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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 08:43

 

 

Le 27 août 2013

Boulevard Voltaire
Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
Son blog.

Claude Askolovitch s’est exprimé sur RTL au sujet du meurtre de Jacques Blondel, ce retraité de Marignane qui, au retour de la plage, a voulu barrer la route à deux malfrats à scooter venant de braquer un bureau de tabac. Selon le journaliste, c’est Jacques Blondel qui « a fait des deux voyous des assassins », et c’est un « gâchis terrible ».

C’est vrai, si Jacques Blondel n’était pas mort, il faudrait le sanctionner. Merde quoi, les deux gars roulaient bien tranquillement à leurs petites affaires et l’autre, qu’on n’avait pas sonné, vient se mettre en travers de leur chemin. De quoi j’me mêle ? A voulu jouer les héros, et toc, a transformé deux petites racailles ordinaires en grands criminels. Ça devrait être puni par la loi. Ce n’est rien que de l’incitation au meurtre. Limite si Marwan Rezgui – celui qui, selon toute probabilité, a tiré – ne devrait pas se retourner contre la veuve et les orphelins. Ou monter une association de défense contre les victimes, sans lesquelles, si l’on y réfléchit bien, il n’y aurait pas d’assassin. Martingale qui pourrait également profiter aux femmes qui, si elles n’avaient pas été si appétissantes, auraient été, à l’évidence, un peu moins violées…

En attendant une marche blanche en faveur des aigrefins en question, humanistes en butte à l’incompréhension de leurs contemporains ?

Plus sérieusement, on pensait pourtant que les Français étaient devenus des gens sensés et raisonnables. Qu’ils avaient appris à détourner les yeux et à prendre fissa la tangente sitôt qu’une vieille dame se faisait tirer son sac, qu’une jeune fille se faisait importuner dans le métro, qu’un ado se faisait insulter pour une cigarette. Eh bien non, restent toujours des fortes têtes. Quel « terrible gâchis ».

Prenez une Anne-Lorraine Schmitt. Si elle s’était laissé obligeamment violer, son agresseur ne l’aurait pas poignardée, et d’un violeur elle n’aurait pas fait un tueur. Quel « gâchis terrible » là encore…

Et je ne parle pas de tous ceux que l’on a plantés pour un « mauvais regard ». S’ils avaient humblement gardé les yeux rivés sur leurs pieds, leurs assassins n’auraient pas été tentés de s’en prendre à eux et seraient toujours de braves voyous de banlieue anonymes qui n’encombreraient pas (encore) les prisons françaises. Vraiment, quel foutu gâchis…

Laissez-vous faire, n’opposez aucune résistance, investissez, pour vos déplacements, dans des œillères afin d’éviter, par un coup d’œil indiscret, d’être témoin de ce que vous n’auriez jamais dû voir et d’être ainsi tenté d’intervenir. Oubliez ce que veulent dire les mots « défense », « secours », « assistance » et « courage » et tout va bien se passer.

Et si, d’aventure, l’appartement de Claude Askolovitch venait à être cambriolé près de chez vous, sa voiture fracturée sous vos fenêtres, son portefeuille subtilisé sous vos yeux, surtout ne dites rien. Passez votre chemin, ne jouez surtout pas les Clint Eastwood. Ne courez pas le risque coupable de transformer une petite frappe en assassin ; lequel Askolovitch, soyez en sûr, vous en sera infiniment reconnaissant.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 19:42

Boulevard Voltaire

 

Dominique

Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.
Jamet

C’est une population pittoresque et attachante, qui vit depuis toujours de tout, de rien, de l’air du temps. Les femmes, dans leur costume bariolé, vendent des paniers d’osier fabriqués selon un savoir-faire ancestral et disent la bonne aventure quand elles ne vaquent pas aux soins du ménage et à l’éducation de leurs nombreux et jeunes enfants, dont les rires frais et les petites frimousses débarbouillées avec les moyens du bord égaient le campement. Il ne faut pas s’alarmer des airs parfois un peu farouches de leurs hommes. Le soir, à la veillée, autour d’un feu improvisé avec quelques broussailles et planches trouvées sur des chantiers désaffectés, ils plaquent quelques accords sur leurs guitares et entonnent des chants inspirés par leur vie nomade et apparentés, par une mystérieuse filiation, aux musiques arabes et andalouses. Les “Fils du vent” sont les derniers hommes libres au sein d’une société dont la plupart des membres, inconscients de leur aliénation, mènent une existence besogneuse et routinière, dominée par de sordides problèmes d’argent et de retraite, entre leur métier, leur famille, leur maison et autres préoccupations subalternes.

Ce que l’on ignore généralement, tant l’ignorance, la médisance, la calomnie ont fait leur œuvre dans les esprits, c’est à quel point les Roms, puisqu’il faut les appeler par leur nom, sont créateurs d’emplois et de travail, donc de richesses qui profitent à la collectivité. Ils mettent de l’animation dans les villages désertés. Ils assurent des centaines d’emplois aux salariés d’EDF, de la SNCF, de France Telecom, aux agents d’entretien des autoroutes, aux ouvriers du bâtiment dont l’activité à plein temps consiste à remplacer les câbles de cuivre et autres pièces métalliques indispensables à l’éclairage de la voie publique, aux transmissions téléphoniques, et au bon fonctionnement de nos infrastructures. Combien d’agents communaux du nettoyage, de gendarmes, de policiers, de vigiles, d’agents de sécurité, de serruriers, de plombiers, seraient voués au chômage si les Roms n’existaient pas ! Y a-t-on songé ?

Une discrimination séculaire empêche depuis plus de mille ans la communauté rom de se sédentariser, de s’instruire, de s’intégrer aux différent pays qui ne connaissent et donc n’apprécient pas à sa juste valeur la chance qu’ils ont d’avoir été choisis par eux pour lieux de résidence ambulante. Il n’était que temps que les 6.000.000 de Roms d’Europe, et parmi eux les 3.000.000 de Roms de nationalité bulgare ou roumaine, puissent comme tous les autres membres de l’Union bénéficier des avantages de l’espace Schengen et circuler ou s’installer, fût-ce temporairement, où et comme bon leur semble, pour y vivre selon leurs usages et leurs lois. Ce sera enfin chose faite au début de l’an prochain…

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Published by voxpop - dans La France en résistance
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 07:47
  Boulevard Voltaire
Le 22 août 2013
Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
 

La rentrée scolaire approche. Quelle est la priorité du gouvernement ? Lutter contre les « stéréotypes de genre », afin qu’ils soient « déconstruits et mis à distance », selon les mots d’un rapport remis fin juillet au ministre de l’Enseignement.

Vincent Peillon, flanqué de l’inénarrable Najat Vallaud-Belkacem, y travaille donc dur : une formation obligatoire des professeurs est prévue dans les « ESPE » (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation), qui remplaceront en septembre les IUFM ; les manuels scolaires seront revisités, et dès la rentrée, un dispositif baptisé « Les ABCD de l’égalité » sera lancé dans 500 classes de primaire, visant, comme dans la crèche Bourdarias que Najat Vallaud-Belkacem a visitée il y a quelques mois, à éradiquer dès le plus jeune âge les clichés et comportements sexistes. Une formation et des outils spécifiques sont prévus pour repérer les attitudes « genrées »…

Même si nos deux compères au gouvernement ont conscience, comme le dit toujours le même rapport, que la question du « genre » peut susciter de « fortes résistances et des réactions très négatives ». On rigole. La gauche fait l’expérience du mot piégé qui vous explose entre les mains. Eux, les maîtres artificiers du verbe, les spécialistes de la manipulation sémantique à la nitroglycérine viennent de comprendre qu’ils ne pourront plus dégoupiller le mot « genre » qu’avec d’infinies précautions.

