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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 07:12

Bd Voltaire

 

Le 12 septembre 2013

Nicolas
Gauthier
Journaliste, écrivain.
Nicolas Gauthier est auteur avec Philippe Randa des Acteurs de la comédie politique.

Les lendemains d’euphorie médiatique, ça peut être pire que la gueule de bois. Il n’y a pas si longtemps, l’armada de la Sainte-Alliance démocrate était sur le pied de guerre, fleur au fusil, prête à appareiller pour ne pas manquer le vingt heures de TF1.

Face à l’horreur chimique, il fallait venir au secours de l’insurgé syrien et de tous ceux qui, là-bas, versent leur sang pour plus de droits de l’homme et d’ouverture à l’autre. Patatras… Pour cause de renoncement anglais, d’atermoiements américains et de diplomatie russe, François Hollande, qui rêvait de jouer le match retour de Guernica, se retrouve donc en slip sur la banquise. Comme un manchot cul-de-jatte.

Pis, le journaliste italien Domenico Quirico, qui vient de passer cinq mois de détention, en tant qu’otage, chez les combattants de la liberté, en raconte de belles, dans Le Monde du 10 septembre dernier. Pauvres lecteurs de la vénérable institution vespérale, qui imaginaient qu’à Damas comme ailleurs, il y avait les gentils insurgés (islamistes modérés et casaque verte) et les méchants du pouvoir (laïcs forcenés et uniforme vert de gris)…

Bizarre, d’ailleurs, cette valse des étiquettes, laïcité de combat et islam de choc pouvant se retrouver, selon les situations et la nature de leurs soutiens politiques, militaires et financiers, du bon ou du mauvais côté de la barrière. Ce que relate Domenico Quirico est d’ailleurs instructif à plus d’un titre. Déjà, ceux qui l’enlèvent, lui et son confrère belge Pierre Piccinin, sont les hommes de l’ASL (Armée syrienne libre), les poulains des médias et les protégés des pouvoirs occidentaux. Lesquels les revendent ensuite à la bande d’un « soi-disant émir qui se fait appeler Abou Omar ». Drôle de pistolet que celui-ci : « Il a formé sa brigade en recrutant des gens du coin, plus bandits qu’islamistes ou révolutionnaires. Cet Abou Omar couvre ses trafics et activités illicites d’un vernis d’islamisme. » Comme en Somalie ou naguère au Mali, pays livrés au chaos.

Paradoxalement, c’est lorsque, étant passés d’un gang à l’autre, les deux journalistes se retrouvent gardés par de véritables djihadistes, ceux de la brigade Jabhat Al-Nosra, qu’ils connaissent un mieux certain dans leurs conditions de détention.

« C’est le seul moment où nous avons été traités comme des être humains, et même avec une certaine sympathie : par exemple, ils nous ont nourris de ce qu’ils mangeaient eux-mêmes. Ce sont des guerriers radicaux, des islamistes fanatiques qui ont pour ambition de faire de la Syrie un État islamique et de transformer tout le Moyen-Orient, mais en face de leurs ennemis – parce que nous, chrétiens, occidentaux, nous sommes leurs ennemis –, ils ont le sens de l’honneur et du respect. »

Soit tout le contraire de ces desperados ayant transformé cinq mois de la vie de ces deux otages en véritable calvaire : « Ils appartenaient à un groupe qui se prétend islamiste mais qui, en réalité, est composé de jeunes déséquilibrés qui sont entrés dans la révolution parce que, désormais, la révolution, ce sont ces groupes à mi-chemin entre banditisme et fanatisme. » Bref, des êtres hybrides, entre culture consumériste et islam rudimentaire : « Ils suivent celui qui leur promet un avenir, qui leur donne des armes, de la force, de l’argent pour acheter leurs téléphones, leurs ordinateurs, leurs vêtements. La marque Adidas est très répandue en Syrie, tout le monde porte des tee-shirts Adidas, des chaussures Adidas, on dirait presque qu’ils sont sponsorisés. »

Ne cherchez pas plus. Nous avons les mêmes à la maison. Sauf qu’ici, vaille que vaille, on tente tout de même de les encabaner et non point d’envoyer des brigades internationales dans les cités pour les « libérer »…

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 07:25

Bd Voltaire

 

Le 10 septembre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

La Syrie, tout comme Israël, l’Égypte ou la Corée du Nord, n’a pas signé la convention internationale de 1993 portant interdiction des armes chimiques. C’est un fait.

