Partir est exaltant. Revenir est délicat, comme la manœuvre d'un navire entrant au port exige prudence et concentration. Retrouver sa place réclame une humilité rendue difficile par la fatigue de la mission.
Est-il encore indispensable aux siens? La famille s'est débrouillée sans lui, c'est une fierté, un soulagement et une appréhension à la fois. Parfois aussi les fantômes de la guerre le poursuivent au long des nuits, et le guerrier désarmé s'éveille en nage de son cauchemar. La famille doit comprendre, les proches doivent accepter. De la tendresse. Du tact. Du temps. Lui continue à se battre - silencieusement, contre lui-même.
Quatre mois de mission, parfois six. C'est dérisoire à l'échelle d'une guerre. C'est conséquent à la mesure d'un homme. C'est beaucoup dans l'histoire d'une famille. C'est un don collectif à la nation, celui d'une tranquillité domestique chavirée en conscience pour répondre à l'appel du devoir. Il a fait son travail. Et repartira si c'est nécessaire.
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