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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:58

 

Très violents affrontements manif hommage Rémi Fraisse / Nantes (44) - France 01 novembre 2014 

  ATTENTION. CE SUJET CONTIENT DES SCENES DE VIOLENCE ET SE DESTINE UNIQUEMENT A UN PUBLIC AVERTI.

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:26
Hollande et le mythe de « l’État qui paye »
Publié Par Nicolas Nilsen, le 9 novembre 2014 dans Politique

Et que dira François Hollande quand il n’y aura plus de grain à moudre ?

Par Nicolas Nilsen

hollande_thatcher

Jeudi soir sur TF1, François Hollande aura finalement lâché la phrase emblématique de son quinquennat : « C’est l’État qui paye ! » En direct, le Président de la République aura fait l’aveu de sa méconnaissance crasse des mécanismes de base de l’économie et donné l’explication de la déroute Française.

On comprend mieux pourquoi Hollande ne s’inquiétait pas de la dérive des dépenses que lui rappelait pourtant inlassablement la Cour des Comptes. Il pensait : Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! Pour lui, l’État c’est comme une source providentielle, une caisse magique que les riches doivent remplir à coup de matraquage fiscal pour que les socialistes puissent redistribuer et gaspiller au gré de leurs choix idéologiques : Ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye !

On comprend aussi pourquoi le chef de l’État reportait lâchement à plus tard les réformes indispensables. En fait il ne comprenait pas la notion même de discipline budgétaire. Pourquoi économiser puisque ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! Il se disait : tant qu’il restera encore du grain à moudre, je continuerai à multiplier dépenses !

L’État, grand guichet distributeur

Depuis des décennies, l’État-providence est devenu un immense guichet distributeur d’allocations, d’indemnités, de prestations, de primes, d’aides, de subventions en tout genre… Pour les idéologues socialistes, l’État-providence c’est cela : une sorte de Père-Noël keynésien distribuant généreusement des cadeaux : des prestations sociales, des indemnités chômage, des « primes de Noël », des allocations logement, des primes au départ des Roms (et aussi celles pour ceux qui repartent après être revenus pour toucher à nouveau la prime), et des RSA et l’AME etc. L’État multipliait les droits, les prestations, les allocations et les aides, distribuant sans compter, à tous, étrangers comme sans papiers… Les intermittents du spectacle, c’est l’État qui paye ! Les emplois dits d’avenir : c’est l’État qui paye ! Les 60 000 fonctionnaires supplémentaires : c’est l’État qui paye ! La garantie « universelle et solidaire » des loyers de la loi ALUR pour financer les impayés des locataires : c’est l’État qui paye ! Le « tiers payant généralisé » de Marisol Touraine (qui ne fera qu’achever de déresponsabilise les patients et dévaloriser le coût de la médecine) : c’est l’État qui paye ! Etc.

Avec Hollande à la tête de l’État, c’est donc happy hours toute l’année. C’est pas cher, c’est l’État qui paye, alors pourquoi se gêner ?

Bientôt plus de grain dans les silos de l’État

L’État-providence aura finalement mis toute la société sous perfusion. Pendant des décennies, il aura ponctionné ceux qui créaient la richesse nationale et fait tourner les impôts dans ses grosses machines redistributrices pour subventionner généreusement ses clientèles.

L’État « Providence » a ainsi vécu pendant des décennies de la richesse des autres et, du haut de sa grande bureaucratie pleine de fonctionnaires et de petits inspecteurs du fisc, il aura redistribué plus de 58% du PIB en allocations, subventions, aides, indemnités, avantages et prestations diverses… Élu grâce aux clientèles qu’il arrosait, il a continué à prélever sur ceux qui avaient créé cette richesse et gagné cet argent (les sales riches, les sales capitalistes, les sales patrons qu’à l’époque Montebourg injuriait du matin au soir, ces sales entrepreneurs qui exploitent les travailleurs etc.).

Tant qu’il y a eu création de richesse, ce système a marché. La France était riche, la société était aisée, les revenus étaient élevés, l’État pouvait ponctionner la richesse et intervenir dans tous les domaines en transfusant au travers de tous ses tubes ministériels et guichets bureaucratiques… Pour faire rentrer l’argent dans les caisses de l’État-providence, le fisc aura matraqué tout le monde : avec des impôts sur les bénéfices, sur les plus-values, sur le capital, sur les maisons, sur les revenus, sur la fortune, et des taxes et des prélèvements sur tout et n’importe quoi… Ce matraquage fiscal aura atteint des niveaux quasiment confiscatoires : 46,2% du PIB en 2013. Les prélèvements atteignant le seuil d’alerte, l’État aurait dû économiser massivement : il a vu au contraire les dépenses publiques atteindre le niveau record de 57,4% du PIB en 2013. Quand on a des recettes qui ne rentrent plus et qu’on refuse de baisser les dépenses, il ne reste évidemment que la dette. Elle atteindra les 2.000 milliards fin 2014. Mais Hollande l’a dit : pourquoi se gêner puisque « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! »

À la veille d’un effondrement des finances publiques

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L’État-providence ne peut pas continuer éternellement à marcher ainsi et ceux qui le prétendent sont évidemment d’une incrédulité sans borne ou d’une inculture économique tragique.