La Syrie détient un arsenal particulièrement considérable d’armes chimiques. C’est de notoriété publique. On peut supposer que les autres pays non signataires sont dans le même cas et je ne serais pas autrement étonné, pour ma part, s’il devait apparaître un jour que même des pays qui ont proscrit ce type d’armement s’en sont subrepticement munis. Ce sont des choses qui arrivent.

L’un des grands risques liés à la détention de n’importe quel type d’armes est la tentation de s’en servir. Israël, par exemple, bien que ne possédant pas officiellement la bombe atomique, n’a jamais caché, en cas de péril extrême, son intention d’y recourir.

Bachar el-Assad a-t-il, le 21 août dernier, donné à son armée l’ordre d’attaquer au gaz sarin la zone rebelle de la Ghouta ? C’est ce qu’il nie, sans emporter la conviction. C’est ce qu’affirme par exemple M. Laurent Fabius, sans en apporter la preuve. Il est possible que d’autres que le président syrien, dans son entourage, portent la responsabilité de cette entorse aux lois de la guerre, ce fléau qui n’a jamais connu de loi. Il n’est pas totalement impossible qu’il s’agisse d’un coup monté par l’opposition, et l’on ne peut qu’être choqué qu’une chape de silence ait été immédiatement posée sur les propos de l’otage belge libéré avant-hier, qui accuse formellement de ce forfait le camp rebelle, où ne manquent en effet ni les forcenés ni les manipulateurs ni les assassins.

Quoi qu’il en soit, François Hollande, fort du magistère moral que se donne si volontiers notre pays, seul dépositaire légitime du fardeau de la conscience universelle, avait décidé de « punir » le dictateur syrien qu’il désignait d’un doigt vengeur comme l’auteur de ce « crime contre l’humanité », et Barack Obama, bien qu’il répugne à se poser en gendarme du monde, lui avait à regret emboîté le pas. Les moyens dont disposent les États-Unis semblaient garantir le sérieux de la coalition franco-américaine et le passage effectif de l’imprécation à l’acte.

L’initiative de la diplomatie russe, reprise au vol par le gouvernement syrien, vient couper l’herbe sous le pied des fauteurs de guerre et renforcer opportunément au Congrès le parti de ceux qui ne voient pas pourquoi l’Occident s’ingérerait sans mandat dans les affaires d’un État souverain et interviendrait brutalement en faveur d’un camp et pour des intérêts qui ne sont pas les siens. Ce nouveau rebondissement fait reculer le spectre de complications internationales, et les belligérants pourront continuer à s’entretuer sous le regard des grandes puissances avec les moyens et les méthodes qui sont les leurs : avions, tanks, bombardements et pilonnages d’un côté, voitures piégées, mines, égorgements et décapitations de l’autre.

On imagine la déception du président français, frustré de ses rêves exotiques et glorieux, privé de désert en somme, lui qui espérait déjà, après le hors-d’œuvre syrien, s’attaquer en bonne compagnie au plat de résistance iranien. Le voilà contraint de revenir sur terre.

Signalons à François Hollande, pour le consoler, que s’il tient absolument à se mêler du conflit syrien, les Français et le monde comprendraient que, se conformant à une tradition séculaire de notre diplomatie, il se soucie enfin du sort des dernières communautés chrétiennes d’Orient, menacées d’expulsion, d’élimination ou d’éradication par les brigades internationales du djihadisme. Et puis, s’il lui reste un peu de temps et qu’il a un trop-plein d’énergie, s’il s’occupait un peu plus et un peu mieux de la France ? Tous les observateurs s’accordent à dire que, dans ce pays qui nous est proche, il y a beaucoup à faire…

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 08:13

renaud-camus

 

Le 10 septembre 2013

Renaud
Camus
Ecrivain.

On sait le combat que Renaud Camus a engagé contre ce qu’il a baptisé « le Grand remplacement », c’est-à-dire le changement de peuple que nous vivons, ou plutôt que nous subissons. C’est bien volontiers que nous accueillons sur le site de « Boulevard Voltaire » le texte de l’appel qu’il lance aujourd’hui à tous ceux qui, comme lui et éventuellement avec lui, ne se résignent pas à voir disparaître ce qui fait, ce qui fut la France.

