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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 09:58

  Bd Voltaire

Nicolas Gauthier           

       

Inutile de se voiler la face, l’islam est la première religion carcérale de France, avec des taux de 70 % dans les prisons d’Île-de-France, sans compter d’autres métropoles, genre Marseille. Triste réalité que le site musulman SaphirNews reconnaît sans ambages. Nulle islamophobie, donc, dans ce qui n’est rien qu’un simple constat.

Et Samia El Alaoui Talibi, secrétaire de l’aumônerie musulmane des prisons de rappeler à nos confrères de SaphirNews : « Malgré ses murs, la prison est une microsociété, avec ses travers, comme toute société. » La nôtre, celle du dehors, est ainsi agitée par de multiples revendications ; la tyrannie des minorités étant tout, hormis un vain mot. Militantisme religieux et alimentaire, lobbying d’ordre sexuel et sociétal touchant même jusqu’à la langue de Molière : dire « auteure » et surtout pas « mademoiselle », « personne à verticalité différée » plutôt que « nain », « homme à compréhension contrariée » au lieu de « con », etc. Le tout sur fond de compétition victimaire et de pleurniche à tous les étages.

Cette atomisation d’une société de plus en plus fragmentée aboutissant à une sorte de chacun-chez-soi et de tout-pour-ma-gueule, avec surenchère de nouveaux droits, nouveaux droits ayant vocation à être de suite décrétés, ne pouvait évidemment pas épargner l’univers carcéral. D’où ces demandes réitérées de menus halal en prison, récemment relayées par Le Figaro. Lequel quotidien remarque : « Dans beaucoup d’écoles, la solution retenue est de proposer un deuxième menu sans viande, à base de poisson ou halal ou casher. » Mais cela coûte cher et le budget des prisons, déjà pauvre, est encore moins extensible à l’infini. Et SaphirNews de déplorer les carences alimentaires de certains de leurs coreligionnaires détenus.

Le recteur de la mosquée de Bordeaux, l’imam Tareq Oubrou, évoquait le sujet il y a peu, lors de la dernière université de printemps de l’association Fils de France : « En tant qu’aumônier de prison, je suis régulièrement confronté à ce sujet. Ces détenus qui me disent : “Je suis un bon musulman et on m’empêche de manger comme un bon musulman, etc.” Ce à quoi je réponds immanquablement : “Si vous étiez un bon musulman, vous ne seriez pas en prison !” Mais après, il faut savoir tendre la main à ces malheureux et tout mettre en œuvre pour qu’une fois sortis, ils retrouvent le droit chemin. » Fort bien. Un prêtre n’aurait pas mieux dit.

Mais quand les journalistes de SaphirNews évoquent cette « microsociété », ils ne croient pas si bien dire. Interrogé par nos soins, Salam G., ancien policier de la BAC en Essonne, confirme : « Le drame de la prison, c’est que les détenus y reconstituent le cadre de vie de leurs cités, à base d’islam de pacotille et de loi de la jungle. Alors que la détention devrait être le moment d’une réflexion censée amener à la rédemption, c’est plus que jamais celui de la dispersion mentale : télé en permanence, consoles de jeu, téléphone portable, trafics conclus de leur cellules. En fait, ils sont en vacances… »

Ce qui leur laisse donc tout loisir de peaufiner ce nouveau type de délinquance, façon islamo-racaille sur mode Scarface. Barbes longues et idées courtes. On deale de la poudre à tuer, mais pas dans la communauté. On fait ses prières, mais on peut tuer pour une cigarette. On sanctifie la famille, mais on fait pleurer sa mère tous les matins. Du Coran aux Corleone…

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 09:49

Gun Pointed
Le 29 novembre 2013
Bd Voltaire
Marie Delarue
Quand l’État est impuissant à assurer ses fonctions régaliennes, à commencer par la protection des citoyens, on se défend comme on peut.
       

Sézanne, à une consonne près, un nom qui teinte à l’oreille dans le chant des grillons. Rien à voir pourtant. Sézanne est une charmante petite ville de Champagne sur la route d’Épernay, un coin de France historique entre l’église Saint-Denis, imposante en ses contreforts, et le château (à vendre). C’est un bout de pays qui vit tranquille dans le souvenir des comtes de Champagne et des moines qui mirent en culture la région. Une vieille civilisation à distance raisonnable du tumulte des villes. Croit-on.

À Sézanne, le bijoutier a tué jeudi dernier le malfrat qui l’agressait. Un type « pas clair », a dit sa femme, entré dans le magasin ganté, le bonnet sur la tête, un sac plastique en main. Il s’en est pris d’abord à la bijoutière, puis au mari qui, précautionneux, s’était muni de son arme. Après avoir menacé la femme, le braqueur a pointé son pistolet sur la tête du bijoutier, le repoussant vers le fond de la boutique. Dans le corps-à-corps qui a suivi, le bijoutier a tiré à quatre reprises. Le malfrat a réussi à lui prendre son arme, est ressorti pour agoniser sur le bord du trottoir. Son complice en a profité pour aller voir ailleurs si l’on y respirait mieux.

