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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:49

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Le 1 septembre 2013

Bd Voltaire
Charlotte
d'Ornellas
Journaliste indépendante

 

Depuis le 10 août, les Veilleurs – mouvement initialement constitué en opposition à la loi Taubira – marchaient sur les routes de France. Hier, leur périple « à la rencontre des Français » s’achevait à Paris, place de la Concorde, avec quelques centaines de personnes selon les chiffres officiels, 5.000 selon les organisateurs ; et ce, malgré l’interdiction de la préfecture de police.

« Nous avions dit que nous marcherions de La Défense à la Concorde, nous l’avons fait. Nous avions dit que nous veillerions place de la Concorde et nous l’avons fait. » Leur sérénité est une réponse assez cinglante à l’agitation médiatique, politique et policière qui, depuis quelques jours, multipliait les mises en garde.

Le rendez-vous est donc fixé à La Défense, où un important dispositif policier les attend. La confrontation n’est pas leur but, et la consigne était claire : « Inventez l’itinéraire de la marche que vous souhaitez, évitez les barrages… » Ils s’élancent donc, par petits groupes, vers la Concorde, se fondant parmi les touristes et les promeneurs.

La seule agitation dans l’après-midi est celle provoquée par des dizaines de camions de CRS qui vont et viennent, gyrophares allumés et sirènes hurlantes… et qui, parfois sans aucune justification, bloquent les passants ou les détournent. C’est leur comportement, et uniquement celui des forces de l’ordre, qui suscite, en l’occurrence, l’attention des badauds. La seule manifestation parisienne de ce samedi était finalement organisée par la préfecture de police !

« Il disait :

 

Reprends courage/L’espérance est un trésor/Même le plus noir nuage/A toujours sa frange d’or »,

 

 chantent ces nombreux Veilleurs, encadrés par les CRS. Peu importe leur nombre en réalité, ils sont majoritairement jeunes, et veulent réfléchir, écouter et apprendre pour mieux s’engager.

Mémoire et espérance, c’est le thème. Se souvenir pour mieux construire. Alors que l’un d’eux déclame un texte d’Antonio Gramsci, un passant intervient, attrape le micro car il veut s’adresser à « ces gens qui méprisent les homosexuels ». Le micro est repris : ce n’est pas le lieu ni le sujet, mais la personne est accueillie par quelques Veilleurs qui acceptent volontiers de l’écouter.

De nos jours, rares sont ceux qui acceptent d’écouter « l’autre » : les Veilleurs en font indiscutablement partie. Ils sont à l’écoute d’un monde qui est le leur, et dans lequel ils décèlent « une profonde blessure ». La loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe fut le prétexte de leur création. Mais leur combat s’est considérablement élargi. L’une des organisatrices, Alix, le rappelle : « Cette loi n’est pour nous que l’épiphénomène d’une société qui a perdu le sens des choses, parce qu’elle refuse la réalité… »

Au terme de cinq heures de musiques, lectures et références faites à Hélie de Saint Marc, Anouilh, Rostand, Péguy, Mozart, Bach… il faut bien reconnaître que cette veillée relevait plus de l’événement culturel que de la seule manifestation. Aucune revendication ; mais des propositions, des témoignages, des lectures.

À défaut d’être soutenu, ce mouvement mérite au moins d’être écouté, puisque regroupant des personnes soucieuses d’un patrimoine culturel qu’elles apprennent à aimer, qu’elles veulent continuer à découvrir et, surtout, partager.

Pour preuve, une des dernières interventions d’Axel : « Distribuez ce qui est beau. Imprimez un poème que vous aimez, et offrez-le à des inconnus. La gratuité de votre geste touchera… »

Ils peuvent passer pour de doux rêveurs, mais leur rêve n’a d’égal que leur détermination.

Il va sans dire que cette soirée des plus pacifiques s’est déroulée sans le moindre incident. Une leçon pour d’autres braillards à banderoles criardes et slogans vengeurs. Et sûrement un regret pour ces infortunés CRS, policiers et autres argousins auxquels fut refusé le plaisir d’un samedi soir en famille.

