Discours du général d'Armée Bruno DARY, prononcé le 16 juillet 2012 lors de ses adieux aux armes.
http://amicale.acb.over-blog.com/
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, «il est nécessaire de passer de la tolérance à la liberté religieuse». Ce qui n'est pas du «relativisme», assure-t-il. «Il ne convient donc pas d'affirmer de manière excluante: “Je possède la vérité.” La vérité n'est possédée par personne, elle est toujours un don.» Ni «d'imposer la vérité à l'autre», car «la vérité se dévoile seulement dans la rencontre d'amour».
En conséquence, et s'adressant toujours à ces trois religions, Benoît XVI a conclu sur une autre obligation: la lutte contre le «fondamentalisme religieux».
Il «afflige toutes les communautés religieuses» a-t-il souligné, il «veut prendre le pouvoir parfois avec violence, sur la conscience de chacun et sur la religion pour des raisons politiques. Je lance un appel pressant à tous les responsables religieux, juifs, chrétiens et musulmans de la région afin qu'ils cherchent (...) à tout mettre en œuvre afin d'éradiquer cette menace qui touche indistinctement et mortellement, les croyants de toutes les religions».
Le cardinal Philippe Barbarin a mis en garde contre le mariage homosexuel hier, après une rencontre avec le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. « C’est une rupture de société », qui ouvrirait la voie à la polygamie et à l’inceste.
« Après, ça a des quantités de conséquences qui sont innombrables. Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera »
« Pour nous, la première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme et une femme, ndlr) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d’un Parlement », a insisté le cardinal.
Assurant avoir discuté de la question avec le ministre de l’intérieur dans la matinée, l’archevêque de Lyon en a conclu que « c’est un choix du gouvernement avec lequel nous ne sommes pas d’accord. »
Si c’est au nom de la simple égalité des droits individuels (…), on ne voit pas en quoi les interdits de l’inceste et de la bigamie ne seraient pas eux aussi dénoncés comme injustes
Quelle est la conception du mariage sous-jacente au projet de loi que le gouvernement s’apprête à présenter au Parlement ? Christiane Taubira affirme dans La Croix ( du 11 septembre 2012) que « le mariage pour tous répond à une exigence d’égalité » et qu’il faut entendre par mariage « un acte juridique solennel, inventé pour structurer la société, qui codifie plus strictement que d’autres formes d’union les conditions de la vie commune ». Mais en quoi structure-t-il la société ? Pourquoi effectivement toutes les sociétés ont-elles reconnu dans le mariage une institution et non pas un simple contrat de droit privé ? Pourquoi ont-elles éprouvé le besoin de codifier les conditions de la vie commune ? Pourquoi, si ce n’est pour le bien des enfants issus de ces unions, enfants dont l’État doit garantir les droits et sauvegarder les biens essentiels à leur plein développement ?
Or étrangement, Christiane Taubira raisonne exclusivement à partir d’un principe neutre et abstrait : l’égalité des droits. Notons qu’aujourd’hui en France, aucun majeur n’est interdit de se marier. L’orientation sexuelle des futurs mariés n’est pas demandée par le maire lors de la cérémonie de mariage. L’officier d’état civil doit juste valider que certaines conditions sont respectées. Ainsi, étant un homme, de même que je ne peux me marier avec ma soeur ou ma nièce, je ne peux me marier avec un autre homme, ni avec un homme et une femme. La garde des Sceaux considère qu’il convient désormais de supprimer une des conditions de l’accès au mariage. Pourquoi celle-ci et pas les autres ? Si c’est au nom de la simple égalité des droits individuels relayant des désirs intimes, on ne voit pas en quoi les interdits de l’inceste et de la bigamie ne seraient pas eux aussi dénoncés comme injustes.
L’arbitraire et incohérence du projet de loi se manifestent également dans la manière dont il tranche le problème de la filiation. Ainsi pourquoi refuser l’accès de l’Assistance médicale à la procréation aux couples de femmes ? De deux choses l’une : soit on veut l’égalité de tous les couples et alors pourquoi s’entêter à privilégier les couples mixtes (homme-femme) ? soit, on reconnaît que l’égalité ne s’applique pas de manière indifférenciée à toutes les situations différentes et alors pourquoi ne pas valider que l’enfant a le droit imprescriptible à se reconnaître issu de son père et de sa mère ? Voter en l’état cette loi constituerait un appel d’air à sa remise en cohérence à partir de l’axe qui l’inspire effectivement et à légaliser l’ouverture à l’AMP pour les couples lesbiens, la gestation pour autrui pour les couples gays, d’une part, la remise en cause de la monogamie et de l’interdit de l’inceste pour les individus adultes consentants, d’autre part.