Ce qu’on appelle le « modèle Français » a fonctionné comme un système fou tiré par des dépenses publiques financées à crédit. Il aurait au contraire fallu tout repenser à l’envers pour recréer les bases d’une société de production – et non d’une société tirée par la consommation à coup d’allocations ou d’assistanat financés à crédit par la dette. Mais pourquoi faire des efforts quand on pense que ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye !

Plus on attend et plus le réveil sera dur

Aujourd’hui, à mi-mandat du quinquennat de François Hollande, l’État est malheureusement arrivé au bout de ce système insensé : l’État est en faillite, les agents économiques sont ruinés, les particuliers n’ont plus le sou, tous les systèmes de protection sociale sont en train de s’écrouler sous cette idéologie du « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! »

Le réveil des consciences sera évidemment douloureux, mais sans doute moins que le réveil par la violence dans la rue et les émeutes urbaines. Si l’État est arrivé au point où il ne peut plus garantir les retraites, ni les indemnités chômage, ni les prestations sociales qui seront rognées les unes après les autres, alors il faudra bien que quelque chose change. En profondeur et vite…

Souhaitons que les Français comprennent rapidement que les politiciens actuels leur mentent et que, s’ils ne réagissent pas rapidement, ce seront eux, les Français de base, qui seront les dindons de la farce d’un l’État-providence arrivé à bout de souffle, ruiné et en faillite. Ils se réveilleront peut-être quand leurs retraites ne pourront plus être payées et que Valls, les larmes dans les yeux, viendra annoncer la fin de l’État-providence et dire aux fonctionnaires qu’il ne peut plus les payer ! Et aux chômeurs qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses pour payer leurs indemnités de fin de droits. La tête qu’ils feront quand il comprendront, mais trop tard, ce que veut dire très exactement « ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye ! »

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 08:21

Bd Voltaire

 

Bernard Cazeneuve se désole : sur les 2.300 migrants actuellement en transit à Calais, seuls 150 se sont laissés convaincre d’entamer une demande d’asile en France, tandis que 500 autres ne sont pas allés jusqu’au bout de cette démarche.

Et pourtant, le gouvernement met le paquet : il a renforcé la présence de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), celle de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et il a finalement décidé d’ouvrir un centre d’accueil de jour qui sera doté d’un budget annuel de 3 millions d’euros, auquel participera l’Union européenne.

Le ministre de l’Intérieur revient donc sur sa décision initiale, quand il s’opposait à la création d’un centre qui aurait créé « un nouveau point de convergence des migrants » tout en perpétuant les filières d’immigration illégale.

Depuis qu’il s’est rendu à Calais le 3 novembre, Bernard Cazeneuve a découvert la situation des réfugiés clandestins : « Épouvantable ! », la France ne peut pas laisser « des gens exposés au froid », « mourir de faim ou se faire exploiter », s’est-il récrié.

Le ministre n’a-t-il pas discuté avec des personnes en charge de distribuer les repas, avec des patrons de bar ? Avec les Calaisiens ? Il aurait entendu parler de clandestins qui ne trouvent pas la nourriture à leur goût, et qui sont parfois de si méchante humeur que des commerçants préfèrent fermer boutique.

Mais, soit. Que les conditions de vie de ces migrants ne soient pas enviables, qui le nierait ? Néanmoins, avec ses 2023,7 milliards d’euros de dette publique au second trimestre 2014, 5,13 millions de chômeurs au mois de septembre (inclus ceux qui ont une activité réduite) et 8,5 millions de pauvres… l’État encouragerait des immigrés illégaux à demander l’asile dans un pays qui n’est plus capable depuis belle lurette de prendre soin de ses propres ressortissants ?

Qui plus est, ces demandes d’asile donneront l’éligibilité à l’ATA (Allocation temporaire d’attente) s’élevant à 340,50 euros pour 30 jours ; puis, une fois une résidence stable ou la présence 6 mois par an sur le sol français prouvées, à l’AME (Aide médicale d’État), laquelle permet la prise en charge à 100 % des frais médicaux, et dont le coût atteindra 1 milliard d’euros en 2015.

Compte tenu de l’état de précarité grandissant subi par les autochtones, un si long chemin à parcourir pour que ces immigrés clandestins deviennent des immigrés légaux en situation de travailler n’entraîne pas une dépense déraisonnable quand on est le ministre d’un pays pourtant déclaré en faillite par un ex-Premier ministre ?

Comment, alors, au bout de 40 années d’immigration massive grevant les caisses de l’État, justifier « une réorientation de la politique » – en réalité poursuivre l’hémorragie financière causée par l’immigration illégale ? Pourquoi se plaindre que seulement 150 des clandestins présents à Calais choisissent de rester en France quand, comme le rapportait Marie Delarue, le taux de chômage des immigrés venant du Maghreb et d’Afrique subsaharienne approchait 23 % en 2011 ?

Quel est l’objectif recherché par l’État alors qu’il y a deux mois, le ministre de l’Intérieur s’opposait à créer « un nouveau point de convergence des migrants » ?

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 23:31

Je conçois qu’on puisse élever des bêtes pour les manger, mais à des conditions décentes, en plein air, et qu’on les tue sans douleur. L’abattage ne doit pas être cette boucherie infernale où l’homme retourne aux temps les plus obscurs de la barbarie.

