" Du courage plutôt que de l'intelligence "
28/01/2014 05:35
« Les hommes politiques manquent de courage plutôt que d'intelligence ! » C'est Patrice Duceau qui le dit. Le président de la CGPME (confédération des petites et moyennes entreprises) ne voit pas d'amélioration en vue sur le front du chômage. « C'est un phénomène qui tend à devenir structurel. Quand l'économie ralentit, le chômage augmente. Quand elle repart, le chômage diminue un peu, mais sans jamais revenir à son niveau antérieur. En cause, les gains de productivité qui accompagnent chaque sortie de crise. »
Dans ce contexte, pas de miracle à attendre du « pacte de croissance » proposé par le président de la République sur le thème : des créations d'emplois contre des baisses de charges. « Si un retour d'activité se manifeste, les entreprises se préoccuperont d'abord de reconstituer leurs fonds propres. Ensuite elles investiront pour améliorer leur compétitivité. La création d'emplois n'interviendra qu'à la marge. »
Et pour que ce retour d'activité se manifeste, encore faudrait-il que les baisses de charges promises ne soient pas compensées par une ponction supplémentaire sur les ménages. « Baisser les charges, ça veut dire supprimer les dépenses publiques auxquelles elles étaient destinées. Est-on prêt, du côté des pouvoirs publics mais aussi des syndicats, à tailler dans les prestations sociales, à réduire les effectifs de fonctionnaires, en particulier dans les collectivités territoriales, à assouplir la réglementation du travail ? » Face au nouveau discours social démocrate, les plus fortes résistances pourraient bien se rencontrer ailleurs que dans le monde patronal.
Rendre le système plus juste
Rétablir un minimum d'équité entres les intermittents du spectacle et les autres salariés
Les intermittents du spectacle versent 240 millions € de cotisations et "récoltent" 1,2 milliards d'€ soit 5 € touchés pour 1 € payé. 100 000 personnes sont à l'origine de près du quart du déficit d'un régime qui compte pourtant plus de 2,5 millions de personnes indemnisées ! Cette situation profondément injuste, est devenue intenable financièrement.
La CGPME propose de rétablir un minimum d'équité avec les autres salariés en scindant le régime actuel en deux. Ainsi les "techniciens du spectacle" pourraient être soumis au droit commun tandis que les "artistes" verraient la durée minimale d’activité exigée pour rentrer dans le régime portée de 507 heures sur 10 mois à 600 heures sur 12 mois, et ce dans la droite ligne d’une recommandation émanant d’un rapport sénatorial.
Instaurer une "cotisation exceptionnelle de solidarité interprofessionnelle"
30% de l'emploi salarié en France ne contribue pas à l'UNEDIC. Ainsi les agents publics sont exemptés de contribution alors que leur statut même les assure contre le chômage. A l'inverse, les salariés du privé sont assujettis à des prélèvements qui permettent, notamment de financer l'emploi public. La solidarité ne joue donc aujourd'hui que dans un seul sens. Ceux qui risquent d'avoir un jour à affronter la perte de leur emploi sont pénalisés financièrement tandis que ceux qui ne connaissent pas ce risque sont exonérés de cotisations.
La CGPME propose d'instaurer une "cotisation exceptionnelle de solidarité interprofessionnelle" assise sur le traitement des salariés relevant des fonctions publiques et ce afin de contribuer à rétablir l'équilibre financier du régime.