Taubira raisonne comme si seuls les adultes étaient dépositaires des droits de l’homme ! En effet, dans cette affaire, qui sont les parties en présence ? Des adultes ayant une certaine pratique sexuelle ne leur permettant pas de procréer et des enfants qui seront adoptables. Est-il juste que l’État détermine a priori que certains enfants seront privés soit de leur père, soit de leur mère ? L’argument selon lequel ces adoptables le sont précisément en tant qu’ils n’ont plus de parents est irrecevable, car c’est choisir d’ajouter au drame du deuil la privation de toute analogie entre le couple dont ils sont issus et le nouveau couple parental monosexué.
La garde des Sceaux annonce enfin la possibilité de l’adoption simple qui maintient un lien avec les parents antérieurs. Sachant qu’existent déjà les possibilités de la délégation ou du partage de l’autorité parentale au bénéfice du partenaire de même sexe, on peut juger que la loi est inutile au regard de la vulnérabilité de certains enfants.
La grave question qui est posée au législateur et à tous les citoyens ne concerne donc pas l’homosexualité ; elle concerne les enfants. L’homoparentalité est définie par les militants gays comme une situation de fait ; rappelons qu’actuellement les enfants vivant en lien avec des personnes homosexuelles ne sont pas privés de leur double origine. Or demain si la loi est votée, l’État se portera garant auprès d’une classe d’enfants que ces deux hommes ou ces deux femmes sont bien effectivement leurs parents. Comment appeler une telle attitude ? Un reniement par l’État de sa mission de protéger les plus faibles. Un mensonge d’État.
* Vient de faire paraître « Les Lendemains du mariage gay » (Salvator).
| > > > La patrie trahie par la République par Jean Raspail, Écrivain, > Romancier. > > "J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence > d’un colis piégé". > > Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. > Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. > J’ai hésité. D’autant plus qu’en 1973, en publiant > Le Camp des saints, j’ai > déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, > sinon que je crois que les carottes sont cuites. > > Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce > qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe > dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), > parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif > des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter > seulement la moitié – la plus âgée – de la population du pays, le > reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques > de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, > avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes > compris, cette danse-là ne faisant que commencer. > > La France n’est pas seule concernée. > > Toute l’Europe marche à la mort. > > Les avertissements ne manquent pas – rapport de l’ONU (qui s’en > réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques > Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l’ > Ined pousse à la désinformation. Le silence > quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions > communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est > l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a > une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce > bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans > l’incurie des > > « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme… > > Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam > lancinant des droits de l’homme, de « l’accueil à l’autre », du « > partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal > répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite > enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de > la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité > chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les bras et > de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du > Français de 2050. > > Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on > appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être > une quinzaine de millions de Français – et pas nécessairement tous de > race blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à > peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture > et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de > génération en génération. Cela ne leur sera pas facile. > > Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès > aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son > inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à > présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et > sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque > sorte – je cherche un terme approprié – d’une communauté de la > pérennité française. > > Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de > survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être > même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses > quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi > chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient > encore. > > Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque > chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux > appropriés. Et ensuite ? > > Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, > que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles > abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui > s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait > quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce > siècle se sera affublée de ce nom. > > Ce processus est déjà amorcé. Il existe une seconde hypothèse que je > ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait > auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers > isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de reconquista sans > doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il > y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n’est pas moi qui > m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement pas > encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr… > > Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme > de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français > avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, > méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une > certaine France (évitons le qualificatif d’éternelle qui révulse les > belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé. Je > me pose la même question à propos de toutes ces associations > omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces > ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces > réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’État > (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces > pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et > tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent > leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation > française. > > Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il > m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. > Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : > ils confondent la France avec la République. Les « valeurs > républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la > satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est > d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est > qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, > idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure. Il me semble, en > quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde. > > Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui > de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien > l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent > Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la > Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française > issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en > faisant vivre pleinement les valeurs de la République… » > > Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : > > « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée > constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la > partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les > espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en > quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974) > > Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : > > « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui > sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de > la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, > elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. » > > Jean Raspail > > |
Plus des deux tiers des Français se disent pessimistes pour leur avenir et celui de leurs enfants, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France*. Le chiffre relevé, 68%, approche du pic historique de pessimisme mesuré par le même institut en août 2005 et qui était de 70%.
