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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 09:01

Bd Voltaire

 

Le 18 octobre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

 

Ardente, courageuse, généreuse, spontanée, prompte à se lever contre l’injustice… Et nous qui, parfois, désespérions de la jeunesse de France ! Qu’on lui donne une grande cause à défendre et, comme aux jours les plus glorieux de notre histoire, comme en juillet 1830, comme en novembre 1940, comme en mai 1968, la voilà qui n’hésite pas à sécher les cours pour sécher les pleurs de Leonarda, la voilà qui bloque l’entrée des lycées et des collèges au nez et à la barbe des proviseurs, la voilà qui descend dans la rue, la voilà qui marche de la Nation à la Bastille, qui condamne les expulsions, qui dénonce l’oppression, qui brave la répression, qui demande la démission d’un ministre, qui proclame que « nous sommes tous des Khatchik et des Leonarda », qui exige que la France accueille sans plus tarder toute la misère du monde (ce qui ne signifie pas que chaque lycéen et chaque lycéenne soient prêts à partager leur chambre, leur salle de bains et leurs céréales du matin avec une famille arménienne ou une famille kosovare, ni même qu’ils renoncent à leurs vacances de la Toussaint pour maintenir la pression sur le gouvernement).

Leur générosité fût-elle plus théorique qu’effective et plus émotionnelle que réfléchie, il serait malvenu de railler ou de blâmer l’élan du cœur qui pousse des adolescents à se solidariser avec leurs camarades expulsés. Mais, sauf à céder aux facilités de la démagogie, on se doit de leur dire que cette générosité est dévoyée. Ce n’est pas parce qu’il était étranger, ce n’est pas parce qu’il était arménien, ce n’est pas parce que la France et M. Valls seraient racistes, xénophobes ou égoïstes, que le jeune Khatchik a été reconduit manu militari dans son pays d’origine, mais pour vol à l’étalage, qui n’est pas la meilleure façon de se faire admettre dans le pays qui vous donne l’hospitalité. Quant à la pauvre Leonarda, ce n’est pas à la République de lui rendre des comptes mais plutôt au père violent, voleur, menteur et imposteur qui est cause de son malheur.

Générosité dévoyée, donc, mais aussi générosité manipulée. Le Front de gauche, le NPA, Lutte ouvrière, tous les groupuscules d’extrême gauche et la gauche du PS se sont naturellement abattus comme des rapaces sur deux faits divers qu’ils ont racontés et travestis à leur manière dans l’intention de mieux les récupérer. Mais c’est surtout, comme on pouvait s’y attendre, la FIDL, l’UNL, SOS Racisme, l’UNEF, qui ont sauté sur l’occasion. Le passage par ces organisations est depuis des années, quasi institutionnellement, la première étape et le point de départ du cursus honorum des dirigeants socialistes de ce pays, et ce n’est pas Jean-Christophe Cambadélis, David Assouline, Harlem Désir ou Delphine Batho qui me démentiront. Les agitateurs d’aujourd’hui sont les cadres de demain, et nous pouvons dès aujourd’hui inscrire dans nos tablettes le nom d’Ivan Dementhon, ce jeune leader lycéen qui a promis que les manifestations reprendraient à la rentrée. Le malheur des uns est le tremplin des autres.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 08:06

Bd Voltaire

 

Le 18 octobre 2013

Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
Son blog.

Leonarda. Avec Fiona, le prénom féminin qui fait la une des médias. Et à écouter certains, on croirait que Valls et ses sbires sont allés l’enterrer, elle aussi, quelque part au fond de la forêt après l’avoir passée à tabac. Mais non, Leonarda va bien, elle répond même obligeamment aux questions, entourée de ses parents et de ses frères et sœurs, là-bas, dans son pays. Son pays, le Kosovo, pour lequel, rappelons-le, le contribuable et le militaire français ont payé ces dernières années un large tribut pour que ses habitants puissent y vivre en paix.