Vous pointez directement l’abattage rituel…

Il y a une quinzaine années, le halal comme le casher étaient totalement marginaux.

Peu à peu, le halal s’est développé, provoquant une tragique régression du système. Et tout cela sous couvert de mensonges : la bête ne souffrirait pas et la viande serait meilleure. Rien de plus faux.

  Qui tue mal, mangera mal, car la bête affolée fabrique des toxines. Lorsqu’elle est enfermée dans un cylindre pivotant afin que sa tête se retrouve en bas pour un égorgement à vif, sans anesthésie, le stress est maximal. Les bovins, particulièrement, de par leur morphologie artérielle et veineuse, mettent très longtemps à mourir. Mais on commence déjà à les sortir, à leur trancher les pattes pour les dépecer vivants.

 Notre société tout entière est responsable de cet immonde état de fait. Ce que l’Europe du Nord et des pays tels que la Nouvelle-Zélande interdisent, la France, patrie des droits de l’homme, mais assurément pas des animaux, l’autorise en fermant les yeux.

 Le halal qui s’oppose à l’étourdissement électrique règne aujourd’hui en maître sur nos abattoirs. On y patauge dans l’horreur, le sang et la souffrance.

Alors que la demande de viande halal ou casher devrait correspondre à environ 10  % des abattages totaux, on estime à 40  % pour les bovins et 60  % pour les ovins le volume des abattages rituels.

 La viande que vous consommez en région parisienne est en quasi-totalité halal et que vous soyez musulman, juif, chrétien ou athée, vous payez à chaque fois une dîme, entre 10 et 15 centimes par kilo, aux autorités musulmanes qui récoltent ainsi des dizaines de millions d’euros par an.

C’est absolument

intolérable

dans un pays laïc.

 

 Et qu’on ne m’accuse pas d’islamophobie : préconisant une mort douce pour les animaux, Mahomet n’était assurément pas salafiste. Treize siècles plus tard, nous produisons des marées de bovins, d’ovins, les yeux exorbités, les pattes tremblantes dans la merde répandue au sol par des intestins relâchés par la peur, et crevant dans la douleur. A quand des abattoirs « humains », rituels ou non, pratiquant l’électronarcose ? A quand la fin de notre lâcheté, de notre avidité, de notre ignorance, de notre vanité, et la prise de conscience que l’homme a été fait pour le monde et non le monde pour l’homme ?

Je mets aussi en question l’hypocrisie générale de nos sociétés où l’on milite contre la chasse et la corrida, voire le cirque, en refusant de voir ce qui se passe dans nos abattoirs. L’horreur est tolérable dès lors qu’elle n’est pas visible. C’est la définition même de la tartuferie : « Cachez ce sang que je ne saurais voir.  »

■ propos recueillis par patrice de méritens

 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 23:06

Le Figaro

Pour l’historien*, la généralisation du numérique ne sera profitable aux élèves que s’ils ont été auparavant en contact avec des livres, indispensables au développement de l’imagination créative.  

Louis Manaranche

           

L’intention du président de la République de distribuer des tablettes à tous les élèves de cinquième, tout en leur donnant une formation à l’informatique, donne à réfléchir sur le rapport entre éducation et modernité. Cette dernière consiste dans l’image que le monde actuel élabore de sa nouveauté. À cet égard, l’omniprésence de l’outil informatique et l’objectif de connectivité maximale en sont des marqueurs incontournables. Il n’est pas un seul domaine de la vie quotidienne comme de la vie professionnelle qui n’ait été transformé en profondeur par cette lame de fond. Les nouvelles générations sont précisément les leviers de cette révolution. Une étude du Credoc de 2013, intitulée « La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française » montre que les moins de 25 ans se jugent « compétents dans l’utilisation de l’outil informatique » à 86 %. Michel Serres discerne chez ces jeunes un phénomène qui dénote l’émergence progressive d’un homme neuf qu’il appelle « Petite Poucette ». Celle-ci, de l’envoi massif de SMS et de l’utilisation assidue des réseaux sociaux, deviendrait la sentinelle d’un nouveau rapport décloisonné à l’espace, au temps et au savoir, bouleversé par le numérique. La mesure annoncée par François Hollande n’aura donc pas d’effet révolutionnaire, mais permettra certainement à quelques jeunes de milieux particulièrement fragiles d’avoir un meilleur accès à l’outil informatique et offrira un socle de connaissances techniques minimales pour l’utiliser convenablement. Il y a là une réelle opportunité pour la diffusion des savoirs et pour une certaine démocratisation culturelle, pour autant que l’outil soit employé à ces fins.