Le procureur Christian de Rocquigny, l’homme « en charge » comme on dit depuis qu’on parle anglo-saxon, a l’air d’un homme très bien. Mesuré. Correct. Précis. « Le braqueur avait un pistolet gomme-cogne, mais pour le bijoutier, vous savez, c’était une arme létale. » Oui, Monsieur le procureur, on sait. « Son pistolet gomme-cogne était vide, mais ça, on ne le sait que maintenant, vous comprenez ? » Oui, Monsieur le procureur, on comprend.

Mais à qui parlez-vous comme cela, Monsieur le procureur ? Pour qui toutes ces précautions ? Qui voulez-vous convaincre ? Ceux qui, demain, le cul dans leur fauteuil moelleux sous les lambris ou les fesses calleuses sur leur chaise au sein d’une rédaction moribonde (Libé, si tu m’entends…) vont pousser des cris d’orfraie : « Quoi, comment, où va la France ? Après le racisme à front de bœuf, maintenant l’autodéfense, le fascisme est à nos portes, les Panzer nous menacent ! » Il y aura bien un Harlem Désir ou une Caroline Fourest pour nous assurer que le bijoutier était un militant d’extrême droite qui, le soir, se posait une moustache postiche et enfilait ses bottes et sa vareuse avant d’astiquer son Luger…

L’épouse du bijoutier en était à son cinquième braquage. Le deuxième dans cette boutique refaite à neuf voilà quatre mois : caméras, sas de sécurité. Ils avaient tout fait comme il faut. Le braqueur aussi : à 36 ans, dix condamnations à son actif dont deux devant les assises pour vol à main armée. Un vrai pro.

Interrogé sur BFMTV, le représentant de l’UDH (Union de la bijouterie-horlogerie) faisait part de son désarroi. Suite à l’affaire de Nice, en septembre dernier, une commission a été créée au ministère de l’Intérieur, chargée de réfléchir « avec les professionnels de la profession » – comme aurait dit Coluche – sur les moyens d’enrayer l’épidémie de braquage des commerces de bijouterie. Créée, et puis c’est tout. Depuis, rien. Pas de nouvelles. Les commissionnaires sont aux abonnés absents et les bijoutiers livrés à eux-mêmes.

Plus grave, dit le monsieur : la plupart de ceux qui ont été braqués ne sont plus assurés – impossible de payer les primes exorbitantes. Alors, quand l’État est impuissant à assurer ses fonctions régaliennes, à commencer par la protection des citoyens, on se défend comme on peut. Et s’il faut tirer dans le buffet pour défendre son bien, on tire.

Question subsidiaire : le braqueur a-t-il un nom ? Pour l’instant, hors son joli pedigree, on ne sait rien de l’individu. On s’en poserait presque des questions.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 08:08
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Souhaits des sympathisants UMP pour 2017 : Sarkozy continue à dominer, Fillon dévisse

Selon un sondage Ifop-Atlantico, 60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017. Alain Juppé arrive en deuxième position mais loin derrière, avec seulement 13% de sympathisants convaincus, alors que François Fillon chute de 5 points.

Sondage exclusif Ifop-Atlantico
Publié le 29 novembre 2013
Info Atlantico
 
60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017.

60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017. Crédit Reuters

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(Cliquez sur le tableau pour l'agrandir)


Il y a deux enseignements majeurs dans cette enquête barométrique. Premièrement, Nicolas Sarkozy continue d'écraser totalement le match dans la perspective d'une primaire pour désigner le candidat UMP à la présidentielle de 2017. Il remporterait 60 % des suffrages devant 9 autres candidats potentiels. Par rapport aux vagues précédentes, sa position ne s'effrite pas et aucune autre alternative ne s'impose clairement. L'autre enseignement c'est justement la confirmation de l'effondrement de François Fillon qui est relégué en position de troisième homme et est en passe de rejoindre le peloton des petits candidats. L'ancien Premier ministre paie ses déclarations sur le FN qui ont sans troublé l'électorat de centre-droit de l'UMP. Alain Juppé est stable et confirme sa deuxième position, mais profite surtout de l'effondrement de François Fillon et reste très loin de Nicolas Sarkozy. Tous les autres candidats enregistrent des scores très faibles, y compris NKM qui bénéficie pourtant d'une forte exposition médiatique grâce à sa candidature à la mairie de Paris.

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(Cliquez sur le tableau pour l'agrandir)

On constate que la domination de Nicolas Sarkozy est plus forte dans certains segment de l'UMP, particulièrement chez les jeunes et les catégories populaires. 68% des moins de 35 ans le plébiscitent et 77% des CSP- tandis qu'il est un peu moins populaire chez les CSP+ (54%) et chez les retraités (51%). C'est donc majoritairement l'UMP d'en bas qui plébiscite Nicolas Sarkozy.

