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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 08:33
Le 4 août 2013
Boulevard Voltaire
Roger
Galinié
Retraité du bâtiment

27 octobre 2005. À Clichy-sous-Bois, des jeunes issus de l’immigration voulant échapper à la police cherchent refuge dans un transformateur électrique et y laissent la vie. Ce tragique fait divers va embraser le pays. Des émeutes éclatent durant trois semaines en diverses villes de France. Cette période restera dans les mémoires comme celle des « événements des banlieues ».

Toulouse ne fut pas en reste, et chaque soir le ciel de la ville rose flamboyait au-dessus des quartiers sensibles. La station privée Télé-Toulouse, relatant ces événements, procéda un jour à l’interview d’un « grand frère » musulman, lequel affirmait tenter de modérer les jeunes de son quartier, en leur disant : « Brûler des voitures ne sert à rien, il y a beaucoup plus efficace : vous avez une carte d’électeur. » Petite phrase qui indique bien sur quel terrain nos colonisateurs entendent porter la lutte : celui de la légalité démocratique. Imparable !

Les drapeaux étrangers déployés dans la rue au soir de la proclamation des résultats prouvent que ces cartes d’électeur ont été utilisées, l’année dernière, pour aider à la victoire de François Hollande, qui fut donc aussi la leur. Par défaut. Par manque d’un candidat à leur image. Ce qui finira bien par arriver, du train où vont les choses. Rappelons que 44,5 millions d’électeurs étaient inscrits à la présidentielle de 2007, contre plus de 46 millions en 2012. A qui profite la progression de la démographie ?

À lire les commentaires sur Boulevard Voltaire, et ailleurs, on constate souvent une certaine résignation parmi ceux qui, pourtant, sont conscients du remplacement en cours. Que pouvons-nous y faire ? Et si l’on prend assez de recul, il faut bien dire que l’histoire de l’humanité est une suite de déplacements de populations, d’invasions, de colonisations, de génocides, et il est vrai que l’individu, pauvre grain de sable sur la plage de l’histoire, ne peut qu’assister à ces bouleversements, impuissant. De quoi justifier la passivité, le fatalisme.

Oui, mais… L’histoire ne s’arrête pas là. Elle nous a aussi appris que si un grain de sable ne bloque pas un rouleau compresseur, un tas de sable peut l’arrêter. À lire aussi les commentaires, on voit que certains, loin de se résigner, sont prêts à agir, ils ont déjà commencé. Et si une révolution ne semble pas possible, il reste la résistance, il reste la révolte, et surtout, il reste le refus. Le refus de l’avenir programmé par les partis politiques au pouvoir, en clair : le refus de la démocratie, du moins de celle des minorités revanchardes, telle qu’on veut nous la faire accepter, et respecter. Si la démocratie, idéalement, se définit ainsi : « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », c’est à présent, ici, le gouvernement du peuple, par ses élus, pour un peuple de substitution.

Un beau jour, il va bien falloir se décider à dire merde à la démocratie.

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Published by voxpop - dans La France en résistance
3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 07:37

 

 

Le 3 août 2013

Boulevard Voltaire
Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.

C’est l’histoire de deux filles qui ont demandé à un bon copain de leur donner un coup de main. Vous savez ce que c’est, que des femmes seules dans une maison : besoin d’un homme fort de temps en temps pour faire le bricolage. Flavie et Magali, deux lesbiennes, ont donc demandé à leur meilleur ami, un jeune barman, de les dépanner d’un peu de sperme. Le garçon, bien aimable et toujours prêt à rendre service, s’est obligeamment exécuté. La PMA artisanale s’est très bien passée, merci pour elles ; le petit garçon a aujourd’hui deux ans et demi.

Sauf que faire un don de sperme, ce n’est pas exactement comme déménager une armoire normande ou fixer une tringle à rideau. C’est, comme on dit, un tout petit peu plus impliquant.

Voilà que l’ami barman, d’un coup, se met à gamberger. Et sept mois après la naissance, se sent battre un cœur de père. Il veut reconnaître l’enfant. Horreur et stupéfaction pour ses deux ex-meilleures amies, qui tentent de déménager ni vu ni connu pour se débarrasser de ce géniteur en CDD aussi collant qu’un vieil Urgo. « Quand vous faites un don de sang, vous ne venez pas le récupérer après ! », se plaint Magali. Quand on donne un kilo de prunes, un vieux frigo ou même un rein, non plus. Sauf qu’évidemment cela n’a rien à voir.

Le juge a tranché, les deux lesbiennes vont devoir reconnaître les droits du père, et se soumettre à visites régulières et droit de garde pendant les vacances. La faute à la biologie, une science bien peu gay-friendly, dont le champ sémantique, d’ailleurs, tout tourné autour de l’hérédité, du patrimoine génétique, de la transmission et de l’héritage a des odeurs vieille France d’étude notariale. Impossible de faire table rase des liens du sang. Chassez le naturel, il revient au galop.

