21 févr. 2012
Le Figaro
Jean d’ormesson de l’académie française
JEAN D’ORMESSON
Les trois paris de l’académicien sur la présidentielle
…. le candidat socialiste qui a dû se voir, en un éclair, déjà élu d’avance, avec une majorité massive, à la tête de l’état.
Toutes ces illusions sont en train de se dissiper.
.. un pari, décisif, s’impose avec très peu de risque : spectaculaire jusqu’à l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, l’écart entre les deux concurrents ne cessera de se réduire lentement dans les semaines qui viennent.
… Les sondages encore mauvais n’empêchent déjà plus une curiosité toujours croissante pour les faits et gestes du réprouvé. Sarkozy, même détesté, intéresse plus que Hollande. De l’intérêt à l’adhésion, il n’y a pas très loin. Et le courage et le talent sont là.
… Fin, plutôt charmant, souvent spirituel , François Hollande ne parvient toujours pas à se hisser aux dimensions du destin qui lui est tombé sur le dos. L’habit du président est un peu grand pour lui. Personne n’y peut rien. Il n’est pas taillé pour ça. Les temps sont durs pour lui. Il n’a pas fait grand-chose, mais le peu qu’il a fait est loin d’être encourageant.
Ne parlons même pas de son programme financier, jugé sévèrement par un observateur au-dessus de tous soupçons, Michel Rocard. François Hollande a été trop faible et trop peu déterminé en face de Mme Joly à propos du nucléaire pour prétendre renégocier sur l’europe avec Mme Merkel. Il ne pèse pas assez lourd en face de Jean-luc Mélenchon pour avoir la moindre chance de s’imposer en temps de crise en face des autres dirigeants de la planète. Le drame est que, pour vaincre et pour gouverner, il a besoin d’eva Joly et de Mélenchon qui lui sont, l’une et l’autre, foncièrement hostiles. avant même d’accéder au pouvoir, la coalition des contraires autour d’un chef hésitant, d’un fédérateur incapable de fédérer est déjà condamnée. Hollande président, c’est une promesse de faiblesse.
La décision finale n’appartient ni aux politiques, ni aux commentateurs, ni aux sondeurs, ni aux médias. Elle appartient aux Français. Le peuple décidera. Et ce qu’il décidera sera bien.