 

http://www.bvoltaire.fr/renaudcamus/non-au-changement-de-peuple-et-de-civilisation,35190?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=8cf188d602-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-8cf188d602-30339457

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 07:53

Bd Voltaire

 

 

Le 9 septembre 2013

Gabrielle
Cluzel
Ecrivain, journaliste.
Son blog.

Cette fois ça y est, Vincent Peillon a dévoilé (sans jeu de mots) la « charte de la laïcité » qu’il veut voir affichée dans tous les établissements scolaires publics. « Ce document d’une quinzaine d’articles se veut un rappel, synthétique, des règles du vivre ensemble en milieu scolaire », nous explique Le Monde. Le quotidien rapporte avec ingénuité le commentaire du professeur d’histoire-géo coauteur du livre Les territoires perdus de la République : « S’il y a besoin de placarder [cette charte], c’est bien qu’il y a des problèmes. »

Pas bête. On ne voit pas bien pourquoi l’on s’évertuerait à vouloir régler un problème qui n’existe pas. Cette charte est donc la reconnaissance implicite, pour le dire pudiquement, d’un « problème ». Un vrai problème, et non plus un fantasme, ni une stigmatisation comme ils disaient avant pour clore sèchement le dossier.

Le quotidien Le Monde, en mode « faut-pas-exagérer-non-plus », précise néanmoins que « ces difficultés se nouent surtout autour de certaines disciplines : l’étude de textes religieux en 6e ou en 5e, l’enseignement de l’histoire de la Shoah en 3e et en 1re, le conflit israélo-palestinien au lycée. En biologie, les cours sur l’évolution, sur la sexualité. En sport, à la piscine, en arts plastiques, mais aussi hors de la classe, à la cantine, dans la cour de récréation, lors de voyages scolaires… » On aurait pu faire plus simple, pour économiser l’encre et le papier : où, au juste, ne se nouent-elles pas ? Laissez-moi réfléchir… peut-être en maths. Oui, cela me paraît être une matière calme et sécurisée, les maths. Pour les étudiants, il va en être des disciplines du CAPES comme des spécialités de médecine : pour une vie pépère sans trop de poussées d’adrénaline, postuler plutôt en maths et en dermato qu’en histoire et en obstétrique. Quoique. Dans la vie, on n’est jamais sûr de rien, et pas à l’abri d’une éruption cutanée prurigineuse à gérer en urgence, ni d’une leçon sur les chiffres romains vécue comme une insulte à une autre forme d’écriture plus classiquement utilisée.

Vincent Peillon souligne que « la question de la laïcité ne doit pas tourner à l’obsession de l’islam ». C’est lui qui a lâché le mot, pas nous. Mais naturellement, Monsieur le Ministre, cela va sans dire. Car la question de la laïcité, c’est aussi – il faut le souligner – la petite médaille de baptême qui sort de temps à autre par mégarde du col roulé, et le poisson qu’aucun catholique ne réclame à la cantine le vendredi. Toutes choses qui méritaient vraiment une charte d’urgence. D’ailleurs, je peux témoigner : déjà, dans mon lycée, quand le prof de français s’étendait avec gourmandise sur La Religieuse de Diderot, que celui de philo se tapait sur le bide quand il évoquait saint Thomas d’Aquin et que le prof d’histoire passait directement des croisades à la nuit de la Saint-Barthélémy, avant de glisser finement que si « catholique » et « collaborateur » commençaient par la même lettre, ce n’était pas tout à fait un hasard, je sentais bien qu’ils avaient vraiment peur que je rameute mes copines à serre-tête de l’aumônerie pour leur casser la gueule à la sortie.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 17:26

La Droite Forte

Syrie : non, monsieur le Président de la République, les conditions d’une intervention en Syrie ne sont pas réunies !
  • D’abord, à ce jour, aucun cadre légal ne légitime une intervention. Le plus petit dénominateur commun trouvé par les dirigeants réunis au G20 est la condamnation, justifiée, de l’utilisation des armes chimiques qui relève évidemment d’un crime contre l’humanité. L’ONU, dont à elle seule incombe la responsabilité de le faire, n’a pas fourni les preuves irréfutables de la responsabilité du régime syrien ; s’affranchir de l’autorité de l’ONU pour intervenir créerait un précédent dangereux.