Néanmoins, l’éducation n’a-t-elle que cette fonction d’accompagnement et d’encadrement de la modernité ? Celle-ci n’est-elle que la promesse d’un avenir d’interconnexion et d’instantanéité heureuses ? La sollicitation permanente de l’image et du réseau rend en réalité plus difficile la patience qu’exigent les apprentissages fondamentaux et leur lente maturation. Les adultes eux-mêmes ressentent le besoin d’éteindre les écrans pour lire attentivement un texte ou pour réfléchir à fond à un problème posé. Cette nécessité du retrait, voire d’une forme de recueillement pour apprendre, comprendre et réfléchir, est un invariant de l’intelligence humaine. Il serait orgueilleux et dangereux d’imaginer qu’il en serait autrement pour « Petite Poucette ». Le numérique ne porte pas sa propre clef de lecture et son propre logiciel de compréhension. Il ne sera profitable que si l’on a appris, loin de l’admiration pour l’éphémère, à lire, écrire et compter. Il ne sera utile que si l’on a reçu une langue, une science, une histoire, une philosophie et une culture qui donnent la possibilité réelle de la mise à distance, du regard critique. D’après un article récent du New York Times, Steve Jobs lui-même, peu suspect de passéisme anti-2.0, refusait que ses enfants utilisent des tablettes, préférant les mettre en contact avec le livre et les laisser eux-mêmes développer leur imagination créative. Chez l’un des fondateurs de Twitter, les enfants sont privés de tablette et lisent des livres en papier. En effet, la communication et l’interaction sans la transmission rendraient peut-être les élèves plus « modernes », mais surtout plus vulnérables à l’égard de mille formes nouvelles d’aliénation. En ce sens, la priorité éducative dans une France qui subit de nombreuses mutations est certainement de transmettre ce qui est éprouvé et inactuel, ce qui ne change pas. C’est en ce sens que Hannah Arendt écrivait dans La Crise de la culture : « C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger cette nouveauté et l’introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaires que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »

Pour reprendre le titre de l’ouvrage de François-Xavier Bellamy, le numérique ne doit pas être le hochet avec lequel on divertit des générations de déshérités. En voulant faire des élèves des parangons de la modernité, on prend le risque d’en faire des suiveurs béats. En mettant la transmission des savoirs au cœur des objectifs de l’école, on leur donne la possibilité d’être des acteurs de l’histoire.

LOUIS MANARANCHE

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 22:53
Le Figaro

Ivan Rioufol

 

Coupables indulgences

La gauche au pouvoir s’est laissée enfermer dans la tyrannie des minorités militantes. Elle s’est coupée du peuple français pour lui préférer la défense d’intérêts communautaires. Ainsi, plutôt que de supprimer l’Aide médicale d’État (plus d’un milliard d’euros) qui offre la médecine gratuite aux clandestins et crée des « réfugiés médicaux », le gouvernement a préféré s’en prendre aux allocations familiales, c’est-à-dire au socle de la solidarité nationale. Plutôt que de chercher à endiguer l’immigration illégale, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, s’est engagé, lundi à Calais, à « proposer l’asile » aux immigrés qui cherchent à rejoindre la Grande-Bretagne. C’est au nom du très efficace et minoritaire lobby gay que le mariage et la filiation ont été semblablement déconstruits, dans la moquerie des indignations de la France oubliée.

L’indulgence que le pouvoir porte aux écolo-gauchistes est du même ordre que celle qu’il réserve à des exigences islamistes. Un exemple : Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation, vient d’accepter la présence de mères voilées lors des sorties scolaires accompagnées. « Leur présence doit être la règle et le refus l’exception », a estimé la ministre franco-marocaine, encouragée par le collectif Mamans toutes égales, basé à Montreuil, à « aller jusqu’au bout », c’est-à-dire à abroger la circulaire Chatel qui interdit la sortie de parents manifestant « leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques ». Comme le déplore Malika Sorel, d’origine algérienne : « Nos élites politiques, pour beaucoup, ne défendent plus l’intérêt général. Elles sont promptes à capituler à la moindre offensive » (2). La gauche est la plus vulnérable.

Possible insurrection

Devant tant d’inconséquences, une insurrection de la rue est imaginable. Si elle advient, elle ne viendra ni des partis ni des syndicats, mais des humiliés en pagaille. Ils attentent l’étincelle pour faire corps. Les agriculteurs sont de ceux-là, dont certains manifestaient mercredi à Paris comme à Châlons-en-Champagne. L’utile plan d’eau de Sivens pourrait être, pour eux, un détonateur, si les méthodes fascistoïdes de l’écologie radicale venaient à imposer l’abandon du projet décidé par le conseil général du Tarn et les producteurs locaux. Certes, les écologistes raisonnables ont raison de s’inquiéter d’une course au pruductivisme et de la protection des paysages. Mais ils ont tort de ne pas rompre avec ceux qui, nombreux, veulent imposer leur intolérance par la violence et l’intimidation.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 22:29

Le Figaro

L’historien et écrivain* salue la parution de l’ouvrage** qui établit de façon rigoureuse les persécutions dont les chrétiens sont victimes aujourd’hui dans de nombreux pays.  

Max Gallo

            

L’évêque Jean-Michel di Falco cite dans sa préface à l’ouvrage quelques lignes du pape François : « Les chrétiens persécutés sont une préoccupation qui me touche de près en tant que pasteur, écrit le Souverain Pontife. Je sais beaucoup de choses sur les persécutions qu’il ne me paraît pas prudent de raconter ici pour n’offenser personne… Je voudrais qu’une chose soit claire : je suis convaincu que la persécution contre les chrétiens est aujourd’hui plus forte qu’aux premiers siècles de l’Église. Ce n’est pas de l’imagination : les chiffres sont là. » C’est précisément parce que les données factuelles sont abondantes, rigoureuses, qu’elles éclairent la genèse des persécutions et leur développement, que le livre est « décisif et capital ».