 

Voir la Vidéo :

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=znPpZIHl-Jw

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:17

Bd Voltaire

 

Le 1 septembre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

 

Que le chef de l’État, chef des armées, réponde dans l’urgence à une agression contre le territoire national ou à la demande d’assistance d’un pays ami lui-même confronté à un danger mortel, ce n’est pas seulement son droit, mais son devoir, quitte à ce qu’il en rende compte dans les trois jours à la représentation nationale. La majorité, l’opposition et l’opinion, passé l’étonnement causé par la décision rapide, nette et courageuse de François Hollande, n’ont d’ailleurs pas manqué d’approuver et même d’applaudir l’opération Serval, qui nous a amenés à intervenir au Mali pour y réparer les conséquences de notre opération en Libye. Le cas de figure syrien n’est pas du même ordre. La Syrie, que l’on sache, n’est pas une menace pour le monde. Ce serait plutôt le monde qui aurait une fâcheuse tendance à faire de la Syrie un champ de manœuvres pour ses règlements de comptes.

Or, nous ne sommes plus au temps des rois quand, pour un oui pour un non, sur un coup de colère ou sur un coup de dés, le premier despote venu, assoiffé de conquêtes et rêvant de grandeur, lançait ses armées sur le pays voisin. Jusqu’au milieu du XXe siècle, des militaires d’opérette et des dictateurs de tragédie – général Tapioca, caporal Hitler, général Alcazar, maréchal Staline, Mussolini ou Mao Tsé-Toung – ont prolongé de telles pratiques, que la fondation d’une organisation internationale couvrant la planète a rendues anachroniques et, de fait, incompatibles avec les principes de la démocratie.

À la suite de l’emploi massif et meurtrier d’armes chimiques, le 21 août dernier à Damas, dans des conditions qui ne sont pas encore élucidées, trois chefs d’État ou de gouvernement – et non des moindres – ont réagi dans la précipitation en annonçant leur décision conjointe de « punir » un quatrième chef d’État qu’ils tenaient pour seul coupable de ce « crime contre l’humanité ». Lequel a été commis dans le cadre d’une guerre civile atroce qu’est venue entretenir, aggraver et compliquer depuis deux ans et demi l’intervention avouée ou non d’innombrables acteurs extérieurs, dont un certain nombre, en l’occurrence, sont juges et parties.

Barack Obama, David Cameron et François Hollande savaient parfaitement qu’ils violaient ou que, pour le moins, ils contournaient la légalité internationale censée passer par l’ONU. Les trois hommes ont dû constater chemin faisant qu’ils allaient également, à l’intérieur de leurs propres pays, à l’encontre d’une opinion publique réticente, voire hostile. Aucun d’entre eux, faut-il le rappeler, n’avait pris, avant d’être élu, un tel engagement et n’avait donc reçu le mandat de rejoindre dans la guerre civile syrienne le parti de l’insurrection. Leur prise de position posait donc problème, du seul point de vue de la démocratie.

Dans ces conditions, David Cameron, le premier, s’est résolu, ou résigné, à soumettre sa politique à l’approbation de la Chambre des communes qui lui a répliqué par un non franc et massif. Barack Obama, à son tour, et contre toute attente, vient de lui emboîter le pas. Au Congrès de lui donner ou non le feu vert qui lui permettra de franchir la ligne rouge. Ce faisant, le président américain n’a pas seulement témoigné de ses troubles de conscience, mais obéi à un scrupule démocratique. Le peuple américain est hostile dans la proportion des trois quarts à une nouvelle aventure, après celle d’Irak, aux suites désastreuses, et celle d’Afghanistan qui s’achemine vers une fin calamiteuse. Il est las de porter ce « fardeau de l’homme blanc » que beaucoup voudraient lui voir déposer et de semer la mort sous prétexte de répandre la démocratie pour ne récolter que le ressentiment et la haine.

François Hollande reste donc seul en tête de la course à l’abîme, tout seul comme le grand qu’il n’est pas. La route des lauriers qu’il rêvait de ramasser pourrait bien lui être coupée. Persistera-t-il, contrairement à ses deux compères, à priver la représentation nationale de son droit de vote, alors même que tous les sondages confirment l’hostilité de la majorité des électeurs à sa politique ? Osera-t-il, après la leçon de démocratie que vient de nous donner Londres et avant celle que va nous donner Washington, passer en force ? Certes, la Ve République, à bien des égards, tient de la monarchie. Le locataire de l’Élysée devrait être le premier à se rappeler que cette monarchie est aussi constitutionnelle.

