retraites.org

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 07:43

Boulevard Voltaire

 

Le 28 août 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

« Ce crime de trop appelle une riposte », titrait Le Monde, avant-hier. Tous les crimes sont « de trop », mais on se tromperait si l’on inférait de ce titre vengeur que le grand quotidien du soir s’est rallié à l’idée qu’en droit commun tout crime appelle une sanction. Le crime visé par l’éditorial va-t-en-guerre de notre confrère moralement correct était naturellement l’attaque meurtrière au gaz qui a fait plusieurs centaines de victimes le 21 août dernier dans les faubourgs de Damas. Nul ne saurait plus ignorer que le recours aux armes chimiques constitue en effet un crime au regard des conventions internationales qui le proscrivent. Comme on ne saurait penser à tout, aucune convention internationale n’interdit ni le recours au terrorisme, ni l’égorgement de ses adversaires, ni d’ailleurs la guerre, civile ou non. C’est une lacune que l’on comblera certainement un jour ou l’autre.

Revenons au crime perpétré sur le territoire syrien. Les États-Unis ayant donné le ton, il n’y a plus aucun doute pour tous ceux qui, de par le monde, ont réglé leur montre, leur conscience et leur politique sur l’heure américaine que Bachar el-Assad est l’auteur du massacre. Tant pis pour les commentateurs pointilleux qui, ici et là, observent que l’accusation fait fi de la présomption d’innocence, qu’un certain nombre de précédents qui sont encore dans tous les esprits devraient nous inciter à ne prendre qu’avec des pincettes les « preuves » made in USA, que la moindre des choses serait d’attendre les conclusions des enquêteurs dépêchés sur le terrain par l’ONU, et pour finir que seul le feu vert du Conseil de sécurité légitime une intervention armée dans les affaires d’un État souverain. Foin des réticences, des scrupules, du respect du droit. L’heure est à la « riposte ».

Une riposte est normalement la réponse de l’offensé à l’offenseur, de l’agressé à l’agresseur, de celui qui a subi un dommage à celui qui le lui a infligé. En droit commun, s’agît-il de légitime défense, il est stipulé que la riposte doit être proportionnée à l’attaque. Aurions-nous donc été attaqués, offensés ou lésés par le gouvernement syrien que nous devions « riposter » à l’action qu’il a peut-être menée dans le quartier rebelle de la Ghouta ?

Que les États-Unis, avec la bénédiction d’Israël, montrent leurs muscles et saisissent l’occasion de porter un coup à un État protégé par Moscou et par Téhéran, c’est leur politique, lourde de dangers dont ils prennent le risque. Que la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar fassent tout pour installer les sunnites aux commandes de la Syrie, quitte à financer, à encourager, à recruter, à entraîner les djihadistes, vipères qu’ils auront réchauffées dans leur sein, c’est leur choix, irresponsable mais délibéré.

Mais nous, nous la France, qu’allons-nous faire dans cette galère, qu’allons-nous mettre le doigt dans l’engrenage qui va nous happer peu à peu ? Sur quelles bases juridiques, sur quelles bases politiques, sur quel raisonnement cohérent? Depuis quand sommes-nous en guerre avec la Syrie ?

On avait cru comprendre, il y a neuf mois, lors de l’intervention française au Mali, menée dans l’urgence et la clarté, à l’appel du gouvernement de Bamako, avec l’aval de l’ONU et le soutien de l’opinion, que la France prenait rang à l’avant-garde des pays résolus à s’opposer aux infiltrations et aux empiètements du terrorisme islamiste. Les errements de notre diplomatie face aux révolutions et aux évolutions tunisienne puis égyptienne pouvaient être mis sur le compte de notre ignorance et de notre prudence. Mais en faisant cause commune avec les fous de Dieu qui mènent aujourd’hui le djihad contre Bachar el-Assad, nous sommes en pleine démence, et nous paierons tôt ou tard les conséquences de l’erreur tragique que nous allons commettre.