  • La France est en train de perdre toute sa crédibilité sur la scène internationale, pourtant signe de sa puissance et préservée par tous les précédents présidents de la 5ème République : François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont su maintenir notre pays au rang de puissance d’équilibre dans le monde. Se mettre dans la roue des Etats-Unis, attendre fébrilement le vote du Congrès américain et subir des camouflets diplomatiques répétés, comme hier au G20, ne pourront qu’affaiblir durablement la voix de la France et notre souveraineté. Et il est à noter l’absence d’efforts diplomatiques en direction de la Russie qui tient, pourtant, les clés d’un règlement durable des conflits dans cette région du monde.

  • Les conséquences d’une intervention militaire en Syrie seraient aujourd’hui très lourdes et trop risquées aussi bien pour les minorités chrétiennes, qu’en ce qui concerne un embrasement rapide et dangereux de la région.

  • La lisibilité de notre politique de lutte contre le terrorisme islamiste serait profondément abimée : comment expliquer combattre les terroristes islamistes en France, en Europe ou au Mali et nous retrouver à leurs côtés en Syrie ?

  • Comme s’en inquiète le dernier rapport parlementaire de la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée, nos moyens militaires sont largement insuffisants avec « un vieillissement de la presque totalité des équipements » ; sans parler de l’inutilité des frappes punitives, véritable cache-misère stratégique, quand elles ne reposent pas sur une action politique soutenue et durable.

Monsieur le Président, il ne s’agit pas de remettre en cause la sincérité des raisons morales que vous invoquez pour intervenir en Syrie, mais engager la France seule contre tous, dans un combat sans issue, serait une faute lourde aux conséquences redoutables pour notre pays comme pour la stabilité du monde. Les Français sont lucides et votre responsabilité est d’écouter le scepticisme grandissant de nos compatriotes. Vous êtes en train de construire une France seule. Nous avons pourtant besoin plus que jamais d’une France forte.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:40

 Bd Voltaire

 

Le 6 septembre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

A qui profite le crime ? C’est la question, classique, que se posent les policiers lorsqu’ils ne disposent pas d’aveux ou d’indices suffisants pour résoudre une enquête.

Alors que la rébellion s’essoufflait et que le camp gouvernemental marquait des points sur le terrain, l’intérêt du régime de Bachar el-Assad était-il de procéder à une attaque massive au gaz de combat qui, par sa nature même et par le nombre de ses victimes innocentes, ne pouvait que lui attirer la réprobation du monde entier, et pour commencer les foudres promises par le Jupiter tonnant de Washington en cas de franchissement de la fameuse « ligne rouge » ? La réponse est évidemment « non ».

Mais les rebelles, de leur côté, avaient-ils et la capacité et la moindre raison de bombarder une zone qu’ils tenaient et d’accumuler les morts parmi la population de cette zone ? Était-il d’ailleurs concevable de préparer et d’organiser une telle opération criminelle sans que, soit avant qu’elle devînt effective, soit après son déroulement, les langues se délient et que l’opposition soit mise en accusation, non seulement à l’extérieur mais par les Syriens eux-mêmes ? La réponse, là encore, est « non ».

On peut bien sûr supposer que le régime, au point où il en est, ait décidé d’utiliser les armes chimiques qu’il possède, quitte à braver le monde et à braquer son propre peuple. On peut aussi imaginer que le camp rebelle, où les fanatiques, les tordus et les cyniques ne manquent pas, ait machiavéliquement organisé toute l’affaire dans l’espoir, réalisé, qu’elle serait mise sur le dos du régime.

Les services spéciaux américains affirment cependant détenir les preuves, visuelles et auditives, de l’implication de l’armée et du commandement loyalistes, dans la perpétration du massacre. Mais nous savons, depuis la guerre d’Irak, ce qu’il faut penser de la parole des services spéciaux américains et de leurs porte-parole officiels. Les services secrets russes, quant à eux, prétendent qu’ils ont la preuve que les roquettes tirées sur la Ghouta étaient de provenance rebelle. Mais rien dans le passé ni dans le présent ne nous amène à prêter plus de crédit aux assertions des espions et des dirigeants russes qu’à celles de leurs homologues américains.

Cependant, nous ne pouvons ignorer que dans cette guerre des temps modernes, les deux camps sont placés, ni plus ni moins que des rats ou des cobayes de laboratoire, sous la surveillance constante des yeux, des oreilles, des caméras, des micros, des satellites et des drones de tous les pays technologiquement avancés. C’est sur cette base que, semble-t-il, l’on a pu identifier les mouvements des spécialistes syriens des armes chimiques et enregistrer les conversations de cadres syriens, militaires et politiques, qui constitueraient en effet un faisceau de présomptions accablant pour le régime.