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:04
Bd Voltaire
Le 31 août 2013
Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

Sans mandat de l’ONU, cavalier seul au sein de l’Union européenne, sans l’aval du Parlement, ignorant superbement l’avis contraire de la majorité des Français (64 % aux dernières nouvelles), François Hollande maintient donc sa décision de coller aux basques de l’Oncle Sam en se lançant et en nous lançant aveuglément dans une opération absurde que nous n’oserions pas mener sans les États-Unis, et que les États-Unis pourraient parfaitement mener sans nous. Plaisant attelage que celui de l’éléphant et de la mouche du coche ! Nous allons faire de la figuration inintelligente et jouer les utilités dans un film dont le producteur, le réalisateur et le scénariste sont à Washington. Et cela pour tenir les promesses inconsidérées que le Président et le ministre des Affaires étrangères français ont prodiguées aux représentants d’une opposition dont nul ne sait exactement ce qu’elle représente, et parce que le Président américain se doit, sous peine de perdre la face, de respecter l’engagement solennel qu’il a pris de jouer les gendarmes en cas de franchissement de la « ligne rouge » par le conducteur syrien.

De quoi s’agit-il exactement ? En aucun cas de faire la guerre, paraît-il, puisque reconnaître, financer, entraîner, équiper, armer l’un des deux belligérants et bombarder son adversaire n’est pas prendre part à la guerre. Pas davantage de renverser le régime que l’on n’a cessé d’affaiblir et dont on souhaite publiquement la chute. Mais seulement, pour l’instant, d’intimider, d’humilier, de coiffer d’un bonnet d’âne et de mettre au coin Bachar el-Assad. Dernier avertissement avant l’exclusion temporaire qui précédera elle-même l’exclusion définitive.

C’est trop ou trop peu. C’est suffisant pour nous attirer le ressentiment et éventuellement les représailles d’un des deux camps sans satisfaire les besoins et les revendications de l’autre. C’est assez pour que l’Amérique et la France soient accusées une fois de plus de s’immiscer avec leurs gros sabots dans les affaires intérieures d’un pays souverain, naguère encore colonisé ; ce n’est pas assez pour en finir avec le dictateur et le régime visés. Ce n’est pas d’une ou de plusieurs frappes – dont les cibles ont, du reste, été dûment averties de ce qui les attend – que jaillira une solution (même provisoire, même militaire) à un problème national, religieux et politique.

Décontenancés par les réticences et les refus de leurs opinions publiques, les deux cavaliers de l’Apocalypse, l’un perché sur un pur-sang qu’il ne maîtrise pas, l’autre juché sur un âne qui refuse d’avancer, s’efforcent in extremis de bricoler une coalition qui, à défaut d’agir dans la légalité, serait censée prouver que la Syrie fait contre elle l’union des démocraties occidentales et des pays musulmans. Mais les buts des uns et des autres ne sont pas les mêmes. Alors que Washington et Paris rêvent d’installer un gouvernement démocratique à Damas et de préserver l’existence d’une Syrie multiconfessionnelle, multiethnique et multiculturelle, la Turquie et la Ligue arabe veulent la victoire et l’hégémonie de la composante sunnite du pays, et les djihadistes voient dans le conflit l’occasion rêvée de faire flotter sur un État du Moyen-Orient les bannières noires du salafisme et d’Al-Qaïda. Sous prétexte de « punir » un assassin, nous cautionnons des criminels.

Ni l’honneur de la France ni l’intérêt national ne sont en jeu entre Alep, Homs et Damas. La Chambre des communes nous a fourni, l’autre jour, la plus claire et la plus justifiée des échappatoires en refusant à David Cameron la permission de s’aventurer sur un terrain où il n’avait rien à faire au mépris des conséquences terribles qui pourraient en résulter. Le chef de l’État français daigne autoriser l’Assemblée nationale à discuter du sujet du jour mercredi prochain, peut-être avant, peut-être après l’intervention franco-américano-turque. Mais ce sera un débat sans vote. C’est dire la considération, la marge de manœuvre et le pouvoir qui, sous la Cinquième République, sont laissés à la représentation nationale

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 09:10
Bd Voltaire
Le 31 août 2013
 
Dominique
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.
Jamet

« La mort stupide eut honte », comme dans le poème de Victor Hugo. Les boutefeux de la croisade anti-Bachar el-Assad, et plus généralement tous ceux qui, de par le monde, aiment d’autant plus la guerre qu’ils la font moins et qu’ils ne la paient jamais que de la peau des autres, peuvent rengainer leur grand sabre et déchausser leurs bottes.

Depuis quelques jours pourtant, le pire paraissait sûr. Les dés avaient été jetés. Lié par les paroles imprudentes qu’il avait prononcées et les engagements irréfléchis qu’il avait pris, poussé au crime par ses alliés arabes, turcs et israéliens, le grand timonier de l’Occident avançait à contrecœur, à pas comptés, à reculons, mais il marchait inexorablement vers l’abîme. Après le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, les États-Unis s’apprêtaient à mettre le doigt dans l’engrenage d’une nouvelle guerre et d’une nouvelle folie.