François Hollande a pris des airs de Jupiter tonnant pour annoncer au monde que « la France » avait décidé de « punir » la Syrie. La France n’a rien décidé du tout, et n’a aucunement les moyens d’un tel langage. Le gouvernement français ne se met en avant dans cette affaire, où les Français ne le suivent pas, que parce qu’il sait que ses arrières sont protégés par plus fort que lui. Ce n’est même pas la politique du chien crevé au fil de l’eau. Ce sont les gambades du caniche qui veut se faire bien voir de son maître, les aboiements du roquet qui à la première alerte se réfugira dans les jambes de son propriétaire. Comme quoi une politique imbécile peut aussi être une politique ridicule.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:46

 

 

Boulevard Voltaire

 

Le 27 août 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

 

C’est en 1921 que l’on recourut pour la première fois aux gaz dans un conflit au Moyen-Orient. Un jeune officier anglais, promis au plus brillant avenir, était à l’origine de cette idée neuve en Asie. Plus tard, devenu maréchal de l’Air et connu sous le surnom de « Bomber Harris », il devait être l’organisateur des raids de terreur et d’anéantissement sur Cologne, Hambourg et Dresde. Trois ans après la fin de la Première Guerre mondiale, l’ypérite, généreusement répandue par l’aviation de Sa Gracieuse Majesté, fit merveille contre les tribus irakiennes allergiques au passage de leur pays sous mandat britannique et la « communauté internationale » ne s’en émut pas autrement. Il est vrai que les belligérants européens s’en étaient copieusement et réciproquement aspergés depuis 1915. Ce n’est qu’en 1925 que le « gaz moutarde » fut proscrit par le Protocole de Genève.

En mars 1988, Saddam Hussein utilisa à son tour un gaz de sa façon contre les rebelles kurdes d’Irak. Avec succès. Le monde ne s’en formalisa guère sur l’instant et la CIA continua de fournir des renseignements, militaires et autres, au « maître de Bagdad ». Il est vrai que celui-ci était encore à l’époque le bon petit soldat à l’avant-garde du combat déjà engagé par les États-Unis contre l’Iran. C’est seulement en 1993 que fut élaborée la convention internationale d’interdiction des armes chimiques, aujourd’hui ratifiée par 188 États sur les 196 représentés à l’ONU.

On mesurera les rapides progrès de la conscience universelle à l’ampleur de la condamnation et à celle de la riposte à l’emploi probable de ces armes proscrites, le 21 août dernier, par l’armée syrienne dans la banlieue de Damas. Gouvernements et médias rivalisent ces jours derniers de sévérité à l’égard du régime de Bachar el-Assad. La réprobation des États-Unis, entre autres vigies des droits de l’homme, est d’autant plus émouvante et d’autant plus légitime qu’elle vient d’un pays qui, pendant des années, a déversé sur le Vietnam des millions de tonnes d’agent orange et a tiré des obus enrichis à l’uranium pendant les deux guerres d’Irak. La mise de la Syrie au ban des nations civilisées ne résulte que de la plus spontanée et la plus compréhensible des indignations, et c’est pur hasard si le nombre, le nom et les limites des pays qui réprouvent les crimes de Bachar el-Assad recoupent le nombre, le nom et les limites des États occidentaux et de leurs alliés sunnites engagés dans la croisade contre l’islam chiite.

Quoi qu’il en soit des motivations réelles et de la sincérité de cette coalition contre-nature, étrangement acoquinée avec Al-Qaïda et décidément indifférente aux atrocités perpétrées par la barbarie djihadiste, c’est dans les jours prochains, selon toute vraisemblance, que les Machiavel irresponsables qui nous dirigent vers l’abîme s’apprêtent, sans preuves, sans mandat de l’ONU, sans consultation de leurs Parlements et bien souvent contre la majorité de leurs opinions publiques, à châtier le régime syrien.

