Manuel Valls a annoncé qu’il se rendrait à Rome pour assister aux canonisations de Jean-Paul II et Jean XXIII. Les catholiques retiennent leur souffle : deux visites à Rome en quelques jours, il pourrait finir par être touché par la grâce… Les voies de Dieu sont impénétrables, après tout !
La décision est étonnante venant de la part de celui qui était un ministre des Cultes peu prompt à s’émouvoir d’une profanation d’église, d’une insulte antichrétienne ou des attaques récurrentes faites aux racines chrétiennes de la France…
Alors que les choses soient claires. Les catholiques sont heureux que la France soit officiellement représentée, mais ça ne leur arrachera pas leur bulletin de vote, il ne faudrait pas trop prendre les gens pour des idiots quand même. Soyons naïfs et laissons le doute planer, la raison est peut-être tout autre. Mais si toutefois la gauche tentait d’attirer à elle l’électorat catholique, ayant perdu les autres, il en faudra un peu plus !
Il faudrait, par exemple, renier le contenu du communiqué que le Parti socialiste (tiens donc…) avait rédigé lorsque François Fillon, alors Premier ministre, avait décidé d’assister à la béatification de ce même Jean-Paul II. Le PS avait trouvé la décision « particulièrement choquante ». Pourquoi ? Parce que la France serait une « République indivisible, laïque, démocratique et sociale [qui] assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction […] de religion ». À noter que l’on ne voit pas très bien en quoi le déplacement d’un officiel français à Rome rendrait les Français moins égaux, mais la notion d’égalité de gauche est parfois assez mystérieuse – rien de nouveau.
François Baroin avait à l’époque justifié ce déplacement en rappelant que « la France était la fille aînée de l’Église ». Le PS avait jugé l’explication « inadmissible et profondément déplacée »… Mais la droite avait beau jeu de se faire le rempart de la chrétienté alors qu’elle n’avait rien fait pour que soient inscrites dans la Constitution européenne les racines chrétiennes, et n’avait pas été capable de mettre les drapeaux en berne à la mort du pape aujourd’hui mis à l’honneur, quand même Fidel Castro se le permettait…
En bref, il faudra bien un jour que nos dirigeants, Manuel Valls inclus, comprennent que si leur République est laïque, la France, elle, est chrétienne. Ce n’est pas une revendication, c’est une vérité historique. Les catholiques de France n’attendent pas que leurs ministres fassent acte de foi même s’ils l’espèrent, ils réclament que la France reste la France, un combat dans lequel ils sont rejoints par nombre de Français, que ne rassemble sans doute pas la messe, mais au moins la défense d’un clocher !
Alors souhaitons un bon voyage à Manuel Valls, et rappelons-lui dès son retour que nous n’accepterons jamais la dissolution de la France chrétienne dans un rêve d’universalité destructeur. Un combat dans lequel l’Église de France doit être en première ligne, car c’est d’abord à elle que Jean-Paul II lançait son fameux : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »