Bd Voltaire
Nicolas Gauthier
Décidément, président de la République est un métier qui ne s’improvise pas ; la preuve par François Hollande et son entretien de ce mardi matin.
Première faute de goût : la chose se passe sur BFMTV avec Jean-Jacques Bourdin. Traditionnellement, de l’Élysée, le Président s’adresse aux Français. Ce sont les journalistes qui viennent à lui et non point le contraire. Et puis, Jean-Jacques Bourdin… Pourquoi pas Laurent Ruquier ou Cyril Hanouna ?
Seconde entorse à la bienséance, un François Hollande qui accepte de se laisser malmener par un journaliste persuadé qu’insolence rime avec pertinence : Bourdin, ça n’est jamais que du café du commerce, ambiance gros lourd qui te coupe la parole en permanence en te tirant la manche de ta veste. Bref, à écouter le bidule, grande est l’impression qu’il fallait sauver le soldat Hollande.
Car ce n’est pas peu dire qu’il faisait plus pitié qu’envie :
« Si j’ai gagné en 2012, ce n’était pas parce que j’avais un programme étincelant, c’est peut-être parce que mon prédécesseur avait échoué… » Bingo ! Non content d’être un président « normal », François Hollande reconnaît qu’il était un président par défaut. Qu’il a été élu, non point sur ses qualités propres, mais seulement par rejet de son prédécesseur. François Hollande, donc, sorte de président par intérim. Qui navigue à vue. À coups d’aphorismes digne de Pierre Dac ou du capitaine Haddock : après le changement qui est pour « maintenant », l’heure du « retournement », après passage par la case « boite à outils » et « inversion de courbe du chômage », censée advenir cette année, cachet de la poste faisant foi.
D’ailleurs, notre « résident » de l’Élysée assure qu’il ne briguera pas un second quinquennat, si la « boîte à outils » de « l’inversion de la courbe du chômage » pour le « maintenant » du « retournement » ne se retournait pas maintenant. Quel bonheur, pour un socialiste, de partir à la guerre à la suite d’un général de ce gabarit ! Voilà qui doit faire envie. Surtout après une telle déculottée électorale aux municipales.
Pour le reste, en guise de bouquet final, les questions des auditeurs et des auditrices. Là, feu d’artifice. Des histoires de retraites où il manque vingt euros pour en faire dix. Du bureau des pleurs. De l’assistanat social. Et même une veuve sommant le « premier » ou le « meilleur d’entre nous » de répondre sous huitaine au courrier qu’elle lui a adressé. Et l’autre benêt, cheveux teints et cravate de traviole, de lui assurer, en direct, que ce sera fait dès demain.
Lui, « président normal » ? Ou assistante sociale débordée ? Changer de président, ce serait bien maintenant…
Commentaires :
Elizabeth Sivesind-Boulanger ·
Effectivement, une très mauvaise prestation présidentielle.
Se laisser appeler par son nom par un journaliste arrogant, se laisser interrompre toutes les 10 secondes par ce journaliste tout heureux de pouvoir berner un président presque déchu, se laisser entrainer tous azimuts et perdre le fil de la "conversation", avouer clairement qu'il fut élu par refus de son opposant plus que par les qualités de son propre programme, montrer un embrassement vis a vis de son nouveau premier ministre, etc.
Mr Hollande, vous avec visé trop haut. Votre limite était au PS, et encore, pas en tant que 1er secrétaire.
J'ai honte de ce président qui n'a aucun charisme, aucune stature politique, qui n'est meme pas en mesure de remettre a sa place un journaliste qui a pris la grosse tete, un président qui semble plus a l'aise sur un scooter qu'a l'Elysée.
Pathétique...