Après chaque élection présidentielle, il est de coutume de sonder le moral des Français. Et après trois mois de mandat pour la gauche, celui-ci est plutôt en berne : "C'est la première fois que l'inquiétude est aussi vive en début de mandat présidentiel : en août 2002 et août 2007, après la réélection de Jacques Chirac et l'élection de Nicolas Sarkozy, respectivement 34% et 50% des Français se disaient inquiets pour eux et leurs enfants", explique l'Ifop.
Cette baisse de moral touche toutes les catégories de population et plus particulièrement les 65 ans et plus (47%), les artisans et commerçants (70%) et les inactifs (72%). Même les sympathisants du Parti Socialiste sont 58% à ne pas se montrer optimistes. Les plus confiants restent les ouvriers.
A l'instar des trois vagues d'enquête précédentes, la confiance accordée par les Français au nouveau gouvernement apparaît minoritaire, sauf pour la protection de l'environnement (50%).
*Ce sondage a été effectué les 30 et 31 août auprès d'un échantillon de 1.004 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
En France, plus d'un actif sur cinq travaille dans la fonction publique: pour l'État (2,4 millions d'entre eux), les collectivités locales (1,8 million), les hôpitaux (1,1 million) mais aussi pour les organismes divers d'administration centrale (Odac), qui regroupent des structures aussi variées que le CNRS, l'Opéra de Paris, Météo France, etc. Soit au total, plus de 5,3 millions de personnes.
La grande majorité de ces agents bénéficie d'un statut hors norme par rapport au secteur privé avec une kyrielle d'avantages sociaux, parfois peu connus.
Tous les pays développés confrontés dans le passé à l'exigence de diminuer leur train de vie, comme le Canada et la Suède, ont non seulement diminué le nombre de fonctionnaires mais aussi réformé leur statut. La France peut-elle y échapper? En sept points, détaillés par la Fondation iFrap *, voici pourquoi une telle révision est nécessaire.
C'est la protection maximale. Quelque 80% des agents des trois grandes fonctions publiques ont le statut de fonctionnaire à vie. Les cas de licenciements - même pour faute grave - sont extrêmement rares (seul chiffre connu: 52 en 2002). Lorsqu'un service ferme, les agents sont automatiquement reclassés: il n'y a pas de «licenciement économique». Cependant, 16,5% des agents (875.000 personnes) sont non titulaires. Ils bénéficient d'un CDD ou d'un CDI de droit public ou sont vacataires. Les contrats précaires peuvent être de trois ans renouvelables une fois, soit six ans maximum, alors qu'on ne peut dépasser dix-huit mois dans le privé.
Contrairement à certaines idées reçues, les salaires sont globalement plus élevés dans le public que dans le privé. Seule exception, la fonction publique territoriale, où le salaire moyen est en dessous de ceux du privé en raison de la moindre qualification des agents. Par rapport au privé, l'État et l'hôpital font travailler un plus grand nombre de cadres diplômés (enseignants, chercheurs, praticiens hospitaliers...), ce qui relève les statistiques. Notons au passage que le cliché d'une fonction publique qui ne sait pas garder ses cerveaux est mis à mal. D'autant que dans le haut de l'échelle, où la fonction publique est moins rémunératrice que le privé, l'écart est très faible (52 euros net par mois en défaveur des cadres publics hors enseignants), selon les chiffres de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP). En outre, les salaires du public augmentent en moyenne plus vite que ceux du privé. Selon les chiffres de Bercy, ils ont progressé de 3,7% par an en moyenne en euros courants entre 1995 et 2008, contre 2% pour le privé.
C'est Eurostat qui le dit: on travaille moins dans le public que dans le privé (37 heures hebdomadaires contre 38,5). Facteur aggravant, l'écart s'est creusé depuis 2009: + 20 minutes par semaine. Non seulement parce que les salariés du privé ont été plus sollicités, mais aussi parce que le temps de travail des personnels du secteur public a reculé.
L'absentéisme, c'est-à-dire les arrêts maladie, est de 2 à 4 jours plus élevé dans la fonction publique que dans le privé. Pas tant au sein de l'Etat, où il est quasiment le même (8 jours par an) et a diminué de 1 jour en six ans, que dans la fonction publique territoriale, où il bat des records! Selon la Direction générale des collectivités locales (DGCL), il est de 22,3 jours par an pour les titulaires. Pis, l'absentéisme s'est accru de 1,5 jour depuis 2001. Officiellement, cette dérive s'expliquerait par l'âge moyen élevé des agents, souvent malades... Une explication peu convaincante eu égard à la très faible différence entre le poids des plus de 50 ans dans la fonction publique d'Etat (32,3% fin 2009) et dans la territoriale (32,6%). C'est même l'inverse quand on prend les plus de 55 ans: 16,9% et 15,4%. Il faut plutôt voir dans cet absentéisme local élevé le résultat d'une absence de gestion - et donc de contrôle - des arrêts maladie par les collectivités, alors que l'État, lui, a commencé à prendre la question au sérieux .
