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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 08:17

ADREP-ibm  

Le déni de réalité est courant en France. Bon nombre de réformes, pourtant indispensables, ne sont pas faites par pusillanimité, faiblesse électoraliste, oubli de l’intérêt général. Quand  elles sont faites, elles sont souvent partielles, insuffisantes et parfois même contre-productives.

Il en est ainsi du système de retraite. Le déni de réalité finit cependant par se payer : nous y sommes. Et pourtant il eut été facile d’échapper à la crise du système de retraite français en prenant à temps les bonnes mesures. Est-il si compliqué de comprendre que, lorsque l’espérance de vie s’allonge (accompagnée d’une bonne santé), il devient nécessaire d'allonger la durée d’activité pour ne pas écraser les actifs sous le poids des cotisations ?  Il y a trente cinq ans, nous prenions des mesures à contresens : exclusion des seniors sous la houlette de l’Etat à la fin des années 1970 (conventions Fonds national pour l'emploi), puis abaissement de cinq ans de 1'âge de la retraite en 1982. Par la suite, les réformes correctives  de 1993, 2003, 2008, 2010 ont été tardives et insuffisantes. Même celle de 2012 est à  nouveau à contresens. Les responsables de ce bilan déplorable ont surtout  ébranlé la confiance des jeunes générations dans le système de retraite  par répartition, qui pourtant, s’il  est correctement piloté est de loin le plus fiable. 

Le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR)  montre pourtant qu’atteindre l’équilibre en 2020 n’était pas hors de portée si le gouvernement  avait courageusement traité le problème dès 2008 et avait commencé â augmenter la durée d’activité,  même contre l’avis  des partenaires sociaux, l’équilibre aurait été atteint, avec un âge de la retraite à 63 ans.  Certes la crise économique  détériore l’équilibre du système, mais elle n’est pas responsable de la sortie de route à  laquelle nous assistons.

 

Un principe d’équité

 

Maintenant que nous constatons l’échec du système faute d’avoir pris à  temps les bonnes décisions, cessons de prendre des vessies  pour des lanternes !

Le choix  de la diminution du niveau des retraites semble être fait, respectons alors au moins les principes d’équité et de justice sociale inscrits  dans notre Constitution !   A supposer que le niveau des retraites soit trop élevé, la moindre des choses  consiste à traiter  tout le monde de la même façon. Il est  inacceptable que seules les retraites complémentaires du  secteur privé soient concernées. Pour le secteur public, l’Etat comble sans  rechigner les déficits aux frais du contribuable de façon invisible, car la caisse de retraite des fonctionnaires de la fonction  publique n’existe toujours pas et verse de façon « automatique »  les subventions d’équilibre pour les régimes spéciaux. Il y a cependant urgence. Pourquoi ne pas mettre en place progressivement un régime de retraite universel, comme l’ont déjà fait plusieurs pays européens sur le modèle suédois ?  Seul un tel régime sera capable de traiter  tous les salariés  avec les mêmes règles et de permettre à chacun de choisir l’âge de son départ  à la retraite en fonction du niveau de retraite qu’il désire. Auto équilibrant, il permettrait la pérennité du système à long terme et rassurerait les jeunes générations d’actifs  sur le sort de  leur retraite, et donc de leur avenir. Et si l’on envisage de modifier le régime fiscal des  retraités, il faudra  là encore respecter  les principes de justice et d'équité.

Les 13 millions de retraités sont prêts à participer à l'effort de redressement des finances publiques, mais ils sont des citoyens à part entière.  Ils refusent  toute discrimination  et demandent une juste répartition des efforts, au prorata des capacités contributives de chacun.

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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