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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 09:49

Gun Pointed
Le 29 novembre 2013
Bd Voltaire
Marie Delarue
Quand l’État est impuissant à assurer ses fonctions régaliennes, à commencer par la protection des citoyens, on se défend comme on peut.
       

Sézanne, à une consonne près, un nom qui teinte à l’oreille dans le chant des grillons. Rien à voir pourtant. Sézanne est une charmante petite ville de Champagne sur la route d’Épernay, un coin de France historique entre l’église Saint-Denis, imposante en ses contreforts, et le château (à vendre). C’est un bout de pays qui vit tranquille dans le souvenir des comtes de Champagne et des moines qui mirent en culture la région. Une vieille civilisation à distance raisonnable du tumulte des villes. Croit-on.

À Sézanne, le bijoutier a tué jeudi dernier le malfrat qui l’agressait. Un type « pas clair », a dit sa femme, entré dans le magasin ganté, le bonnet sur la tête, un sac plastique en main. Il s’en est pris d’abord à la bijoutière, puis au mari qui, précautionneux, s’était muni de son arme. Après avoir menacé la femme, le braqueur a pointé son pistolet sur la tête du bijoutier, le repoussant vers le fond de la boutique. Dans le corps-à-corps qui a suivi, le bijoutier a tiré à quatre reprises. Le malfrat a réussi à lui prendre son arme, est ressorti pour agoniser sur le bord du trottoir. Son complice en a profité pour aller voir ailleurs si l’on y respirait mieux.

Le procureur Christian de Rocquigny, l’homme « en charge » comme on dit depuis qu’on parle anglo-saxon, a l’air d’un homme très bien. Mesuré. Correct. Précis. « Le braqueur avait un pistolet gomme-cogne, mais pour le bijoutier, vous savez, c’était une arme létale. » Oui, Monsieur le procureur, on sait. « Son pistolet gomme-cogne était vide, mais ça, on ne le sait que maintenant, vous comprenez ? » Oui, Monsieur le procureur, on comprend.

Mais à qui parlez-vous comme cela, Monsieur le procureur ? Pour qui toutes ces précautions ? Qui voulez-vous convaincre ? Ceux qui, demain, le cul dans leur fauteuil moelleux sous les lambris ou les fesses calleuses sur leur chaise au sein d’une rédaction moribonde (Libé, si tu m’entends…) vont pousser des cris d’orfraie : « Quoi, comment, où va la France ? Après le racisme à front de bœuf, maintenant l’autodéfense, le fascisme est à nos portes, les Panzer nous menacent ! » Il y aura bien un Harlem Désir ou une Caroline Fourest pour nous assurer que le bijoutier était un militant d’extrême droite qui, le soir, se posait une moustache postiche et enfilait ses bottes et sa vareuse avant d’astiquer son Luger…

L’épouse du bijoutier en était à son cinquième braquage. Le deuxième dans cette boutique refaite à neuf voilà quatre mois : caméras, sas de sécurité. Ils avaient tout fait comme il faut. Le braqueur aussi : à 36 ans, dix condamnations à son actif dont deux devant les assises pour vol à main armée. Un vrai pro.

Interrogé sur BFMTV, le représentant de l’UDH (Union de la bijouterie-horlogerie) faisait part de son désarroi. Suite à l’affaire de Nice, en septembre dernier, une commission a été créée au ministère de l’Intérieur, chargée de réfléchir « avec les professionnels de la profession » – comme aurait dit Coluche – sur les moyens d’enrayer l’épidémie de braquage des commerces de bijouterie. Créée, et puis c’est tout. Depuis, rien. Pas de nouvelles. Les commissionnaires sont aux abonnés absents et les bijoutiers livrés à eux-mêmes.

Plus grave, dit le monsieur : la plupart de ceux qui ont été braqués ne sont plus assurés – impossible de payer les primes exorbitantes. Alors, quand l’État est impuissant à assurer ses fonctions régaliennes, à commencer par la protection des citoyens, on se défend comme on peut. Et s’il faut tirer dans le buffet pour défendre son bien, on tire.

Question subsidiaire : le braqueur a-t-il un nom ? Pour l’instant, hors son joli pedigree, on ne sait rien de l’individu. On s’en poserait presque des questions.

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

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