3 févr. 2012
Le Figaro
JEAN-JACQUES MÉVEL CORRESPONDANT À BRUXELLES
Washington annonce la fin des opérations de combat en 2013.
La France craignait de se retrouver seule sur la sellette, c’est le Pentagone qui a surpris tout le monde. Les États-unis, qui comptent pour plus des deux-tiers de l’effort militaire en Afghanistan, envisagent à leur tour de cesser les missions de combat dès 2013, avec un an d’avance.
DAIMON WILSON vice-directeur exécutif du centre de réflexion Atlantic Council à Washington :
Il est clair que la France a forcé la main des Américains et qu’elle a renforcé, par sa décision unilatérale, les doutes latents de l’administration Obama quant à la forme que devait prendre la présence militaire de la coalition en Afghanistan. Je suis surpris, car je n’attendais pas cela aussi vite. Je pensais que cela viendrait après l’élection présidentielle de novembre 2012. Sarkozy a forcé les Américains à une révision plus rapide de leur stratégie, qui devrait mener à une accélération du retrait.
Pourquoi la Maison Blanche a changé son fusil d’épaule
… le flou qui prévaut sur la nature de la présence américaine après 2014 signale un désarroi palpable. Une série de rapports secrets révèle en effet des tendances inquiétantes sur la mission d’encadrement de l’armée afghane. Selon une enquête menée auprès de prisonniers talibans, ces derniers se sentiraient le vent en poupe, alors que la coalition internationale s’apprête à plier bagages. Ils coopéreraient déjà avec l’armée régulière, dans le dos de l’otan… Des éléments qui alimentent les doutes à Washington sur la pertinence de l’opération.