Que ne ferait-elle pas pourque l'on parle d'Elle !
- - publié le 04/12/2012
"Agaçantes". C'est le terme employé par l'archevêché de Paris pour qualifier les demandes de Cécile Duflot, ministre du Logement. Dans un entretien à Aujourd'hui-Le Parisien, elle dit vouloir "faire appel à toutes les bonnes volontés et aux personnes morales, qui disposent de bâtiments vides. L’Eglise fait partie des personnes morales… dans tous les sens du terme! J’ai bon espoir qu’il n’y ait pas besoin de faire preuve d’autorité. Je ne comprendrais pas que l’Eglise ne partage pas nos objectifs de solidarité".
> La riposte de l'Eglise catholique n'a pas traîné, signe que l'agacement est grand. Et c'est des structures officielles qu'est venue la réponse, quasi immédiate. D'abord via le blog de la journaliste religions au Monde, Stéphanie Le Bars, qui décompte les offres du diocèse de Paris pour l'hébergement d'urgence des personnes sans abris. "L’an dernier nous avons accueilli 120 personnes, entre trois jours et quatre mois, précise-t-on à l’archevêché. Non seulement nous leur ouvrons les portes, mais des fidèles mangent et dorment avec eux puis les aident à recréer du lien pour se réinsérer. Dans Paris, encore, un foyer vient d’ouvrir pour faire cohabiter 50 jeunes chrétiens avec 50 SDF... La préfecture de Paris, avec qui nous avons eu une réunion en octobre sait bien ce que nous faisons. Mme Duflot apparemment pas". Puis via un communiqué commun du Secours catholique, de l'Archevêché de Paris et de la Conférence des religieux et religieuses de France. Enfin, dans une interview de Jean Mercier sur notre site, le responsable de la solidarité au diocèse de Paris ne décolère pas: "Cécile Duflot n'a même pas la reconnaissance du ventre".
> C'est ensuite Mgr Dubost, évêque d'Evry, qui intervient dans la matinale de RTL: "Qu'est-ce que [Cécile Duflot] fait de son bureau et de ses salles de réception? [...] L'effort doit être collectif, je ne vois pas pourquoi elle ne le ferait pas dans son ministère". Côté blogueurs, Authueil (protestant de droite) trouve normal que l'Eglise catholique se fasse cibler ainsi: "Oui, la demande est "vicieuse", mais l'église catholique a voulu se mêler de politique, elle a donc bien cherché ce qui lui arrive. Quand on ne veut pas d'ennuis, on ne s'expose pas", allusion au débat sur le "mariage pour tous". Côté blogueurs catholiques, Régis de Berranger "veut croire que cette lettre n'est qu'une erreur liée à la méconnaissance du sujet"; mais pour Patrice de Plunkett, en revanche, la petite phrase de Cécile Duflot est un rideau de fumée: "Pour faire oublier sa soumission à un gouvernement qui traite de "kyste" les écologistes, Duflot tente de détourner l'attention en s'en prenant au diocèse de Paris[...] On aimerait d'ailleurs savoir ce que les bobos d'EELV et du PS font en matière caritative : locaux à disposition des SDF, soupes populaires, etc ? Le libéral-libertaire n'est sensible qu'en paroles. Les seuls à agir sur le terrain caritatif sont les catholiques, les resto du Coeur, les communistes du Secours populaire et une galaxie d'associations civiles, sans rapport avec la boutique Désir et son annexe Duflot".
> La petite phrase de la ministre a fait des vagues jusqu'en province, où Lyon Mag a aussi enquêté sur l'implication de l'Eglise catholique dans les hébergements d'urgence, avec un verdict sans appel: le quart des places supplémentaires dans le cadre du plan hivernal a été mis à disposition par le diocèse. Idem en Seine-Saint-Denis, où le Sevours catholique a appelé les paroisses à mettre à disposition leurs salles de réunion pour accueillir des personnes sans logement.