D’abord la compétence des « contributeurs » est incontestable. Les faits qu’ils rapportent - expulsion des chrétiens, là, violences presque partout - sont décrits au terme d’enquêtes conduites dans chaque continent. Mais il y a plus : la forme choisie pour rapporter tel ou tel événement n’est pas immuable, mais adaptée aux situations évoquées dans le chapitre.

On y lit des reportages, des analyses, des interviews, et même « une petite géopolitique du christianisme » (Jean-François Colosimo), et surtout ce « tour d’horizon », conduit avec rigueur et confronté à des persécutions concernant d’autres groupes humains, débouche sur une conclusion préoccupante, et le pape François y a fait allusion : « la religion chrétienne est la plus persécutée ».

Et cette constatation pose une question qui nous concerne tous, préservée depuis le temps du Christ, la religion chrétienne (et disons catholique) est menacée de disparition. Certes, non pas dans la présente décennie, mais dans un avenir proche. Or, à l’exception de ce livre, c’est dans une « belle » indifférence qu’on regarde les croyants, contraints à quitter leur patrie, et des noyaux chrétiens d’humanité sont ainsi désagrégés, leur langue - celle du Christ - est étouffée -, leurs églises, leurs traditions, leur histoire sont voués à la disparition.

Ne pas se préoccuper du destin des chrétiens dans le monde, c’est accepter de bâillonner une des voix fondamentales de l’humanité. Peut-on laisser faire, que l’on soit chrétien, agnostique ou musulman ? Vouloir sauver la « terre », ce n’est pas que se soucier d’écologie et de gaz à effet de serre, c’est sauvegarder ce cœur d’une fraction d’humanité qui a parlé, et parle encore, de l’Amour, c’est-à-dire de l’Humain. « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »

Retrouver cette voie chrétienne dans toute l’histoire du monde, c’est maintenir vivante la foi qu’elle exprime et dont ce livre porte témoignage. Et naturellement, à travers sa diversité, la richesse de son histoire, constater les persécutions dont la communauté chrétienne est menacée chaque jour, aujourd’hui, c’est-à-dire que sur tous les continents, là où il y a des chrétiens ils sont menacés, mais ils portent témoignage et ne renoncent pas.

Ce livre est un aspect de ce combat. Il faut employer ce mot, car l’exclure, pour ne pas choquer, c’est baisser, fût-ce un instant, les bras. Ce n’est pas un « hasard » de l’histoire que le Christ ait été crucifié. Il porte toute une tradition : crucifixion, résurrection. Laisser dénaturer sans réagir cette richesse qui se trouve au cœur des chrétiens, c’est abandonner le christianisme. Le Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde est un rappel de la réalité telle qu’elle est vécue par des millions de chrétiens. La persécution, c’est le bâillon. Le Livre noir de la condition des chrétiensdans le monde fait écho à toutes les communautés chrétiennes. À ce qu’elles subissent, à ce qu’elles veulent : n’être jamais l’Église du silence.

MAX GALLO

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 21:52

Ces principes ne s’inspirent ni de l’étatisme socialiste ni du libéralisme débridé mais de la pratique et du bon sens. Choses mal partagées en France,  où l’idéologie dissimule la réalité, où l’on va de la théorie à la pratique au lieu de faire l’inverse ; et où une morale émotionnelle tient lieu de réflexion économique.   

 L’efficacité économique et donc la prospérité générale n’ont rien à voir avec la morale et s’y opposent le plus souvent. Cette position choque les bien-pensants  parce qu’elle oppose le pragmatisme à la vulgate morale   socialiste. Cette dernière, pétrie de bons sentiments, aboutit à l’inverse du but recherché et provoque la pauvreté dont elle se nourrit. Plus on veut aider les pauvres, plus on les aime, plus on les multiplie, par le tandem infernal fiscalisme–assistanat. Le fiscalisme appauvrit les classes moyennes et fait fuir les classes riches, l’assistanat multiplie les pauvres. Et les apparatchiks.

 

1) Le problème central n’est pas du tout de réduire les inégalités entre riches et pauvres ou les inégalités de revenus par la fiscalité et la redistribution (contrairement aux vues abstraites socialo-keynésiennes de Thomas Piketty). Le problème central ne concerne pas les inégalités de revenus mais les revenus en dessous du seuil de pauvreté. Pour que ceux-ci disparaissent, une seule solution : l’emploi, plus que la redistribution. Or la création d’emplois  repose sur l’enrichissement d’une classe d’investisseurs et la multiplication des hauts revenus peu fiscalisés.  Le riche ne vole pas le pauvre, contrairement à la vulgate marxiste toujours en vigueur, au contraire il le finance et est le seul à pouvoir le sortir de la pauvreté par son investissement. La disparition des pauvres passe par la multiplication des riches.  Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres, et l’inverse, qui est tragique : moins il y a de riches, plus il y a de pauvres. (1)

 

2) Rechercher pour elle-même la ”justice sociale” aboutit à la paupérisation des classes moyennes inférieures et des classes déjà pauvres. La justice sociale est un concept égalitariste abstrait, la seule notion concrète est la création de richesses et d’emplois. La justice sociale par redistribution est parfaitement légitime et efficace si elle est modérée et limitée, mais illégitime et contre-productive si elle est massive. La seule amélioration sociale (le ”progrès social”) est la conséquence de l’enrichissement général des acteurs économiques et de lui seul. La notion de ”solidarité” devient parfaitement perverse  si elle est poussée trop loin car elle ruine celle de ”responsabilité”.