Certes, l’aval de l’ONU leur manquait, ils n’étaient pas parvenus à mettre sur pied une nouvelle coalition. Sans l’Allemagne, l’Italie, le Canada, l’Australie et les pays membres de l’OTAN, ils ne pouvaient compter que sur les deux chiens couchants que sont depuis des années la Grande-Bretagne et la France ; soit une communauté réduite aux laquais, en somme. La machine infernale n’en était pas moins lancée.

Déjà, sur les bases de Chypre, de Djibouti et d’Abou Dhabi, les réacteurs des avions de chasse à cocarde tricolore vrombissaient, déjà les porte-avions et les destroyers frappés de l’étoile blanche pointaient leurs missiles sur les cibles repérées par les drones. Rien ne semblait pouvoir arrêter le processus classique d’une de ces guerres dont l’historien saura quand elle a fini, mais dont le politique ne sait ni où ni quand elle s’arrêtera.

Le coup d’arrêt est venu d’où on n’osait plus l’espérer. La Chambre des communes, en désavouant David Cameron, a coupé l’herbe sous le pied d’Obama. Qu’est-ce qui a déterminé la formation d’une majorité d’idées où travaillistes, libéraux et conservateurs rebelles ont mêlé leurs bulletins ? Le refus de se lancer dans une telle aventure sans le feu vert de l’ONU ? La prise de conscience des risques encourus et des conséquences possibles ? La prise en considération des moyens de défense et de riposte de la Syrie et de ses alliés ? L’envoi sur zone de navires de guerre russes ? Le poids d’une opinion publique majoritairement hostile aux opérations envisagées ? La volonté, à la lumière des mensonges du passé, de ne passer aux actes, à la fameuse « punition », que s’il y a des preuves ?

Un peu de tout cela, sans doute, mais par-dessus tout la conviction que les élus de la nation détenteurs de la légitimité populaire et du pouvoir législatif ne sont pas tenus en toute circonstance de se plier aux injonctions de l’exécutif. L’Angleterre s’est souvenue jeudi soir qu’elle est la mère des Parlements. Elle a donné au Premier ministre et au monde une leçon de démocratie.

En France comme de l’autre côté de la Manche, comme de l’autre côté de l’Atlantique, une majorité de la population rejette la politique du pire. Nous verrons bien mercredi prochain si la majorité de l’Assemblée nationale est capable d’un sursaut identique à celui des Communes, ou si elle se résigne à suivre, la queue basse, les consignes d’un gouvernement et d’un chef d’État eux-mêmes à la remorque d’un capitaine de vaisseau qui a perdu le cap.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:16



COMMUNIQUE DE PRESSEde Jacques MYARD
Député de la NationMaire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République


 

Le 30 Août 2013




Une fois n'est pas coutume , je crie "Vive l'Angleterre ! "

Le vote de rejet de la résolution portant sur les frappes sur la Syrie par le Parlement britannique marque le retour d'un peu de raison dans l'hubris guerrier des gouvernements occidentaux .

A l'évidence , les députés britanniques n'ont pas été convaincus par les arguments de preuves présentés par leur gouvernement . Ils ont ainsi fait preuve de bon sens , les frappes loin de résoudre la crise ne feraient qu'aggraver la situation et risquer d'embraser toute la région véritable poudrière !

De plus , le parlement britannique montre l'exemple d'un parlement souverain , le parlement français pourrait s'en inspirer justement , l'absence de vote à l'Assemblée nationale remplacée par un simple débat sans suite apparait plus que dérisoire ! Un vote s'impose !

En l'occurrence , le Président de la République serait bien avisé de revoir sa copie et de corriger son discours guerrier , quant aux Américains qui prétendent agir seul - sans l'aval du Conseil de Sécurité - et alors que leurs principaux alliés refusent de les suivre ils devraient savoir que le monde a changé et qu'après la faute stratégique de l'Irak , rien ne les oblige à en commettre une autre !

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:58

 Boulevard Voltaire

 

 

Le 29 août 2013

Charlotte
d'Ornellas
Journaliste indépendante

 

Bachar el Assad, le président syrien, ne peut faire mieux que d’apostropher certains leaders occidentaux, à l’annonce d’une probable intervention militaire : « N’ont-ils pas compris que toutes ces guerres n’ont apporté que la ruine et l’instabilité au Proche-Orient et dans d’autres régions du monde ? » En cela, personne ne viendra le contredire, surtout pas les chrétiens d’Orient.