En France, toutes les familles reçoivent, quels que soient leurs revenus et statut, des allocations familiales en fonction du nombre d'enfants du foyer à partir du 2e enfant. En plus de ces allocations, les agents payés par l'Etat - fonctionnaires et non-titulaires - perçoivent un «supplément familial de traitement» en fonction du nombre d'enfants à charge, et ce, dès le premier enfant. Cerise sur le gâteau: il est en partie proportionnel au traitement! Même plafonné (281,57€/mois pour 3 enfants), ce mécanisme avantage indubitablement les hautes rémunérations de la fonction publique... Coût du dispositif: 1,3 milliard d'euros, selon la Cour des comptes, qui a demandé à plusieurs reprises que le dispositif soit, au minimum, recalibré.De surcroît, les agents de l'État bénéficient de chèques emploi service universels (Cesu) préfinancés par leur employeur (l'Etat) pour financer la garde de leurs enfants jusqu'à l'âge de six ans. Cette aide peut atteindre 655€ par an et par enfant au maximum. Les agents hospitaliers en bénéficient également. A l'automne dernier, entre deux salves de hausses d'impôts, le gouvernement Fillon a revalorisé cette aide de près de 9 % avec effet rétroactif au 1er janvier 2011.
L'État loge une partie de ses agents dont la présence sur le lieu de travail est indispensable (127.400 logements gratuits) ou utile (9000 à loyer modeste). Là où le bât blesse, c'est que l'État défiscalise largement cet avantage en nature lorsqu'il est réintroduit dans le revenu imposable des agents. Bref, c'est fromage ET dessert! En outre, la sphère publique est surreprésentée dans les logements sociaux réservés: elle occupe 15% du parc HLM par le biais des contingents communaux, réserve préfectorale et autres mécanismes. A côté, le privé - qui emploie les trois quarts des actifs - n'a que 20% du parc qui lui sont «réservés» par le biais du 1% logement. (Le reste est attribué aux éligibles de droit commun sur liste d'attente.)
Le régime des fonctionnaires est plus avantageux que celui du privé dans son mode de calcul: 6 derniers mois pris en compte, par opposition aux 25 meilleures années dans le privé. Réversion en cas de veuvage sans conditions de ressources, etc. En 2010, pour payer les retraites de ses fonctionnaires, l'Etat a versé 28 milliards d'euros, soit, comme employeur, un taux de cotisation de 62,14%. En comparaison, dans le secteur privé, ce taux employeur n'est que de 15%. Un écart qui mesure concrètement les avantages dont bénéficient les agents publics titulaires mais qui, pour Bercy, s'explique notamment par l'assiette de cotisations plus faible (elle ne comprend pas les primes).
* Think tank indépendant, spécialiste de l'évaluation des politiques publiques
LE MONDE | 31.08.2012 à 15h38
Par Françoise Fressoz (Politique)
Mais ce qui était un bon positionnement de campagne se révèle dans l'exercice de l'Etat un peu court : en cette rentrée, ce n'est pas la confiance qui domine mais le doute sur le pouvoir, sa réalité, son incarnation, sa capacité à faire ce qu'il avait promis : "Le changement c'est maintenant." Eu égard au climat économique du moment, la baisse de popularité du couple exécutif n'est pas une surprise. Mais qu'elle se manifeste aussi tôt dans le quinquennat et de façon aussi brutale est un avertissement : trop de louvoiements, trop de commissions, trop peu d'engagements et d'explications sur ce chemin du redressement. Avec en prime une hésitation à décrire l'état réel du pays parce que l'expression brutale de la réalité rendrait trop improbable le scénario de la normalité qui a marqué les cent premiers jours.
C'est ce décalage entre le caractère dramatique de la situation et l'exercice banalisé du pouvoir qui saute aux yeux et complique la rentrée de François Hollande. Le président est trop effacé, trop tranquille. Il veut déléguer aux partenaires sociaux une partie du changement ? Soit.
En attendant, le bateau coule et c'est à lui qu'on demande des comptes. D'où cet instant dangereux, ce vide de la rentrée qu'il faut combler à coups de mesures d'urgence. Lesquelles ne masquent pas totalement le vide, car il y manque une parole forte. C'est le retour insidieux de la défiance en politique et la fin d'un mythe : celui de la présidence normale.
fressoz@lemonde.fr
CHOISIR
LA FRANCE
J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,
J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.
J'ai plus envie de relativiser. >>>>