Quelle forme prendra l’intervention occidentale, quelle sera sa durée, quelles seront ses cibles ? Puisque, de l’avis unanime, l’Occident n’engagera pas un homme au sol dans ce nouveau bourbier, c’est à partir de ses destroyers, de ses avions et de ses drones que seront visés et éventuellement atteints des objectifs militaires et peut-être même des cibles humaines dument repérées et choisies. La punition, vraisemblablement brève, sera renouvelée, voire aggravée, si le gouvernement syrien est de nouveau pris en faute, et autant de fois qu’il le faudra, avec l’objectif de mettre définitivement à genoux un régime protégé par la Russie et soutenu par l’Iran.

Que résultera-t-il de ces jets d’huile sur le feu ? Un peu plus de morts, un peu plus de dégâts, un peu plus de confusion. Éventuellement l’affaiblissement et la chute d’un des derniers gouvernements arabes qui constituent un rempart contre le terrorisme islamiste, un peu plus de rancune et de haine contre l’Occident et ses ingérences, un nouveau pas vers la généralisation et l’internationalisation du conflit qui embrase déjà la Syrie, le Liban, l’Irak et le Yémen. Il faut vraiment n’avoir pas suivi ou n’avoir pas compris l’histoire et l’évolution du monde musulman ces dernières années pour croire encore que l’Occident a la moindre chance d’y installer la démocratie à coups de missiles.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 08:43

 

 

Le 27 août 2013

Boulevard Voltaire
Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
Son blog.

Claude Askolovitch s’est exprimé sur RTL au sujet du meurtre de Jacques Blondel, ce retraité de Marignane qui, au retour de la plage, a voulu barrer la route à deux malfrats à scooter venant de braquer un bureau de tabac. Selon le journaliste, c’est Jacques Blondel qui « a fait des deux voyous des assassins », et c’est un « gâchis terrible ».

C’est vrai, si Jacques Blondel n’était pas mort, il faudrait le sanctionner. Merde quoi, les deux gars roulaient bien tranquillement à leurs petites affaires et l’autre, qu’on n’avait pas sonné, vient se mettre en travers de leur chemin. De quoi j’me mêle ? A voulu jouer les héros, et toc, a transformé deux petites racailles ordinaires en grands criminels. Ça devrait être puni par la loi. Ce n’est rien que de l’incitation au meurtre. Limite si Marwan Rezgui – celui qui, selon toute probabilité, a tiré – ne devrait pas se retourner contre la veuve et les orphelins. Ou monter une association de défense contre les victimes, sans lesquelles, si l’on y réfléchit bien, il n’y aurait pas d’assassin. Martingale qui pourrait également profiter aux femmes qui, si elles n’avaient pas été si appétissantes, auraient été, à l’évidence, un peu moins violées…

En attendant une marche blanche en faveur des aigrefins en question, humanistes en butte à l’incompréhension de leurs contemporains ?

Plus sérieusement, on pensait pourtant que les Français étaient devenus des gens sensés et raisonnables. Qu’ils avaient appris à détourner les yeux et à prendre fissa la tangente sitôt qu’une vieille dame se faisait tirer son sac, qu’une jeune fille se faisait importuner dans le métro, qu’un ado se faisait insulter pour une cigarette. Eh bien non, restent toujours des fortes têtes. Quel « terrible gâchis ».

Prenez une Anne-Lorraine Schmitt. Si elle s’était laissé obligeamment violer, son agresseur ne l’aurait pas poignardée, et d’un violeur elle n’aurait pas fait un tueur. Quel « gâchis terrible » là encore…

Et je ne parle pas de tous ceux que l’on a plantés pour un « mauvais regard ». S’ils avaient humblement gardé les yeux rivés sur leurs pieds, leurs assassins n’auraient pas été tentés de s’en prendre à eux et seraient toujours de braves voyous de banlieue anonymes qui n’encombreraient pas (encore) les prisons françaises. Vraiment, quel foutu gâchis…

Laissez-vous faire, n’opposez aucune résistance, investissez, pour vos déplacements, dans des œillères afin d’éviter, par un coup d’œil indiscret, d’être témoin de ce que vous n’auriez jamais dû voir et d’être ainsi tenté d’intervenir. Oubliez ce que veulent dire les mots « défense », « secours », « assistance » et « courage » et tout va bien se passer.

