Marie Delarue
Sans vouloir porter atteinte à l’image du chef de l’État, on dira que François Hollande n’a pas exactement le physique ni le charisme du « mâle dominant ». L’estomac plutôt du côté des loukoums que des tablettes de chocolat, de prime abord pas franchement débordant de testostérone (si tant est qu’elle soit l’hormone de la décision et de l’autorité), il n’en draine pas moins autour de lui quelques femelles de belle envergure.
Certes, on ne lui connaît pour l’instant que trois femmes, mais on se dit que pour celles-ci – connues –, il y en a peut-être bien d’autres qui ne le sont pas.
En fait, cet homme à l’apparence de moelleux édredon est un rusé. Amoureux de femmes à poigne, il attire dans son sillage des « mamans » autoritaires, mais quand elles agitent un peu trop la badine, il file en douce rue du Cirque chercher l’admiration qui rassure dans un jeune regard enamouré.
D’où le pataquès à l’heure des croissants, le bonheur des paparazzi et les procès contre la presse « people ».
C’était donc jour de procès, hier, en Hollandie. Madame Julie Gayet poursuivait devant le tribunal de Nanterre le magazine Closer, l’accusant d’« atteinte à l’intimité de la vie privée ». Son avocat la dit « en grande souffrance » et demande 50.000 euros de dommages et intérêts. « Elle n’ose plus sortir, car elle est traquée par les journalistes, les photographes, comme un gibier dans une partie de chasse à courre. La rue en bas de chez elle en est infestée », dit Me Enocchi. François Mitterrand traitait les journalistes de chiens ; l’entourage de François Hollande a plutôt l’air de les prendre pour des rats. Ou des cafards.
Ce même jour, le tribunal a condamné Closer à verser 12.000 euros à Valérie Trierweiler pour l’avoir montrée en maillot de bain sur les plages de l’île Maurice. Face au même magazine, Ségolène Royal n’avait, en son temps, obtenu que 3.000 euros. Bref, plus Hollande rajeunit les cadres, plus ça coûte. Un peu de sexisme anti-âge, messieurs les juges ?
Julie ne semble pas avoir le cuir aussi épais que Valérie et Ségolène. Vu la délicatesse de son illustre amant, on ne saurait trop lui conseiller de s’endurcir. Si l’on en croit Paris Match, le Président, parlant élégamment de sa nouvelle compagne, aurait confié à des proches : « Je ne vais pas la sortir tout de suite. » Comme les précédentes, il va la garder un moment en réserve dans son chapeau.
Ségolène, vengée, s’apprêterait ainsi à faire son retour en grâce et au gouvernement. On dit aussi que François Hollande caresse l’idée, si la gamelle aux élections européennes ressemble à un faitout de cantine, de changer de majorité : une alliance avec Bayrou plutôt qu’avec les histrions d’EELV et le fou Mélenchon. Et peut-être, pour parfaire la mue, y aurait-il un mariage en vue ?
Hasard ou prémonition, Julie Gayet vient de tourner, pour la Journée de la femme de ce 8 mars, un très joli court-métrage de Lisa Azuelos intitulé « 14 millions de cris » 1. Son thème : le mariage forcé.