Ainsi, en 2001, monseigneur Coutts, évêque de Faisalabad, reçoit la visite d’un l’imam alors que Bush décide de bombarder l’Afghanistan, imam qui lui dit : « Empêchez-le d’attaquer les musulmans », sachant que l’action d’un Occidental sera toujours tenue pour être celle d’un chrétien, c’est donc contre eux que se retourne la colère. Les chrétiens irakiens confirment : « Nous étions, dès le premier jour, considérés comme les collaborateurs des Américains, puisque nous étions chrétiens ».

Mais la France s’apprête malgré tout à s’engager, avec l’Angleterre et les États-Unis, aux côtés des “Combattants de la liberté”. Eux qui n’hésitent pas à lancer « des appels au meurtre des infidèles depuis les minarets » selon le témoignage d’un jeune chrétien syrien, où à s’illustrer dans des vidéos rivalisant de sauvagerie.

L’opposant syrien Haytam Mana, responsable à l’étranger de la Coordination nationale pour le changement démocratique, confirme au journal belge, Le Vif : « Comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ? »

Oui, mais Bachar el Hassad aurait utilisé des armes chimiques…

La ficelle est un peu grosse, surtout quand l’annonce est faite alors que les rapporteurs de l’ONU n’ont rien affirmé, que certaines photos du « massacre » se sont avérées égyptiennes ou irakiennes, ou que du gaz sarin était trouvé chez les rebelles quelques mois plus tôt !

Mana est sceptique : « Les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or, ce matériel sert de preuve pour les Américains ! »

 

Le risque d’une intervention est le chaos.

 

C’est la raison pour laquelle de nombreuses autorités chrétiennes appellent à la prudence, à commencer par le Pape, pour qui la voie du dialogue est « l’unique option ».

La critique du patriarche latin de Jérusalem, qui avait fustigé « l’attitude criminelle des grandes puissances », en juillet dernier à Paris, est vive : « L’Occident et des États-Unis n’ont pas été attaqués par la Syrie. Avec quelle légitimité osent-ils attaquer ? Qui les a nommés policiers de la démocratie au Moyen-Orient ? » Il rejette lui aussi l’alibi fourni : « Il ne faut pas répéter cette comédie des armes de destruction massive [en Irak], alors qu’il n’y en avait pas. Ce pays est toujours dans une situation très critique. »

Monseigneur Audo, évêque chaldéen d’Alep, s’alarmait quant à lui sur les ondes de Radio Vatican :

 

 « S’il y avait une intervention militaire, cela voudrait dire, selon mon appréciation, une guerre mondiale. »

 

Mais le plus virulent est le patriarche syrien catholique Youssef III Younan : « Nous, les chrétiens, avons été trahis et vendus pour le pétrole. L’Occident soutient la démocratie au nom de régimes qui n’ont rien de démocratique : le Qatar et l’Arabie saoudite sont parmi les pays les plus arriérés du monde. Leurs dirigeants sont reçus dans les palais occidentaux en héros de la démocratie, du pluralisme, de la tolérance ! »

Prudence donc, avant que les Syriens n’aient à pleurer à l’instar de cette jeune irakienne : « Les droits de l’Homme, ce sont nos parents égorgés par les milices. Nous n’avons jamais rêvé de démocratie, au mieux nous avons parlé de liberté. »

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:16

Retraite : comparaison public-privé

  FONCTIONNAIRES SALARIES DU PRIVE

Age de départ à la retraite (à partir de 2017)

52 ans et 57 ans, 60 ou 62 ans 60 ou 62 ans

Base de calcul de la pension

6 derniers mois de traitement Régime de base : 25 meilleures années *

régimes complémentaires : ensemble de la carrière

Majorations parents famille nombreuse

+10 % pour 3 enfants
+15 % pour 4 enfants
+20 % pour 5 enfants
etc...
+10 % à partir de 3 enfants pour le régime de base
+10 % à partir de 3 enfants, plafonnés à 83 € par mois, pour les complémentaires

Distribution de trimestres gratuits (hors majorations pour enfants)

- Pour services hors Europe
- Pour services Outre-Mer
- Pour tous les agents autorisés à partir avant 55 ans
Non

Réversion (pour les veufs et les veuves)

Aucune condition Condition d'âge : (55 ou 60 ans, suivant la caisse)
Condition de ressources

Cotisation employeur

74,28 %** (payée par le contribuable) 16 %

Niveau de retraite garanti

Oui, au minimum 75 % du dernier salaire hors primes, pour une carrière complète Non

 * Dans la limite du plafond de la sécurité sociale    ** Pour les fonctionnaires civils d'Etat                                                   

Madame, Monsieur, 

Ces différences de traitement entre salariés des secteurs public et privé vous scandalisent ?  Vous en avez assez des injustices ?
Alors signez la pétition de Sauvegarde Retraites au Président de la République, François Hollande, pour exiger que la réforme globale des retraites - dont le vote par le Parlement est prévu à l'automne 2013 - instaure enfin l'équité entre tous les retraités.