Quoi qu’il en soit, comme le stipule le rapport, il faudra par exemple en finir avec le cliché de la « fille sage et laborieuse ». Quelle bonne idée. Vive la fille agitée et qui n’en fout pas une. Il restait un segment de population tenant à peu près en place pendant les heures de cours, il serait dommage de ne pas l’encourager à mettre le boxon. Dans la crèche Bourdarias aussi, on recommande aux fillettes de « faire du bruit, crier, grimper ». C’est le ci-devant secrétaire d’État à la Justice Jean-Marie Bockel qui ne doit pas en revenir… lui qui, fin 2010, dans un rapport sur la prévention de la délinquance juvénile, mettait en garde contre le développement exponentiel des bandes de filles « mimant des conduites jusqu’à présent masculines ».

Est dénoncée aussi, dans le secondaire, la sous-représentation des filles dans les filières scientifiques. Non qu’elles n’en aient pas le choix – puisque les filles, « sages et laborieuses », réussissent mieux à l’école –, mais elles n’en ont pas le goût. Et libérer la femme, ce n’est pas, pour le gouvernement, lui laisser le choix, c’est la forcer à faire le « bon » choix, comme on l’a déjà vu pour la réforme récente du congé parental. Il faudra donc faire rentrer à la trique et au chausse-pied les récalcitrantes dans une filière scientifique, faire d’elles des malgré-nous du BTP, de l’informatique et de la maintenance de plate-forme off shore. Ce qui contribuera fortement, on s’en doute, à leur épanouissement.

Si l’on voulait réellement œuvrer pour les femmes, ne faudrait-il pas au contraire revaloriser les filières littéraires, pour lesquelles elles ont visiblement de l’appétence ? À l’instar de Serge Villepelet, président (jusqu’au mois dernier) de PricewaterhouseCoopers France et auteur du livre Un patron qui aime les littéraires, ne faudrait-il pas mettre en avant les qualités propres d’une formation littéraire – de rédaction, de synthèse et d’analyse – pour l’entreprise ? Ne faudrait-il pas en finir avec le « tout sélection par les sciences », voulu par le sociologue marxiste Bourdieu, celui-ci accusant les formations littéraires d’être socialement discriminantes et de favoriser « l’endorecrutement » des classes dominantes ?

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 08:25

Boulevard Voltaire 

 

Le 20 août 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

Les ministres ont rendu leurs devoirs de vacances : en 2025, les poules auront des dents et les canards ne boiteront plus.

Des droits et des devoirs. Tandis qu’à la droite du seigneur Sarkozy, vassaux toujours fidèles et anciens courtisans au dos lassé par les courbettes se livraient à des querelles byzantines autour du droit d’inventaire, qui pourrait les amener à constater qu’ils ont laissé en son temps le Petit Timonier faire des choses qu’il n’aurait pas dû faire et ne pas faire des choses qu’il aurait dû faire, la cloche d’une rentrée anticipée sonnait pour les ministres, invités à rendre les devoirs de vacances qu’ils ont dû bâcler sur le coin d’une serviette de plage entre deux visites à des entreprises méritantes et deux polémiques sur le maintien de l’ordre.

Il faut dire que le sujet qu’ils ont tiré était assez curieux. Le professeur principal leur avait demandé de plancher sur la rentrée… 2025.

Ont obtenu les meilleures notes, avec félicitations du juré unique : Montebourg Arnaud, Taubira Christiane et Duflot Cécile. Ces trois petits fayots avaient résolument choisi de peindre un avenir encore lointain aux couleurs du rêve, qui sont incomparablement plus flatteuses que celles de la réalité.

Donc, en 2025, à en croire le premier, l’industrie française aura regagné des parts de marché à l’international et contribuera pour 20 % à la production de richesses. Elle étonnera le monde par son inventivité, ses créations et sa compétitivité. Pour la deuxième, la peine de probation aura fait ses preuves et pratiquement éliminé la récidive et les juges auront du mal à remplir les prisons. Quant à la troisième, elle croit pouvoir garantir qu’à la date fixée, la crise du logement ne sera qu’un souvenir et l’on verra partout fleurir les pancartes des appartements à vendre et à louer.

En 2025, les poules auront des dents et les canards ne boiteront plus. Il n’en coûte rien de le dire. Quel poète a été assez fou pour écrire que l’avenir n’appartient à personne ? Il a appartenu, le temps d’un séminaire, à ceux qui voient la vie en rose et qui ont délibérément négligé les quelques inconnues de l’équation qui leur était proposée. Nous sommes évidemment dans l’ignorance absolue de ce que sera l’état du monde et de la France à échéance de treize ans. En revanche, il y a les plus fortes chances qu’en 2025 François Hollande ait cessé d’être président depuis quelques années, entraînant dans sa défaite les ministres qui siégeaient hier autour de lui.

 

Si 2025 est encore nébuleux, les contours de la rentrée 2013 se précisent hélas et l’on comprend que le gouvernement n’ait pas trop envie de communiquer là-dessus. Aggravation des impôts, alourdissement des taxes, montée du chômage, baisse du pouvoir d’achat, voilà ce qui nous attend bien avant 2025.

Ces devoirs de vacances, c’était en somme la dernière récréation avant la reprise des cours et le retour de problèmes qui volent, comme on sait, en escadrilles.

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 08:06
Le 20 août 2013
Boulevard Voltaire
Joris
Karl
Journaliste.

 

Les temps sont durs pour le Christ. En cette fin d’été où l’on brûle des églises et où l’on massacre des chrétiens en Égypte, où au même moment se poursuit en France la destruction scandaleuse des églises de campagne, l’image même de Jésus est peu à peu reléguée dans les interdits.

La mésaventure que vient de subir le micro-État d’Andorre est, à ce titre, significative. Il faut savoir que, bien que non-membre de l’Union, Andorre utilisait de facto la monnaie unique depuis la fin de la peseta et du franc. Après un accord signé en 2011, l’euro est devenu la monnaie officielle du pays, qui décida alors de lui donner une identité locale, comme ailleurs. C’est là que ça allait se corser pour nos voisins.

Alors que les dessins des euros d’Andorre pour 2014 avaient été sélectionnés après une compétition nationale, l’UE vient de demander à la Principauté de revoir sa copie ! Motif invoqué ? Les malotrus avaient choisi une double illustration : le campanile de l’église Santa Coloma et le visage du Christ pantocrator tiré de la fresque qui orne l’église Sant Marti de la Cortinada. Sacrilège, si l’on ose dire, pour les technocrates bruxellois, d’ordinaire beaucoup moins sourcilleux quand il s’agit d’autres croyances…

Est-ce néanmoins une surprise, quand on se souvient que les « racines chrétiennes de l’Europe », pourtant une évidence historique, n’ont pas eu droit de cité il y a quelques années ? Alors imaginez que pour ces élites (non élues), diffuser le visage de Jésus à des milliers d’exemplaires revenait quasiment à une provocation ! C’est vrai que le Christ n’était pas forcément l’allié des banquiers et autres collabos de l’ordre du Saint-Pognon.