Et si, d’aventure, l’appartement de Claude Askolovitch venait à être cambriolé près de chez vous, sa voiture fracturée sous vos fenêtres, son portefeuille subtilisé sous vos yeux, surtout ne dites rien. Passez votre chemin, ne jouez surtout pas les Clint Eastwood. Ne courez pas le risque coupable de transformer une petite frappe en assassin ; lequel Askolovitch, soyez en sûr, vous en sera infiniment reconnaissant.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 19:42

Boulevard Voltaire

 

Dominique

Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.
Jamet

C’est une population pittoresque et attachante, qui vit depuis toujours de tout, de rien, de l’air du temps. Les femmes, dans leur costume bariolé, vendent des paniers d’osier fabriqués selon un savoir-faire ancestral et disent la bonne aventure quand elles ne vaquent pas aux soins du ménage et à l’éducation de leurs nombreux et jeunes enfants, dont les rires frais et les petites frimousses débarbouillées avec les moyens du bord égaient le campement. Il ne faut pas s’alarmer des airs parfois un peu farouches de leurs hommes. Le soir, à la veillée, autour d’un feu improvisé avec quelques broussailles et planches trouvées sur des chantiers désaffectés, ils plaquent quelques accords sur leurs guitares et entonnent des chants inspirés par leur vie nomade et apparentés, par une mystérieuse filiation, aux musiques arabes et andalouses. Les “Fils du vent” sont les derniers hommes libres au sein d’une société dont la plupart des membres, inconscients de leur aliénation, mènent une existence besogneuse et routinière, dominée par de sordides problèmes d’argent et de retraite, entre leur métier, leur famille, leur maison et autres préoccupations subalternes.

Ce que l’on ignore généralement, tant l’ignorance, la médisance, la calomnie ont fait leur œuvre dans les esprits, c’est à quel point les Roms, puisqu’il faut les appeler par leur nom, sont créateurs d’emplois et de travail, donc de richesses qui profitent à la collectivité. Ils mettent de l’animation dans les villages désertés. Ils assurent des centaines d’emplois aux salariés d’EDF, de la SNCF, de France Telecom, aux agents d’entretien des autoroutes, aux ouvriers du bâtiment dont l’activité à plein temps consiste à remplacer les câbles de cuivre et autres pièces métalliques indispensables à l’éclairage de la voie publique, aux transmissions téléphoniques, et au bon fonctionnement de nos infrastructures. Combien d’agents communaux du nettoyage, de gendarmes, de policiers, de vigiles, d’agents de sécurité, de serruriers, de plombiers, seraient voués au chômage si les Roms n’existaient pas ! Y a-t-on songé ?

Une discrimination séculaire empêche depuis plus de mille ans la communauté rom de se sédentariser, de s’instruire, de s’intégrer aux différent pays qui ne connaissent et donc n’apprécient pas à sa juste valeur la chance qu’ils ont d’avoir été choisis par eux pour lieux de résidence ambulante. Il n’était que temps que les 6.000.000 de Roms d’Europe, et parmi eux les 3.000.000 de Roms de nationalité bulgare ou roumaine, puissent comme tous les autres membres de l’Union bénéficier des avantages de l’espace Schengen et circuler ou s’installer, fût-ce temporairement, où et comme bon leur semble, pour y vivre selon leurs usages et leurs lois. Ce sera enfin chose faite au début de l’an prochain…

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 07:47
  Boulevard Voltaire
Le 22 août 2013
Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
 

La rentrée scolaire approche. Quelle est la priorité du gouvernement ? Lutter contre les « stéréotypes de genre », afin qu’ils soient « déconstruits et mis à distance », selon les mots d’un rapport remis fin juillet au ministre de l’Enseignement.