À partir des éléments recueillis, le scénario que proposent les services de renseignement allemands est, il faut bien le dire, particulièrement séduisant. Ayant décidé, pour desserrer l’étau autour de sa capitale, et en représailles de la tentative d’assassinat à la voiture piégée perpétrée contre Bachar le 8 août dernier, de lancer une offensive d’envergure contre la Ghouta, l’armée syrienne aurait projeté d’appuyer cette offensive sur l’utilisation de gaz paralysants ou incapacitants, plus puissants que les lacrymogènes de nos CRS, mais non létaux, et la tragédie résulterait d’une erreur de dosage.

Ce drame justifie-t-il les torrents d’indignation vertueuse à sens unique qui déferlent dans les colonnes de nos journaux, du haut des tribunes parlementaires et du perron de l’Élysée ? Justifie-t-il que notre Président, qui cherche à faire oublier ses déconvenues intérieures par des succès extérieurs et à compenser sa réputation de mollesse par une renommée de guerrier, ait décidé de s’ingérer illégalement dans une guerre civile et cherche à entraîner dans la coalition qu’il appelle de ses vœux des alliés qui se dérobent résolument ? Les socialistes et le premier d’entre eux ont-ils déjà oublié qu’ils reprochaient avec raison au prédécesseur de François Hollande de ne réagir et de n’agir que dans l’irréflexion et l’impulsivité sous le coup de l’émotion du moment ?

Alors même que s’étend des deux côtés de l’Atlantique le refus d’une intervention aussi absurde que dangereuse, trop timide pour changer le cours de la guerre, mais assez intrusive pour étendre encore l’incendie qui ravage le Moyen-Orient, le New York Times fait circuler une vidéo dont l’authenticité est indiscutable et qui nous fait assister en direct (l’expression « en live » serait ici deux fois fautive, parce qu’importée des États-Unis et parce qu’il serait plus juste de parler d’« in dead ») à l’exécution sommaire, posée, réfléchie et argumentée, en présence et sous les ordres d’un commandant « rebelle », de sept soldats faits prisonniers par les valeureux combattants révolutionnaires. Cette violation flagrante du droit international, ce crime de guerre complaisamment étalé sous le soleil dévoile au monde entier le véritable visage d’une opposition qui s’est placée sous le double signe de la religion et de la mort, et préfigure ce que serait sa victoire.

Et c’est pour ces gens-là que François Hollande et Barack Obama ont pris parti, c’est pour ces assassins que deux démocraties occidentales prétendent nous faire prendre les armes !

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:32

 Bd Voltaire

 

Le 7 septembre 2013

 
Paul-Marie
Andreani
Ingénieur

Le ministère de l’Éducation nationale vient discrètement d’annoncer l’allégement des cours d’histoire en troisième et dans certaines sections de terminale. Déjà, lors du précédent quinquennat, la suppression de cet enseignement en terminale scientifique et la disparition de grands personnages historiques des programmes du collège, tels Napoléon ou Louis XIV, relevaient de la même logique. Cette nouvelle réforme, anodine en apparence, marque pourtant la poursuite de l’affaiblissement constant de l’instruction de l’histoire de France, quand bien même la connaissance de celle-ci chez les plus jeunes diminue de manière inquiétante.

Cette évolution est le fruit de la volonté opiniâtre de notre classe dirigeante, insensible au délitement progressif de la France, qui met tout en œuvre pour détruire les résistances nationales. Celles-ci sont en effet un obstacle à ce monde du « tout commerce » peuplé d’individus déracinés, que nos élites veulent instaurer. Rien de tel alors que la disparition des cours d’histoire ; en effet, un peuple oublieux de son passé consent d’autant mieux à se détourner de ses racines.

Souvent ignorée, donc, l’histoire de France subit également de virulentes attaques. L’on est ainsi régulièrement sommé de présenter nos excuses pour la traite des esclaves, la colonisation ou la collaboration. Cette diabolisation est particulièrement orientée vers les jeunes Français issus de l’immigration africaine ; l’antiracisme et certains médias de gauche véhiculent cette vision négative de la France, entretenant alors chez une partie de ces jeunes la haine et le rejet du pays qui les nourrit.