Habilement, se protégeant derrière l’argument bien pratique (uniquement dans ce cas) de la « laïcité », l’Union européenne a donc suggéré au ministère des Finances andorran « de reconsidérer le projet pour ne pas rompre le principe de neutralité en matière de croyance religieuse » ! Lol, dirait l’autre.

Andorre, curieuse survivance médiévale codirigée, rappelons-le, par la France et l’Espagne, donc par Rajoy et Hollande, a (évidemment) immédiatement obéi : le visage du Christ a été effacé.

La Slovaquie avait récemment essuyé les mêmes tracas lorsqu’elle avait voulu faire figurer l’image des saints Cyrille et Méthode avec leur croix sur les pièces de deux euros. Les Slovaques, à force d’insister, finirent par obtenir gain de cause, enfin presque : il aura quand même fallu supprimer les auréoles de la tête des personnages…

Faire table rase de notre identité, de notre culture, effacer autoritairement le moindre symbole de notre long passé. L’UE sert, semble-t-il, d’obscurs intérêts. Tout sauf européens.

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 08:18

Boulevard Voltaire 

 

 

Christian Vanneste

Homme politique.

Ancien député UMP et Président du Rassemblement pour la France.

Il ne se passe pas de jour sans qu’une nouvelle taxe soit annoncée ni qu’un impôt ou un prélèvement ne soit augmenté. Moscovici vient encore, entre deux hoquets sur la croissance, d’évoquer d’une manière plus sûre l’augmentation de 0,3 % des prélèvements en 2014. Des rumeurs persistantes font état d’un accroissement de la CSG.

La France est un pays socialiste avec ou sans les socialistes, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle le soit davantage quand ils sont aux affaires. Chez eux, c’est de l’ordre du réflexe : lorsque les recettes publiques vacillent, la réponse consiste toujours à augmenter les prélèvements plutôt qu’à diminuer les dépenses. Le rapport de la Cour des comptes, après avoir souligné que « la situation française demeurait plus défavorable que la moyenne européenne », pointait du doigt le fait que le projet de rééquilibrage reposait sur 25 % d’effort sur les dépenses et 75 % d’augmentation des prélèvements obligatoires. Comme le rendement de ceux-ci dépend de la croissance, les résultats risquent de ne pas être au rendez-vous. Effectivement, la croissance, quoi qu’on en dise, se fait attendre, avec au mieux 0,1 % en 2013. Donc, recettes, déficits et dette n’atteindront pas les objectifs. Mais, comme le médecin de Molière dont la saignée n’a eu pour effet que d’affaiblir le malade, le socialiste se dit qu’elle n’a pas été suffisante et qu’il faut en pratiquer une autre.

François Hollande, lors d’une conférence de presse en mai, avait indiqué qu’on ne pourrait pas augmenter l’imposition des ménages en 2014. Dès juin, la baisse du plafond du quotient familial annoncée impactera 12 % des ménages. Au PS, l’impôt n’est pas une politique, c’est une addiction. De la fiscalisation des heures supplémentaires jusqu’aux droits de succession, du plafonnement des niches fiscales à la création d’une nouvelle tranche à 45 %, la frénésie fiscale socialiste s’est déployée, n’hésitant même pas à augmenter la TVA intermédiaire, non sociale et sans intérêt pour notre balance commerciale, et se heurtant parfois à certains obstacles constitutionnels ou à la résistance de volatiles divers qui n’acceptaient pas de se laisser plumer.

Le principal handicap de notre pays, c’est qu’il est structurellement socialiste. Lorsqu’un État aligne 56 % de dépenses publiques, 51,8 % de recettes publiques et 46,3 % de prélèvements obligatoires par rapport à son PIB, il est clair que le poids des administrations est plus important que celui des acteurs économiques privés. Non seulement la France est structurellement socialiste, mais elle l’est de plus en plus.

Certains idéalistes un peu naïfs dans mon genre avaient cru que Sarkozy changerait les choses. Les actes ont démenti les discours : entre 2007 et 2011, le taux de prélèvements obligatoires est passé de 43,6 % à 44,5 % grâce à 52 mesures dont 23 taxes nouvelles. L’Allemagne est à 45 % de recettes publiques, le Royaume-Uni à 41,2 % et seuls deux pays scandinaves ont des taux supérieurs au nôtre. La Suède qui est allée au-delà des 70 % fait aujourd’hui mieux que nous.

Les hésitations et les contradictions de Moscovici, condamné à se démentir piteusement pour n’avoir pas accordé ses violons avec le grand aria euphorisant du Président, ne révèlent que trop l’absence de clairvoyance et davantage encore le manque de courage de nos dirigeants, ceux d’aujourd’hui comme ceux d’hier, hélas ! La France vit sous morphine publique et pas un n’ose la réveiller. Ils se contentent d’augmenter la dose.

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 08:44

 

 

 

Joris
Karl
Journaliste.

L’histoire devient banale et peut arriver à chacun d’entre nous. Le Progrès a relaté les faits.

Samedi 10 août. Quatre « jeunes » originaires de Levallois-Perret prennent le train en gare de Lyon à Paris. Sans billet, évidemment, pourquoi s’embêter avec ce genre de détail ? Direction Perpignan, le soleil et la mer. Ils sont défoncés au cannabis, ne se gênent même pas pour picoler devant tout le monde. La tension monte vite. Entre ces zoulous agités et le wagon rempli de gens tranquilles, la réaction chimique est obligatoirement explosive. Ils ont sacrément envie de foutre le bordel, ils ont sacrément envie de montrer qu’ils sont partout chez eux, qu’ils sont les plus forts. C’est presque animal.

Leur comportement devient insupportable. Les voyous « terrorisaient la voiture entière », selon la SNCF. Un ou plusieurs passagers essayent de s’interposer. « Les garçons de vingt ans déjà connus pour des incivilités ont vite réglé le problème à leur façon. Baladeur arraché des oreilles d’un passager, termes orduriers adressés à une femme et même une gifle envoyée à une jeune fille. Quand les contrôleurs ont montré le bout de leur casquette, ils ont été accueillis avec une bordée d’injures et de menaces », raconte le quotidien régional.

Tout devient « hors de contrôle » et « face à une situation ne pouvant qu’empirer, la décision initiale d’effectuer une exfiltration en gare de Nîmes a été abandonnée et c’est tout le TGV qui a été détourné sur Lyon ».