Ce sondage est révélateur des intentions de vote des sympathisants UMP. D'autres enquêtes montrent que certaines personnalités de droite comme Alain Juppé sont plus populaires que l'ancien président. Sa personnalité plus consensuel compatible avec l'électorat du centre lui permet de bénéficier de cotes supérieures à celle de Nicolas Sarkozy, dont la personnalité est plus clivante, dans les baromètres de popularité. Toutefois, les cotes de popularité et les intentions de vote ne se recoupent pas forcément. Ceux qui apprécient la personnalité d'Alain Juppé ne souhaitent pas forcément qu'il soit candidat. 

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Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/souhaits-sympathisants-ump-pour-2017-sarkozy-continue-dominer-fillon-devisse-912541.html#AwCm1mUVWHdEI66O.99
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Souhaits des sympathisants UMP pour 2017 : Sarkozy continue à dominer, Fillon dévisse

Selon un sondage Ifop-Atlantico, 60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017. Alain Juppé arrive en deuxième position mais loin derrière, avec seulement 13% de sympathisants convaincus, alors que François Fillon chute de 5 points.

Sondage exclusif Ifop-Atlantico
Publié le 29 novembre 2013
Info Atlantico
 
60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017.

60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017. Crédit Reuters

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Il y a deux enseignements majeurs dans cette enquête barométrique. Premièrement, Nicolas Sarkozy continue d'écraser totalement le match dans la perspective d'une primaire pour désigner le candidat UMP à la présidentielle de 2017. Il remporterait 60 % des suffrages devant 9 autres candidats potentiels. Par rapport aux vagues précédentes, sa position ne s'effrite pas et aucune autre alternative ne s'impose clairement. L'autre enseignement c'est justement la confirmation de l'effondrement de François Fillon qui est relégué en position de troisième homme et est en passe de rejoindre le peloton des petits candidats. L'ancien Premier ministre paie ses déclarations sur le FN qui ont sans troublé l'électorat de centre-droit de l'UMP. Alain Juppé est stable et confirme sa deuxième position, mais profite surtout de l'effondrement de François Fillon et reste très loin de Nicolas Sarkozy. Tous les autres candidats enregistrent des scores très faibles, y compris NKM qui bénéficie pourtant d'une forte exposition médiatique grâce à sa candidature à la mairie de Paris.

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On constate que la domination de Nicolas Sarkozy est plus forte dans certains segment de l'UMP, particulièrement chez les jeunes et les catégories populaires. 68% des moins de 35 ans le plébiscitent et 77% des CSP- tandis qu'il est un peu moins populaire chez les CSP+ (54%) et chez les retraités (51%). C'est donc majoritairement l'UMP d'en bas qui plébiscite Nicolas Sarkozy.

Ce sondage est révélateur des intentions de vote des sympathisants UMP. D'autres enquêtes montrent que certaines personnalités de droite comme Alain Juppé sont plus populaires que l'ancien président. Sa personnalité plus consensuel compatible avec l'électorat du centre lui permet de bénéficier de cotes supérieures à celle de Nicolas Sarkozy, dont la personnalité est plus clivante, dans les baromètres de popularité. Toutefois, les cotes de popularité et les intentions de vote ne se recoupent pas forcément. Ceux qui apprécient la personnalité d'Alain Juppé ne souhaitent pas forcément qu'il soit candidat. 

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On constate que la domination de Nicolas Sarkozy est plus forte dans certains segment de l'UMP, particulièrement chez les jeunes et les catégories populaires. 68% des moins de 35 ans le plébiscitent et 77% des CSP- tandis qu'il est un peu moins populaire chez les CSP+ (54%) et chez les retraités (51%). C'est donc majoritairement l'UMP d'en bas qui plébiscite Nicolas Sarkozy.


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On constate que la domination de Nicolas Sarkozy est plus forte dans certains segment de l'UMP, particulièrement chez les jeunes et les catégories populaires. 68% des moins de 35 ans le plébiscitent et 77% des CSP- tandis qu'il est un peu moins populaire chez les CSP+ (54%) et chez les retraités (51%). C'est donc majoritairement l'UMP d'en bas qui plébiscite Nicolas Sarkozy.
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Selon un sondage Ifop-Atlantico, 60% des sympathisants UMP choisissent Nicolas Sarkozy pour les représenter en 2017. Alain Juppé arrive en deuxième position mais loin derrière, avec seulement 13% de sympathisants convaincus, alors que François Fillon chute de 5 points.

Sondage exclusif Ifop-Atlantico

Publié le 29 novembre 2013

 

 
Il y a deux enseignements majeurs dans cette enquête barométrique. Premièrement, Nicolas Sarkozy continue d'écraser totalement le match dans la perspective d'une primaire pour désigner le candidat UMP à la présidentielle de 2017. Il remporterait 60 % des suffrages devant 9 autres candidats potentiels. Par rapport aux vagues précédentes, sa position ne s'effrite pas et aucune autre alternative ne s'impose clairement. L'autre enseignement c'est justement la confirmation de l'effondrement de François Fillon qui est relégué en position de troisième homme et est en passe de rejoindre le peloton des petits candidats. L'ancien Premier ministre paie ses déclarations sur le FN qui ont sans troublé l'électorat de centre-droit de l'UMP. Alain Juppé est stable et confirme sa deuxième position, mais profite surtout de l'effondrement de François Fillon et reste très loin de Nicolas Sarkozy. Tous les autres candidats enregistrent des scores très faibles, y compris NKM qui bénéficie pourtant d'une forte exposition médiatique grâce à sa candidature à la mairie de Paris.