Quel est le problème, au fond ? Son mode d’expulsion, qui serait « infâme », « indigne », digne d’une « rafle » ? Mais que s’imagine-t-on ? Que ce genre d’opération se fait habituellement dans la joie et la bonne humeur ? Que les clandestins qui, par définition, n’ont aucune envie de repartir et qui ont déjà montré que, pour cela, ils étaient prêts à contrevenir à la loi, honorent bien volontiers les rendez-vous à l’aéroport que leur a fixé ce sympathique tour operator qu’est la police française ?

La vérité, comme l’a reconnu Najat Belkacem elle-même, sur RTL, est que dans chacune de ces histoires il y a souffrance. Évidemment, puisque l’intéressée voulait rester. Du reste, après le cas Leonarda, commence déjà à poindre le cas Khatchik Khachatryan, pour lequel il y a déjà des manifestations devant le rectorat parisien, des lycées bloqués, et Daniel Vaillant qui en appelle à Manuel Valls. Cet Arménien de 19 ans est arrivé avec sa famille en 2011 et a été scolarisé dans un lycée professionnel du XVIIIe arrondissement. Identifié comme « sans-papier » lors d’une arrestation pour un vol commis aux Halles, il a été expulsé samedi.

Faut-il, lui aussi, le faire revenir, comme on le suggère, pour Leonarda, dans les rangs écolos et au gouvernement ? Mais, dans ce cas, dans un esprit de justice élémentaire, affrétons donc des paquebots, des avions, des ferries, et instituons donc « le retour pour tous ». Tous ceux que nous avons honteusement, rudement, maladroitement expulsés ces dernières années. Et tant que nous y sommes, pour économiser gas-oil et allers-retours fatigants, supprimons la notion même d’immigré clandestin : vive les « Papiers pour tous » ! Que l’accession à la nationalité française devienne celle d’un quai de métro un jour de grève des contrôleurs. Pour qu’il n’y ait plus jamais de Leonarda ni de Khatchik.

Évidemment, il y a la loi. Mais la loi, il paraît qu’on s’en bat l’œil. Ce n’est pas moi qui le dis mais le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. « Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme. » L’objection de conscience, quoi. Celle que l’on refuse obstinément aux maires, parce que, pas touche, ôtez de là vos sales pattes, c’est un joujou exclusivement de gauche. Un joujou chargé, en plus, avec des vraies balles… Pour la roulette russe. Parce que le coup des valeurs plus fortes que la loi risque de ne pas tomber dans l’oreille d’un sourd. Et pour certain segment spécialement chouchouté de l’électorat socialiste, de faire jurisprudence. Les valeurs de l’islam, par exemple ?

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 07:59

Bd Voltaire

 

Le 18 octobre 2013

Fabrice
Le Quintrec
Journaliste
Journaliste à Radio France, spécialiste en revue de presse, ancien attaché culturel au Japon.

La voix et la frimousse de Leonarda nous sont devenues familières ces dernières heures, grâce aux multiples interviews qu’elles a accordées à des médias bien disposés à son égard. Il y a de fortes chances qu’on la retrouve bientôt en famille sur le sol français. Au plus haut niveau de l’État, on a déjà amorcé une marche arrière : une enquête administrative est en cours, et s’il y a eu faute, a prévenu Jean-Marc Ayrault, la situation de la famille Dibrani sera « réexaminée en fonction de notre droit, de nos principes et de nos valeurs ». Si ce dénouement favorable se confirme pour elle, Leonarda aura raté une sortie scolaire mais gagné en notoriété ; son cas constituera une manière de jurisprudence.

Avec persévérance, un certain savoir-faire et sans doute quelques soutiens (qui se sont nettement amplifiés au cours des dernières heures), ces ressortissants rom du Kosovo se sont arrangés pour « durer » le plus longtemps possible sur le territoire national ; c’est ce qu’on appelle en football « jouer la montre » pour tenir un résultat. Tous les recours ayant été épuisés, un arrêté de reconduite à la frontière a été mis en œuvre. Peut-être des maladresses techniques ou psychologiques ont-elles été commises et, dans ce cas, le préfet du Doubs servira sans doute de fusible.

