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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 08:53

Bd Voltaire

Les images provenant de Barbès semblent tout droit sorties d’Ukraine ou de Beyrouth et pourtant cela s’est bien passé en France. Je ne reviendrai pas sur le conflit israélo-palestinien en lui-même, même s’il convient de rappeler premièrement que c’est la mort de trois adolescents Israéliens qui a mis le feu aux poudres et qu’ensuite le Hamas est une organisation terroriste qui a juré la destruction de l’Etat hébreux.

Quoi qu’il en soit, ce conflit n’a rien à faire en France, comme tous les conflits. C’est au niveau politique que sur ce sujet comme d’autres, les gouvernements doivent tenter des médiations voire des coercitions afin de faire avancer les choses et bouger les lignes. Si l’émotion, d’un côté comme de l’autre, est légitime, les accès de violence comme ceux qui se sont déroulés samedi n’ont rien à voir avec le sort du peuple palestinien. Je ne comprends pas très bien en quoi les manifestants viennent en aide aux habitants de Gaza en brûlant des véhicules RATP et en mettant à sac un quartier entier. Ou je ne le comprends que trop bien.

Je suis par principe contre toute restriction de la liberté d’expression. J’étais contre l’interdiction des spectacles de Dieudonné comme j’étais contre l’interdiction de cette manifestation. Pourtant, si cette manifestation a été jugée sensible, c’est qu’il y a un passif avec l’assaut donné contre la Synagogue de la rue de la Roquette. On essaie de nous faire croire que ça a dégénéré à cause de l’interdiction, mais bien idiot celui qui peut réellement y croire. Si on a parfaitement le droit d’être antisioniste et contre une politique à un instant T, ces rassemblements sont d’une toute autre teneur. Ils permettent aux antisémites d’avancer sans se trahir, ils ont enfin trouvé un motif légitime. On y retrouve également encore et toujours les mêmes casseurs munis de drapeaux algériens qui, eux, profitent d’à peu près n’importe quel motif pour en découdre avec cette France qu’ils méprisent tant (Fête de la musique, match de foot, Nouvel an,…) et enfin nous avons les inénarrables mouvements d’extrême-gauche.
Ces manifestations soit-disant pro-palestiniennes sont contre-productives car, encore une fois, elles sont loin d’être spontanées et en disent énormément sur l’idéologie de ceux qui défilent (qui cassent ici en l’occurrence). Pourquoi ne pas avoir fait de manifestation en soutien aux victimes de Mohammed Merah ou de Mehdi Nemmouche ? Ces victimes étaient pour le coup des compatriotes, beaucoup plus proches de nous. Pourquoi ne pas défiler contre les exactions commises par la « résistance » islamiste en Syrie ? Des Chrétiens crucifiés, des cœurs arrachés et mangés face caméra ce n’est pas encore assez horrible ? Pourquoi ne pas défiler contre la barbarie de la Charia qui lapide des femmes chaque jour ?

Silence radio sur tous ces sujets. Pourquoi également les organisateurs (dont certains se revendiquent « élus de gauche » sans plus de précisions) bravent-ils une décision de justice ? Ils appellent à la justice au Proche Orient mais ne respectent même pas celle de leur pays. Ils sont indignés par cette interdiction ? Très bien, mais étaient-ils indignés lors des interdictions des rassemblements « saucisson pinard », de rassemblements identitaires ou de rassemblements « Mariage pour tous » ? Et puisqu’on est sur la cohérence et alors qu’ils affichent – à juste titre- des slogans « La Palestine aux Palestiniens », pourront-ils tolérer le « La France aux Français » ?

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 08:38

Bd Voltaire

Malgré l’interdiction, de nombreux militants pro-palestiniens se sont rassemblés le 19 juillet à Barbès dans le nord de Paris pour exprimer leur soutien aux Palestiniens de Gaza. Munis de pancartes, ils scandaient : « Palestine vivra, Palestine vaincra » ou encore « Israël assassin, Hollande complice ». Certains militants ont brûlé des drapeaux israéliens, ceci sous l’œil impavide des CRS positionnés au lieu de départ dès le début de l’après midi.
Partie de Barbès, la manifestation s’est dirigée vers Château-Rouge. Les CRS ont alors bloqué l’accès vers la gare du Nord. Vers 16 H, la situation a commencé à dégénérer, des manifestants ont jeté des pétards, cailloux et autres projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Le gros de la manifestation qui comptait un millier de personnes a commencé à refluer mais de petits groupes sont restés sur place pour en découdre avec les fonctionnaires de police mettant la main sur des projectiles plus volumineux (poubelles renversées, pavé, bout de bois de palette). Ils ont incendié un fourgon RATP et cassés des vitrines. L’AFP indique qu’il y aurait au moins cinq policiers blessés, la préfecture de police de Paris, quant à elle, parle de 38 personnes interpellées.