(Cliquez sur le tableau pour l'agrandir)

On constate que la domination de Nicolas Sarkozy est plus forte dans certains segment de l'UMP, particulièrement chez les jeunes et les catégories populaires. 68% des moins de 35 ans le plébiscitent et77% des CSP- tandis qu'il est un peu moins populaire chez les CSP+ (54%) et chez les retraités (51%). C'est donc majoritairement l'UMP d'en bas qui plébiscite Nicolas Sarkozy.

Ce sondage est révélateur des intentions de vote des sympathisants UMP. D'autres enquêtes montrent que certaines personnalités de droite comme Alain Juppé sont plus populaires que l'ancien président. Sa personnalité plus consensuel compatible avec l'électorat du centre lui permet de bénéficier de cotes supérieures à celle de Nicolas Sarkozy, dont la personnalité est plus clivante, dans les baromètres de popularité. Toutefois, les cotes de popularité et les intentions de vote ne se recoupent pas forcément. Ceux qui apprécient la personnalité d'Alain Juppé ne souhaitent pas forcément qu'il soit candidat. 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 07:57

 

Pour l'Insee, la courbe du chômage ne s'inversera pas en France en 2013. | REUTERS/JEAN-PAUL PELISSIER

 

 

Enfin un motif de satisfaction pour l'exécutif qui a pu, jeudi 28 novembre, se féliciter d'une « baisse du chômage ». « Avec la diminution en octobre de 20 500 du nombre des chômeurs, un premier résultat est acquis. Il est conforme à l'engagement que j'avais pris pour la fin de cette année », s'est ainsi réjoui François Hollande dans un communiqué. Après que cette relative bonne nouvelle a été annoncée, l'opposition a montré son scepticisme, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une bidouille » et la majorité s'est montrée très prudente. Pour y voir clair, le point sur ce qui monte, ce qui baisse, ce qui influence les chiffres…

  • Que signifie exactement le chiffre de « 20 500 chômeurs » ?

Les 20 500 chômeurs de moins évoqués par François Hollande dans son communiqué correspondent à la différence, de septembre à octobre, entre le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en France métropolitaine dans la seule catégorie A. Cette dernière regroupe les personne n'ayant exercé aucun emploi durant la période concernée.

Ils étaient 3 295 700 en septembre ; ils sont 3 275 200 en octobre. Soit une différence de 20 500, comme le dit M. Hollande.

 

Deux remarques :

1/ La forte baisse observable au mois d'août est imputable à ce qu'il convenu d'appeler « le bug SFR » ; un problème technique qui a fait augmenter les radiations et donc artificiellement baisser le chômage.

2/ Ces données ne concernent que la France métropolitaine. Si l'on considère les DOM (« France entière »), les chômeurs de catégorie A sont 3 537 700 en octobre. Ils étaient 3 557 600 le mois dernier. Soit une baisse de 19 900 chômeurs de catégorie A sur l'ensemble de la France.

  • Plus de 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues

Les chômeurs sont classés selon 5 catégories (A, B, C, D, E). Seuls ceux des catégories A, B et C sont tenus de rechercher un emploi, les autres en sont dispensés pour diverses raisons. Les chômeurs de catégorie A n'ont exercé aucune activité dans le mois, ceux de la catégorie B ont travaillé moins de 78 heures et ceux de catégorie C plus de 78 heures.

Si l'on considère les demandeurs d'emploi dans les catégories A, B et C, il n'y a plus d'embellie, que ce soit dans la seule France métropolitaine ou dans les DOM. DOM compris, le nombre de chômeurs des catégories A, B et C a augmenté de 41 500. Elle est de 39 600 si l'on se limite à la France métropolitaine.

 

  • Le chômage baisse-t-il du fait des emplois aidés ?

Peut-on dire que la politique de la gauche en matière d'emplois aidés explique la baisse du chômage ? En partie, sans doute, mais pas totalement. Les emplois d'avenir mis en place par le PS ont du mal à décoller, et restent limités, avec environ 50 000 personnes qui en bénéficient, essentiellement dans le secteur non marchand.

Reste également plus de 200 000 titulaires d'un CUI-CAE (contrat unique d'insertion, contrat d'accompagnement dans l'emploi), des emplois aidés mis en place par le gouvernement Fillon, mais dont le stock s'amenuise.


 

L'analyse par catégories permet également de faire des constats. La catégorie D regroupe les chômeurs dispensés de recherche d'emploi, soit pour maladie, soit car ils sont en formation, en convention de reclassement personnalisé (CRP), en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi et en contrat de sécurisation professionnelle (CSP).