Vincent Peillon, flanqué de l’inénarrable Najat Vallaud-Belkacem, y travaille donc dur : une formation obligatoire des professeurs est prévue dans les « ESPE » (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation), qui remplaceront en septembre les IUFM ; les manuels scolaires seront revisités, et dès la rentrée, un dispositif baptisé « Les ABCD de l’égalité » sera lancé dans 500 classes de primaire, visant, comme dans la crèche Bourdarias que Najat Vallaud-Belkacem a visitée il y a quelques mois, à éradiquer dès le plus jeune âge les clichés et comportements sexistes. Une formation et des outils spécifiques sont prévus pour repérer les attitudes « genrées »…

Même si nos deux compères au gouvernement ont conscience, comme le dit toujours le même rapport, que la question du « genre » peut susciter de « fortes résistances et des réactions très négatives ». On rigole. La gauche fait l’expérience du mot piégé qui vous explose entre les mains. Eux, les maîtres artificiers du verbe, les spécialistes de la manipulation sémantique à la nitroglycérine viennent de comprendre qu’ils ne pourront plus dégoupiller le mot « genre » qu’avec d’infinies précautions.

Quoi qu’il en soit, comme le stipule le rapport, il faudra par exemple en finir avec le cliché de la « fille sage et laborieuse ». Quelle bonne idée. Vive la fille agitée et qui n’en fout pas une. Il restait un segment de population tenant à peu près en place pendant les heures de cours, il serait dommage de ne pas l’encourager à mettre le boxon. Dans la crèche Bourdarias aussi, on recommande aux fillettes de « faire du bruit, crier, grimper ». C’est le ci-devant secrétaire d’État à la Justice Jean-Marie Bockel qui ne doit pas en revenir… lui qui, fin 2010, dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile, mettait en garde contre le développement exponentiel des bandes de filles « mimant des conduites jusqu’à présent masculines ».

Est dénoncée aussi, dans le secondaire, la sous-représentation des filles dans les filières scientifiques. Non qu’elles n’en aient pas le choix – puisque les filles, « sages et laborieuses », réussissent mieux à l’école –, mais elles n’en ont pas le goût. Et libérer la femme, ce n’est pas, pour le gouvernement, lui laisser le choix, c’est la forcer à faire le « bon » choix, comme on l’a déjà vu pour la réforme récente du congé parental. Il faudra donc faire rentrer à la trique et au chausse-pied les récalcitrantes dans une filière scientifique, faire d’elles des malgré-nous du BTP, de l’informatique et de la maintenance de plate-forme off shore. Ce qui contribuera fortement, on s’en doute, à leur épanouissement.

Si l’on voulait réellement œuvrer pour les femmes, ne faudrait-il pas au contraire revaloriser les filières littéraires, pour lesquelles elles ont visiblement de l’appétence ? À l’instar de Serge Villepelet, président (jusqu’au mois dernier) de PricewaterhouseCoopers France et auteur du livre Un patron qui aime les littéraires, ne faudrait-il pas mettre en avant les qualités propres d’une formation littéraire – de rédaction, de synthèse et d’analyse – pour l’entreprise ? Ne faudrait-il pas en finir avec le « tout sélection par les sciences », voulu par le sociologue marxiste Bourdieu, celui-ci accusant les formations littéraires d’être socialement discriminantes et de favoriser « l’endorecrutement » des classes dominantes ?

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 08:25

Boulevard Voltaire 

 

Le 20 août 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

Les ministres ont rendu leurs devoirs de vacances : en 2025, les poules auront des dents et les canards ne boiteront plus.

Des droits et des devoirs. Tandis qu’à la droite du seigneur Sarkozy, vassaux toujours fidèles et anciens courtisans au dos lassé par les courbettes se livraient à des querelles byzantines autour du droit d’inventaire, qui pourrait les amener à constater qu’ils ont laissé en son temps le Petit Timonier faire des choses qu’il n’aurait pas dû faire et ne pas faire des choses qu’il aurait dû faire, la cloche d’une rentrée anticipée sonnait pour les ministres, invités à rendre les devoirs de vacances qu’ils ont dû bâcler sur le coin d’une serviette de plage entre deux visites à des entreprises méritantes et deux polémiques sur le maintien de l’ordre.