On peut comprendre que les camarades de Leonarda se mobilisent en sa faveur, mais la France est quand même un pays bizarre : voilà des gens entrés illégalement sur le territoire national, en provenance d’un pays censé être une démocratie puisque plusieurs pays occidentaux ont fait, au printemps 1999, la guerre à l’ex-Yougoslavie de Milošević pour imposer l’existence d’un État indépendant kosovar contrôlé par les combattants de l’UÇK (il y aurait beaucoup à dire à leur sujet, mais là n’est pas mon propos) ; ce statut de clandestins ou de contrevenants confère, apparemment, des droits en matière de scolarisation et aussi de couverture médicale, il permet des recours et des manœuvres dilatoires. Et à partir du moment où un enfant « sans papiers » est scolarisé, il deviendrait, dans les faits, inexpulsable, ainsi que ses parents, frères et sœurs ! C’est une spécificité française. Allez expliquer ça à des Américains, Japonais ou Brésiliens, ils ouvriraient des yeux tout ronds.

Aux dernières nouvelles, le père de Leonarda aurait aussi ajouté, pour faire bonne mesure, quelques mensonges dans son dossier administratif afin de mieux abuser les autorités françaises. On ignore, pour l’instant, si cela lui vaudra un surcroît d’indulgence…

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 19:13
 

Cinq cents personnes se sont réunies le 16 octobre, à Bordeaux, pour assister au lancement d’un « Grenelle » visant à construire un projet alternatif au prochain projet de loi sur la famille.

 

 

17/10/13 - Mis à jour le 17/10/13 - 16 H 13

 

 « Nous allons faire ce que le gouvernement nous refuse depuis un an : un grand débat citoyen sur la famille ». Dans une ambiance digne d’un meeting politique, pendant deux heures, les différents porte-parole de « La Manif pour tous » (LMPT) ont justifié le lancement de leur « Grenelle de la famille » auprès de 500 personnes à l’Athénée municipal de Bordeaux, où il ne restait plus une seule place assise. 

Au cœur des inquiétudes, la loi Taubira sur le mariage pour tous, l’abaissement du quotient familial, mais aussi le prochain texte préparé par le ministère de la famille. Pour la présidente du mouvement, Ludovine de la Rochère, il est urgent d’agir pour défendre le modèle de plus en plus fragilisé d’une famille « classique » – un papa, une maman et des enfants –, car « c’est le lieu d’éducation, de solidarité et d’avenir ». 

Six thèmes à explorer

Ce Grenelle s’organise autour de six thèmes qui seront développés dans six grandes villes : le couple à Lyon, la filiation à Nantes, l’éducation à Lille, la lutte contre la paupérisation des familles à Paris, la solidarité intergénérationnelle à Marseille et la qualité de vie à Bordeaux. Des forums publics vont avoir lieu jusqu’à la fin décembre afin d’aboutir à la publication d’une première partie d’une proposition de loi « alternative » – les principes fondateurs – à la mi-janvier, en attendant le second volet – les mesures – en février. 

Dans chaque ville, des groupes de quarante personnes – vingt experts (représentants des associations, syndicats, professions libérales, voire parlementaires…) et vingt sympathisants – vont être constitués. 

Un site Internet va également être ouvert dans les prochains jours pour permettre à tout Français d’apporter sa contribution. Organisé, structuré dans les moindres détails, le mouvement veut montrer qu’il est dans une phase « d’opposition constructive » pour fédérer au maximum.

Peser sur les municipales

Les objectifs sont clairs : non seulement élaborer un texte pour faire contrepoint aux projets gouvernementaux, mais aussi peser sur les municipales en amenant les candidats à se positionner sur des sujets clés comme la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui). Mercredi 16 octobre, plusieurs élus locaux étaient déjà là, comme Hugues Martin – qui va s’engager dans un groupe d’experts – adjoint au maire de Bordeaux, présent à « titre personnel » ou le secrétaire départemental du FN.

