Je dirais plutôt une vieille chemise de nuit plutôt usée.
Elle donne l'impression d'avoir confondu drapeau et tête-de-loup pour traquer l'araignée sournoise.
Celle qu'elle aurait au plafond ?
Le 27 octobre 2013
Il n’y a pas si longtemps, les politiques faisaient le buzz avec leurs petites phrases ; ils le font aujourd’hui avec leurs petites fringues. Parce qu’il faut bien se renouveler, ou parce qu’ils n’ont plus rien à dire.
Shooting professionnel et mise en scène théâtrale pour un coup médiatique assuré. On a eu, dans Paris Match, Nathalie Kosciusko-Morizet en Lady Chatterley, alanguie sur un tapis de feuilles mortes, cheveux défaits, pieds nus, la nuisette découvrant le mollet. On a connu, dans Le Monde Magazine, Frédéric Mitterrand en pyjama, allongé, bien bordé, sous sa couette. On se souvient, dans Le Parisien Magazine, d’Arnaud Montebourg en gros baigneur à marinière rayée. On a admiré Daniel Cohn-Bendit (prudemment assis, quand même), en talons aiguilles vermillon dans Marie-Claire. On vient de découvrir, toujours dans « Le Parisien Mag », Ségolène Royal, enroulée dans une toge blanche, campant « La Liberté guidant le peuple ».
Une « Liberté » au sourire contraint, engoncée dans sa grande robe, embarrassée de son drapeau comme d’un parapluie trop grand. Avec une guide aussi convaincante pour lui montrer le chemin, autant vous dire que le peuple ne risque rien : plantage de direction assuré au premier croisement.
Un moment de buzz est vite oublié. Passé cet instant de gloire fugace, quel intérêt trouvent-ils donc tous à aller faire le mime Marceau ? N’ont-ils pas peur que les Français, lassés de cet incessant défilé, ouvrent d’un coup avec colère leur fenêtre : « Ce n’est pas un peu fini, ce carnaval ? »
Les bals masqués, les panoplies, les déguisements, c’est bien pour Mardi gras. Pour les jours de bombance et de rigolade. Mais en France, il faut croire que cela leur a échappé ; l’ambiance ces temps-ci serait plutôt au jeûne, à l’abstinence et au carême pour tous. Quand le paquebot prend l’eau et que l’on doit embarquer dans une chaloupe, entre le capitaine qui vous tend la main en costume et cravate sombres, et celui qui, travesti en Joconde, en statue de la Liberté ou en Toutânkhamon, avance à votre rencontre sur la coursive en tanguant sur ses Louboutin, le choix est généralement rapide.
Un seul l’a compris : François Hollande. Qui voudrait bien qu’on lui enlève ce costume de Bozo le clown qui lui colle à la peau. Mais tout n’est pas affaire d’accessoires. Et ce nez rouge que tout le monde lui voit, ces postures qui déclenchent l’hilarité générale, ne sont pas comme la toge de Ségolène ni les talons de Daniel : impossible de les jeter dans un coin à la fin de la séance-photo. Parce qu’ils lui sont consubstantiels, peut-être ?
Commentaire :
Isabelle Constant·
CHOISIR
LA FRANCE
J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,
J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.
J'ai plus envie de relativiser. >>>>