Il faut dire que le sujet qu’ils ont tiré était assez curieux. Le professeur principal leur avait demandé de plancher sur la rentrée… 2025.

Ont obtenu les meilleures notes, avec félicitations du juré unique : Montebourg Arnaud, Taubira Christiane et Duflot Cécile. Ces trois petits fayots avaient résolument choisi de peindre un avenir encore lointain aux couleurs du rêve, qui sont incomparablement plus flatteuses que celles de la réalité.

Donc, en 2025, à en croire le premier, l’industrie française aura regagné des parts de marché à l’international et contribuera pour 20 % à la production de richesses. Elle étonnera le monde par son inventivité, ses créations et sa compétitivité. Pour la deuxième, la peine de probation aura fait ses preuves et pratiquement éliminé la récidive et les juges auront du mal à remplir les prisons. Quant à la troisième, elle croit pouvoir garantir qu’à la date fixée, la crise du logement ne sera qu’un souvenir et l’on verra partout fleurir les pancartes des appartements à vendre et à louer.

En 2025, les poules auront des dents et les canards ne boiteront plus. Il n’en coûte rien de le dire. Quel poète a été assez fou pour écrire que l’avenir n’appartient à personne ? Il a appartenu, le temps d’un séminaire, à ceux qui voient la vie en rose et qui ont délibérément négligé les quelques inconnues de l’équation qui leur était proposée. Nous sommes évidemment dans l’ignorance absolue de ce que sera l’état du monde et de la France à échéance de treize ans. En revanche, il y a les plus fortes chances qu’en 2025 François Hollande ait cessé d’être président depuis quelques années, entraînant dans sa défaite les ministres qui siégeaient hier autour de lui.

 

Si 2025 est encore nébuleux, les contours de la rentrée 2013 se précisent hélas et l’on comprend que le gouvernement n’ait pas trop envie de communiquer là-dessus. Aggravation des impôts, alourdissement des taxes, montée du chômage, baisse du pouvoir d’achat, voilà ce qui nous attend bien avant 2025.

Ces devoirs de vacances, c’était en somme la dernière récréation avant la reprise des cours et le retour de problèmes qui volent, comme on sait, en escadrilles.

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 08:06
Le 20 août 2013
Boulevard Voltaire
Joris
Karl
Journaliste.

 

Les temps sont durs pour le Christ. En cette fin d’été où l’on brûle des églises et où l’on massacre des chrétiens en Égypte, où au même moment se poursuit en France la destruction scandaleuse des églises de campagne, l’image même de Jésus est peu à peu reléguée dans les interdits.

La mésaventure que vient de subir le micro-État d’Andorre est, à ce titre, significative. Il faut savoir que, bien que non-membre de l’Union, Andorre utilisait de facto la monnaie unique depuis la fin de la peseta et du franc. Après un accord signé en 2011, l’euro est devenu la monnaie officielle du pays, qui décida alors de lui donner une identité locale, comme ailleurs. C’est là que ça allait se corser pour nos voisins.

Alors que les dessins des euros d’Andorre pour 2014 avaient été sélectionnés après une compétition nationale, l’UE vient de demander à la Principauté de revoir sa copie ! Motif invoqué ? Les malotrus avaient choisi une double illustration : le campanile de l’église Santa Coloma et le visage du Christ pantocrator tiré de la fresque qui orne l’église Sant Marti de la Cortinada. Sacrilège, si l’on ose dire, pour les technocrates bruxellois, d’ordinaire beaucoup moins sourcilleux quand il s’agit d’autres croyances…

Est-ce néanmoins une surprise, quand on se souvient que les « racines chrétiennes de l’Europe », pourtant une évidence historique, n’ont pas eu droit de cité il y a quelques années ? Alors imaginez que pour ces élites (non élues), diffuser le visage de Jésus à des milliers d’exemplaires revenait quasiment à une provocation ! C’est vrai que le Christ n’était pas forcément l’allié des banquiers et autres collabos de l’ordre du Saint-Pognon.

