C'est un syndicaliste, François Chérèque, qui a le courage de le rappeler : un quart du déficit de l'assurance-chômage (Unedic) "provient des intermittents du spectacle, qui ne représentent que 4 % des cotisants", souligne le patron de la CFDT. "Sur les dix dernières années, le déficit cumulé du régime des intermittents s'est établi à un montant proche de l'endettement total du régime d'assurance-chômage (9,1 milliards d'euros à la fin 2010)", relevait la Cour des comptes en février. Les modalités d'indemnisation du chômage, dérogatoires, sont extrêmement favorables. Pour faire court :
Une façon déguisée de subventionner la politique culturelle, dit-on. Une aubaine, surtout, pour certains patrons peu scrupuleux du secteur qui font payer en partie comédiens ou techniciens par les autres salariés et les autres entreprises, via leurs cotisations chômage. Pour revoir ce système, la CFDT devra affronter d'autres syndicats, CGT en tête, très présente chez les intermittents. Il lui faudra pour cela non seulement s'allier avec le patronat mais aussi être soutenue par le pouvoir politique, face aux annulations de festivals et autres protestations plus ou moins folkloriques - et plus ou moins pacifiques - qui ne manqueront pas d'éclore.