Magali et Flavie sont toutes retournées, n’ont plus seulement cœur à se consacrer aux préparatifs de leur mariage prévu le 17 août. Heureusement, elles se consolent avec leur petite fille, produit d’une PMA de fortune elle aussi, mais avec un géniteur beaucoup « plus mûr, plus sûr et qui a déjà des enfants ». Comprenez : qui ne devrait pas se poser trop de questions et enquiquiner le monde.

L’affaire, en attendant, tourne au vaudeville. S’il y a des enfants abandonnés, autour du berceau de celui-là, au contraire, on se marche sur les pieds. Trois parents pour un bébé, cela fait un peu beaucoup. Le père ayant reconnu l’enfant, la compagne de Magali (mère biologique) ne pourra obtenir une adoption plénière. En l’état actuel de la loi au moins. Car, susurre l’avocate des deux filles, « il y a encore un travail à faire sur ces formes de parentalité ». Il y avait la famille monoparentale, il y aura la famille triparentale. Voire quadriparentale, avec la GPA, quand en plus de la pourvoyeuse d’ovocyte, il faudra intégrer la mère porteuse. C’est contrariant. Pour la SNCF qui, un peu fayote, avait déjà réimprimé de nouveaux formulaires troquant père et mère contre parent 1 et parent 2. Allez ouste, les stocks au pilon. Et la ligne pour le parent 3, alors ? Et pour le parent 4 ?

Cela s’appelle un bobinard géant et la législation française vient d’y sauter à pieds joints.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 07:38
 Le 1 août 2013
 
 
Boulevard Voltaire
Abbé Guy
Pagès
Prêtre
 

En ces jours de ramadan où il ne manque pas même de gens d’Église, y compris des évêques, pour souhaiter un bon, un « béni », un « saint ramadan », je me demande si c’est bien là rendre service aux musulmans, et à la société tout entière, que de laisser croire que l’islam est une bonne religion, une religion comme une autre, conduisant certainement à Dieu, pacifique et bienfaisante, à l’instar de celle de Jésus-Christ. Comment les musulmans pourront-ils jamais se convertir si les chrétiens eux-mêmes les encouragent à pratiquer l’islam ?

Que peuvent penser les musulmans lorsqu’ils voient les salamalecs dont ils sont l’objet de la part de gens qui ne sont pour eux « qu’impureté » (Coran 9.28), les « pires de la création » (Coran 98.6), les « plus viles des bêtes » (Coran 8.22), parce que précisément chrétiens et à cause de cela tous voués au feu de l’enfer (Coran 5.72 ; 9.113) ? Que peuvent-ils penser, sinon que soit nous sommes des idiots, incompréhensiblement obtus, à coup sûr maudits par Allah, pour ne pas devenir nous-mêmes musulmans, puisque nous reconnaissons que leur religion est non seulement bonne, mais certainement supérieure au christianisme aussi vrai qu’elle vient après celui-ci, soit que nous sommes des hypocrites en n’osant pas leur dire en face ce que nous pensons de leur religion, ce qui signifie que nous reconnaissons déjà qu’ils sont devenus nos maîtres. Y a-t-il pour eux une autre interprétation possible ?

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 09:25

 

 

Le 30 juillet 2013

Boulevard Voltaire 

 
Marie
Delarue
Ecrivain, musicienne, plasticienne.

Arrive toujours un moment, dans la vie, où il faut payer la facture, et pas seulement comme l’UMP. Aujourd’hui, ce sont les écuries des Verts qu’il va falloir curer.

C’est le grand déballage outre-Rhin depuis que le président de la Cour constitutionnelle fédérale allemande, Andreas Voßkuhle, a refusé, en mars dernier, de lire le discours de remise du prestigieux prix Theodor Heuss à Daniel Cohn-Bendit. En cause, les écrits de Dany le rouge au temps où, éducateur, il militait en faveur de méthodes pour le moins sulfureuses. Une plainte a été déposée contre lui au pénal par le réalisateur polonais Grzegors Braun, et les témoignages se multiplient, le mettant en cause comme certains de ses amis Verts allemands.

Objectivement, quitte à faire hurler, je ne crois pas que Daniel Cohn-Bendit soit un pédophile au sens où on l’entend aujourd’hui. Je pense qu’il fut, comme bien d’autres, un opportuniste succombant aux mœurs délétères de son temps.

Il faut en effet redire un peu l’histoire, quand bien même celle-ci est assez proche pour qu’on la croie connue de tous.

Les années dont on parle étaient celles où l’on chantait sur tous les tons les vertus de la « participation ». C’était un temps où les chemins de « l’innovation psychiatrique » passaient presque toujours par le tripotage des petits enfants dans des « lieux de vie » où n’importe quel pervers pouvait se dire éducateur. C’était la grande époque de l’antipsychiatrie, celle qui a vu se vider les hôpitaux au profit d’expériences toutes plus fumeuses les unes que les autres, mais bénéficiant uniformément de la bénédiction des autorités puisque menées au nom de l’amour universel, du socialisme et de l’écologie.