Habilement, se protégeant derrière l’argument bien pratique (uniquement dans ce cas) de la « laïcité », l’Union européenne a donc suggéré au ministère des Finances andorran « de reconsidérer le projet pour ne pas rompre le principe de neutralité en matière de croyance religieuse » ! Lol, dirait l’autre.

Andorre, curieuse survivance médiévale codirigée, rappelons-le, par la France et l’Espagne, donc par Rajoy et Hollande, a (évidemment) immédiatement obéi : le visage du Christ a été effacé.

La Slovaquie avait récemment essuyé les mêmes tracas lorsqu’elle avait voulu faire figurer l’image des saints Cyrille et Méthode avec leur croix sur les pièces de deux euros. Les Slovaques, à force d’insister, finirent par obtenir gain de cause, enfin presque : il aura quand même fallu supprimer les auréoles de la tête des personnages…

Faire table rase de notre identité, de notre culture, effacer autoritairement le moindre symbole de notre long passé. L’UE sert, semble-t-il, d’obscurs intérêts. Tout sauf européens.

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 08:18

Boulevard Voltaire 

 

 

Christian Vanneste

Homme politique.

Ancien député UMP et Président du Rassemblement pour la France.

Il ne se passe pas de jour sans qu’une nouvelle taxe soit annoncée ni qu’un impôt ou un prélèvement ne soit augmenté. Moscovici vient encore, entre deux hoquets sur la croissance, d’évoquer d’une manière plus sûre l’augmentation de 0,3 % des prélèvements en 2014. Des rumeurs persistantes font état d’un accroissement de la CSG.

La France est un pays socialiste avec ou sans les socialistes, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle le soit davantage quand ils sont aux affaires. Chez eux, c’est de l’ordre du réflexe : lorsque les recettes publiques vacillent, la réponse consiste toujours à augmenter les prélèvements plutôt qu’à diminuer les dépenses. Le rapport de la Cour des comptes, après avoir souligné que « la situation française demeurait plus défavorable que la moyenne européenne », pointait du doigt le fait que le projet de rééquilibrage reposait sur 25 % d’effort sur les dépenses et 75 % d’augmentation des prélèvements obligatoires. Comme le rendement de ceux-ci dépend de la croissance, les résultats risquent de ne pas être au rendez-vous. Effectivement, la croissance, quoi qu’on en dise, se fait attendre, avec au mieux 0,1 % en 2013. Donc, recettes, déficits et dette n’atteindront pas les objectifs. Mais, comme le médecin de Molière dont la saignée n’a eu pour effet que d’affaiblir le malade, le socialiste se dit qu’elle n’a pas été suffisante et qu’il faut en pratiquer une autre.

François Hollande, lors d’une conférence de presse en mai, avait indiqué qu’on ne pourrait pas augmenter l’imposition des ménages en 2014. Dès juin, la baisse du plafond du quotient familial annoncée impactera 12 % des ménages. Au PS, l’impôt n’est pas une politique, c’est une addiction. De la fiscalisation des heures supplémentaires jusqu’aux droits de succession, du plafonnement des niches fiscales à la création d’une nouvelle tranche à 45 %, la frénésie fiscale socialiste s’est déployée, n’hésitant même pas à augmenter la TVA intermédiaire, non sociale et sans intérêt pour notre balance commerciale, et se heurtant parfois à certains obstacles constitutionnels ou à la résistance de volatiles divers qui n’acceptaient pas de se laisser plumer.

Le principal handicap de notre pays, c’est qu’il est structurellement socialiste. Lorsqu’un État aligne 56 % de dépenses publiques, 51,8 % de recettes publiques et 46,3 % de prélèvements obligatoires par rapport à son PIB, il est clair que le poids des administrations est plus important que celui des acteurs économiques privés. Non seulement la France est structurellement socialiste, mais elle l’est de plus en plus.