Réduite parfois à quelques périodes peu glorieuses, l’histoire de France est injustement maltraitée. Notre roman national, jadis objet de fierté, devient ainsi un objet de culpabilité. Ces reproches nient sans vergogne l’histoire de l’humanité dans laquelle aucun pays n’est irréprochable. Et cette vision biaisée occulte les particularités de la nation française : notre pays est devenu au fil de son histoire un modèle de civilisation, fondé sur une formidable richesse culturelle et scientifique, des idéaux émancipateurs et un art de vivre inégalable.

Nos ancêtres, dont le concours depuis des siècles a permis d’édifier un pays si prospère, nous ont légué un héritage considérable qu’il est de notre responsabilité de faire vivre ; à défaut, celui-ci pourrait bien disparaître. Pour ce faire, il est essentiel que la transmission de l’histoire de France, dont l’enseignement à l’école est le socle, éclaire avec précision la construction de notre nation. Et en donne de surcroît une vision positive, de telle sorte que les Français conservent l’envie de vivre ensemble et de s’imaginer un avenir en commun.

Les pays émergents, grands vainqueurs de cette mondialisation, sont empreints de nationalisme ; afin d’être en mesure de défendre ses intérêts, la France doit s’en inspirer. Nous devons donc absolument nous réapproprier notre histoire et renouer avec le sentiment patriotique. La France restera ce grand pays, qui faisait écrire à Chateaubriand qu’« il y a dans la nature du Français quelque chose de supérieur et de délicat que les autres peuples reconnaissent », à la condition que tous les Français acceptent à nouveau de s’inscrire dans la continuité de notre récit national.

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:27

 Bd Voltaire

 

Le 7 septembre 2013

Dominique
Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais.

On allait voir ce qu’on allait voir. À la veille du G20 réuni à Saint-Pétersbourg, les bulletins de désinformation émis par les professionnels de la météorologie politique concordaient. Ébranlé par la détermination occidentale, isolé, affaibli, le responsable de la non-puissance invitante opérait une spectaculaire volte-face. Vladimir Poutine lâchait son protégé syrien et se disait prêt à participer à la « punition » de Bachar el-Assad si on lui fournissait les « preuves » que n’allaient pas tarder à apporter les experts de l’ONU. De leur côté, le président français et son partenaire américain allaient travailler au corps leurs alliés égarés et rassembler, comme au bon vieux temps des calomnies et de la guerre contre l’Irak, une grande coalition contre le maître de Damas. Bref, les bobards volaient en escadrilles…

On a vu ce qu’on a vu. Non seulement Poutine n’a pas cédé un pouce de terrain, mais il a confirmé son soutien diplomatique et matériel au gouvernement syrien, réaffirmé sa conviction que c’était la rébellion qui avait recouru aux gaz, et maintenu son opposition à ce qu’il qualifie d’agression. La Russie, décidément isolée, n’a guère été approuvée que par quelques pays insignifiants, tels que la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, présents à la conférence, auxquels on peut notamment ajouter, parmi les absents du sommet, l’Iran, l’Algérie, l’Égypte… De leur côté, il est vrai, Barack Obama et son collaborateur français regroupaient onze signatures sur un texte qui, tout en condamnant formellement la Syrie, exclut toute participation à l’opération prévue et annoncée avec tambours et trompettes par Paris et d’une voix moins assurée par Washington.

François Hollande, pour sa part, sort de cet épisode encore plus Gros-Jean comme devant. Contraint d’attendre le toujours hypothétique feu vert du Congrès américain, le président français déclare également s’en remettre d’avance aux conclusions d’un rapport dont on sait déjà que, confirmât-il la réalité de l’emploi des gaz, il n’en désignera pas pour autant le ou les coupables. Avec l’obstination habituelle aux velléitaires qui reviennent d’autant moins aisément sur une décision qu’il leur est moins habituel d’en prendre, le chef de nos armées tient de plus en plus ferme sur les sables mouvants où il s’est enlisé et semble même prêt à accepter le rôle de sacrifié que dans la grande tradition des guerres coloniales il était de coutume de réserver aux supplétifs. Notre aviation héritera-t-elle du périlleux honneur de braver dans le ciel syrien les défenses du régime tandis que les Américains se borneraient à expédier sur les cibles repérées des missiles de croisière et éviteraient au maximum d’y risquer des vies humaines ? Tirez les premiers, messieurs les Français !