Oui, vous avez bien lu : pour quatre petits cons qui mettent le souk, on est maintenant obligé de détourner un TGV ! Mais on peut comprendre les hommes du wagon. Intervenir et mettre une raclée à ces minables aurait été dans l’ordre des choses dans la France de jadis. Mais en 2013, une fois debout, vous risquez de vous retrouver tout seul, car dans ce genre de situation, les gens ravalent leur salive, et baissent les yeux. Les racailles le savent, tout se joue au regard. Comme entre chiens. Si vous êtes deux ou trois, c’est mieux, et vous pouvez réduire ces individus au silence. Ils sont affaiblis par la drogue et l’alcool. Le problème, c’est que là, vous allez sans doute payer cash. La justice sera impitoyable avec vous. On vous accusera, qui sait, de violence sur mineurs ou de racisme. Donc au final, vous ne bougez pas. Vous en êtes réduit à espérer un grand soir électoral…

Au terminus, les racailles s’en sont encore donné à cœur joie, se débattant violemment quand les agent de la PAF (Polices aux frontières) sont intervenus et « la garde à vue n’a pas été non plus un long fleuve tranquille », dit la presse locale.

Heureusement, tout est bien qui finit bien. Nos « jeunes » écoperont de « condamnations » allant de 1 à 3 mois de prison… sans maintien en détention. Autant dire nada. Pour la forme, le parquet a fait appel de cette décision. Mais dans la tête des « jeunes », une nouvelle victoire.

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 08:36

 

 

Nicolas

Journaliste, écrivain.
Gauthier

Une fois de plus, les médias sont pris en flagrant délit de nier les mots afin de mieux faire l’impasse sur les maux. Bien plus grave qu’une simple figure de style, sachant que nier la chose équivaut fatalement à masquer la réalité. Ainsi, la preuve par les faits divers.

Le 11 août, un militaire est placé en détention, « suspecté d’avoir projeté d’attaquer la mosquée des Minguettes à Vénissieux », à en croire Le Monde. Il s’appelle Christophe Lavigne, a servi en Afghanistan et n’est « pas encarté dans une quelconque organisation », admet le quotidien vespéral, lequel le décrit encore comme « solitaire, fragilisé par une rupture sentimentale ». Pas vraiment le profil d’un ennemi public numéro un, d’un Mohamed Merah ou d’un Anton Breivik. Il n’empêche. Pour un méfait potentiel, auquel « il avait déjà renoncé », à en croire les enquêteurs, son prénom, son patronyme, son parcours ont été jetés en pâture à la presse. Nul doute qu’il sera viré de l’armée et ira rejoindre la horde des chômeurs.

Mais il est d’autres cas de figure dans lesquels les mêmes médias sont autrement plus prudents…

Marseille, le 9 août, le jeune Jérémie Labrousse est poignardé à mort par un voyou ; lequel sera interpellé peu après. Qui est-il ? Il faudra quelques jours pour qu’on l’apprenne. Habitué des tribunaux, condamné à six mois de prison en 2013, il s’appelle Ali Hamadou. Une chance pour la France, donc…

Mais là, pas de généralisation, pas d’enquête sur le profil de l’assassin, les livres qu’il lit ou la musique qu’il écoute. Au contraire de Christophe Lavigne : un fait divers sans portée sociétale.

La Garenne-Colombes, le 7 août, un autre drame. Une femme de 32 ans est rouée de coups ; on la retrouve, quasi miraculée, baignant dans son sang. Quelques minutes plus tard, une autre femme, âgée de 21 ans, est violée aux abords de la gare locale. Le 14 du même mois, si Le Monde relate l’affaire, pas un mot sur l’état civil du prévenu ; tout au plus apprendrons-nous qu’il s’agit d’un multirécidiviste bénéficiant d’un régime de semi-liberté. Heureusement, Le Figaro est un peu plus prolixe, concédant qu’il s’agit d’un certain Sofiane M. !

Autrefois, on parlait encore « d’individus de type méditerranéen », histoire de faire comprendre qu’il ne s’agissait pas de vieux Normands de souche. Mais à force de passer la réalité au prisme du politiquement correct, certains journalistes ont fini par se couper de la réalité ; histoire, on l’imagine bien, de ne « pas faire le jeu du Front national ». Comme nos généraux de 14-18, les plumitifs en question se retrouvent immanquablement en retard d’une guerre.

Tétanisés par la peur de se voir taxer de racisme, ils en ont même oublié que Malek Boutih, ancien patron de SOS Racisme, dans un livre intitulé La France aux Français ? Chiche !, coécrit avec notre consœur Élisabeth Lévy, était pourtant le premier à reconnaître qu’« à Fresnes, on peut compter les Blancs… » L’islam, première religion carcérale de France, telle est la réalité. Dans un souci d’équité, on dira aussi que les Gaulois sont majoritaires dans la délinquance sexuelle et que nos compatriotes juifs ne sont pas les derniers à se voir nourris, logés et blanchis aux frais de l’État pour carambouilles financières… Et alors ? Il n’est pas besoin de lire les journaux, mais seulement de se promener dans la rue pour savoir que si tous les enfants issus de l’immigration ne vous gâchent pas la vie en permanence, ceux qui vous la pourrissent sont généralement enfants issus de l’immigration.

Au sommet de l’État, Christiane Taubira, garde des Sceaux, persiste à estimer que la prison n’est pas la solution. Peut-être, mais Christiane Taubira non plus. Quant à Manuel Valls, il se contente pour le moment de jouer au faux dur ; un peu comme, naguère, un certain Nicolas Sarkozy. Et dans ce jeu d’ombres, la palme revient à François Delapierre, bras droit de Jean-Luc Mélenchon : « Valls, c’est l’extrême droite du mouvement socialiste ! »

Fort bien. Et Jean-Luc Mélenchon, c’est qui, c’est quoi ? Garcimore pour la méthode ? Ou Ray Charles pour l’acuité visuelle ?

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Published by voxpop - dans La France en résistance
12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 09:01

 

Atlantico

Guylain Chevrier Jérôme Fourquet Claude Sicard

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant. Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.

Claude Sicard est agronome, docteur en économie, spécialiste du développement, auteur de deux livres sur l'islam, L'islam au risque de la démocratie et Le face à face islam chrétienté-Quel destin pour l'Europe ?

Alors que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, juge "digne d'intérêt" la proposition du Haut conseil à l'intégration d'interdire le voile dans les universités, selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié vendredi 9 août, 78% des Français se disent favorables à cette interdiction.

 

§dernier »

Atlantico : Dans un sondage Ifop pour Le Figaro, 78% des Français se disent opposés au port du voile à l'université. Ils sont même 84% à être opposés au voile dans les lieux public et 63% a y être opposés dans la rue. Comment expliquez-vous cette défiance des Français à l'égard du voile ?

Jérôme Fourquet : Cette thématique du voile commence à être une vieille histoire en France puisqu'elle date de 1989 avec l'expulsion de deux jeunes filles voilées d'un collège de Creil en Picardie. Depuis, ce sujet n'a jamais cessé de se poser de manière régulière à la société française. S'il a été réglé dans les écoles, ils se pose désormais dans d'autres lieux : dans les entreprises, mais aussi dans certains quartiers et peut se poser à l'université.

La société française dans son ensemble accepte mal cette pratique vestimentaire pour trois raisons principales. Nous sommes dans un pays laïque de tradition catholique. Le port du voile peut donc choquer à la fois les personnes issues d'une tradition catholique et les adeptes de la laïcité à la française. Enfin, il y a aussi des motivations féministes. Cette pratique est souvent jugée dégradante et contraire à l'émancipation des femmes. Elle heurte des tradition différentes qui viennent à la fois de la gauche (laïcité, droit des femmes) et de la droite (valeurs chrétiennes). Il y a une convergence de ces tradition qui explique l'hostilité à la pratique du port du voile.