Dans des « centres éducatifs » qui n’avaient souvent de différence avec les sectes que l’épaisseur d’un gourou, on théorisait sur la construction de l’homme nouveau qui passait éventuellement par la sodomie des handicapés mentaux à condition qu’on la pratiquât en groupe et au soleil. Et si l’affaire du Coral où furent mouillés, ou en tout cas sérieusement éclaboussés, des figures montantes des milieux intellectuels et de la politique (les Lang, les Rosenczveig et les Matzneff, pour ne citer que ceux-là) fut sans doute une barbouzerie bien montée, elle fut d’autant plus crédible aux yeux de l’opinion que les personnalités incriminées ne faisaient alors pas mystère de leurs penchants pour ces nouvelles méthodes éducatives. Cohn-Bendit en fut, et largement, professant lui aussi son goût pour les méthodes alternatives.

On a oublié, aujourd’hui, quarante-cinq ans après, ce que fut le raz-de-marée sociologique de la révolution sexuelle. Oublié les ravages de la vague qui emporta tout sur son passage et ne laissa parfois, même souvent, que des vies brisées et des ruines. Ah ! la belle vie en communauté et les couples partageurs : un jour avec toi, une nuit avec un autre ; nos enfants sont à tout le monde, mets donc le tien dans mon lit et je te prêterai ma femme… Envie ou pas, il fallait en être, comme les femmes du monde étaient de la partouze. Il faut relire Catherine Millet, même si l’on doit de temps en temps poser son livre pour aller vomir.

Et puis, un jour, il y a eu Outreau et l’ogresse Badaoui. Tomber de rideau : les pauvres ont cru qu’ils avaient le droit, eux aussi, de s’amuser un peu avec leurs gosses. Mais quand les partouzes se passent entre voisins de la tour Gagarine au fin fond du quart monde, c’est de la pédophilie criminelle. Quand la papesse d’art press se fait défoncer par des camionneurs sous un pont d’autoroute, c’est de l’art. Faudrait pas confondre.

Aujourd’hui, 68 nous revient dans la gueule, et surtout 69, « année érotique ». Les gentils éducateurs alternatifs d’hier ont vieilli. Troqué leurs jeans pour des costards, renié les « élections pièges à cons » pour faire de belles carrières politiques. Ils sont aux manettes, ne les ont jamais lâchées de peur sans doute qu’on leur demande des comptes. Ils n’avaient pas tort : le moment est venu. Fin de la récré.

On découvre aujourd’hui que les Verts n’étaient pas que rouges. Ils étaient aussi pourris de l’intérieur. Et ils ne sont pas les seuls.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 21:13

 

Cahuzac va être à nouveau auditionné à l'Assemblée nationale
Michel Veron par
le 17 juillet 2013 à 17h58 , mis à jour le 17 juillet 2013 à 18h50.

Jérôme Cahuzac va devoir revenir une seconde fois à l'Assemblée nationale afin d'être entendu par la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire de son compte en Suisse.

L'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, déjà auditionné le 26 juin dernier, va être à nouveau convoqué la semaine prochaine par la commission d'enquête parlementaire sur l'action du gouvernement dans l'affaire de son compte bancaire caché en Suisse. Cette audition était réclamée par plusieurs députés, dont Georges Fenech. La commission d'enquête parlementaire a en revanche rejeté les demandes d'audition d'Eric Woerth, de Jean-Marc Ayrault et de Patricia Cahuzac, l'épouse de l'ancien ministre.

Mardi, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici,  a été entendu par cette commission et a confirmé la tenue d'une réunion, le 16 janvier, entre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac et lui-même après le conseil des ministres. Au cours de cette entrevue, ils auraient alors abordé la question de la demande d'entraide administrative avec la Suisse. Les députés de la commission d'enquête parlementaire veulent déterminer les raisons de la présence de Jérôme Cahuzac durant cette réunion.

Par ailleurs, le président UDI de cette commission, Charles de Courson, a affirmé mercredi matin que la commission détenait "les preuves que le président a été parfaitement informé". Selon lui, "entre le 4 et le 18 décembre, l'ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent". "Aucun élément en possession de la commission ne peut justifier une telle affirmation", a lui toutefois rétorqué le rapporteur PS Alain Claeys.

 

Affaire Cahuzac : François Hollande était "parfaitement informé"

Edité par A.B. avec AFP
le 17 juillet 2013 à 11h58 , mis à jour le 17 juillet 2013 à 15h24.