Des sympathisants impliqués

L’idée de ces groupes de travail séduit aussi des sympathisants désireux d’être utiles. « C’est très concret. Je vais y participer », confie Côme, 21 ans, étudiant en école de commerce. « C’est pratique, on peut contribuer depuis chez soi sur Internet », loue Katel, 22 ans, étudiante. Les sympathisants sont particulièrement déterminés, à l’image de Béatrice, 70 ans. « Je me battrai jusqu’au bout pour ne pas laisser une société délabrée par la théorie du genre à mes quatorze petits enfants », explique cette fervente catholique. « Nous sommes le plus grand mouvement populaire depuis mai 68 », a lancé à la salle Camel Bechikh, l’un des porte-parole de LMPT. « Nous sommes les gardiens d’un patrimoine. Soit nous nous engageons, soit nous sommes complices ». 

 

NICOLAS CESAR (à Bordeaux)
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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 07:57

 Bd Voltaire

 

Le 17 octobre 2013

Nicolas
Gauthier
Journaliste, écrivain.
Nicolas Gauthier est auteur avec Philippe Randa des Acteurs de la comédie politique. .

 

Presque chaque jour que Dieu fait, un paysan se donne la mort. Il se pend dans sa grange ou se tire un coup de fusil en pleine tête. Acculé à la ruine, étranglé par les banques, également en proie à la détresse sexuelle, au désert sentimental – quelle fille sensée pour épouser un crève-la-faim ? –, le paysan français paupérisé, de plus en plus déclassé, maintenant se suicide ; c’est la profession la plus touchée par ce fléau, loin devant les professeurs et les policiers. Mais il le fait discrètement, sans faire de bruit. Comme s’il dérangeait.

Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’il est désormais la proie privilégiée des bandits de grand chemin. On lui siphonne ses tracteurs. Quand on ne les lui vole pas. On lui pique ses récoltes. On lui égorge ses bêtes. On lui vole son matériel. On lui dit aussi qu’il serait malvenu qu’il en vienne à se défendre.

Le phénomène est devenu si massif que même Le Figaro s’en rend compte ; c’est dire… Paroles de victimes : « Nous sommes face à une banalisation de ces vols, qui restent impunis. Dans le meilleur des cas, quand les voleurs sont arrêtés, ils sont relâchés le lendemain avec des risques de représailles, notamment de la communauté des gens du voyage. De plus en plus d’agriculteurs exaspérés parlent de se faire justice eux-mêmes. On n’entendait pas cela avant. »

Il est un fait que les chiffres sont éloquents : plus de 7.800 vols recensés par les gendarmes depuis le début de l’année. Et de braves gens qui, trimant dur, n’en peuvent plus. Alors, bien sûr, les képis tentent de multiplier les rondes de nuit, d’appeler les uns et les autres à se mobiliser sur Internet par SMS interposés. Mais, comment dire, ce bidule bidouillé à la va-vite a tout du sparadrap sur une jambe de bois. Entre un voyage aux Antilles et un raout marseillais, Manuel Valls devrait bientôt s’en aller visiter quelques fermes, emprunter ainsi les traces de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy et son fameux Sarko-show itinérant.

En attendant, nos paysans disparaissent peu à peu du paysage. Hormis la FNSEA, ils ne pèsent rien en termes de lobbying politique. N’ont que peu de réseaux médiatiques. Et leur poids électoral n’est plus que peau de chagrin.

Rien d’étonnant alors, à ce que Le Figaro de ce mercredi 16 octobre pointe du doigt le rejet du monde rural vis-à-vis du pouvoir en place. François Hollande hué en pleine visite officielle, aux cris de « Démission ! » ou de « Le Pen ! ». En effet, nous y voilà… Des résultats frontistes qui, d’élection en élection, de partielle en partielle, doublent ou triplent. Pas forcément par engouement lepéniste, mais parce que, pour ceux qui se sentent dépossédés de tout, il faut bien se raccrocher à quelque chose…

Et puis, on oublie trop souvent ceci : ces gueux que l’on méprise sont aussi ceux qui nous nourrissent. Ceux qu’on implorait jadis, du temps de l’Occupation, quand une bourgeoise de la haute aurait bazardé ce qui lui restait de vertu contre six œufs et un saucisson.