La E, elle, comptabilise les demandeurs d'emploi qui sont en contrat aidé. On le voit sur le graphe ci-dessous, ces deux catégories sont en hausse, particulièrement spectaculaire pour la catégorie D entre août et octobre.

 

  •  Quid du chômage des jeunes ?

Parmi les motifs de réjouissance de l'exécutif figure la baisse du chômage chez les jeunes pour le sixième mois consécutif. Ce qui est vrai pour les demandeurs d'emploi de catégorie A, mais qui n'est plus exact si l'on considère les catégories A, B et C. Même si dans ce dernier cas la courbe ci-dessous illustre un ralentissement de la progression.

 

  • Quel est le poids des radiations de chômeurs ?

Un élément à prendre en compte dans l'évolution du chômage, notamment chez les plus jeunes, est le poids des radiations et des cessations pour défaut d'inscription. Il peut être tentant pour Pôle Emploi de durcir sa politique afin d'augmenter ces deux éléments, et d'obtenir une baisse significative.

On peut constater une hausse assez constante et régulière des radiations administratives entre août 2012 et octobre 2013 (on passe de 39 000 à 52 000), avec une accélération sur octobre, où l'on passe de 41 800 à 51  600 radiés, dont 9 800 radiations supplémentaires, soit une hausse de 23 % en un mois. En revanche, les sorties pour défaut d'inscription sont relativement stables après le « bug SFR » d'août, et même en baisse entre septembre et octobre.

 

 

 

 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 21:39

La précarité en milieu rural fait actuellement l'objet d'une exposition photographique où le spectateur est plongé dans les affres de la misère sociale, celle du quotidien de millions de personnes.

 

Une mosaïque de portraits comme autant de récits de vie bouleversants. Ainsi peut se résumer l'exposition «Oubliés de nos campagnes», mis en œuvre par le Secours catholique-Caritas et les photographes de l'agence Myop, et qui se tient au Point Éphémère, à Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 21:21

Aymeric Patricot s'est attaqué dans son livre à un tabou, celui des conditions de vie des «petits Blancs» dans les quartiers pauvres de la République. Il répond sans ambages aux questions du Figaro.

 

Sorti le mois dernier, le livre d'Aymeric Patricot Les Petits Blancs (Plein Jour) s'inscrit dans cette nouvelle approche intellectuelle qui entend porter un autre regard sur des pauvres longtemps oubliés. Dans son livre, ce diplômé d'HEC, de l'EHESS, agrégé de lettres et professeur en banlieue parisienne, s'intéresse à la double peine souvent ressentie par les «petits Blancs», méprisés des élites et se sentant parfois étrangers dans leur propre pays. Afin de mieux comprendre la portée de ses recherches, Aymeric Patricot a bien voulu répondre aux questions du Figaro.

LE FIGARO. - Que vous inspire le succès en librairie des livres sur la question de l'identité et sur l'histoire de France?

Aymeric PATRICOT. - Ils me paraissent traduire une certaine inquiétude. Certes, l'«identité de la France» n'est pas chose figée. Mais on la présente aujourd'hui comme un simple réceptacle à d'autres cultures, d'autres populations. Sans doute faudrait-il trouver un juste milieu entre sa dimension universelle, ouverte, et le fait qu'elle présente une épaisseur, celle de l'histoire, celle des régions, celle des «territoires». Il est dommage qu'en France les deux extrêmes se regardent en chien de faïence sans parvenir à dialoguer.

Dans votre livre, vous montrez que l'appartenance à une communauté a progressivement remplacé l'appartenance à une classe sociale...

Aymeric Patricot.

Aymeric Patricot.

Pas exactement. J'explique, et en cela je m'inspire de travaux de nombreux sociologues, que depuis le milieu des années 2000 une «question raciale» s'est ajoutée à la «question sociale». En d'autres termes, on ne peut plus se contenter d'analyser les rapports dans ce pays en termes de richesses relatives, de pouvoirs d'achat, de relégation sociale… Les émeutes, la question de la discrimination positive, les tensions autour de la question du voile, les luttes antiracistes, autant de symptômes d'un retour en force des questions ethniques. Non pas que les secondes se substituent aux premières, mais elles viennent s'y ajouter, compliquer le jeu. Certains voudraient qu'au nom de la «République universelle» on taise délibérément ces tensions. Je ne pense pas que ce soit une solution - en tout cas, plus maintenant. Une société multiraciale, pour être viable, doit se confronter à la question des regards croisés entre communautés. De toute façon, a-t-elle vraiment le choix?

Que signifie l'expression «White Trash» que vous utilisez à plusieurs reprises?

«White Trash» est un terme américain désignant les Blancs si pauvres qu'ils se sentent à la fois méprisés par les minorités ethniques - en l'occurrence, les Noirs - et par l'establishment blanc. Il pourrait être traduit par «déchet blanc» ou «raclure blanche». C'est un terme extrêmement insultant, mais qui peut être revendiqué dans un deuxième temps par ceux qui le subissent - comme le fait Eminem dans nombre de ses chansons.

