Le 14 novembre 2013
On a connu une ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale « responsable, mais pas coupable ». Son nom était Georgina Dufoix. C’était sous François Mitterrand. Mais ça, c’était avant.
Sous François Hollande, on connaît désormais un ministre de l’Éducation nationale « responsable, mais pas au courant ». Son nom est Vincent Peillon.
L’affaire remonte au 10 novembre. En gare d’Angers, un élève en bac pro est arrêté et placé en rétention. Abderrazak Moukharbich est marocain et n’a pas de papiers en règle l’autorisant à séjourner sur le territoire français. Bis repetita Leonarda ? Bis repetita le risque de voir François Hollande à nouveau sermonné sous les micros et caméras du monde entier, comme il l’avait été voilà peu par cette demoiselle kosovare qui le somma de changer ses incapables de ministres et de dérouler tapis rouge pour le retour de toute la smala, expulsée de chez nous, faute de papiers ?
Non, pas question. Le lycéen marocain est donc remis en liberté quelques heures à peine après son arrestation… Par quelle opération du Saint-Esprit ou d’Allah ? Simplement par ordre du ministère de l’Intérieur qui « ne pouvait pas laisser passer un nouveau manque de discernement de ses services », a aussitôt raillé le Réseau éducation sans frontières (RESF).
Mais là où la bouffonnerie prend une ampleur inattendue, c’est dans le commentaire au Figaro de Marianne Cabaret qui a suivi le dossier du jeune homme pour RESF : « Le directeur de cabinet de Vincent Peillon m’a appelée pour me dire que le ministre était intervenu. Je lui ai même demandé son numéro de téléphone portable, et je l’ai rappelé pour le remercier, après m’être assurée que le jeune avait bien été libéré. »
Mais le ministère de l’Éducation nationale dément formellement toute intervention : « Personne du cabinet n’a appelé RESF. »
Bien sûr que si, maintient la dame en des termes qui enfoncent un vilain clou dans la chaussure de Vincent Peillon : « Je comprends pourquoi ça les gêne. C’est de bonne guerre. Mais en même temps, s’ils ne l’avaient pas libéré immédiatement, ils auraient eu à nouveau tous les lycéens dans la rue… »
Doutons de la gravité d’une telle menace, sachant, comme l’a assez ironiquement indiqué Nicolas Gauthier sur Boulevard Voltaire, que pour Leornarda « les manifestants se comptaient par… centaines. 2 000 à Paris, chiffre à diviser par plus de vingt à Besançon, là où était scolarisée la Jeanne d’Arc du Kosovar et de ses proches environs. »
On a du mal à comprendre un tel mensonge de la part de Vincent Peillon. Soit il emboîte les pas de Manuel Valls qui n’a pas mâché ses mots sur les Roms, au grand dam de l’intelligentsia gauchiste… Soit il assume ses précédents propos de sanctuariser non pas uniquement l’école, mais tout lycéen encarté comme tel, de France et de Navarre et surtout ceux d’ailleurs et de partout, dès qu’ils seraient parvenus à s’infiltrer à l’intérieur de celle-ci.
Cela transformerait de facto nos écoles en « sas de naturalisation », mais est-ce vraiment pour déranger un Président qui s’est engagé à présenter, après les prochaines élections municipales, un texte au Parlement autorisant le droit de vote aux élections municipales et européennes pour tous les étrangers résidant en France ?