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Jean-Michel Delacomptée : "Francophonie partout, français nulle part"
TRIBUNE - L'écrivain renommé juge que le français ne peut pas, sans danger, se couper de son lien vital avec la France. Or le récent discours du président sur la francophonie est à cet égard...
De quel chapeau, introuvable au rayon des promesses de campagne, est sortie pareille idée, sinon du besoin d'ajouter une nouvelle couche de repentance postcoloniale à la start-up nation? Une idée généreuse en apparence, mais lancée sans aucune concertation, qui paraît davantage le fait d'un prince étourdi par des visions hors-sol et une hostilité de principe à toutes les frontières, que d'un sage promoteur d'une francophonie rénovée où les pays d'expression française forgeraient un rôle mieux approprié à leurs intérêts et à leurs idéaux, sans que la France - et le peuple français avec elle - ne perde sa place. Et puisque notre président fit, à Erevan, l'éloge de Charles Aznavour qui s'imposait, observons que c'est en un français de longue mémoire que celui-ci chantait, et que c'est bien la France, pas le bassin du Congo, qu'il honorait par son art poétique. Donnons à chaque pays, à chaque peuple, la part qui lui revient.