«Je n'aurai pas autour de moi à l'Elysée des personnes jugées et condamnées», affirmait F Hollande le 14 avril dans un entretien au Journal du dimanche.
En foi de quoi Montebourg aurait du démissionner !
Mais le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a rejeté mercredi les appels à la démission lancés par la droite, considérant que la probité d'Arnaud Montebourg n'était pas en cause et que la règle érigée par François Hollande refusant la présence de personnes condamnées dans son entourage était donc respectée.
Encore une pirouette , mais nous n'en penserons pas moins. La «confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent» s'en trouve déjà fortemenr entamée.
Par lefigaro.fr
Mauvais timing pour Arnaud Montebourg. Une semaine seulement après sa nomination, le nouveau ministre du Redressement productif a été condamné mercredi par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir publiquement injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance. En septembre 2011, en pleine campagne pour la primaire socialiste, Arnaud Montebourg s'était exprimé sur la situation de la compagnie maritime, dans les locaux du syndicat maritime Nord CFDT, à Calais. «On parle souvent de patrons voyous, là il s'agit d'une entreprise publique, c'est curieux... On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever», avait déclaré l'ancien député au sujet de l'entreprise, dont la liquidation définitive a été prononcée en janvier après des semaines d'incertitude. Ses propos avaient été repris dans la presse.
Se sentant offensés, le patron de SeaFrance, Pierre Fa, et les quatre autres membres du directoire, Katherine Burro-Fleta, Jean-Claude Dechappe, Jean-Luc Drugeon et Vincent Launay, avaient assigné l'élu socialiste pour injure. La 17e chambre civile du TGI de Paris n'a pas retenu dans l'injure les termes d'«incapables» et de «patrons voyous» mais a jugé que le terme «escrocs» était «incontestablement outrageant». Arnaud Montebourg devra verser aux cinq anciens dirigeants un euro de dommages et intérêts, 3000 euros au titre des frais de justice et faire publier sa condamnation dans La Voix du Nord. Selon BFMTV, le ministre a choisi de faire appel de cette décision.
La peine est symbolique, mais la condamnation d'un ministre est embarrassante pour François Hollande, qui a fait de la moralisation de la vie publique un des thèmes phares de sa campagne. «Je n'aurai pas autour de moi à l'Elysée des personnes jugées et condamnées», affirmait-il le 14 avril dans un entretien au Journal du dimanche. Si la question de la condamnation n'est pas directement abordée dans la charte de déontologie signée jeudi dernier par tous les nouveaux ministres, le texte stipule qu'un «manquement isolé peut, à lui seul, suffire à entamer durablement» la «confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent».
En pleine campagne des législatives, la droite pourrait jouer de cette condamnation. Quelques minutes seulement après l'annonce du verdict, l'ex-ministre Nadine Morano réclamait déjà sur Twitter la démission d'Arnaud Montebourg «au nom du principe érigé par Hollande». De son côté, Christian Estrosi a rappelé la condamnation prononcé en 1997 à l'encontre de Jean-MArc Ayrault.
Interrogé en marge d'une rencontre avec le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, François Hollande s'en est sorti par une pirouette: «Vous n'êtes pas obligé de répondre sur M.Montebourg», a-t-il lancé à son homologue. En fin d'après-midi, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé que la condamnation d'Arnaud Montebourg n'était pas de nature à l'exclure du gouvernement. «Toute condamnation qui disqualifierait un responsable politique pour des actes contraires aux valeurs de la République conduirait à l'exclure du gouvernement», affirme-t-il dans un communiqué, ajoutant: «Aucun membre du gouvernement n'est aujourd'hui dans ce cas de figure».