Signez la pétition :
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 08:02

 

 

Boulevard Voltaire

Le 28 août 2013

Pierre-Edouard
Ducray
Responsable des études chez Sauvegarde Retraites

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

 

Pierre-Édouard Ducray est chargé des études au sein de l’association Sauvegarde Retraites. Il a bien voulu répondre à nos questions.

Le gouvernement vient de présenter son projet de réforme des retraites. Quelles en sont les mesures principales ?

En réalité, il ne s’agit pas d’une réforme… Les mesures qui ont été présentées par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, visent au contraire à multiplier les replâtrages pour préserver le système en l’état. En somme, il s’agit de raboter les retraites pour tenter de sauver le système, quel qu’en soit le prix.

 

Mais les sacrifices ne sont-ils pas surtout demandés aux actifs ?

Effectivement, une hausse des cotisations est prévue. Pour être précis, il s’agit plutôt d’une augmentation de l’augmentation puisque, l’an passé, le gouvernement a déjà décrété une hausse progressive des cotisations sur quatre ans. Aujourd’hui, vu la récession, une telle surenchère risque d’engendrer une baisse des salaires et une hausse du chômage. Ensuite, un nouvel allongement de la durée de carrière est également au menu. Ceux qui ont moins de 40 ans aujourd’hui devront travailler 43 ans. Il s’agit, en quelque sorte, de travailler plus pour gagner moins.

Les retraités sont épargnés ?

Non, le Premier ministre ne s’est pas attardé sur la question, mais le projet prévoit au moins deux mesures les concernant. La première touche les revalorisations annuelles. Aujourd’hui, elles ont lieu le 1er avril. Demain, ce sera le 1er octobre. Comme une entreprise en faillite partielle, l’État organise un retard de paiement. Il compte grappiller ainsi 1,4 milliard d’euros. La seconde consiste à fiscaliser l’intégralité des majorations de pension pour enfant, c’est-à-dire à augmenter tout simplement l’impôt sur le revenu des retraités.

 

Alors tout le monde est perdant ?

Oui, surtout dans le sens où cette politique ne résout rien. Ces mesures n’apportent même pas un tiers des ressources nécessaires. Si elles ont un impact neutre sur l’économie – ce qui est malheureusement peu probable –, elles devraient permettre de dégager sept milliards d’euros sur les vingt milliards escomptés. Et encore, les besoins de financement fixés à ces vingt milliards d’euros sont largement sous-estimés. Ils ne prennent pas en compte les surplus nécessaires qu’il faudra pour financer la retraite des fonctionnaires, ni une part des subventions publiques prises en charge par l’État, lui-même déficitaire. En revanche, les bénéficiaires des régimes spéciaux s’en sortent bien, le gouvernement a pris soin de préserver leurs avantages…

Peut-on procéder autrement ?

Soyons clairs : à force de retarder les échéances, il n’y a plus de solution miracle. En revanche, il existe des alternatives beaucoup plus justes et qui surtout permettraient de ne pas hypothéquer l’avenir de notre économie. Déjà, il est urgent que les régimes spéciaux soient réellement réformés. Le gouvernement ne peut pas, d’un côté, donner des leçons de justice sociale et de morale égalitariste et, de l’autre, préserver des privilèges d’un autre âge, sous prétexte qu’il ménage sa clientèle électorale. Ensuite, il faut tout remettre à plat comme l’ont fait la plupart de nos voisins européens en basant cette réforme de fond sur deux grands piliers : d’une part, un plafonnement des cotisations obligatoires et l’interdiction de recourir à l’emprunt dans un système en répartition, ce qui permet de respecter le principe d’équité et de solidarité entre les générations ; et, d’autre part, la consécration du principe « à contribution égale, retraite égale », ce qui permet, cette fois, de garantir l’équité entre les personnes d’une même génération.