D’ici là, faute de voir les pouvoirs publics venir à la rescousse de cette noble profession, il ne faudra pas non plus s’étonner que certains de ces gens de peu, mais gens de bien, nous la jouent façon Jean Gabin dans La Horse. Le fusil est un bon argument et l’avantage des cochons, c’est que cela bouffe de tout. Jusqu’au dernier os.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 08:06

 

 

Le 16 octobre 2013

Bd Voltaire
Nicolas
Gauthier
Journaliste, écrivain.
Nicolas Gauthier est auteur avec Philippe Randa des Acteurs de la comédie politique.

Et un drame de plus. Une jeune écolière kosovare qui vient de se faire expulser de sa classe de troisième, à Levier, dans le Doubs. Un drame, oui. Une fillette arrachée à son pupitre (en l’occurrence, le car de sa sortie scolaire), promise à retourner dans son pays d’origine.

Mais il n’y a pas que Margot pour pleurer dans sa chaumière, le Front de gauche sort aussi les mouchoirs. Et badaboum et tralalère, toujours le même discours en forme de moulin à prières qui dénonce « la lepénisation des esprits ayant décidément pris ses quartiers place Beauvau ». Quelle imagination dans la dialectique…

Ce fait divers, pour éminemment déplorable qu’il soit, n’en est pas moins emblématique. Et nous rappelle ce vieux sujet de philo à l’occasion duquel il était demandé aux élèves ce qu’il valait mieux pour l’ordre public : un désordre ou une injustice ?

À l’époque, les profs devant lesquels les élèves se levaient encore dès qu’ils arrivaient en classe avaient souvent l’affaire Dreyfus en ligne de mire. Et ces deux points de vue a priori contradictoires : mettre l’officier innocent en prison, injustice censée nous préserver d’un désordre. Ou le libérer, sachant que la justice devait prévaloir sur l’ordre. Pas de chance, on eut les deux : injustice et désordre, sachant que l’une mène fatalement à l’autre, et inversement.

Le désordre ? Cette politique d’immigration devenue folle. L’injustice ? Celle qui frappe cette gamine. Mais il y a encore une autre injustice, injustice d’autant plus grande qu’elle frappe non point des réfugiés kosovars, mais des Français, tenus de cohabiter avec des populations de plus en plus envahissantes. Jusqu’à ressentir ce sentiment délétère consistant à se considérer comme minoritaires dans une patrie où, nonobstant, ils sont encore majoritaires. Se sentir étranger en son propre pays, quoi de pire…

Fameuse « peur de l’autre », célèbre « repli frileux », dira-t-on. Comme dans ces rédactions dont les journalistes évitent généralement de frayer avec le commun, France d’en bas, France des pavillons, France qui était même peut-être autrefois celle de leurs lecteurs.

Alors oui, ce qui vient d’advenir à la petite Leonarda peut évidemment prêter à la compassion. Qu’il nous soit néanmoins permis de contenir nos larmes pour des causes qui nous sont autrement plus proches. Et, une fois encore, de réserver nos flèches aux véritables coupables de ces maux : en un mot comme en cent, rien ne sert de taper sur les opprimés, si l’on ne conduit pas les oppresseurs à la potence.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 07:57
Le 16 octobre 2013
Bd Voltaire
Xavier
Raufer
Docteur en géopolitique et criminologue
Il enseigne dans les universités Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de Sciences politiques et de droit (Pékin).

D’abord ceci : la Grande-Bretagne n’est pas un sinistre goulag, mais la « mère des démocraties » et un impeccable État de droit. Ensuite, nous vivons en Europe et dans la mondialisation : tout phénomène social majeur affectant un pays voisin et ami devrait attirer l’attention et susciter les commentaires.

Or, le gouvernement et les médias aux ordres camouflent l’accablant fait suivant : de 2006 à 2012, la Grande-Bretagne a fait du Taubira pur sucre, vidé ses prisons et recouru à ces peines alternatives mêmes dont Mme Taubira et ses gourous vantent obstinément la magistrale efficacité. Mais six ans plus tard, l’échec est tel que, du ministre de la Justice à la Chambre des communes, travaillistes inclus, tous dénoncent le scandale et exigent le retour d’une politique pénale ferme et des incarcérations réelles et subies.