 

3) Pour relancer l’activité, les investissements publics (État, collectivités) financés par les impôts et les emprunts sont  beaucoup moins efficaces que les investissements privés.  Ces derniers ne peuvent être stimulés que par la baisse des impositions et charges pesant sur les entreprises et un desserrement drastique des réglementations qui entravent le secteur privé. Notamment par la simplification d’un Code du Travail plus épais que la Bible qui dissuade de recruter même avec un bon carnet de commandes.

 

4)   Une indemnisation trop forte et laxiste des chômeurs aboutit à une augmentation du chômage. Pour deux raisons : 1) elle dissuade les chômeurs de retrouver un emploi ;  2) elle prélève des charges sur les marges des entreprises, qui ne peuvent plus recruter ou licencient.  C’est un cercle vicieux.  Parallèlement, les salaires minimum trop élevés comme les seuils planchers d’interdiction des ”petits boulots” à temps partiel favorisent le chômage. En France, l’idéologie socialiste préfère rémunérer un chômeur que de voir ce dernier travailler même pour un salaire légèrement plus élevé.  

 

5) L’impôt ne doit pas être progressif, mais strictement égal pour tous, proportionnel aux revenus, avec large assiette et faible taux.  Le but de l’impôt n’est pas la redistribution sociale mais la contribution nationale. Un impôt à bas taux, égal pour tous (flat tax même à 10%) rapporterait nettement plus. Il a été démontré (par les services de Bercy, eux-mêmes) qu’une flat tax de 2% pour les revenus inférieurs à 1.300 €, de 5% entre 1.300 et 2.000 €, de 10% au dessus de 2.000 €, avec suppression de toutes les niches et exemptions fiscales, rapporterait 100 milliards d’euros, soit 40 milliards de plus qu’actuellement ! Double avantage : augmentation massive des recettes de l’État, allègement du poids de l’impôt sur les classes moyennes, cœur de l’économie. Mais cette recette efficace est taboue puisqu’elle contrevient au dogme de la ”justice sociale”, enfin de la vision française tordue de cette dernière. 

 

6) La taxation excessive des revenus du capital et de l’épargne comme la taxation du patrimoine (ISF) aboutissent à l’effondrement de l’investissement. Donc au chômage par assèchement des investissements et fuite (légale) des capitaux. Pour favoriser l’investissement et l’emploi, il ne faut pas taxer les revenus du capital mais seulement et modérément ceux du travail. Les principales victimes des politiques fiscales anti-riches sont les pauvres. En effet, les riches s’en tirent toujours, ils fuient à l’étranger et n’investissent plus dans le pays ou bien se réfugient sur la rente. Trop imposer le capital et ses profits aboutit à les faire disparaître. Or, il n’existe aucune autre source miraculeuse de financement pour une économie nationale. « Le redressement  de l’industrie comme des entreprises françaises est impossible sans une réhabilitation du capital, indispensable pour innover, moderniser. D’où l’urgence qui s’attache au démantèlement de la fiscalité confiscatoire mise en place depuis 2012 » écrit Nicolas Baverez.

 

7) Un État qui prélève plus de 50% de la richesse nationale (PIB) en dépenses publiques et sociales pour le redistribuer (cas de la France) est beaucoup moins efficace qu’un État qui laisse aux entreprises la richesse nationale pour la réinvestir. Les investissements publics directs financés par l’impôt et par l’emprunt sont beaucoup moins efficaces et créateurs de retombées techno-industrielles et d’emplois que les investissements privés. Le rôle de l’”État stratège” n’est pas de se substituer aux entrepreneurs (ce n’est pas son métier) mais de leur faciliter la tâche en limitant ses prélèvements et ses réglementations, en permettant un haut niveau d’éducation et de formation professionnelle et en passant des commandes publiques ciblées.

 

 8) L’ ”austérité”, c’est-à-dire l’équilibre rigoureux des comptes et budgets publics, le désendettement, l’optimisation et la limitation du nombre de fonctionnaires, la baisse des charges sociales n’est pas l’ennemie de la croissance mais sa condition. Car elle revient à transférer les flux financiers des dépenses de fonctionnement étatiques vers les investissements productifs. Ce que démontrent les exemples récents du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande, de l’Irlande, de la Suisse, de la Grande Bretagne, etc. La seule dette publique acceptable doit 1) être très limitée et provisoire ; 2) ne concerner que les investissements (recherche, infrastructures, défense…) et non pas les dépenses de fonctionnement ; être majoritairement souscrite par des emprunts nationaux et non des emprunts internationaux. Autrement la dette est une drogue (comme l’assistanat) qui aboutit à la banqueroute, une menace qui guette la France.