En savoir plus : sauvegarde-retraites.org

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 07:43

Boulevard Voltaire

 

Le 28 août 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

« Ce crime de trop appelle une riposte », titrait Le Monde, avant-hier. Tous les crimes sont « de trop », mais on se tromperait si l’on inférait de ce titre vengeur que le grand quotidien du soir s’est rallié à l’idée qu’en droit commun tout crime appelle une sanction. Le crime visé par l’éditorial va-t-en-guerre de notre confrère moralement correct était naturellement l’attaque meurtrière au gaz qui a fait plusieurs centaines de victimes le 21 août dernier dans les faubourgs de Damas. Nul ne saurait plus ignorer que le recours aux armes chimiques constitue en effet un crime au regard des conventions internationales qui le proscrivent. Comme on ne saurait penser à tout, aucune convention internationale n’interdit ni le recours au terrorisme, ni l’égorgement de ses adversaires, ni d’ailleurs la guerre, civile ou non. C’est une lacune que l’on comblera certainement un jour ou l’autre.

Revenons au crime perpétré sur le territoire syrien. Les États-Unis ayant donné le ton, il n’y a plus aucun doute pour tous ceux qui, de par le monde, ont réglé leur montre, leur conscience et leur politique sur l’heure américaine que Bachar el-Assad est l’auteur du massacre. Tant pis pour les commentateurs pointilleux qui, ici et là, observent que l’accusation fait fi de la présomption d’innocence, qu’un certain nombre de précédents qui sont encore dans tous les esprits devraient nous inciter à ne prendre qu’avec des pincettes les « preuves » made in USA, que la moindre des choses serait d’attendre les conclusions des enquêteurs dépêchés sur le terrain par l’ONU, et pour finir que seul le feu vert du Conseil de sécurité légitime une intervention armée dans les affaires d’un État souverain. Foin des réticences, des scrupules, du respect du droit. L’heure est à la « riposte ».

Une riposte est normalement la réponse de l’offensé à l’offenseur, de l’agressé à l’agresseur, de celui qui a subi un dommage à celui qui le lui a infligé. En droit commun, s’agît-il de légitime défense, il est stipulé que la riposte doit être proportionnée à l’attaque. Aurions-nous donc été attaqués, offensés ou lésés par le gouvernement syrien que nous devions « riposter » à l’action qu’il a peut-être menée dans le quartier rebelle de la Ghouta ?

Que les États-Unis, avec la bénédiction d’Israël, montrent leurs muscles et saisissent l’occasion de porter un coup à un État protégé par Moscou et par Téhéran, c’est leur politique, lourde de dangers dont ils prennent le risque. Que la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar fassent tout pour installer les sunnites aux commandes de la Syrie, quitte à financer, à encourager, à recruter, à entraîner les djihadistes, vipères qu’ils auront réchauffées dans leur sein, c’est leur choix, irresponsable mais délibéré.

Mais nous, nous la France, qu’allons-nous faire dans cette galère, qu’allons-nous mettre le doigt dans l’engrenage qui va nous happer peu à peu ? Sur quelles bases juridiques, sur quelles bases politiques, sur quel raisonnement cohérent? Depuis quand sommes-nous en guerre avec la Syrie ?

On avait cru comprendre, il y a neuf mois, lors de l’intervention française au Mali, menée dans l’urgence et la clarté, à l’appel du gouvernement de Bamako, avec l’aval de l’ONU et le soutien de l’opinion, que la France prenait rang à l’avant-garde des pays résolus à s’opposer aux infiltrations et aux empiètements du terrorisme islamiste. Les errements de notre diplomatie face aux révolutions et aux évolutions tunisienne puis égyptienne pouvaient être mis sur le compte de notre ignorance et de notre prudence. Mais en faisant cause commune avec les fous de Dieu qui mènent aujourd’hui le djihad contre Bachar el-Assad, nous sommes en pleine démence, et nous paierons tôt ou tard les conséquences de l’erreur tragique que nous allons commettre.

François Hollande a pris des airs de Jupiter tonnant pour annoncer au monde que « la France » avait décidé de « punir » la Syrie. La France n’a rien décidé du tout, et n’a aucunement les moyens d’un tel langage. Le gouvernement français ne se met en avant dans cette affaire, où les Français ne le suivent pas, que parce qu’il sait que ses arrières sont protégés par plus fort que lui. Ce n’est même pas la politique du chien crevé au fil de l’eau. Ce sont les gambades du caniche qui veut se faire bien voir de son maître, les aboiements du roquet qui à la première alerte se réfugira dans les jambes de son propriétaire. Comme quoi une politique imbécile peut aussi être une politique ridicule.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:46

 

 

