Comment se porte la France ? Pas très bien, à en croire le "portrait social" de la France, que publie l'Insee, ce mercredi. Panorama de la situation en dix chiffres clés.
Soit la population record de la France, au 1er janvier 2014. La barre des 66 millions d'habitants (63,9 millions de personnes vivent en France métropolitaine) a été franchie grâce à la naissance de 280 000 enfants en 2013, soit une hausse de 0,42 %. C'est la croissance la moins importante depuis l'année 2000. L'an dernier, l'indice de fécondité est d'ailleurs passé sous la barre des deux enfants par femme.
Le chiffre grimpe (quasiment) sans cesse depuis le début de la crise, en 2008. En 2013, ils étaient 2,8 millions de chômeurs en France métropolitaine. La barre des 2,5 millions de personnes n'était pas encore franchie il y a deux ans.
Le chômage touche fortement les publics déjà éloignés du travail. 1,1 million de personnes cherchent un emploi depuis au moins un an. Soit 400 000 chômeurs de longue durée supplémentaires entre 2008 et 2013.
À noter que l'Insee se base sur le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Cette définition varie de celle de demandeurs d'emplois, dont les chiffres sont publiés chaque mois par le ministère du Travail. En septembre, ils étaient 3,43 millions de demandeurs d'emplois sans aucune activité.
Entre 2008 et 2012, les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) ont grimpé de 26 %, à 1,7 million. Au total, en comptant l'Allocation de solidarité spécifique (ASS, 400 000 personnes), la France compte plus de 2 millions d'allocataires « des minimaux sociaux ''dits d'insertion'' », compte l'Insee.
En 11 ans, leur nombre a explosé : +44 %. En 2012, près de 112 000 personnes étaient sans-domicile, dont 81 000 adultes et 30 700 enfants. Et l'Insee ne comptabilise que les sans domicile des villes de plus de 20 000 habitants… La majorité d'entre eux (45 000 adultes et 23 700 enfants) est née à l'étranger. Un tiers vit avec moins de 300 € par mois.
Plus largement, 8,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire (987 € par mois), soit 13,9 % de la population. Si ce chiffre recule (-0,4 point), il faut noter que le niveau de vie diminue pour l'ensemble des Français.
Les 24,6 millions de personnes salariées recensées par l'Insee en 2012 touchent, en moyenne, 20 100 € de revenu salarial (par an). Avec la crise, ce revenu a légèrement grimpé (0,2 % par an de 2007 à 2012, contre +0,6 % de 2002 à 2007).
Un quart des salariés n'a perçu que 9 570 € au cours de l'année 2012. Cela ne représente même pas 75 % du Smic.
Oui, les inégalités ont diminué. Légèrement. Le niveau de vie des 10 % les plus aisés a augmenté de 0,1 % en 2013, alors que celui des 10 % les plus aisés a baissé de 1,7 %. Mais ces derniers gagnent encore 6,6 fois plus que les premiers : 4 963 € par mois, en moyenne, contre 754 €.
Pas de panique, la statistique englobe tous les jours de l'année, week-end et congés compris. 4 h 10 de temps professionnel et de formation par jour, en semaine, c'est plus que n'importe quelle autre activité. Logiquement, ce chiffre diminue fortement le samedi (1 h 23) et le dimanche (49 minutes).
Soit le nombre de personnes nées en France ayant au moins un parent né à l'étranger. L'Insee parle de deuxième génération de l'immigration et effectue un zoom sur les descendantes d'immigrées. Selon l'institut, elles seraient moins actives sur le marché du travail que les personnes n'ayant aucun lien avec la migration. Mais restent plus activent que leurs mères.
La réforme de la politique de la ville a rebattu les cartes. Elle concerne désormais 1 300 quartiers en difficulté, contre 2 500 auparavant, situés sur 700 communes différentes. Objectif : renforcer l'action du gouvernement auprès d'un public moins favorisé. Le nombre de personnes touchées diminue en conséquence : moins de 5 millions, contre 7,8 millions auparavant.
Dans ces 1 300 quartiers, on y dénombre plus de familles nombreuses, de familles monoparentales et de chômage que dans le reste de la France.
Voire en très bonne santé. Pas de changement en la matière depuis une dizaine d'années, note l'Insee. Les disparités de revenus expliquent, en partie, les inégalités de santé. En 2012, moins de 60 % des bénéficiaires du RSA se déclaraient en bonne santé, contre près de 80 % de l'ensemble des 18-59 ans.
L'an dernier, les Français ont dépensé 186,7 milliards d'euros en consommation de soins et de biens médicaux (soins hospitaliers, médecins, médicaments…). A titre de comparaison, les dépenses de logement s'élèvent à 309,1 milliards (en 2012).
Le portrait social de la France est publié chaque année par l'Insee, qui souhaite apporter « de nouveaux éclairages sur la société française ». Conditions de vie, revenus, chômage, immigration, santé... De nombreux critères sont passés en revue pour dresser cet état des lieux.