Guylain Chevrier : Il y a une évidence pour les Français dans ces chiffres, qui n’est pas nécessairement celle des observateurs institutionnels qui laissent trop à penser qu’il n’y aurait ici rien à voir. Il y a bien un problème entre la France et tout du mois une partie des musulmans, ceux précisément qui se reconnaissent dans l’obligation du port du voile. Pourquoi ?

Nous assistons à un mouvement de revoilement d’une partie de nos concitoyens musulmans, qui croît de façon visible sur le fondement du rejet du mélange au-delà de la communauté de croyance, et participe ainsi d’un mouvement de séparation au risque de l’enfermement. Ce qui est ressenti de toute évidence par les Français comme un rejet de l’esprit de nos institutions, d’une forme de lien social qui, avec la laïcité, s’est construit sur le principe du mélange des individus. Un mélange favorisé par le fait de considérer que ce que l’on met en commun est plus important que ce qui nous différencie, étroitement en lien avec un principe d’égalité placé au sommet de nos institutions. Nous sommes avant tout des égaux indépendamment de la couleur, l’origine, la religion, c’est ce que ne semble pas reconnaitre à travers une certaine mise à part ce que l’on pourrait désigner comme étant « l’islam du voile ».

Concernant la place du religieux dans notre société, il a été acquis progressivement qu’on devait se résoudre à une attitude de discrétion. Une attitude qui a autant à voir avec la laïcité qu’une certaine façon de vivre ensemble en respectant les opinions de chacun, une sorte de respect d’autrui, d’attitude civique, par l’absence  d’affichage de ses convictions ou croyances. Une attitude ayant à voir avec un certain savoir-vivre consistant à ne pas heurter la sensibilité d’autrui, dans le sillon d’une société démocratique et républicaine qui voit d’abord dans les individus des citoyens. Il y a derrière cela une pensée sociale pétrie par le temps qui relève de l’affirmation historique de nos grands principes communs comme la liberté, l’égalité et l’idée de fraternité qui en est indissociable.

C’est un mouvement que l’on doit au rôle que le nombre, le peuple a joué dans l’histoire de notre pays, en faisant prévaloir l’intérêt collectif d’abord et avant tout, particulièrement contre les conservatismes où la responsabilité de la religion était largement engagée à contre-courant du progrès des libertés. Il ne faut pas oublier cette toile de fond si on veut comprendre ce qu’inconsciemment peuvent exprimer ces chiffres. Ce qui apparait comme un rejet de l’islam est surtout un rejet de ce qui s’affirme de plus en plus comme la volonté d’une minorité religieuse d’imposer aux autres, à la société, une nouvelle forme de lien social fondé sur une séparation selon la religion. La priorité donnée aux différences religieuses et culturelles sur la reconnaissance du bien commun, de l’appartenance  à une même société, est perçue comme un danger, et malheureusement, la montée des revendications communautaires à caractère religieux n’est pas une vue de l’esprit qui alimenterait cette perception des Français. 

L'attachement à la laïcité est souvent mis en avant pour expliquer cette hostilité. Est-ce vraiment une explication suffisante ? Le politiquement correct fait-il peser certains "non-dits" sur le débat ? Lesquels ?

Jérôme Fourquet : Oui, la pratique du port du voile est souvent vécue comme le signe ostentatoire d'une conception politico-religieuse qui cherche à imposer ces règles sur une partie du territoire. A tort ou a raison, elle est souvent interprétée comme une volonté de prosélytisme d'une religion qui serait en développement. Cela est mal accepté par une part importante de nos concitoyens.

Guylain Chevrier : Il est vrai qu’il est bien difficile de s’exprimer publiquement sur le sujet épineux de la place du religieux dans notre société, des problèmes que peut poser l’islam au regard d’un processus d’intégration qui se dégrade à la mesure des affirmations communautaires, sans se voir immédiatement accusé de stigmatisation. On tend ainsi à faire le silence sur les témoignages essentiels qui permettraient de mieux mesurer la réalité de ce qui se passe et restent dans l’obscur. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’existent pas parce qu’on en parle pas, le vécu s’en exprime dans les couloirs de l’entreprise ou au café du commerce, mais pas du coup dans la plupart des grands médias.

Un exemple éloquent que j’ai moi-même recueilli. Dans un service administratif, il y a quelques années, personne ne se différenciait, puis, certains employés musulmans ont commencé à faire la prière dans les vestiaires communs, plusieurs femmes à porter le voile. Ainsi, le vestiaire est devenu régulièrement inaccessible pour les autres employés pendant le temps des cinq prières auxquelles s’adonnaient soudain ceux se revendiquant d’un islam pratiquant et visible. Enfin, ceux-ci mangeant tous dans la même petite cuisine, plusieurs employés musulmans en sont arrivés à demander à leurs collègues s’ils pouvaient ne pas manger de porc devant eux…

On voit ici s’exercer le poids communautaire qui crée cette défiance d’une large majorité de nos concitoyens. Ce n’est pas du tout la liberté religieuse individuelle qui est mise ici en cause, mais le fait qu’une minorité impose à la majorité ses vues en pesant de façon collective contre la règle commune, celle de la neutralité dans le quotidien des relations sociales dans l’entreprise. Une certaine paix sociale qui y régnait vient bien ainsi à être bousculée. Il ne s’agit donc pas de fantasmes sur fond de racisme postcolonial, mais de sentiments fondés s’exprimant dans une défiance que l’on peut comprendre, dont la visibilité est même saine, puisqu’elle met en lumière ce que l’on biaise à force de jeter de l’ombre.

La personne qui a rapporté ce témoignage, si on le rendait public nominativement, se trouverait en très grande difficulté face à ce poids communautaire, risquerait même une plainte pour discrimination. Aussi, il est facile à ceux qui rejettent toute critique de ce côté de dire qu’il n’y a que des cas marginaux et que tout va bien dans ce contexte, aidés en cela par un climat politico-médiatique où l’on a tendance à fermer les yeux et à participer par là d’une certaine intimidation. Ce qui n’est pas sans risques d’ailleurs pour les libertés, dont celle de l’information.  

Le discours de culpabilisation, relatif à l’idée qu’il faudrait accepter ce regain du religieux parce que le fait d’une population issue des pays ayant été colonisés par la France qui leur serait ainsi redevable, est devenu insupportable pour une partie non négligeable de nos concitoyens.  Une démarche idéologique qui fabrique du rejet de l’islam à l’identifier à la religion de l’ex-colonisé. Ceci, d’autant plus, que l’on comprend mal comment on devrait justifier de remettre en cause les institutions et valeurs communes pour céder à une logique de compensation qui mène tout le monde dans l’impasse.