 Charles de Courson, président UDI de la commission d'enquête parlementaire sur la gestion par le gouvernement de l'affaire Cahuzac, le pense. Il a affirmé mercredi détenir "les preuves" que le président était "parfaitement informé" du comportement fiscal du ministre. "Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé", a déclaré le député centriste de la Marne sur France 2.

Selon lui, l'ex-maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, Michel Gonelle, qui détenait l'enregistrement dans lequel on entend Jérôme Cahuzac parler de son compte en Suisse, "a informé le directeur adjoint du cabinet du président (Alain Zabulon, ndlr) le 15 décembre, qui est immédiatement allé voir le secrétaire général de l'Elysée (Pierre-René Lemas), et tous les deux, ils sont allés voir le président dans son bureau". "Donc, il (François Hollande, ndlr) le sait le 15" décembre, a souligné le président de la commission Cahuzac. "Le 18, Edwy Plenel informe l'Elysée qu'ils ont toutes les preuves", a-t-il ajouté, rappelant que le journaliste, directeur du site d'informations Médiapart, "est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble".

De fait, a-t-il encore précisé, "je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l'ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent". Pourquoi François Hollande n'a-t-il pas alors remercié M. Cahuzac, qui n'a été contraint à la démission que le 19 mars ? "Certains prétendent qu'il a été tenté de faire cela mais nous ne pouvons pas auditionner le président de la République, en application du principe de séparation des pouvoirs", a-t-il indiqué, n'excluant pas cependant une audition du Premier ministre. De l'avis du député et "en l'état actuel" des travaux de la commission, "on peut dire que la réponse qu' (ont) faite le Premier ministre et le président et Pierre Moscovici à cette affaire n'était pas adaptée", a-t-il poursuivi au lendemain de l'audition de trois ministres, dont celui de l'Economie et des Finances.

Revenant sur l'audition de M. Moscovici, qui a contribué à fragiliser la réalité de la "muraille de Chine" érigée autour de Jérôme Cahuzac par son ministre de tutelle, M. de Courson a jugé qu'elle avait été "la plus intéressante". "Il nous a dit (...) qu'il y a bien eu une réunion le 16 janvier à l'Elysée suite à un Conseil des ministres, entre quatre personnes; le président de la République, le Premier ministre, lui-même Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac", a-t-il relaté, qualifiant d'"incroyable" la présence du ministre incriminé.

Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, a réagi mercredi à ces déclarations en estimant sur son blog que Charles de Courson, "mécontent de n'avoir pu coincer les ministres', "se venge" sur Hollande. Pour le socialiste, le député UDI "vient de commettre une triple faute" : "il tire des conclusions avant que la dite commission ait conclu ses travaux", il base "son raisonnement sur la méthode de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours", et enfin il accuse Hollande "de forfaiture sans preuves réelles et hors du cadre juridique qui régit son mandat".

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 09:41

censure-chut-silence

 

Le 17 juillet 2013

 
Jany
Leroy

Auteur pour la télévision.

 

Le gouvernement n’est peut-être pas encombré de virtuoses du plein emploi et de champions en baisse de délinquance, mais une chose est désormais bien établie : Manuel Valls et François Hollande s’y connaissent en chemin de fer. Une telle vitesse de diagnostic permet même d’affirmer que nous sommes en présence de deux prodiges. Les Nostradamus de la catastrophe ferroviaire !

Dès les premières heures qui suivaient l’accident en gare de Brétigny, avant le moindre avis d’ingénieur, le plus petit rapport d’expert, Manuel Valls affirmait avec le sérieux surjoué que nous lui connaissons : « Nous n’avons pas le sentiment qu’il s’agisse d’un acte de malveillance. » Nous n’avons pas… Il y a déjà eu concertation. Les éléments de langage ont été distribués à la cantonade. Le doute n’est pas autorisé.

Et François Hollande d’enfoncer le clou alors qu’il vient de sortir miraculeusement indemne du défilé du 14 juillet : un acte de malveillance ? « Ce n’est pas l’hypothèse que je privilégie. » C’est le spécialiste qui parle. Le visionnaire du rail.

Après cet embrouillamini de caillassage des secours et de vol de portable, ajoutez un dévissage de boulons exécuté de main de maître par un de ces mêmes jeunes sensibles et vous obtenez le déraillement le plus catastrophique de toute l’histoire de la Ve République : le train-train Hollandesque couché sur le côté, le TGV Marine Le Pen qui lui roule dessus ; l’horreur à l’état brut. Fort heureusement, nos deux pompiers se sont pendus au signal d’alarme et le carnage a peut-être été évité. D’ailleurs, les véritables malveillants ne sont-ils pas ceux qui tenteraient de démontrer que l’accident est un peu bizarre ?

Avec cette attitude partiale et ridicule, ce triste duo a jeté le discrédit a priori sur les futures conclusions de l’enquête. Après cette orientation définie par avance, cette injonction à ne regarder que dans une seule direction, même s’il s’agit réellement d’un accident à mille lieues d’un sabotage, le doute persistera dans les esprits. Comme une manière d’obtenir le contraire du résultat souhaité. Spécialistes en chemin de fer d’accord… mais en vraiment rien d’autre.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 09:19
Boulevard Voltaire

famille

 

Le 17 juillet 2013

Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
Son blog.

