Bd Voltaire
Le 21 juin 2013
Une dizaine de députés demandent l’abolition des privilèges dont bénéficient les parlementaires, en particulier en matière de retraite.
Au moment où l’on doit s’en prendre à l’ensemble des retraites des Français, ce me semble une saine réaction que malheureusement seuls 10 sur 577 députés ont l’honnêteté d’avoir. Les autres protestent de la dureté de leur sort.
À vrai dire, c’est à l’ensemble des personnels de l’Assemblée nationale qu’il conviendrait d’appliquer une révolution pour ramener leurs salaires à quelque chose de raisonnable.
Si j’en crois la fiche éditée par l’Assemblée nationale, les 1.351 fonctionnaires sont recrutés par concours et disposent d’un statut autonome fixé et mis en œuvre par le Bureau de l’Assemblée nationale, le Président et les Questeurs. Ils assurent des tâches d’assistance intellectuelle, administrative ou matérielle, utiles à l’accomplissement du mandat des 577 députés. On recense 181 secrétaires des services et 50 secrétaires administratifs, 168 administrateurs, conseillers, chefs de division, directeurs adjoints et directeurs. 21 secrétaires des débats et 38 rédacteurs des débats assurent les comptes rendus des travaux.
Le personnel de l’Assemblée nationale comprend également médecins et assistantes médicales, architectes, informaticiens et de nombreux corps techniques parmi lesquels les personnels des restaurants, les ouvriers d’entretien, tapissiers, ébénistes, électriciens, etc. Tous sont fonctionnaires : ne pourrait-on pas externaliser une partie de ces tâches ?
Bien sur, on insiste sur les servitudes auxquelles ces malheureux sont astreints : neutralité politique, totale disponibilité, totale discrétion professionnelle. Remarquons que les militaires sont soumis aux mêmes obligations.
Une chose est cependant soigneusement occultée : le salaire des personnels de l’Assemblée nationale.
L’Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (IFRAP) a publié une étude en juin 2012. Le salaire moyen d’un agent est de plus de 7.700 € brut par mois. Ces revenus confortables proviennent du fait que les heures supplémentaires pour séances de nuit sont perçues, que l’agent soit présent où non. Résultat : un salaire de 2.200 € brut passe plutôt à 3.600 € net par mois, primes comprises. Pour le haut de l’échelle, les salaires tournent entre 15.000 et 18.000 €, dont environ 8.000 € de prime de séances de nuit.
À la Chambre des communes, un agent touche en moyenne 2.733 £, au Bundestag 4.390 €, à l’Assemblée nationale 7.777 €. Ajoutons que la France est le pays d’Europe où le député reçoit personnellement le plus d’indemnités différentes pour un montant le plus élevé : 162.146 € contre 139.644 € pour un député allemand et un maximum de 105.188 € pour leur homologue britannique.
Profitons du prochain 4 août pour abolir ces privilèges : ce sera un excellent exemple en plus d’une substantielle économie. On pourrait d’ailleurs diviser par deux le nombre des parlementaires sans conséquences graves.