Bd Voltaire Renaud Camus
Impossible de ne pas vous interroger sur l’affaire Hollande/Gayet. Les médias ont-ils eu tort, comme on l’a beaucoup lu, de ne pas respecter la vie privée du président de la République ?
Absolument. C’est la fin d’une tradition française qui était tout à l’honneur de notre pays. Closer a réussi le tour de force de rendre Mme Trierweiler presque sympathique, ou en tout cas pitoyable, digne de pitié, ce qui n’était pas assuré au départ. Cela dit, les principaux responsables de la situation actuelle, ce sont tout de même le président de la République et elle — lui surtout. Ils ne sont pas mariés, leur union n’a aucun statut juridique. C’est bien entendu leur droit le plus strict mais alors pourquoi ont-ils imposé officiellement ce lien strictement privé aux Français et à la terre entière, président des États-Unis et empereur du Japon compris, qui n’en revenaient pas de cette muflerie ? C’est eux qui ont fait de leur vie privée quelque chose de public, en allant jusqu’à officialiser l’expression de Première Dame, First Lady, aussi purement américaine que la main sur le cœur de Nicolas Sarkozy pendant les hymnes nationaux ou que la syntaxe de nos prétendues “élites”, qui maintenant parlent anglais même en français. Première Dame est déjà absurde, en France, pour une épouse de président, mais devient grotesque pour une maîtresse. La télévision parlait sans rire, hier, du cabinet de Mme Trierweiler ! François Hollande ne peut pas reprocher aux Français de s’intéresser à Mlle Gayet si elle doit être présentée en leur nom à Vladimir Poutine ou au Saint-Père, si libéral.
On dit que nous sommes la risée de la presse étrangère : quelles conséquences cette affaire aura-t-elle pour la France ?
De toute façon la France est déjà la risée du monde entier, qui n’en croit pas ses yeux de la voir se laisser coloniser par ses anciens colonisés, et ses gouvernements encourager sur son sol la substitution ethnique.