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À Oran, sur les traces d'Yves Saint Laurent
ENQUÊTE - Dix ans après sa mort, retour dans la ville natale du couturier, en Algérie, où il passa les dix-huit premières années de sa vie. Oran brûle de passions à vif, entre merveilles ...
Oran brûle de passions à vif, entre merveilles architecturales Art nouveau et Art déco, secrets et interdits, espoirs et déni.
.....trois mille Européens disparus, trois mois après les accords d'Évian. Entre-temps, la famille d'Yves Saint Laurent a été rapatriée. Dès 1958, il raccourcit son patronyme. Comme nombre de logements vacants, la maison familiale du 11, rue Stora (devenue rue des Frères-Chemloul) a été occupée par un médecin, puis par la famille Guelil Mansouria: derrière un bout de la façade en partie murée et les quatre commerces au rez-de-chaussée (dont un tailleur), on est loin de l'appartement bourgeois dans lequel le jeune Yves inventait son «blanc d'argent», recopiait Madame Bovary à la plume et imaginait des collections de haute couture qu'il présentait à ses sœurs, sa cousine, la fille de la bonne, et le petit Paul.
«Notre monde à l'époque était Oran et non Paris, ni Alger, la ville métaphysique de Camus aux blanches vérités, ni encore Marrakech et sa bienfaisante magie rose
Il reste le premier couturier à avoir mis le bazar dans les beaux quartiers, à avoir dit à travers ses sarouels et ses caracos d'odalisques: «Nous les Africains»