L'angoisse que ressent le White Trash, c'est celle d'être pris entre deux feux: les anciens esclaves se font un malin plaisir de lui cracher dessus parce qu'il représente, par sa couleur de peau, l'ancien maître ; et les bourgeois blancs le méprisent pour son comportement, sa saleté. D'une certaine manière, on considère qu'il a déchu de sa position de Blanc… La question, c'est de savoir s'il est possible ou non de parler de «White Trash» à la française.

Le racisme anti-Blanc existerait donc, selon vous?

Ce n'est pas quelque chose dont je parle beaucoup dans mon livre. Cependant, pour répondre à votre question, les débats actuels sur la question pointent l'idée que le «racisme anti-Blanc» serait moins grave que d'autres parce qu'il répondrait à un premier racisme subi, et qu'il serait ainsi moins significatif. Je ne sais pas s'il faut vraiment raisonner de cette manière, en hiérarchisant les racismes par cette sorte de prééminence historique. En tout cas, je mets en relief une autre forme de mépris: pas celui qui s'exerce dans la rue, mais celui qui s'exerce dans les élites. Car la fracture qui existe désormais entre la bourgeoisie blanche et les «petits Blancs» est désormais si profonde qu'elle relève, à bien des égards, d'une différence raciale: certains membres autoproclamés de l'élite n'hésitent pas à voir dans les plus pauvres des gens dégénérés, pour lesquels on ne pourrait plus rien. C'est ce racisme-là dont je parle surtout.

Les associations antiracistes entretiennent-elles un conflit entre les Français?

Le raisonnement des associations antiracistes est le même depuis trente ans: les discriminations sont le fait des Blancs. Le prétendu «racisme anti-Blanc» serait une notion forgée par le Front national, qui plus est très peu significative sur le terrain. Il est vrai que nous manquons de statistiques. Mais, au-delà de la question des chiffres, je pense que nous avons changé d'époque. Depuis le début des années 1980 et la création de SOS Racisme, les temps ont changé. Les minorités ne sont plus si minoritaires. Les violences, les discriminations ont évolué. Les «ratonnades» anti-maghrébines, par exemple, ont disparu, ce qui est très bien. Mais il faut précisément prendre acte de ces progrès et rester attentif aux nouvelles formes de tensions. La politique de ces associations, pour la plupart, était de sceller une alliance entre les différentes composantes minoritaires françaises contre une majorité perçue comme blanche et catholique. Je ne suis pas sûr que dresser cette barrière-là, de manière aussi tranchée, soit de nature à apaiser le débat aujourd'hui.

Vous dîtes que les «petits Blancs» seraient interdits (moralement) de s'interroger sur leur identité...

Dans le dernier chapitre du livre, j'essaye de réfléchir à ce que peut être la «situation du jeune homme blanc» dans la société française d'aujourd'hui. J'établis un parallèle, sans doute assez osé, entre celle-ci et la «situation du Juif» dans les années 1930 telle que l'analyse Sartre dans son fameux livre Réflexions sur la question juive. Elles me paraissent opposées sur un point notable: de même que, nous explique Sartre, le Juif souffrait du fait d'être mis à l'écart, même symboliquement, de la communauté nationale en dépit de tous ses efforts pour s'aligner sur une sorte de norme commune, de même le Blanc ressent une certaine angoisse, au contraire, à se voir interdire de nommer sa différence au nom du fait qu'il serait membre de la majorité. En tant que tel, il lui faudrait accueillir toute la diversité du monde sans prétendre lui-même avoir une quelconque épaisseur. Le Juif de Sartre était constamment renvoyé à ses particularismes ; l'Européen blanc d'aujourd'hui se voit constamment ramené dans le giron d'une majorité sans visage.

Les «petits Blancs» se sentent-ils abandonnés par l'État?

Il serait sans doute possible de marquer quelques dates clés dans ce processus: le «tournant sociétal» du PS dans les années 1980, le portant à se désintéresser en partie des questions sociales pour privilégier la question des minorités ethniques et sexuelles - ce qui n'est pas un mal en soi, bien sûr, mais change l'ordre des priorités et suscite la frustration ; l'aveu d'impuissance face au chômage, proféré par Mitterrand ; l'exhortation par le think-tank Terra Nova, adressé au PS, à laisser de côté les ouvriers parce que moins significatifs, d'un point de vue démographique - et politique.

Autant d'éléments qui contribuent à forger la prise de conscience d'une classe pauvre et blanche, blanche parce que «n'appartenant pas aux publics qui intéressent la classe politique». De même que le Noir était auparavant le Non-Blanc, le Blanc est aujourd'hui le «non-minoritaire».

Craignez-vous à terme que certains, ne se sentant pas écoutés, basculent de plus en plus dans la violence?

C'est ma crainte, effectivement. Je pense que nous observons déjà les symptômes d'une société dont la brutalité s'accroît. Les débats font rage autour des chiffres, et je ne m'avancerai pas sur ce sujet-là, mais il existe de nouvelles formes de misère, des rancœurs qui cristallisent. Tout dépendra, me semble-t-il, de l'évolution économique: mais si nous tombons à des niveaux de pauvreté que connaît la Grèce, je ne vois pas ce qui empêcherait le pays de renouer avec des violences d'un autre âge.

