Le Point.fr - Publié le 28/10/2013 à 12:51
Pour Philippe Tesson, les alliances nouées par le candidat Hollande lors de sa conquête du pouvoir coûtent cher à la France.
Le mal n'est pas seulement idéologique, il est politique. Les alliances nouées par le candidat Hollande lors de sa conquête du pouvoir coûtent cher à la France. Mitterrand, lui, avait au moins le talent de savoir les trahir. Question d'autorité. Hollande depuis dix-huit mois n'a cessé de se soumettre aux fantaisies des Verts, dont le poids politique est inversement proportionnel à l'importance numérique. Qu'importe que la réforme du logement conçue par Duflot soit une aberration économique, l'essentiel était qu'elle donnât une coloration de gauche à la politique de ce gouvernement. Ce génie de la synthèse qu'on prête au président de la République n'est en fait qu'un médiocre savoir-faire du balancement, au gré de l'événement et des contraintes électorales. Là encore, la culture socialiste ne ment pas. Opportunisme, improvisation et reniement. On ne répugne pas à la reculade. On dit que l'impôt, c'est fini, et le lendemain on taxe. On dit qu'on va taxer et on vote la taxation, et le lendemain on négocie.
Le peuple est patient. Jusqu'au jour où il est pris à la gorge. Cette échéance approche. La France est un pays riche, qui vit sur ses réserves, et ces réserves s'épuisent. Elles sont mal partagées. Il est juste que cette inégalité soit corrigée, à la mesure des mérites de chacun. Le chômage est certes la pire sanction de l'inégalité. Mais celle-ci frappe aujourd'hui brutalement, du fait d'une politique incohérente, des catégories nouvelles de Français, actifs menacés dans leur activité. On perçoit un grondement s'amplifier dans le pays, venu de cette partie du peuple dont les fruits de travail risquent de ne plus suffire à sa survie. Il est trop tôt pour parler de jacquerie. Mais une forme de désobéissance civique tend à s'installer.