Le Point
S. Le FOL
Si la France peine à se réformer, c'est parce que sa classe politique et sa technostructure demeurent méfiantes à l'égard de la société civile et hostiles à l'initiative privée. Subsiste dans notre République jacobine une "obsession antilibérale", comme l'explique Nicolas Lecaussin dans un pamphlet au vitriol (*). Raymond Boudon et Jean-François Revel le disaient déjà il y a vingt ans, mais leur constat n'a cessé de gagner en pertinence.
Parmi les causes de cette allergie, il y a la surreprésentation de notre fonction publique, non seulement dans l'économie
(90 fonctionnaires pour 1 000 habitants contre 50 pour 1 000 en Allemagne), mais surtout à l'Assemblée nationale. Sur les 280 nouveaux députés élus en 2012, Nicolas Lecaussin a dénombré 175 fonctionnaires ou cadres d'entreprises publiques (63 % du total). Les chefs d'entreprise, eux, se comptent sur les doigts d'une main : 5 sur 280 !
En Grande-Bretagne, ces derniers représentent 25 % des élus et la part des élus issus du secteur public est, quant à elle, fort modeste : 9 %.
Ainsi constitué, notre appareil législatif est "naturellement porté à prendre des mesures étatistes", selon Lecaussin. Manuel Valls ne le sait que trop. On pourrait lui faire la même remarque que Mitterrand à Chaban-Delmas en 1969 : "Quand je vous regarde, je ne doute pas de votre sincérité, mais quand je regarde votre majorité, je doute de votre réussite