De quelle légitimité, sans mandat de l’ONU, sans participation de l’Union européenne, sans vote du Parlement, le président de tous les Français qui veulent ou acceptent la guerre peut-il se prévaloir ? 68 % de ses sujets (19 points de plus qu’il y a quinze jours) rejettent désormais sa politique et refusent précisément notre participation à une intervention militaire. Le roi veut la guerre, son peuple veut la paix. Lequel des deux l’emportera ? La France, oui ou non, est-elle une démocratie ?

Cette évolution et ce basculement de l’opinion tiennent moins à la crainte d’un échec, voire d’une défaite, qu’à la prise de conscience d’une réalité complexe que ne peut plus masquer le matraquage éhonté d’une propagande à sens unique. Le régime syrien serait-il l’auteur du massacre de la Ghouta, l’opposition syrienne, jour après jour, se montre capable et coupable du pire, et son drapeau n’est plus, s’il le fut, celui de la révolution et de la liberté, mais celui de la terreur et du chaos. Plus encore qu’une erreur, c’est une folie de soutenir ceux dont une vidéo, qu’a pu voir ces derniers jours le monde entier, dévoile le vrai visage de cruauté inhumaine, ceux qui viennent encore d’assassiner un chirurgien de Médecins sans frontières, condamné à mort pour avoir voulu sauver des vies humaines, ceux qui semblent bien détenir les deux journalistes français disparus il y a trois mois en Syrie. Qu’elle l’ait voulu ou non, la coalition nationale syrienne a désormais pour alliés et pour soutiens non seulement, sur le terrain, les combattants du Front Al-Nosra, de l’État islamique du Levant et autres milices qui mettent la Syrie à feu et à sang, mais à travers le monde tous les extrémistes qui avec Al-Qaïda et les Frères musulmans nous ont déclaré la guerre. Les amis de nos ennemis peuvent-ils être nos amis ?

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:18

 

Bd Voltaire 

 

Le 7 septembre 2013

Marie
Delarue
Ecrivain, musicienne, plasticienne.

On pousse un ouf de soulagement lorsque, rentrant de vacances, on trouve encore l’appartement intact derrière la porte close. Chaque année, le cercle des amis et de la famille ayant eu à subir un cambriolage plus ou moins traumatisant s’agrandit, si bien qu’on se dit que, statistiquement, on est le suivant sur la liste.

Vendredi dernier, la grand-messe du soir –
C dans l’air, sur France 5 – avait pour titre « Un cambriolage toutes les 90 secondes ». Encore s’agit-il d’une estimation basse, nous dit le criminologue Christophe Soullez, ce calcul étant fondé sur les chiffres enregistrés par la police. Sachant qu’une part importante des cambriolages et plus encore des tentatives ne fait pas l’objet d’une plainte, on est en effet bien au-delà : « À peine six ménages victimes sur dix disent porter plainte quand ils constatent une effraction ou une tentative. »

La hausse officielle est de 10 % en un an, 30 % sur les cinq dernières années, assortie d’une extension géographique qui atteint désormais tout le territoire, villes et surtout campagnes. Il ne s’agit absolument pas d’un « fantasme sécuritaire » mais bien d’une réalité, conviennent les intervenants, pointant du doigt un ratissage de plus en plus méthodique des « zones rurales » et une « croissance exponentielle » depuis 2009. Il s’agit d’une « criminalité organisée, systématique et quasi industrielle », dit Patrice Bayard, le très galonné directeur de l’OCLDI, l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante, rattaché au ministère de l’Intérieur. C’est dire qu’il parle d’or.

Là où l’on commence à rigoler – façon de parler –, c’est quand il s’agit d’évoquer les auteurs. En effet, c’est peu dire que le tableau n’est pas politiquement correct.

Bien sûr, on trouve là-dedans un petit tiers de « délinquants nationaux habituels » et un autre petit tiers de « délinquance itinérante ». Selon la définition de l’OCLDI, il s’agit de « malfaiteurs organisés qui usent de leur mode de vie itinérant ou agissent sur de vastes zones d’action pour tenter de freiner l’action judiciaire ». Une sorte de gens du voyage, en somme, des communautés de vanniers pas encore sédentarisés, comme on dit dans la grande presse.

