Manuel Valls agace prodigieusement Marine Le Pen. La patronne du FN s'est livrée, jeudi matin sur BFM TV, à une diatribe virulente contre le ministre de l'Intérieur, coupable à ses yeux de deux méfaits majeurs : être impuissant face à la délinquance et mener campagne contre le FN avec les moyens du ministère de l'Intérieur.
"On ne peut pas tout faire, hein ! Aller soutenir les candidats du PS et faire baisser la délinquance", s'est exclamé Mme Le Pen, qui pointe d'abord l'envolée des cambriolages : un "délit" qui entraîne de graves souffrances psychologiques, c'est le viol de l'intimité", a-t-elle déploré. Puis d'accuser la politique de Valls en matière d'immigration et de répression : "L'ouverture totale des frontières en France a entraîné l'arrivée de mafias, de réseaux étrangers (...) Ça fait des années qu'on adapte le nombre de personnes qui sont condamnées au nombre de places de prison", au lieu de faire le contraire.
"Un homme inquiétant"
Mais le pire est à venir aux yeux de Marine Le Pen qui égrène le nom des villes où s'est rendu dernièrement le ministre de l'Intérieur : Forbach (où la tête de liste FN est le vice-président du parti Florian Philippot) Sorgues ou encore Carpentras. Dimanche, le ministre de l'Intérieur sera à Hénin-Beaumont, où un autre ténor du Front, Steeve Briois, se présente et a des chances de l'emporter.
Une ultime provocation pour la présidente du FN qui, questionnée sur le nombre de villes qu'elle espère enlever aux municipales, explose : "Vous savez quoi ? Suivez Valls. Il fait la tournée des villes qu'on va gagner. (...) C'est un scandale !" D'autant que, pointe Marine Le Pen, "il est le ministre des élections et qu'on attendrait de lui de l'"impartialité".
Décidément très remontée, la présidente du FN fait également de Manuel Valls un épouvantail pour les libertés publiques, ce qui de la part du parti d'extrême droite ne manque pas de piquant. "Il veut limiter la liberté sur Internet, sur Twitter, ceci fait de cet homme un adversaire des libertés publiques, un adversaire de la démocratie et un homme éminemment inquiétant", lance la patronne du FN, évoquant notamment l'affaire Dieudonné.