Jérôme Safar, arrivé deuxième dimanche derrière le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts et du Parti de Gauche, a décidé de maintenir sa liste pour «gagner». La direction d’EELV demande au PS de retirer son investiture.
Vers une quadrangulaire à Grenoble . Le candidat PS à la mairie de capitale de l’Isère, Jérôme Safar, arrivé deuxième dimanche avec 25,31% a annoncé ce mardi qu’il se maintenait au second tour. « Je prends aujourd’hui la responsabilité et la décision de maintenir la liste que je conduis, avec l’objectif clair de gagner pour l’avenir de notre territoire », a-t-il déclaré devant des militants. Sa déclaration a été accueillie par une salve d’applaudissements de ses colistiers et de militants qui ont crié « Bravo Jérôme » et « On va gagner ».
Une décision qui fait bouillir les écologistes alors qu’Eric Piolle, dont la liste rassemblait notamment EELV et le Parti de Gauche, arrivé en tête avec 29,41% des suffrages, lui avait proposé lundi de faire liste commune au second tour. « Je suis très déçue », « je ne comprends pas », a déclaré à l’AFP Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts. Et de demander au PS de retirer l’investiture de Jérôme Safar.
Avec le maintien du candidat PS, le second tour donnera lieu à une quadrangulaire avec le candidat de l’UMP Matthieu Chamussy, troisième dimanche avec 20,86% des voix, et celle du Front national Mireille d’Ornano (12,56%).
Intervention de Jean-Marc Ayrault
Grenoble « est la seule ville où nous sommes en tête, je suis désolée que la fusion ne se fasse pas localement », a-t-elle déplorée assurant que les états-majors nationaux PS et EELV étaient favorables à une fusion des listes. « Si le PS ne fusionne pas avec nous à Grenoble, ce sera compliqué de nous demander de le faire ailleurs », avait, de son côté, prévenu lundi l’entourage de Cécile Duflot, ministre écologiste du Logement.
Les négociations entre le PS et l’équipe d’Eric Piolle, commencées dans la nuit de dimanche à lundi, ont donné lieu à de longues discussions parmi les socialistes eux-mêmes, partagés entre partisans de la fusion et ceux du maintien au second tour. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est même intervenu pour rappeler à Jérôme Safar « la nécessité du rassemblement » et tenter de le convaincre de s’effacer. « Ce qui comptait, c’est que le rassemblement s’impose dans la quasi-totalité des villes », indique-t-on à Matignon.
« La réponse sera dans les urnes »
« Il y a une dynamique réelle dans cette ville tout le monde a fait des efforts », a souligné Emmanuelle Cosse, rappelant qu’Eric Piolle « a été très clair en proposant la proportionnelle au candidat socialiste ». « La réponse sera dans les urnes ». « Notre candidat est déterminé à gagner cette ville », a-t-elle assuré.
« La déception d’un homme seul, Jérôme Safar, ne doit pas remettre en cause l’intérêt collectif. C’est l’avenir des Grenobloises et Grenoblois qui est en jeu », a commenté la liste d’Eric Piolle dans un communiqué, en appelant « les démocrates, les républicains, les électeurs socialistes et de gauche, tous ceux qui veulent préparer l’avenir » à voter pour elle.
Dauphin du maire PS sortant Michel Destot, Jérôme Safar a égrené ce mardi toute une série de « points essentiels » sur lesquels sa liste et celle d’EELV et du Parti de gauche divergent : développement économique, urbanisme, logement social, sécurité, culture, sport, etc. « C’est l’avenir de Grenoble qui se joue lors de ce deuxième tour des municipales », a estimé celui qui est actuellement premier adjoint au maire.
Le risque de se retrouver dans l’opposition
En se maintenant au second tour avec 4 points de retard sur la liste EELV-PG, les socialistes prennent le risque de se retrouver dans l’opposition et de n’avoir plus qu’une poignée d’élus au conseil municipal. « Je prends ce risque-là parce que l’honneur et les valeurs passent avant tout. C’est aussi ce qu’attendent nos concitoyens, ils en ont assez des arrangements et des jeux politiciens », a déclaré Jérôme Safar.
En 2008, Michel Destot, élu pour la première fois en 1995, s’était imposé au second tour à l’occasion d’une triangulaire avec les écologistes et l’UMP.