Mais que cherchent au juste ceux qui, sur Boulevard Voltaire, à l’instar d’un Alain de Benoist, raillent, méprisent, minimisent (en faisant mine de le soutenir) le grand mouvement de cette année, et prophétisent sa fin depuis des mois, comme s’ils l’espéraient ?

Ils l’appellent la manif des bisounours, des cuculs, des neuneus, des benêts, des trop polis, des naïfs, des ravis de la crèche, bref des cathos qui n’ont rien compris. Ils leur font la leçon, expliquant doctement, ah, là, là, que ce n’était pas du tout comme ça qu’il fallait faire, qu’ils s’y sont pris comme des pieds, que d’ailleurs, c’était perdu d’avance, qu’emmanchés comme ils sont, on ne fera jamais rien d’eux, surtout pas une révolution, bref que tout cela n’a servi à rien, que c’était juste la manif pour les nuls. Fermez le ban.

Je lis, par exemple, que l’on ne fait pas la révolution avec des poussettes. Dois-je rappeler qu’on ne la fait pas non plus sans poussettes ? Car le propre d’une poussette est de voir, à terme, le contenu s’échapper du contenant… pour aller gambader, par exemple, quelque vingt ans plus tard sur les Champs-Élysées vêtu d’un polo rose La Manif pour tous. L’arme fatale du camp catho contre le camp bobo, pour reprendre la terminologie du dernier Causeur en kiosque, a été sa jeunesse, en nombre, que personne n’avait vu venir, sans soupçonner, bizarrement, que l’accueil de la vie prôné par l’Église à rebours de la société depuis des dizaines d’années finirait par porter ses fruits démographiques. Les cortèges de La Manif pour tous étaient peuplés de familles nombreuses, cela n’a échappé à personne. Les contempteurs de La Manif pour tous sur ce site lui reprochent souvent, à trop s’occuper du mariage gay, de ne pas voir « le grand remplacement ». Et pourtant, quelle meilleure façon, quelle façon plus vitale, plus féconde que bien des longs discours, d’œuvrer contre celui-ci, que ces petits enfants ?

Ensuite, s’apitoyer sur le sort de Nicolas qui a fait trois semaines de taule serait bien ridicule. Cette bande de chochottes ! La prison est une promenade de santé, sans jeu de mots, une « expérience », a dit Ségolène Royal, avec le même sourire condescendant que certains sur ce site, et ce sont ceux qui n’en ont jamais fait qui en parlent le mieux. Quand Nicolas se réveillait dans sa cellule de Fleury-Mérogis, quand certains passaient la nuit en garde à vue, d’autres dormaient benoîtement dans leur petit lit blanc.

Oui, je me prends à me le demander, quel objectif poursuivent donc ces contributeurs qui affirment — du bout des lèvres — se réjouir de ce mouvement sans précédent, mais jettent sur lui leurs critiques asséchantes comme du sable pour éteindre le foyer ?

S’ils savent tout mieux que personne depuis le début, que ne font-ils œuvre de pédagogie par une analyse constructive et en renforçant leurs rangs, plutôt que rester à l’écart pour mieux les écraser de leur supériorité distanciée empreinte de désespérance ?

Ne craignent-ils pas que cette France qu’ils ont décrétée consubstantiellement niaise, impropre par nature au service, finisse, malgré toute sa bonne éducation, par s’asseoir sur le bord du chemin pour leur demander des comptes : super, les gars, les éminences grises, les inspecteurs des travaux finis plus malins que les autres ; ben maintenant, on vous regarde : où se cache donc le million de gens que vous avez réussi à faire descendre dans la rue, la jeunesse (mal élevée, forcément, pour être efficace) rentrée en résistance qui harcèle le gouvernement, sans craindre l’opprobre pour défendre ses idées ? En plus d’être gnangnan, cette France-là doit être myope, hein, car elle a beau chercher, elle n’arrive pas à les voir, même en remontant loin en arrière. On ne fait peut-être pas la révolution avec la France bien élevée, on ne la fait pas non plus avec la France des éteignoirs et des bonnets de nuit.