Le Taubira britannique, c’est le député David Hanson qui, en 2008, déclare : « La prison n’est pas la meilleure solution… Des peines alternatives diminueraient le risque de récidive et, donc, la criminalité. » – la vulgate habituelle de la « culture de l’excuse », serinée par les idéologues entourant Mme Taubira.

Dès 2007, application brutale de la doctrine : dès lors, sur environ un demi-million de malfaiteurs condamnés (Angleterre + Pays de Galles) pour violences, crimes sexuels, cambriolages, vols à main armée, vols, trafics de stupéfiants, etc., seuls 40.000 sont incarcérés, les autres libérés moyennant une peine alternative (« community sentencing »). Sur 168.000 primo-condamnés, 95,7 % échappent ainsi à la prison. Seuls 20 % des auteurs de vols à main armée et de vols avec violence sont incarcérés.

Or, récemment, l’ONG « Centre for Crime Prevention » fait déclassifier les chiffres pertinents du ministère britannique de la Justice : ce qu’ils révèlent est accablant. Le « community sentencing » échoue complètement à protéger les citoyens britanniques et à prévenir la récidive des criminels – son objet même.

• 35 % des adultes condamnés à une peine alternative récidivent l’année même de leur condamnation. De 2007 à 2012, 123.675 infractions sont ainsi commises par 37.833 malfaiteurs, peu après leur condamnation. Des délits, voire des crimes, auraient bien sûr été évités si leurs auteurs avaient été incarcérés, au lieu de rôder dans les rues avec, au pire, un vague bracelet à la cheville.

• Preuve de l’échec, les condamnés « alternatifs » finissent quand même le plus souvent en prison : 76 % des 107.688 malfaiteurs incarcérés en 2011 et 2012 avaient précédemment « subi » un « community sentencing » et les deux tiers de ceux-ci au moins deux de ces pseudo-condamnations.

Cela, Mme Taubira et ses thuriféraires médiatiques nous le cachent. Est-ce normal ? Est-ce honnête ?

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 07:44

Bd Voltaire

 

Le 15 octobre 2013
Joris
Karl
Journaliste.

Le dimanche 13 octobre 2013 restera peut-être dans l’histoire politique comme la date du basculement : le FN net vainqueur d’une coalition « républicaine » à Brignoles, mais surtout la première élection du tiers-monde à Marseille, dans ce qu’il va bien falloir appeler l’ex-France.

Samia Ghali (25 %), l’idole des quartiers nord, devance Patrick Mennucci (20 %) alors que la ministre déléguée en charge des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti (19 %), pourtant favorite des sondages, est éjectée dès le premier tour !

Outre que Samia Ghali, adoubée depuis des mois par le système médiatique, l’emporte nettement, c’est l’étrange ambiance qui a régné tout au long du scrutin qui frappe les observateurs. On savait que Marseille se détachait peu à peu culturellement, démographiquement de la France, mais cette élection nous confirme que le processus de tiers-mondisation est plus avancé que prévu.

Alors que les résultats étaient encore loin d’être connus, la ministre candidate Carlotti fit un discours stupéfiant devant les caméras : « Comme tout le monde a pu le constater, nous avons assisté au cours de cette journée à un fonctionnement à plein régime du clientélisme. Personne n’avait vu jusqu’à présent ce système fonctionner avec une telle puissance, avec un tel sentiment d’impunité, à la vue de tous, avec des dizaines de minibus qui sillonnent la ville, avec des échanges d’argent, des intimidations, le tout avec une organisation que je qualifierai de paramilitaire. »

Incontestablement, les incidents se sont multipliés dans toute la ville : on parle d’un bureau, dans le XIIIe arrondissement, où tous les noms (500 à 700 personnes) ont disparu des listes d’émargement ! De son côté, René Stefanini, membre de la Haute Autorité des primaires, raconte qu’une liste de 5.000 électeurs comportait… 5.000 erreurs, « ce qui a empêché tous les électeurs de cette liste de voter ». Libération explique pourtant que « les organisateurs ont tenté de se protéger un peu des mœurs marseillaises en choisissant des présidents de bureaux de vote venus d’ailleurs. Inconvénient : ils ne sont pas habitués au climat local et se laissent parfois impressionner lorsque le ton monte. Ainsi, la présidente du bureau 49 (celui où les dates de naissance étaient fausses) laisse tomber assez vite. Elle n’en peut plus d’entendre tout le monde hurler autour d’elle. Elle démissionne, il faut faire venir en urgence un “président volant”. »

Sur i>TELE, les images des minibus et voitures conduits par les militants — avec l’affiche « Je vote Samia Ghali » plaquée sur le pare-brise —, qui venaient chercher les électeurs dans les cités, donnaient une couleur plutôt exotique à cette primaire.