Il est certain que le voile est aussi ressenti comme le marqueur d’une différence de considération entre les hommes et les femmes, qui souligne la remise en cause du principe d’égalité et d’une certaine façon,  de la liberté qu’il représente. Un sentiment qui n’est pas faux, en reflet d’une religion dont les textes de référence ne le démentent pas. La religion musulmane dans les textes est clairement inégalitaire envers les femmes, elle institue son infériorité juridique: le Coran ne désigne la femme que comme croyante, épouse et mère et affirme la prééminence de l'homme sur elle : Sourate 4 verset 38 -  Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci (…) Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises (…) vous réprimanderez celles dont vous avez à craindre l’inobéissance, vous les relèguerez (…) vous les battrez.  Sourate 2 verset 228 - Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme. Sourate 2 verset 282 - la femme perçoit la moitié de la part dévolue à l'homme lors d'un héritage. Sourate 4, versets 11-12 - l'homme a droit à la polygamie, à répudier sa femme.

Bien sûr tous les musulmans pratiquants n’appliquent pas à la lettre cette perception des choses, c’est une évidence, mais ce revoilement qui va avec un retour à la tradition donne à penser qu’il y aurait ici du grain à moudre, d’autant que la répartition des rôles sous ce jour entre hommes et femmes, telle qu’elle est perçue, est comme un retour à un conservatisme réactionnaire.

Le respect du voile que prône le coran, l’idée selon laquelle une bonne musulmane serait celle qui porte le voile, exprime comme une soumission assumée par ces femmes qui peut être perçue comme une grave régression au regard du combat pour l’émancipation qui dans ce domaine a été long et difficile dans notre pays, pour devenir une des composantes essentielles de notre démocratie. Il y a donc aussi ici un sentiment de crainte qui n’est pas complètement infondé.  Lorsqu’à Trappes (département des Yvelines), parce qu’une femme est contrôlée par la police pour porter un voile intégral interdit bien heureusement par la loi, cela déclenche une émeute avec des musulmans qui se sentent solidaires de cette femme, il n’y a pas de quoi dissuader de ressentir autre chose. Comment effectivement ne pas s’inquiéter, alors qu’une frange de notre société entend bien imposer à l’autre ses vues contre la loi et contre les conventions communes, pour inciter encore à s’éloigner d’un civisme qui est aussi une des composantes de la citoyenneté.

Claude Sicard : Le voile, pour les femmes musulmanes qui dans les sociétés européennes le portent, est avant toute chose l’expression d’une revendication de leur identité. Ces personnes tiennent à s’affirmer comme appartenant à la civilisation musulmane, une civilisation différente de la civilisation occidentale dans laquelle elles se trouvent amenées à évoluer. Il faut bien voir que l’identité est devenue ces dernières années un concept majeur des sciences humaines. C’est ce que nous dit Catherine Halpern dans l’un de ses ouvrages  : l’homme ne vit pas uniquement de raison, et cette notion d’identité rejoint cette composante de l’individu que Platon avait appelée le  « thymos », ou encore « l’esprit de vie ». Chaque individu est prêt à se battre, voire à risquer sa vie, pour faire valoir et défendre son identité. Et Hassan al Turabi nous dit  que « les religions donnent un sens de l’identité et une direction de vie ».

On ne peut passer sous silence le fait que la civilisation occidentale, issue de ce que l’ on a longtemps appelé « la chrétienté », et la civilisation musulmane sont deux civilisations différentes, fondées l’une sur le christianisme, l’autre sur l’islam. Ces deux civilisations sont en conflit ouvert depuis plus de treize siècles, et les musulmans vivent avec un ressenti qui leur fait percevoir la civilisation occidentale comme orgueilleuse, dominatrice et méprisante à leur égard. Or, le Prophète Mahomet leur a dit « Vous êtes la meilleure des communautés suscitée parmi les hommes »(Ismat al Oumma- Coran 3,110). Par surcroît, bon nombre de leaders musulmans entretiennent les communautés musulmanes dans l’idée que c’est finalement, dans le temps, la civilisation musulmane qui va triompher. C’est le cas en Europe du Président de l’Union des Organisations Islamiques Européennes (UOIE) basée à Londres, le fameux Yousouf al Qaradaoui qui leur dit 
« L’islam est religion et Etat, foi et loi, Livre et épée, prière et djihad tout à la fois : nous voulons vivre dans une civilisation musulmane complète orientée par la foi musulmane, soumise à la loi de l’islam ». Quant au docteur Othman Altawayri, directeur de l’ISESCO , il affirme avec la plus grande conviction :« La civilisation islamique sera sans aucun doute la civilisation de demain » .

On comprend donc ainsi la signification réelle du port du voile par des musulmanes qui sont noyées dans la civilisation occidentale : c’est autant sinon plus, pour elles, une affaire d’identité que de religion, et les deux sont mêlées. C’est pour elles un acte de bravoure que de se battre contre ceux qui voudraient le leur interdire. Leurs coreligionnaires ne manquent pas de trouver ce combat tout à fait louable, et elles se valorisent ainsi à leurs yeux.

Le collectif de la Gauche populaire, initié par le politologue Laurent Bouvet, explique la montée du vote pour le Front national lors de la dernière élection présidentielle non seulement par "l’économique et le social" mais aussi par le concept d'insécurité culturelle  qui recouvre notamment "la peur de l’immigration, des transformations du 'mode de vie', de l’effacement des frontières nationales". Le port du voile peut-il être considéré comme une manifestation de cette "insécurité culturelle" ?

Guylain Chevrier : Les valeurs communes se trouvent exposées dans ce contexte à une mise à mal, créant une sorte d’insécurité morale, une crainte de voir des libertés inscrites dans notre mode de vie malmenées par les exigences religieuses et communautaires. Les pratiques sociales et culturelles qui font la personnalité de la France laïque et républicaine sont en premières lignes dans cette situation, car des changements s’opèrent qui n’ont pas été désirés, qui sont même largement subis par une large partie de la population.

Il y a tout un discours d’une partie de l’extrême-gauche et de la gauche radicale qui a fait du thème de la fin des frontières un symbole de la lutte en faveur des sans-papiers. La fin de frontières, on le sait, signifierait la fin de toute souveraineté, laissant sans défense nos acquis sociaux qui profitent pourtant à tous. Que cela permette à certains de jouer sur des peurs pour gagner en influence n’a ainsi, et on peut le regretter, rien d’extraordinaire. Il y a des responsabilités qui sont lourdes de conséquences du côté de ceux qui continuent de pratiquer une sorte de terrorisme intellectuel, qui vise à faire taire toute critique sur un retour du poids du religieux sur notre société que l’on doit essentiellement à une communautarisation d’une partie de l’islam de France.

Claude Sicard : Après que dans un premier temps, la montée de l’islam en Europe ait été perçue surtout comme une menace pour la sécurité des personnes, avec les attentats du 11 septembre, puis ensuite ceux de Madrid et de Londres, les opinions publiques en Europe en sont venues, et cela est un phénomène récent, à voir dans le développement des communautés musulmanes dans les différents pays du vieux continent une menace pour leur propre identité. Il s’agit bien, là, d’un choc de civilisation, les populations européennes constatant que les communautés musulmanes sont peu enclines à s’occidentaliser. Elles affichent en effet en permanence leur identité et s’efforcent d’imposer aux sociétés européennes de modifier leurs façons de vivre et de s’organiser : imposition de la viande halal dans les cantines scolaires, revendication de la non mixité dans les piscines municipales, insertion des fêtes religieuses musulmanes dans le calendrier des jours fériés, modification des programmes scolaires pour tenir compte des croyances religieuses des élèves, etc.  