Boulevard Voltaire

 

Le 27 août 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

 

C’est en 1921 que l’on recourut pour la première fois aux gaz dans un conflit au Moyen-Orient. Un jeune officier anglais, promis au plus brillant avenir, était à l’origine de cette idée neuve en Asie. Plus tard, devenu maréchal de l’Air et connu sous le surnom de « Bomber Harris », il devait être l’organisateur des raids de terreur et d’anéantissement sur Cologne, Hambourg et Dresde. Trois ans après la fin de la Première Guerre mondiale, l’ypérite, généreusement répandue par l’aviation de Sa Gracieuse Majesté, fit merveille contre les tribus irakiennes allergiques au passage de leur pays sous mandat britannique et la « communauté internationale » ne s’en émut pas autrement. Il est vrai que les belligérants européens s’en étaient copieusement et réciproquement aspergés depuis 1915. Ce n’est qu’en 1925 que le « gaz moutarde » fut proscrit par le Protocole de Genève.

En mars 1988, Saddam Hussein utilisa à son tour un gaz de sa façon contre les rebelles kurdes d’Irak. Avec succès. Le monde ne s’en formalisa guère sur l’instant et la CIA continua de fournir des renseignements, militaires et autres, au « maître de Bagdad ». Il est vrai que celui-ci était encore à l’époque le bon petit soldat à l’avant-garde du combat déjà engagé par les États-Unis contre l’Iran. C’est seulement en 1993 que fut élaborée la convention internationale d’interdiction des armes chimiques, aujourd’hui ratifiée par 188 États sur les 196 représentés à l’ONU.

On mesurera les rapides progrès de la conscience universelle à l’ampleur de la condamnation et à celle de la riposte à l’emploi probable de ces armes proscrites, le 21 août dernier, par l’armée syrienne dans la banlieue de Damas. Gouvernements et médias rivalisent ces jours derniers de sévérité à l’égard du régime de Bachar el-Assad. La réprobation des États-Unis, entre autres vigies des droits de l’homme, est d’autant plus émouvante et d’autant plus légitime qu’elle vient d’un pays qui, pendant des années, a déversé sur le Vietnam des millions de tonnes d’agent orange et a tiré des obus enrichis à l’uranium pendant les deux guerres d’Irak. La mise de la Syrie au ban des nations civilisées ne résulte que de la plus spontanée et la plus compréhensible des indignations, et c’est pur hasard si le nombre, le nom et les limites des pays qui réprouvent les crimes de Bachar el-Assad recoupent le nombre, le nom et les limites des États occidentaux et de leurs alliés sunnites engagés dans la croisade contre l’islam chiite.

Quoi qu’il en soit des motivations réelles et de la sincérité de cette coalition contre-nature, étrangement acoquinée avec Al-Qaïda et décidément indifférente aux atrocités perpétrées par la barbarie djihadiste, c’est dans les jours prochains, selon toute vraisemblance, que les Machiavel irresponsables qui nous dirigent vers l’abîme s’apprêtent, sans preuves, sans mandat de l’ONU, sans consultation de leurs Parlements et bien souvent contre la majorité de leurs opinions publiques, à châtier le régime syrien.

Quelle forme prendra l’intervention occidentale, quelle sera sa durée, quelles seront ses cibles ? Puisque, de l’avis unanime, l’Occident n’engagera pas un homme au sol dans ce nouveau bourbier, c’est à partir de ses destroyers, de ses avions et de ses drones que seront visés et éventuellement atteints des objectifs militaires et peut-être même des cibles humaines dument repérées et choisies. La punition, vraisemblablement brève, sera renouvelée, voire aggravée, si le gouvernement syrien est de nouveau pris en faute, et autant de fois qu’il le faudra, avec l’objectif de mettre définitivement à genoux un régime protégé par la Russie et soutenu par l’Iran.

Que résultera-t-il de ces jets d’huile sur le feu ? Un peu plus de morts, un peu plus de dégâts, un peu plus de confusion. Éventuellement l’affaiblissement et la chute d’un des derniers gouvernements arabes qui constituent un rempart contre le terrorisme islamiste, un peu plus de rancune et de haine contre l’Occident et ses ingérences, un nouveau pas vers la généralisation et l’internationalisation du conflit qui embrase déjà la Syrie, le Liban, l’Irak et le Yémen. Il faut vraiment n’avoir pas suivi ou n’avoir pas compris l’histoire et l’évolution du monde musulman ces dernières années pour croire encore que l’Occident a la moindre chance d’y installer la démocratie à coups de missiles.

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