Reste que le troisième tiers – et de loin le plus important à ce qu’affirme le monsieur du ministère – est une délinquance itinérante « rattachée aux organisations criminelles de l’Est ». Pour nous consoler, ces doctes experts nous signalent que les affreux n’ont pas fait de la France leur unique terre d’élection mais sévissent partout en Europe. Ça vous rassure ? Moi non.

Bref, on se le demande : qui sont donc ces barbares ? Des noms, des noms !

Monsieur Ploquin, docteur ès criminalité au magazine Marianne, tente de retarder le moment fatidique. Expert en excuses sociologiques, il nous parle de « l’effet induit des printemps arabes et de la crise économique ». Comprenez les clandestins arrivés ces dernières années de Libye, de Tunisie ou d’Égypte et qui n’auraient d’autres ressources que de dévaliser le petit commerce et piquer le sac de la grand-mère. Faut les comprendre.

Et puis, et puis… et puis il y a les autres. Les gangs organisés venus des anciennes républiques de l’Est ou de ces jolis pays où nous sommes aller porter la démocratie triomphante : la Serbie, le Kosovo, la Bosnie… Des gangs d’Arméniens, Ukrainiens, Albanais, Moldaves, Géorgiens, Roumains… Ceux-là fonctionnent sur le modèle soviétique de l’ancienne mère patrie, dit M. Bayard : un leader et des troupes interchangeables constituées de toxicos, de soldats démobilisés, de demandeurs d’asile. Enfin, il y a les groupes claniques et familiaux, particulièrement chez les Tziganes et les Roms. Ils sont structurés autour d’un chef de clan, avec des contremaîtres et des exécutants – jeunes femmes et enfants – réduits en esclavage. Rien que des gens charmants qui, au pillage systématique, ajoutent la « traite des êtres humains en bande organisée ».

Mais tout cela, Madame, fait aujourd’hui de bons Européens et fera peut-être demain de gentils Français…

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 10:07

 

 

Le 1 septembre 2013

Bd Voltaire
François
Delaître
Artisan.

Christiane Taubira, garde des Sceaux, nous disait que l’esclavage était le crime exclusif des méchants Blancs contre les gentils Noirs, et se refusait à évoquer le rôle majeur des Africains eux-mêmes – et des Arabes en particulier – dans l’organisation de la traite négrière, bien avant l’arrivée des Blancs ; au prétexte d’éviter aux « jeunes Arabes » de porter « sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » – les jeunes Blancs pouvant bien se débrouiller avec leur conscience, eux.

Des historiens condamnèrent sa partialité.

Ses tendances partiales lui ayant tout naturellement valu le ministère de la Justice, elle instaurait le droit des homosexuels à se marier au nom de cette égalité de traitement qu’elle refuse aux esclavagistes, réintroduisant bientôt le commerce humain au nom du droit à l’enfant – par n’importe quel moyen – qu’on ne saurait longtemps refuser aux homosexuels mariés, toujours selon ce principe devenu frappadingue d’égalité.

Les générations futures jugeront.

Elle nous dit aujourd’hui que la prison n’est pas une solution, que l’incarcération est le terreau de la récidive, bref : qu’il faut vider les prisons. Sur quelles données fonde-t-elle son jugement ? Manifestement pas sur les travaux des experts qui, comme le rappelait Alain Bauer il y a quelques jours, n’ont absolument pas établi de baisse significative de la récidive chez les condamnés éloignés de la prison par des sanctions alternatives.

La probation est pourtant l’arme de Christiane Taubira contre la délinquance. En prenant au pied de la lettre les mesures qu’elle propose, comme Le Figaro le révélait cette semaine, sa réforme pénale pourrait épargner la prison à 98 % des condamnés. Soit près de 120.000 condamnations chaque année pour des délits allant de l’infraction routière à des faits nettement plus graves tels les coups et violences volontaires, le trafic d’armes ou de drogues.

Ces dizaines de milliers de délinquants pourraient ainsi, grâce à la mansuétude du garde des Sceaux et la complicité du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, venir s’ajouter à un nombre comparable de condamnés dont les peines de prison ferme ne sont pas appliquées, faute de places dans les prisons et de volonté à faire respecter les décisions de justice : 80.000 à 100.000 condamnations sont actuellement « en attente d’exécution ».

Des dizaines de milliers de voleurs, brutes, proxénètes et trafiquants en tous genres encouragés à persévérer 

Les victimes apprécieront.

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