Les pouvoirs publics, quant à eux, soit par conviction philosophique soit pour des raisons démagogiques, mènent un peu partout des politiques d’ouverture à l’égard des nouveaux arrivants. D’ailleurs l’adhésion de notre pays à la Convention Européenne des droits de l’homme les y contraint.

Les observateurs de notre vie politique passent trop facilement sous silence le rôle que joue dans les politiques d’intégration des communautés musulmanes en Europe le Conseil de l’Europe. Dans sa recommandation n°1162, par exemple, il est dit  ceci: « L’Assemblée est consciente de la précieuse contribution que les valeurs islamiques peuvent apporter à la qualité de la vie en renouvelant l’approche globale européenne dans les domaines culturel, économique, scientifique et social ».La même directive recommande de promouvoir l’enseignement de l’arabe dans les écoles, de développer les lieux d’expression culturelle et intellectuelle qui sont nécessaires aux « immigrés du monde islamique », et dit qu’il faut « promouvoir les itinéraires culturels du monde islamique en Europe ». D’ailleurs, dans une autre recommandation, la Recommandation 1743, il est dit textuellement : « muslims are at home in Europe ». Et dans le document 12266 du 25 mai 2010 on lit : « L’Assemblée invite l’ISESCO et l’ALESCO  à travailler avec le Conseil de l’Europe pour lutter contre l’islamophobie » , à croire que le Conseil de l’Europe ignore tout des thèses du directeur de l’ISESCO, thèses que nous avons rappelées plus haut.

Quant à la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, elle dit dans son article 18 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion : ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l ‘enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Lutter contre les manifestation de l’islam en public devient ainsi particulièrement difficile dans les pays ayant adhéré à la Convention européenne des droits de l’homme.

Cette question du voile s'inscrit-elle dans un débat plus vaste dont l'enjeu serait la préservation de l'unité et de l'identité nationale ? Est-ce lié à notre héritage historique ? En quoi ?

Guylain Chevrier : Il s’agit surtout de la préservation de la cohésion sociale, de comment on continue de faire un tout, de faire pays et nation, où la notion de peuple ait encore un sens. L’idée du bonheur commun, dont la recherche a été un puissant vecteur du combat social en France, est largement entamée par les divisions créées par le regain du religieux et son poids dans le débat public. Les forces sociales sont mal en point et divisées sur la situation et comment y réagir, particulièrement face à une religion musulmane qui apparait exagérément comme la religion du pauvre.

L’héritage révolutionnaire est ainsi en mal d’appropriation, où curieusement l’idée que la religion est l’opium des peuples, qui en fait partie, passe dans l’oubli

 L’identité de la France est celle d’un pays laïque qui considère que celui qui y est accueilli doit en respecter la personnalité, et faire peuple avec lui. Un peuple issu d’une histoire faite de révolutions et de luttes sociales, de prises de conscience d’une force commune positive, qui ont contribué à le façonner. C’est accepter de se reconnaitre dans des institutions valant pour tous et de participer à l’écriture d’une histoire commune, sans y opposer de préalable, sans rompre avec une évolution morale qui s’inscrit dans le développement de la modernité démocratique. On ne demande pas pour autant à celui qui vient d’ailleurs, d’oublier d’où il vient et ce qu’il apporte avec lui, pour peu qu’il prenne en compte quelques grands principes.

Claude Sicard : Les musulmans en exigeant comme le leur permet la Convention des droits de l’homme de conserver leur identité et leurs coutumes rompent la cohésion des sociétés européennes qui sont des sociétés de culture chrétienne. La cohésion sociale est la nature de l’intensité des relations sociales qui existent entre les membres d’une société. Ce concept a été forgé par Emile Durkheim : la cohésion sociale implique le partage de valeurs et de normes communes, ainsi que le respect de règles de vie adoptées par tous.

En conservant leur identité et leurs coutumes les communautés musulmanes installées en Europe vont parvenir, à terme, à modifier notre civilisation, et ce d’autant plus facilement que la civilisation occidentale européenne a amorcé à présent sa phase de déclin.

Il faut alors s’en référer alors au célèbre anthropologue Claude Levi Strauss qui nous dit que lorsque deux civilisations se trouvent en concurrence sur un même territoire, il va se produire à terme l’un des deux phénomènes suivants :

- ou bien « une désorganisation et un effondrement de l’un des deux groupes » ;
- ou bien  « une synthèse originale qui alors consiste en l’émergence d’un troisième   pattern lequel devient irréductible par rapport aux deux autres ».

Vu que ni la civilisation du vieux continent n’éradiquera la civilisation des nouveaux immigrants, ni cette dernière ne remplacera la vielle civilisation du continent européen, ce sera donc la seconde éventualité qui se produira : l’apparition d’une nouvelle civilisation qui aura une forme « irréductible par rapport aux deux autres ». Ce sera en somme la fin de la civilisation occidentale européenne, aux environs de la fin de ce siècle.

Alors, on ne peut s’empêcher de rappeler cette pensée très forte de Arnold Toynbee qui nous dit, après avoir passé son existence à étudier l’évolution de quelques 23 civilisations différentes ayant existé dans le passé : « Les civilisations ne sont pas assassinées, elles se suicident ».

La pratique du port du voile s'inscrit-elle également dans le débat sur notre modèle d'intégration ? D'une certaine manière, à travers ce sondage, les Français plébiscitent-ils le retour à modèle d'assimilation plus contraignant hérité de la Révolution et de la IIIe République ?

Guylain Chevrier : Je crois que les Français subissent depuis trop longtemps un discours présentant l’intégration comme un processus en panne, ce qui est globalement faux même si elle connait des difficultés, pour en arriver peut-être du coup, effectivement, à vouloir simplifier le problème en revenant à l’assimilation. L’intégration est un beau principe vis-à-vis duquel il ne faudrait pas revenir en arrière. Il s’agit de faire prévaloir ce qui nous rassemble sur les différences mais sans les nier, en leur donnant une place qui leur permette de coexister sans heurts pour peu que soient respecter le droit et la loi. L’intégration pourrait peut-être être mieux comprise, en la reliant dans le discours public et la pratique à la laïcité, comme principe s’imposant à tous et avec lui, le sens d’une neutralité, d’une réserve dans les relations sociales, qui permette à chacun de mieux comprendre sa place, ses droits, ses libertés.   

Claude Sicard : Normalement, le modèle français consiste en une assimilation : cela fut possible dans le passé avec des immigrants issus de pays de même civilisation, c’est à dire d’une civilisation occidentale fondée sur le christianisme : polonais, tchèques, hongrois, italiens, espagnols, portugais, etc. Avec des personnes relevant d’une civilisation fondée sur une autre religion, l’islam en l’occurrence, l’assimilation se révèle impossible, d’autant qu’il s’agit d’une civilisation historiquement en conflit depuis plus de13 siècles avec la nôtre.