Je ne sais pas, encore une fois, quel objectif poursuivent ces contributeurs, mais je sais que ce n’est pas celui de l’unité, de l’unité pour mener sur tous les fronts le combat de civilisation dans lequel la France — bien élevée ou non — est engagée.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 09:41

Le Télégramme ;

Le bon docteur Hollande

15 juillet 2013

En affirmant, hier, lors de la traditionnelle allocution présidentielle du 14-juillet, que « la reprise est là », François Hollande a endossé la blouse du médecin qui se veut rassurant. Avant de réclamer plus de temps.
À l'évidence, François Hollande fait partie de ces présidents qui pensent que la société française est trop fragile, trop angoissée par son avenir et trop malade de son déclin pour qu'on lui impose, en plus des bouleversements imposés par le progrès technologique et la mondialisation, des réformes traumatisantes. Il faut donc mettre la main sur le front de la malade la plus grosse consommatrice de psychotropes d'Europe et lui répéter doucement « Ca va aller mieux. Dans dix ans, nous serons guéris... ». C'est ce qu'a fait, hier, le bon docteur Hollande en nous répétant aussi « grand pays » et en affirmant  ce que personne n'avait vu, « la reprise est là ».

Potion amère
Dès cet après-midi, le président socialiste de la Cour des comptes, Didier Migaud, reçu à l'Élysée à 15 h, le répétera
: « La France est le premier pays de l'OCDE (avec le Danemark) pour les dépenses publiques, mais l'un des derniers pour l'efficacité de ces dépenses ». Conclusion : il est urgent de s'attaquer au millefeuilles administratif, à la superposition des échelons régionaux, et même au tabou des fonctionnaires de l'Éducation nationale. Mais la malade France est-elle prête à avaler cette potion ? Le bon Docteur Hollande a jugé que non. Pour une fois qu'il faisait beau !

  • Christine Clerc

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Le nouvel Observateur ;

Paris (AFP) - Un projet de loi sur l'immigration, initialement prévu pour la rentrée, sera reporté à 2014 pour y adjoindre un volet asile et pourrait n'être examiné qu'après les municipales de mars, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Depuis 2007, la France enregistre une hausse continue des demandes d'asile, qui se sont élevées à 61.000 en 2012. Ces flux créent de l'engorgement à tous les niveaux de la chaîne et les délais de traitement des dossiers sont en moyenne de 18 mois, en incluant les recours.

Cela crée également des tensions sur les conditions d'accueil. Malgré les engagements de la France à loger chaque demandeur, seuls 50% sont effectivement hébergés par l'État -- 30% en Centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) et 20% dans des structures d'urgence (hôtels..).

Les autres se retrouvent parfois à la rue ou squattent des bâtiments vides, ce qui crée des crispations dans certains territoires, notamment dans l'est (Metz, Besançon, Dijon, Lyon...) où se concentrent une partie des arrivées.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 09:16

Renaud Camus écrivain mais, Président du parti de l’In-nocence.

 

 

Dimanche 14 juillet, quatre heures et demie, l’après-midi.  J’ai eu un moment d’affolement, hier soir, à propos de l’affaire de Brétigny-sur-Orge : pas la catastrophe ferroviaire, sur laquelle il y a à peu près unanimité, encore que ses causes demeurent bien mystérieuses — non : l’histoire effroyable des jeunes Sensibles (ce ne pouvaient être que des Sensibles…) se précipitant pour détrousser les cadavres et les blessés et jetant des pierres sur les secouristes, pompiers et ambulanciers. Sous le coup de l’émotion et de l’indignation, de l’horreur, même, les in-nocents, à mon instigation, avaient presque aussitôt fulminé un communiqué comminatoire (n° 1607 : Sur Brétigny-sur-Orge et l’urgence d’en finir), appelant cette fois carrément au divorce, rien de moins :  abjectes exactions, silence et tentatives d’étouffement, deux castes régulatrices et  complices, la médiatique et la politique, et même une référence, sans doute assez obscure pour les non-initiés, au faussel, ce règne du faux, ce double inversé du réel.

Il y avait en effet, dans l’affaire telle que nous la percevions, trois couches de phénomènes, par ordre croissant de gravité politique : d’abord l’accident lui-même, si c’est bien un accident (grave, certes, mais enfin tel qu’il s’en produit de comparables tous les cinq ou dix ans) ; ensuite l’intervention des détrousseurs de cadavres et lapideurs de secouristes (ignoble, et effroyablement révélatrice de l’état véritable de la société à l’heure du changement de peuple et de la colonisation) ; enfin, troisième strate, le silence des deux cliques, la médiatique et la politique, sur la deuxième strate d’événements, plus importante pourtant que la première (ce silence sert à la défense du faussel, le règne du faux, le faux réel, qui eût été gravement compromis par la révélation et l’aveu de scènes aussi éclairantes).

Oui, mais qu’est-ce qui était vrai ? Le faussel, ce réel dans lequel il ne se serait rien passé, sauf un accident de chemin de fer, tragique mais somme toute assez banal, le faussel était-il vraiment faux ? Au journal télévisé du soir, pas un mot du détroussement de cadavres, pas un mot d’un quelconque “caillassage”, terme que je répugne à employer car c’est subir déjà le langage de l’ennemi ; tout juste une vague allusion à certaine “rumeur”, donnée implicitement comme sans fondement, bien entendu.