  

 

9) Le moteur central de la prospérité économique et du plein emploi est la liberté laissée à l’entrepreneuriat privé, seul créateur réel d’emplois et fournisseur  de la majorité de la valeur ajoutée. Le progrès social n’est la résultante que du seul progrès économique, c’est-à-dire à 90% de la richesse créée sur le territoire national par la prospérité du tissu des PME. Un Code du Travail kafkaïen paralyse le secteur privé et entretient le chômage, au seul profit des secteurs protégés. On est dans un modèle semi-soviétique. Mais il est très difficile de faire comprendre ces notions à des législateurs –de gauche ou de droite– qui sont en majorité des fonctionnaires aussi familiers du monde de l’entreprise que des poissons de la terre ferme.   

 

 10) Les valeurs éthiques et pratiques d’une économie prospère sans paupérisme ne sont pas d’abord la ”solidarité”  ou la ”justice sociale”, concepts creux et dévoyés, mais le dynamisme, la compétition et l’énergie, tout ce que hait la bureaucratie étatiste au pouvoir. C’est-à-dire : 1) le travail, l’effort, le mérite ; 2) une éducation et une formation sélectives et de qualité, centrée sur l’innovation ; 3) l’encouragement à la réussite par l’enrichissement individuel ; 4) le respect d’une stricte égalité entre les acteurs économiques. On en est loin aujourd’hui en France, où l’égalité républicaine est bafouée, où la méritocratie est délaissée, où le travail et la performance sont découragés : 1) privilèges scandaleux de la fonction publique et para-publique et des corporations, en matière d’emplois, de fiscalité, de retraites, d’allocations ; sans parler du puits sans fond des aides aux immigrés ; 2) école à deux vitesses, l’une, publique, dégradée, et l’autre, privée et payante ; 3) réglementations anti-entreprises et anti-travail ( 35h, retraite à 60 ans, etc.) ; 4) matraquage fiscal des classes moyennes familiales et des petits entrepreneurs. Sous le masque de la ”justice” et de l’”égalité” , l’État Providence gère une société sclérosée et, au fond, profondément injuste puisqu’elle ne récompense pas l’effort mais la paresse de l’apparatchik ou de l’assisté.

 

Conclusion : la valeur-travail

Toutes les autres recettes que ces dernières ont partout échoué. Ceux qui les traitent, par imprécations idéologiques, d’”ultralibérales” n’ont rien compris à la réalité pratique de l’économie d’une nation ou même d’un simple village. De même, ceux qui incriminent l’Union européenne (avec des arguments très justes sur son très mauvais fonctionnement) oublient les lourdes causes inhérentes au seul État français. La paille et la poutre… 

« Les politiques dites de justice sociale affaiblissent la société cassent la croissance, réduisent la compétitivité et mènent au déclin » explique Xavier Fontanet dans son essai Pourquoi pas nous ? L’économiste Arthur Laffer (il a démontré que trop d’impôt tue l’impôt) disait : « pourquoi travailler si à chaque fois que vous travaillez vous recevez une facture et à chaque fois que vous arrêtez de travailler, vous recevez une allocation ? »  Il faut dire qu’en France, l’idéologie dominante est brouillée avec le travail, considéré  comme une aliénation. Le mécanisme de son contraire, l’assistanat, est pervers, c’est une drogue. En aval, il décourage de rechercher du travail et altère les personnalités. En amont, il est dévastateur et injuste : car il ponctionne ceux qui ont eu le mérite de travailler et d’exceller, et il fait fuir les élites qui font des efforts. Une économie prospère est fondée sur la recherche générale de l’enrichissement par le travail et l’effort et non pas sur les revendications de maternation, de protection et d’écrasement égalitariste des revenus. 

Globalement, toutes les politiques socialisantes (paramarxistes) de redistribution égalitaire massive ont trois conséquences : 1) blocage de la circulation des élites ; 2) création d’une caste de privilégiés et d’apparatchiks, rigidifiée ; 3) baisse du revenu moyen. Normalement, l’assistanat et les aides sociales et médicales ne devraient concerner que les ressortissants nationaux qui sont dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins. Il ne s’agit pas d’imiter le système américain, évidemment, mais de prendre conscience de la folie du système français et d’aboutir à un juste milieu.

Le financement global de toute économie, donc de l’État, repose sur le secteur marchand issu de la société. La création de parts de marché donc d’emplois par les entreprises ne peut être financée que par l’épargne capitalistique à long terme. Fiscaliser à outrance cette dernière, pour des raisons idéologiques et de ”redistribution sociale” est suicidaire : elle l’assèche ou la fait fuir à l’étranger.

 Le vrai rôle de l’État est souverain et non gestionnaire. L’État français actuel est un pachyderme impuissant : il écrase le dynamisme économique de la société mais abandonne sa souveraineté : il cède à tous les lobbies et à toutes les manifs violentes, il improvise en permanence, il laisse filer la criminalité et l’immigration invasive. Il restreint le budget militaire et les allocations familiales,  deux  secteurs réellement productifs.  

Le capitalisme n’est pas satanique, il est un mode naturel d’organisation de l’économie, très imparfait mais moins imparfait que les autres. Il est l’accumulation financière des moyens de production par l’épargne spéculative, liée à la prise de risques de l’entrepreneur. Il est supérieur au socialisme, toute l’histoire le prouve. Le diaboliser est aussi idiot que la diabolisation de la sexualité par les puritains. Un ”capitalisme social” est possible : c’est le modèle dit ”rhénan” ou allemand.  Mais il ne doit pas se transformer en État Providence. 