Ce refus des nouveaux immigrants de perdre leur identité va donc avoir pour conséquence de modifier en profondeur notre civilisation, pour la faire muter. Il faut en effet raisonner en anthropologues, cette science sociale nous donnant les éclairages nécessaires puisqu’elle est faite pour cela, ce que la quasi totalités des observateurs politiques manquent de faire.

La gauche doit-elle de nouveau légiférer sur la question du voile ? La loi peut-elle vraiment régler tous le problèmes ?

Guylain Chevrier : On peut légiférer et on le doit, que ce soit concernant l’entreprise ou l’université. Ne pas le faire, ce serait rater un rendez-vous politique, un rendez-vous avec l’histoire, qui permettrait de redonner confiance aux citoyens dans la démocratie, dans nos principes et nos valeurs par trop ébranlés.  

A l’entreprise, on ne doit pas céder aux accommodements dits raisonnable sous couvert de tolérance ou nous en paierons logiquement cher le prix politique, car c’est dans les urnes que se règleront alors les ressentiments nés de ces situations de laisser faire. Il faut une loi qui permette d’empêcher qu’au nom d’une logique religieuse on puisse venir contredire les valeurs qui en définissent l’activité jusqu’à la relation sociale qui y règne. L’entreprise doit être protégée des conflits religieux liés aux revendications communautaires susceptibles de diviser, de mettre à mal les personnels, de troubler les conditions de son activité. Le contrat de travail doit rester neutre car l’employeur n‘a pas à connaitre la religion de ses salariés.

C’est encore plus vrai pour le secteur associatif qui participe de l’activité économique, l’association devant pouvoir faire prévaloir ses buts et les valeurs qui la définissent, sans se voir comme dans le cas de la crèche Baby loup, mise en cause par une seule manifestation religieuse ostensible aux valeurs contraires jusqu’au risque de la faire disparaitre.

A l’Université, les lieux d’enseignement et de recherche devraient se voir soustraits à toute influence religieuse, tel que le port des signes religieux ostensibles, pour laisser toute la place à une transmission des savoirs qui mérite ce statut de neutralité, puisque nous sommes dans le domaine de la raison. C’est faire que chacun soit plus libre dans ce contexte de se construire sa propre liberté, sa propre pensée, en dehors de tout risque d’influence communautaire pour tous.

Il faut que le religieux ait sa place, mais ne puisse empiéter sur le domaine du commun, sur les relations sociales au point de les mettre à la remorque de ses vues et exigences, comme il l’a toujours fait dès que le pouvoir lui en a été laissé. L’islam comme toutes les religions doit trouver sa juste place dans notre modernité qui est celle du respect de droits et libertés individuelles que remettent en cause les logiques communautaires et les divisions sur fondement religieux.

Si la loi ne règle pas tous les problèmes, elle a l’avantage de poser le principe de l’égal traitement de tous, et donc d’unir parfois jusque par la contrainte, l’ensemble de ceux qu’elle concerne, pour le bien commun. La loi crée de la règle commune et c’est de cela dont nous manquons aujourd’hui si fortement, de clarté dans la définition du lien social sur ce plan. Une fois cela acquis, tous les dialogues sont possibles car ils se posent à partir d’un cadre de référence connu de tous qui lève les ambiguïtés des accommodements à géométrie variable qui mettent la société en miettes. C’est plus de liberté, car c’est renforcer les liens qui nous unissent qui la garantissent pour mieux vivre ensemble, sans craindre notre diversité.

Claude Sicard : Il est tout à fait souhaitable que la majorité actuelle légifère sur le port du voile pour l’interdire: mais au regard de la Convention des droits de l’homme cela est pratiquement impossible en raison de l’article 18 que nous avons rappelé plus haut : seuls des problèmes de sécurité publique peuvent être invoqués, comme ce fut le cas pour la burqa.

Le problème du voile ne constitue en fait qu’un épiphénomène : il faut prendre le problème dans sa réelle dimension : le recours à la naissance d’un « islam européen » qui serait un islam réformé. En effet, il serait hautement souhaitable que puisse être proclamée une « Charte de l’islam en Europe », un islam en somme reformé qui deviendrait compatible avec nos valeurs et nos principes républicains. C’est la seule manière de faire que les musulmans européens s’intègrent parfaitement dans nos sociétés en Europe, l’islam traditionnel étant incompatible avec la démocratie.

Les observateurs politiques ignorent semble -t-il que le seul pays musulman, et c’est le plus important, qui vit en ayant adopté des institutions démocratiques est l’Indonésie, ceci s’expliquant par le fait que ce pays a adopté un islam réformé. Le cas de la Turquie est à mettre à part.

Ce que doivent faire les pouvoirs publics c’est demander au Conseil de l’Europe qu’il s’attèle d’urgence à la tâche consistant à faire que puisse être proclamée en Europe une « Charte de l’islam européen ». Cela est vital pour l’avenir de l’Europe, mais personne aujourd’hui ne s’en préoccupe.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 07:30

 

Boulevard Voltaire

 

Le 9 août 2013

François
Delaître
Artisan.

 

Un maire qui menace de se suicider pour protester contre les installations sauvages de nomades sur sa commune : a priori, la nouvelle pourrait prêter à sourire, tant la réaction semble disproportionnée. Cet été, d’autres maires moins extravagants, ou peut-être simplement moins désespérés, ont manifesté leur ras-le-bol en fermant leurs mairies ou en démissionnant. D’autres encore, plus médiatisés, comme Christian Estrosi à Nice, ont joué les grandes gueules et les gros bras, mais rouler les mécaniques n’a pas plus réglé le problème des occupations illégales de terrains par les « gens du voyage ».

Depuis près de 25 ans qu’il est maire de son petit village du Cher, Paul Renaudat a eu plus d’une occasion de constater son impuissance. Entre « rave parties » et déferlements réguliers de nomades, sa commune a eu son lot d’infortune, et chaque fois la même situation conflictuelle : le maire subit sans moyens d’agir, et se retrouve en porte-à-faux entre la population du village qui lui reproche son laxisme et le tient responsable des atteintes à sa tranquillité, et ces visiteurs qui lui imposent leurs conditions de séjour, laissant parfois derrière eux dégradations et charges impayées.

Les lois successives organisant, depuis plus de vingt ans, les conditions d’accueil dans les communes de plus de 5.000 habitants n’ont manifestement pas changé grand-chose aux habitudes des nomades, qui continuent à s’installer où bon leur semble. Le coût des aires d’accueil s’avère parfois exorbitant pour la collectivité (10 millions d’euros devraient ainsi être dépensés pour 60 malheureuses places à Paris, soit plus de 160.000 euros la place), et toujours, la vache à lait sédentaire est invitée à payer sans meugler.

 

La réaction de Paul Renaudat, toute absurde qu’elle peut paraître au premier abord, révèle d’abord l’absurdité, voire l’indécence des positions défendues par les législateurs qui, ayant oublié depuis longtemps la notion d’intérêt général, s’entêtent à ne plus défendre que des intérêts très particuliers de minorités au détriment du plus grand nombre des Français. Si la question n’est évidemment pas, ici, de contraindre les nomades à la sédentarisation, peut-on s’interroger sur l’obligation qui est faite à la collectivité d’assumer le coût de leur mode de vie ?

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.

J'ai plus envie de relativiser. >>>>