Bigre, est-ce que nous aurions tiré trop vite, et plus vite que notre ombre, celle d’un doute ? L’effrayant, rétrospectivement, c’est que cette histoire de naufrageurs, de morticoles, de vermine se précipitant sur les morts et sur les mourants, cette histoire tellement déshonorante pour ces protagonistes actifs puisqu’elle les montre, eux, les colonisateurs, les conquérants, comme sans foi ni loi, sans vergogne aucune, dépourvus de la plus élémentaire référence au moindre code du bien et du mal, cette histoire nous arrange “quelque part” : elle nous paraît vraisemblable, bien dans la ligne des épisodes précédents ; nous ne demandons qu’à la croire, nous sommes même impatients de la recevoir pour vraie, peut-être pour la simple raison que tout est permis désormais, contre la sorte d’adversaire qu’elle dépeint.

Au comité de rédaction du parti, l’après-midi, sur le Net, quelqu’un — Francis Marche — avait demandé si nous n’allions pas trop vite en besogne, si nous étions bien sûrs de notre affaire ? À vrai dire cet appel discret à surseoir procédait moins de la prudence ou de la “déontologie de l’information”, je crois, que de la crainte de laisser échapper, en publiant trop vite notre communiqué, un possible rebondissement de l’enquête, encore plus sensationnel : la nouvelle que ce n’était pas à un accident qu’on avait affaire mais à un attentat délibéré ; et même qu’il y avait un lien entre sa perpétration à cet endroit précis et l’intervention ultra-rapide des naufrageurs ferroviaires. Cette nouvelle n’est pas venue, faut-il l’écrire : ni par les canaux officiels, ceux des gestionnaires du faussel, ni par ceux de la réinformation, comme on dit sur Radio-Courtoisie.

Quoiqu’il en soit, hier après-midi, j’avais écarté la suggestion d’attendre un peu, en mettant en avant la nécessité d’agir vite, au contraire. Et maintenant, hier soir, je me demandais si je ne m’étais pas comporté, en ce rencontre, exactement comme je reprochais à mes adversaires de le faire, lorsque, emportés par la passion idéologique et par la pulsion mimétique, ils parlent sans savoir ce qu’ils disent, sans s’être suffisamment informés (pour m’accuser d’antisémitisme, par exemple). Aujourd’hui cette inquiétude s’est un peu apaisée. Si nous nous sommes trompés, si nous avons pris nos désirs pour l’horrible réalité, du moins ne l’avons-nous pas fait seuls, et l’eau continue-t-elle, ce matin, cette après-midi, d’affluer à notre moulin. Toutefois ce ne sont pas là, en faveur de la vérité, des arguments tout à fait décisifs. Nous avons pu nous laisser emporter imprudemment par un frisson webmatique, céder à une légende urbaine instantanée. Si nous sommes tombés dans un panneau de ce genre, il nous faudra le reconnaître. Je le ferai très volontiers et d’abord en mon nom propre, car je serai le principal responsable. Cela dit nous n’en sommes pas là. Et les deux castes régulatrices de l’information sont encore plus coupables qu’elles ne l’étaient hier si elles continuent de peser de tous leurs poids pour que soient étouffées les vérités auxquelles en toute bonne foi, mais peut-être avec trop d’impatience, nous avons cru.

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Published by voxpop - dans La France en résistance
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 07:09

Le bloc-notes d'Ivan Rioufol.

C'est la révolution  des œillères. Menée par des citoyens confrontés depuis  des lustres à un mur d'indifférence,  elle oblige désormais les élites,  et les «progressistes» en premier chef,  à descendre des balcons et à dessiller leurs yeux. Six mois de manifestations massives contre le mariage homosexuel se sont certes soldés par un échec, puisque la loi Taubira a été maintenue. Cependant, la victoire de François Hollande pèse peu face à ces mobilisations populaires. Pour avoir tenu tête aux intimidations et aux insultes  de la gauche et de ses médias, la société civile s'est constituée en force politique, contre un pouvoir aveugle et sourd. Le socialisme cabré a montré son sectarisme, en refusant de regarder  ce qu'il avait sous le nez. Le ministre  de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est particulièrement distingué  en minimisant systématiquement  le nombre de manifestants.

Rien ne sera plus comme avant.  Les défilés tranquilles ont marginalisé  les politiques, les partis, les syndicats. Ceux-là n'auraient jamais su entraîner  de telles démonstrations de force. L'arrogance des parvenus de la politique, qui se grisent dans l'entre-soi, devient un comportement irresponsable.  La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, semble l'avoir compris  en renonçant, au contraire de la porte-parole du gouvernement, Najad Vallaud Belkacem, à assister, mercredi,  au premier mariage gay célébré à Montpellier. La démocratie représentative, coupable d'avoir oublié qui l'a faite reine, est aujourd'hui placée sous la surveillance d'une démocratie d'opinion à la réactivité inattendue.  Les brutalités du hollandisme lui ont permis de s'inviter durablement  à la table des puissants.