On croit cauchemarder. Mais non, ce dimanche, Marseille, en pleine clochardisation électorale, a semble-t-il entamé le processus qui l’amènera au vote ethnique pur et simple.

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 22:40
Un médecin dénonce les graves dérives de l’AME et les abus excessifs d’étrangers

« Les patients d’origine maghrébine, algérienne en particulier, coûtent 100 à 150 millions d’euros/an au CHU de Marseille.« 

 

 

commentaires

  • Bernard MARIE  

    Je confirme les propos tenus par Didier LEGEAIS. Etant moi même médecin en hôpital

    en région parisienne et en clientèle privée

    L'augmentation des AME et CMU est effrayante et inquiétante pour nous qui finançons l'assurance maladie. Il en est de même pour la branche famille où notre générosité n'est plus à démontrer (bon pour acquérir la TV, le réfrigérateur, prime de Noël pour les musulmans) et j'en passe STOP de la solidarité mondiale à la seule charge des français qui travaillent et cotisent

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:53
 General Motors noue des contacts à Téhéran. Au détriment de Peugeot et Renault, paralysés par les sanctions.

Anticipant un dégel entre Washington et Téhéran, les entreprises américaines ont discrètement repris pied en Iran, vaste marché de 80 millions de consommateurs, riche en gaz et en pétrole. «La plupart des secteurs de l'économie américaine, y compris des sociétés cotées au Nasdaq, ont envoyé ces derniers mois des émissaires en Iran», affirme un industriel français, familier de la République islamique. Ces missi dominici utilisent souvent un passeport suisse, Berne représentant les intérêts américains depuis la rupture des relations diplomatiques en 1980 entre les deux pays.

La filière automobile iranienne est particulièrement courtisée par General Motors. Le géant américain est entré en contact avec Iran Khodro, qui travaillait jusqu'en 2012 avec Peugeot pour fabriquer des modèles 206 et 405 que le groupe français a cessé de livrer à l'Iran à cause des sanctions occidentales imposées à Téhéran pour ses ambitions nucléaires. «Depuis au moins six mois que les émissaires de General Motors se rendent en Iran, ils n'en sont plus au simple repérage du marché», avertit l'industriel, «mais plutôt à l'ébauche du contrat de reprise des activités de GM», qui était solidement implanté du temps du chah.

Pour sensibiliser les Iraniens à son retour, la multinationale de Detroit s'est même offert une campagne de publicité l'an dernier dans plusieurs journaux iraniens, via un grand cabinet d'avocats internationaux. Depuis, GM est même allé jusqu'à exporter cet été en Iran des modèles Camaro, via l'Azerbaïdjan. «Un premier lot pour tester la réaction du marché», note le concurrent français. Cette initiative ne viole pas l'Executive Order Act 13645 signé le 3 juin dernier par Barack Obama. Ce décret présidentiel sanctionne toute entité étrangère qui vend ou fournit des pièces ou des services au secteur automobile iranien mais ne proscrit pas la fourniture de véhicules.

Renault y étant le principal opérateur étranger avec 90 000 voitures produites en 2012, le décret américain visait clairement la France. D'autant que le 16 juillet, le puissant lobby United Against Nuclear Iran n'a pas hésité à adresser à Carlos Ghosn, le patron de Renault, une sommation de se retirer d'Iran sous peine de sanctions américaines.