 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 15:11

Le 27/11/2013

C'est un organisme officiel, le Conseil d'orientation des retraites (COR), qui le dit : " Les cotisations versées par l'Etat-employeur ont représenté en 2013 74,2% des prestations du régime. " Traduction : les 3/4 des retraites des fonctionnaires de l'Etat sont payées par les contribuables et non par les intéressés... Deux poids, deux mesures : de leur côté, les salariés du privé financent par leurs cotisations 83 % du montant de leurs pensions.

Lesdites retraites des ronds-de-cuir étatiques ont coûté 37 milliards en 2012 aux contribuables. Un montant qui exclut le coût des retraites des salariés des fonctions publiques locale et hospitalière…

Il ne s’agit pas de désigner des boucs émissaires mais de voir la réalité en face : si on regarde les choses de près, les fonctionnaires sont mieux payés que les salariés du privé, partent plus tôt à la retraite et dans de meilleures conditions.

Vous avez dit « justice sociale », Monsieur le Président ?

 


 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 15:02

 

 

En France, il y a beaucoup trop de fonctionnaires parmi les élus et ceci crée d’énormes conflits d’intérêts, explique Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), dans « C dans l’air » mercredi 27 novembre 2013,

 

les élus votant la dépense publique puis en bénéficiant en tant que fonctionnaire.

Commentaires internautes :

 

Au delà de cet aspect des choses bien réel, on n’a rien inventé depuis la révolution française.
Avant 1789, on avait une société qui se divisait (c’est un ancien communiste qui a fait cette réflexion il y a une dizaine d’années) en 3 classes:

 

-Clergé
-Noblesse
-Tiers-Etat

 

ou plutôt:

 

-Noblesse (À tout seigneur tout honneur !)
-Clergé (qui dépend du bon vouloir de la noblesse)
-Tiers-Etat

 

Aujourd’hui on a :

 

-Les hauts fonctionnaires (l’ENA, les franc-maçons, les personnes issues des Gdes écoles)
…qui jouent le rôle de la noblesse

 

-Les médias (nouveau clergé chargé de diffuser la « bonne parole »)

 

-Les con-tribuables !(Ceux qui sont corvéables à merci, paient impôts taxes,etc…
et reçoivent en guise d’hostie….Un bulletin de vote pour des « messes » républicaines chargées de sanctifier le régime !!!)

 


 

 

 

 

Très bonne analyse !
Vous avez juste oublié une classe : celle des courtisans à savoir tous ceux qui vivent fonds publics : assos , artistes subventionnés, immigrés etc

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 09:39

Bd Voltaire

Dominique Jamet

 

Répondant à la demande instante d’un gouvernement et d’un État en péril de mort, cautionnée par l’Organisation des Nations Unies, accueillie avec transport par l’immense majorité de la population, l’intervention de notre armée au Mali, en janvier dernier, pleinement justifiée par l’urgence, irréprochable au regard du droit international, a bénéficié sur le moment, chose rare, de l’approbation unanime des Français.

L’opération Serval a de surcroît été couronnée par le succès. Elle a très vite réalisé ses objectifs essentiels : stopper le déferlement des milices islamistes sur Bamako, refouler l’adversaire vers le Nord du pays, détruire ses capacités opérationnelles. C’est sur cette base qu’ont pu être organisées et se dérouler sans obstacle les élections présidentielles puis législatives qui ont rétabli une légalité et une légitimité démocratique au Mali.

Cela étant dit, qu’il ne faut ni nier ni sous-estimer, il est clair que ce pays demeure institutionnellement et politiquement fragile. Qu’à tout moment, les têtes de l’hydre djihadiste peuvent y repousser. Que nos forces, avec leurs effectifs limités, sont en mesure de faire échec à toute nouvelle offensive islamiste mais ne sont pas à même de quadriller un territoire grand comme deux fois la France et d’y rétablir une paix durable. Et qu’enfin, le départ de nos troupes, initialement prévu en juillet, risque d’être indéfiniment retardé, comme c’est déjà le cas au Tchad, en Côte d’Ivoire ou au Niger, si l’on veut éviter le retour des désordres qui sont à l’origine de leur envoi sur place.

C’est aujourd’hui au Centrafrique que sonne l’alarme. L’État n’est plus qu’un nom, une pure fiction dans un pays où le seul règne est celui du chaos. Réduit à ses seules forces, le gouvernement mis en place par une alliance anarchique de militaires putschistes, de combattants islamistes, de bandits transfrontaliers et de voyous attirés par la soif de l’or et l’odeur du sang, est totalement incapable, en eût-il la volonté de rétablir même un semblant d’ordre et de mettre fin aux viols, aux pillages, aux massacres et à la guerre civile sans merci qui s’étend de jour en jour comme un feu de brousse. La simple humanité justifie une intervention qui se traduira là aussi, dans un premier temps, par la déroute et la dispersion de ces Grandes compagnies qui ressuscitent sur le continent noir, en plein XXIe siècle, les horreurs de notre Moyen Âge.