 L’idéal socialiste et étatiste, c’est la rente, le non-travail, l’utopie, la croyance aux miracles. Le refus de l’effort, le culte des droits acquis sont des luxes que se permettent les socialistes au sein du monde capitaliste. Mais ça finira mal : aujourd’hui la France socialiste ne vit que de ses emprunts et de ses dettes auprès de cette ”finance” mondiale tant détestée. C’est un sacré paradoxe.  

La racine psychologique de la prospérité générale est l’ardeur au travail et non pas le ressentiment des pauvres contre les riches. Une économie dynamique et prospère, pour conclure, c’est-à-dire une économie qui assure un niveau de vie et de santé décent à tout le monde n’est pas une économie redistributrice, mais celle où il y a du travail pour tous et non pas des prestations pour tous. La richesse est fondée sur le travail, non pas sur la mendicité. La prospérité est fondée sur l’effort et l’émulation, non pas sur la compassion. Les allocations ne peuvent être financées par un endettement provisoire. Le niveau de vie et de consommation repose sur le travail et l’innovation, tout comme la recherche indispensable d’un nouveau modèle économique moins énergivore. Pour tout résumer, pensons à ce principe économique central qui vaut depuis le néolithique, donc depuis la fin de l’économie de chasse et de cueillette, qu’on peut déplorer mais qu’il faut bien admettre : la richesse, la santé et le bien-être reposent sur le trinôme travail–innovation technique– liberté d’entreprendre. Le reste est littérature, ou plutôt relève d’autres disciplines que l’économie.      

 

(1) Selon une mentalité répandue en France, le riche est un ”salaud”, un accapareur, sauf si l’on devient riche soi-même. De même, les privilèges sont honnis, sauf les siens propres.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 17:13

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 14:58

       vendredi 7 novembre 2014 13h32

 
 
 

PARIS (Reuters) - Les organisations patronales appellent à la mobilisation début décembre pour exprimer le "ras-le-bol" et la "souffrance" des chefs d'entreprise face à la politique menée par le gouvernement, au lendemain de l'intervention télévisée du chef de l'Etat, resté sourd selon elles à leurs revendications.

 

La mise en oeuvre du compte pénibilité lié à la réforme des retraites et la nouvelle obligation d'information en amont des salariés de tout projet de cession dans les PME figurent parmi les points de friction entre le gouvernement et le patronat.

 

"On ne va pas descendre dans la rue, on va simplement manifester sous diverses formes, il y aura des réunions, il y aura des témoignages", a déclaré le vice-président du Medef, Geoffroy Roux de Bezieux, sur BFM Business vendredi. "Certains descendront peut-être dans la rue pour exprimer le ras-le-bol et la souffrance des patrons français."

 

"Il y a un patron de PME sur deux qui se suicide tous les deux jours, les trésoreries sont à sec (...) et le gouvernement pratiquement chaque jour rajoute une petite taxe par là, une mesure de complexité par là, il y a un vrai ras-le-bol".

 

La CGPME, organisation patronale des PME, appelle pour sa part les patrons à "descendre dans la rue" le 1er décembre pour dénoncer les entraves imposées selon elle aux entreprises.

 

"Chacune des organisations organisera les manifestations qu'elle souhaite faire et nous, CGPME, nous descendrons dans la rue le 1er décembre à Paris et à Toulouse", a dit à Reuters Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général du syndicat.

 

"On va mettre en avant le fait que l'entreprise est cadenassée de toutes parts et on demande que les entreprises soient libérées", a-t-il ajouté.

 

 

"ÇA NE SUFFIT PAS"

L'Union professionnelle des artisans (UPA) devrait dire si elle rejoint le mouvement d'ici la semaine prochaine.

La troisième organisation patronale avait signé fin octobre avec le Medef et la CGPME une tribune dans la presse dans laquelle elle réclamait l'abrogation du compte pénibilité, jugé trop complexe et trop coûteux par le patronat.

Selon l'organisation des professions libérales (UNAPL), la participation de l'UPA fait peu de doute mais les indépendants et artisans attendent qu'émergent des "objectifs partagés".

Avant l'intervention de François Hollande jeudi soir, le Medef et la CGPME avaient demandé au chef de l'Etat d'écouter le Sénat qui a supprimé cette semaine le compte pénibilité qui permet aux salariés ayant travaillé dans des conditions difficiles de partir plus tôt à la retraite.

Tout en défendant la mesure, le président français a confirmé la mise en place d'une mission sur sa mise en oeuvre confiée à un chef d'entreprise et un parlementaire.

"Cette énième mission de réflexion sur le sujet, ce n'est pas cela qu'on attend, ça ne suffit pas", estime Jean-Eudes du Mesnil. "Nous n'avons pas obtenu de réponse sur les points sur lesquels on avait attiré l'attention, donc on estime ne pas avoir été entendus".

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, "le discours d'hier soir n'est pas à la hauteur, on est très, très loin de ce qu'il faut faire".

Invité sur BFM TV et RMC, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a reconnu vendredi que certains patrons "souffraient".

"Dans l'agriculture, dans les petites entreprises, c'est très dur", a-t-il dit.

 

(Chine Labbé et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

 

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