À travers «l'Executive order d'Obama, c'est un véritable nettoyage du marché automobile iranien qui se prépare pour faire place nette aux industriels américains avant un deal politique entre Téhéran et Washington», regrette un sous-traitant français, qui dénonce le peu de réponse que ce décret a suscité de la part des autorités à Paris. «Nous avons pourtant joué le jeu des sanctions américaines contre l'Iran ces dernières années», renchérit un diplomate au Quai d'Orsay. Paris est même allé parfois au-delà des exigences de Washington, comme le souligna un télégramme diplomatique de l'ambassade des États-Unis à Paris révélé par WikiLeaks et intitulé «La France à la pointe du glaive» contre l'Iran.

« Les Français ne récolteront que des miettes »

Avec la directive Obama, les industriels français de l'automobile ont la désagréable impression de ne pas être payés en retour. D'autant que General Motors vient encore de pousser son avantage: le centre d'achats mondial de la multinationale a envoyé une circulaire à tous les sous-traitants et fournisseurs de l'industrie automobile iranienne les menaçant de sanctions s'ils ne respectaient pas le décret Obama. Une manière de rappeler à l'ordre les récalcitrants au moment où les échanges d'amabilités entre les présidents Barack Obama et Hassan Rohani laissent entrevoir l'ouverture d'une nouvelle ère entre les deux pays. Comme souvent, l'économie a devancé la diplomatie.

Très discrètement, des cabinets américains de chasseurs de têtes ont approché des binationaux en Iran, même sans vergogne le Franco-Iranien représentant Renault. Et des sociétés comme Boeing - grand rival d'Airbus pour le remplacement de la flotte vieillissante d'Iran Air - ainsi que Caterpillar ne se gênent plus dans leur approche de ce marché porteur. Bien avant le réchauffement irano-américain amorcé lors de l'Assemblée générale des Nations unies, les patrons américains avaient remarqué que le guide suprême et numéro un du régime l'ayatollah Ali Khamenei avait autorisé des «contacts directs» avec des représentants du «Grand Satan». Avant l'élection présidentielle du 14 juin, qui a vu la victoire du modéré Rohani, «une équipe de haut niveau des gardiens de la révolution a été priée de plancher sur une check-list d'entreprises américaines avec lesquelles il serait convenable de travailler», souligne un expert de l'Iran.

D'autres rappellent que derrière les interdits, ce sont bel et bien des Américains qui ont livré l'an dernier - via un homme politique chiite irakien - un scanner dernier cri à l'hôpital du conseiller diplomatique du guide, le Dr Ali Akbar Velayati. Comme si les États-Unis fermaient les yeux sur certaines transactions «politiques» qui ne violent pas l'arsenal des sanctions imposées à l'Iran.

Retour des Européens

Les entreprises américaines ne sont pas les seules à s'intéresser au juteux marché iranien. «Les Japonais et les Allemands envoient eux aussi depuis un an des délégations d'hommes d'affaires», constate le sous-traitant français, qui rappelle que Siemens achemine toujours ses produits en contrebande via la Turquie. Dans ce dernier pays, «tout ce qui passe vers l'Iran se fait via l'Halk Bank, la banque de l'AKP, le parti islamiste au pouvoir, qui est détenue à 60 % par l'État», précise-t-il. Alors que l'ambassade de France à Téhéran a fermé son poste d'expansion économique, l'Italie, elle, vient de doubler l'effectif de son équipe commerciale. Même le «Petit Satan» britannique, qui a fermé son ambassade fin 2011, a recruté les services d'une société d'études qui travaille en collaboration avec des consultants en Iran pour repérer les marchés les plus porteurs.

«Cela fait mal au cœur de voir que la France est à la traîne, déplore un industriel, habitué de l'Iran, qui regrette le zèle du ministère de l'Économie à réclamer toutes les factures de son entreprise avec l'Iran, l'an dernier, c'est-à-dire deux mètres cubes de paperasse. «Les Français devraient se rendre compte qu'en cas d'accord entre nous et les Amé­ricains, leurs entreprises ne récolteront que des ­miettes», sourit un ­diplomate iranien. Un constat qui a pu pousser l'Élysée et le Quai ­d'Orsay à adoucir leur position vis-à-vis de Téhéran, comme on l'a constaté avec la récente rencontre Hollande-Rohani à New York.

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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