Certains idéalistes un peu naïfs dans mon genre avaient cru que Sarkozy changerait les choses. Les actes ont démenti les discours : entre 2007 et 2011, le taux de prélèvements obligatoires est passé de 43,6 % à 44,5 % grâce à 52 mesures dont 23 taxes nouvelles. L’Allemagne est à 45 % de recettes publiques, le Royaume-Uni à 41,2 % et seuls deux pays scandinaves ont des taux supérieurs au nôtre. La Suède qui est allée au-delà des 70 % fait aujourd’hui mieux que nous.

Les hésitations et les contradictions de Moscovici, condamné à se démentir piteusement pour n’avoir pas accordé ses violons avec le grand aria euphorisant du Président, ne révèlent que trop l’absence de clairvoyance et davantage encore le manque de courage de nos dirigeants, ceux d’aujourd’hui comme ceux d’hier, hélas ! La France vit sous morphine publique et pas un n’ose la réveiller. Ils se contentent d’augmenter la dose.

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 08:44

 

 

 

Joris
Karl
Journaliste.

L’histoire devient banale et peut arriver à chacun d’entre nous. Le Progrès a relaté les faits.

Samedi 10 août. Quatre « jeunes » originaires de Levallois-Perret prennent le train en gare de Lyon à Paris. Sans billet, évidemment, pourquoi s’embêter avec ce genre de détail ? Direction Perpignan, le soleil et la mer. Ils sont défoncés au cannabis, ne se gênent même pas pour picoler devant tout le monde. La tension monte vite. Entre ces zoulous agités et le wagon rempli de gens tranquilles, la réaction chimique est obligatoirement explosive. Ils ont sacrément envie de foutre le bordel, ils ont sacrément envie de montrer qu’ils sont partout chez eux, qu’ils sont les plus forts. C’est presque animal.

Leur comportement devient insupportable. Les voyous « terrorisaient la voiture entière », selon la SNCF. Un ou plusieurs passagers essayent de s’interposer. « Les garçons de vingt ans déjà connus pour des incivilités ont vite réglé le problème à leur façon. Baladeur arraché des oreilles d’un passager, termes orduriers adressés à une femme et même une gifle envoyée à une jeune fille. Quand les contrôleurs ont montré le bout de leur casquette, ils ont été accueillis avec une bordée d’injures et de menaces », raconte le quotidien régional.

Tout devient « hors de contrôle » et « face à une situation ne pouvant qu’empirer, la décision initiale d’effectuer une exfiltration en gare de Nîmes a été abandonnée et c’est tout le TGV qui a été détourné sur Lyon ».

Oui, vous avez bien lu : pour quatre petits cons qui mettent le souk, on est maintenant obligé de détourner un TGV ! Mais on peut comprendre les hommes du wagon. Intervenir et mettre une raclée à ces minables aurait été dans l’ordre des choses dans la France de jadis. Mais en 2013, une fois debout, vous risquez de vous retrouver tout seul, car dans ce genre de situation, les gens ravalent leur salive, et baissent les yeux. Les racailles le savent, tout se joue au regard. Comme entre chiens. Si vous êtes deux ou trois, c’est mieux, et vous pouvez réduire ces individus au silence. Ils sont affaiblis par la drogue et l’alcool. Le problème, c’est que là, vous allez sans doute payer cash. La justice sera impitoyable avec vous. On vous accusera, qui sait, de violence sur mineurs ou de racisme. Donc au final, vous ne bougez pas. Vous en êtes réduit à espérer un grand soir électoral…

Au terminus, les racailles s’en sont encore donné à cœur joie, se débattant violemment quand les agent de la PAF (Polices aux frontières) sont intervenus et « la garde à vue n’a pas été non plus un long fleuve tranquille », dit la presse locale.

Heureusement, tout est bien qui finit bien. Nos « jeunes » écoperont de « condamnations » allant de 1 à 3 mois de prison… sans maintien en détention. Autant dire nada. Pour la forme, le parquet a fait appel de cette décision. Mais dans la tête des « jeunes », une nouvelle victoire.

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