Le divorce entre la France d'en haut  et celle d'en bas a produit  ce bouleversement dans l'équilibre  des pouvoirs. La révolution des œillères, menée par des gens ordinaires, invite  le socialisme à quitter une idéologie qui, culturellement, fractionne le pays et, économiquement, le tire vers le bas.  Sur ce point, le chef de l'État montre qu'il en a conscience quand il fait, mais  en Allemagne, l'éloge de Gerhard Schröder et de ses réformes libérales, tant critiquées Rue de Solférino. Harlem Désir, le patron du PS, s'installe d'ailleurs en caricature de ce parti distributeur de fatwas. Le gouvernement est contraint à la délicatesse pour aborder les prochains sujets liés à la famille, à commencer par la réforme des allocations. La gestation pour autrui, les cellules souches, la fin de vie, la théorie du genre sont des thèmes hautement inflammables.  Voilà les pyromanes prévenus.

Mais l'UMP est pareillement touchée par l'irruption des questions sociétales dans le débat public consensuellement réservé, jusqu'alors, à l'économique et  au social. La sottise de l'opposition est  de se déchirer sur des postures sans comprendre l'air du temps. Il lui aurait été loisible, s'ouvrant à la société,  de constater que le chômage n'était pas  la seule inquiétude des citoyens, également angoissés par la mise à l'encan de leur civilisation. C'est pour la défendre que des centaines de milliers de personnes se sont mises en marche. Mais la droite querelleuse, incapable d'une position commune face aux manifestants, s'est une fois de plus ridiculisée. Le choix, cette semaine, de soumettre aux militants la décision de revoter sur la présidence contestée du parti est une solution qui aurait dû intervenir dès le contentieux Copé-Fillon. Les Français sont la seule boussole.

UMP: la séparation?

La crise des partis, révélée par  ce mouvement qui leur tourne le dos, devrait être l'occasion pour l'UMP d'engager une réflexion sur son rôle et sa place à droite. Il est anormal de constater que, plus d'un an après l'échec de Nicolas Sarkozy, aucune analyse de la défaite n'ait été menée. Quand, au nom du gaullisme, François Baroin explique à L'Express: «L'UMP est un grand parti de gouvernement, qui s'est honoré de résister à la rue», il s'accroche à une fiction qui a fait perdre son camp pour avoir tardé à entendre ceux qui se plaignent de leur vie. L'opposition ne peut constamment tourner autour du FN, en se demandant s'il faut rétablir un barrage ou aborder les thèmes qu'il s'est approprié.  La démonstration de la rue est celle d'une société soucieuse de ses valeurs et de ses traditions. Baroin et une partie de l'UMP (dont François Fillon et Alain Juppé) semblent ne vouloir se résoudre  à entendre ce que dit le peuple, pour lui préférer l'inspiration de l'homme providentiel. Mais il n'existe pas. Cette droite hautaine ne s'interroge pas plus que la gauche en pilotage automatique.  Si la fracture doctrinale est telle au sein de l'UMP - la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet à la Mairie de Paris pourrait en faire les frais -, pourquoi ne pas envisager une séparation et une refondation?

Revendications communautaristes

C'est aussi contre la légèreté des élites et leur politique de l'autruche que la France bien élevée s'est insurgée, loin de la poignée d'extrémistes qui ont échoué dans leur diversion. Le désir de préserver la civilisation dépasse le mariage gay. Il rejoint les questions sociétales que sont la préservation de la cohésion nationale et de ses racines culturelles. Or,  la capitulation du gouvernement devant une minorité militante (l'Insee ne recense que 100.000 couples gays),  qui instrumentalise une homophobie mise à toutes les sauces, ouvre la voie  à d'autres revendications communautaristes et victimaires. Ainsi, des musulmans seraient en droit de faire valoir des exigences particularistes au même nom de l'égalité, de la non-discrimination, de l'enrichissement des différences et d'une islamophobie brandie à la moindre critique par les plus radicaux. Comment, par exemple, faire obstacle à une demande de reconnaissance de la polygamie, réalité tolérée dans des cités?(voir mon blog).

Répondre à l'islamisation

Ce sujet en cache un plus grave: la place prise par l'islam dans une société laïque qui ne lui est pas naturelle. Ce résultat est celui de plus de trente ans de passivité devant une immigration de peuplement qui perdure. La tentative d'égorgement d'un militaire français par un fondamentaliste converti, samedi à la Défense, illustre la montée de l'islamisation. Selon Élisabeth Schemla (1), «elle va très au-delà de poches de radicalisme». Si, sur un tel défi, les politiques devaient persister à détourner leurs regards, la révolution des œillières pourrait bien se charger de leur signifier plus clairement leur répudiation.

(1) Islam, l'épreuve française, Plon.

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