Mais après, mais plus tard ? Si notre supériorité technique et le professionnalisme de nos soldats nous mettent à l’abri d’une défaite, pouvons-nous nous payer le luxe financier et prendre le risque politique de maintenir indéfiniment des troupes étrangères sur le sol d’États souverains qui n’ont trop souvent secoué le joug colonial que pour tomber sous la coupe de dictateurs ou de gouvernements corrompus, mais dont la population n’est pas moins jalouse d’une indépendance qu’elle n’entend pas voir remise en cause ? Le comble serait que l’on en vienne à soupçonner nos intentions et à nous reprocher des interventions qui sont pourtant exemptes de tout désir de rétablissement d’un ordre ancien, même si elles ne sont pas toujours pures de toute arrière-pensée économique.

La Côte d’Ivoire il y a deux ans, le Mali au début de cette année, à présent le Centrafrique nous posent en définitive une question simple et capitale : sommes-nous prêts à assumer, avec toutes ses conséquences, militaires et politiques, le rôle de gendarme de l’Afrique francophone ? Si la réponse est affirmative, il nous faut accepter l’idée que cette responsabilité nous engage pour très longtemps et admettre que le poids de cet engagement est incompatible avec l’affaiblissement programmé de notre défense nationale.

Nos capacités de « projection », proches de leurs limites, réduisent nos interventions à des effectifs de plus en plus dérisoires, alors même que François Hollande, sur les théâtres extérieurs, développe un interventionnisme inattendu. Après l’envoi de 3.000 hommes au Mali, nous ne disposons que de 1.000 hommes pour le Centrafrique. Et si demain le feu se propageait au Cameroun, en Guinée, au Congo, que sais-je, est-ce avec une escouade de hussards, un peloton de dragons ou une patrouille de parachutistes que nous volerions au secours des États et des gouvernements concernés ? Peut-on faire de plus en plus avec de moins en moins ? Avons-nous toujours les moyens d’une grande politique ? Il y a des offensives qui ressemblent à des fuites en avant.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 09:29

Le 29 novembre 2013                

       

Dans le cadre des discussions sur le « métier enseignant », Vincent Peillon a proposé de baisser le nombre d’heures de cours pour les enseignants en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire). On ne peut qu’approuver l’idée de soulager le service des professeurs intervenant dans les établissements les plus difficiles. À situations différentes, conditions différentes. Sauf que les finances de l’État étant ce qu’elles sont, ce qu’on donne à l’un doit être pris à l’autre. Le ministre de l’Éducation nationale propose donc d’augmenter de fait les obligations de service des professeurs des CPGE (Classes Préparatoires aux Grandes Écoles) : en clair, alourdir leur travail ou diminuer leur salaire.

Les CPGE sont les fleurons de notre système éducatif. Elles reçoivent les meilleurs bacheliers de France, les font travailler dur pendant deux ans (trois en cas de redoublement) pour leur permettre d’intégrer les écoles prestigieuses qui forment l’élite de notre pays : Polytechnique, École Normale Supérieure, HEC (Hautes Études Commerciales), etc. Ceux qui n’y arrivent pas ont du moins l’avantage d’avoir acquis une culture et des méthodes de travail qui leur permettent de réussir brillamment masters, doctorats, diplômes d’ingénieurs ou concours divers. Les seuls critères de recrutement et de réussite sont le talent et le travail. Nos plus grands scientifiques, politiques, chefs d’entreprise sont passés par cette formation, parfois venant de milieux modestes.

Cette réussite tient aussi à la qualité des enseignants et à leur investissement. Leur demander plus de travail ou de perdre en salaire ne peut que les décourager et affaiblir une filière d’excellence qui a fait ses preuves. Pour répondre à la grogne des enseignants de CPGE, Vincent Peillon évoque le conservatisme. Il y a pourtant des conservatismes plus criants, dans certaines entreprises publiques ou dans la haute administration qui entoure les ministres… Sur Radio J, il a déclaré : « On met beau­coup moins d’argent public là où il y a pourtant les plus grandes difficultés, que là où il y a les plus belles réussites. Est-ce que c’est juste ? Ça ne l’est pas. »

Mais s’il y a de « belles réussites », n’est-ce pas parce qu’on y a mis de l’argent ? La justice n’est-elle pas de favoriser ce qui permet la réussite, quel que soit le milieu social d’origine, plutôt que mettre de l’argent dans des dispositifs dont l’efficacité est pour le moins douteuse ? Ces déclarations dévoilent une idéologie que M. Peillon n’est hélas ni le premier ni le seul à porter : le peuple que nos dirigeants aiment, c’est celui qui reste à sa place, tout en bas, et qu’on endort à grand renfort de jeux, de télévision, de subventions à des activités ludiques. Mais ne surtout pas lui permettre d’accéder à la culture, à la réussite ; il risquerait de penser ou de prendre la place de la nomenklatura. En somme rien de bien neuf depuis la Rome décadente.

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