Le vrai problème de François Hollande reste le flou artistique de ses propositions.
Déjà, sur des sujets aussi sérieux que le nucléaire, la réforme fiscale, la finance, la création d'emplois publics, la retraite à 60 ans, l'euthanasie, Hollande, à la manière d'un patineur talentueux, a modifié ses propositions au gré des moments et des interlocuteurs.
Or, voici que sur un sujet capital, l'avenir de la zone euro et de l'Europe, le Parti socialiste a confirmé son incapacité à choisir et surtout à décider.
La majorité des députés socialistes s'est abstenue sur la motion du Mécanisme européen de stabilité qui permettra à l'Europe de venir au secours de tout pays en difficulté grâce à une cagnotte commune de 500 milliards d'euros.
S'abstenir sur un sujet aussi grave, c'est tout simplement un spectacle affligeant offert à nos partenaires européens, aux marchés financiers et à l'opinion internationale.
Au point qu'on comprend mieux l'hommage appuyé de François Hollande le week-end dernier à son illustre compatriote radical Henri Queuille, qui déclarait, dans les brumes de la IVe République: «La politique, ce n'est pas de résoudre les problèmes, c'est de faire taire ceux qui les posent.»