Quatre enseignements sont à tirer de ces échauffourées :

1) On s’aperçoit qu’actuellement plus que les médias institutionnels ce sont les réseaux sociaux qui sont les véritables déclencheurs d’actions sur le terrain.

2) La manifestation était interdite, le préfet de police de Paris, Bernard Boucault, avait appelé samedi matin à ne pas s’y rendre précisant : « si des manifestants ou des contre-manifestants, tentaient d’y participer, ils prendraient le risque d’être contrôlés, interpellés et remis à la justice ». Pourtant aucune interpellation n’eut lieu avant la formation de celle-ci malgré la présence des CRS. Il fallu attendre 16 h pour que ces derniers interviennent enfin. Nous n’avons pas connu un tel laxisme avec des mouvements autorisés comme « La Manif pour Tous » ou « Jour de Colère ». Cette différence de traitement n’est pas due qu’à des motifs politiques, elle est due aussi à la peur d’intervenir face à des foules immigrés qui, il faut le reconnaître, sont plus déterminés que les braves bourgeois luttant contre le mariage homosexuel, bénéficient d’un large soutien dans les médias et peuvent faire flamber rapidement les centaines de quartiers sensibles disséminer sur l’hexagone.

3) Des mouvements communautaristes pro-palestiniens et pro israéliens exportent aujourd’hui le conflit du Moyen Orient dans de nombreuses villes de France (Il y a eu samedi prés d’une dizaine de manifestations). Ceci est la preuve qu’un grand nombre d’immigrés originaires du Maghreb ne se sont pas fondus dans le moule national. En étudiant les comptes-rendus, on a encore une fois la preuve que l’immigration n’est pas une chance pour notre pays mais un grand malheur pour notre devenir.

4) La France est devenue une véritable poudrière, une cocotte minute qui peut exploser à tout instant. Les politiques le savent et essayent de louvoyer en gagnant du temps pour repasser la patate chaude aux prochains locataires des palais gouvernementaux.

Osons le dire, aujourd’hui la France n’est plus qu’un vaste cocktail Molotov qui attend l’incident qui allumera la mèche pour l’embraser.

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 08:11

LA POSTURE a ses limites !!


Bd Voltaire

Manuel Valls perd des points, descend sous la barre des 50% (enfin, ajouterais-je !) pour descendre à 45% de satisfaits selon un sondage paru le 20 juillet dans le Journal du Dimanche. L’état de grâce qui, depuis son arrivée à Matignon, il y a 3 mois, permettait de le distinguer de son prédécesseur, semble donc s’éroder, sans toutefois atteindre la désastreuse côte (18%) de son Président qui se trouve être, par accident, aussi le nôtre…

Et ce ne sont pas les lamentables émeutes pro-palestiniennes majoritairement menées par les petits protégés de son gouvernement qui vont lui permettre de regagner des points. Manuel Valls a beau dire que ces émeutes sont inadmissibles et que leur violence justifiait l’interdiction de manifester, on peut affirmer qu’il n’a rien fait pour les réprimer, laissant les rues du 18e arrondissement de Paris, mais aussi celles de Lyon, de Marseille etc.. aux barbares spécialistes du cri de ralliement de « Allah Akbar ». Ce même cri qui est répété cent fois par jour par les fanatiques de Allah à travers la Syrie, l’Irak et bien d’autres pays sous domination du Coran.

Ce même cri répété à l’envie sur les vidéos qui circulent sur Internet, à la gloire de ces hommes masqués et habillés de noir, le couteau égorgeur à la main et qui massacrent chrétiens, prostituées et autres rebelles à l’application de la Charia… Sans que d’ailleurs Hollande et son compère de Premier Ministre, ne protestent outre mesure devant tant de barbarie.

Manuel Valls est un beau parleur. Il aime parader devant micros et caméras pour s’offusquer de la délinquance, des braquages, des trafics divers et promettre que les criminels n’auront plus droit d’accès aux crimes qu’ils perpétuent dans nos villes et nos campagnes. Mais il parle. Il n’agit pas, sauf bien sûr, quand ses policiers et ses gendarmes ne risquent rien d’autre qu’une faible résistance de la part de manifestants pacifiques qui protestent contre les lois dites sociétales élucubrées par son gouvernement. Plusieurs milliers d’interpellations pour les Manif Pour Tous, et quelques uns pour les émeutes du Trocadéro et celles, récentes, du football, de la Palestine… 

Il ne réagit pas lorsque le Parlement socialiste d’une république socialiste approuve les propositions délirantes de Mme Taubira, ex-condamnée, ex-indépendantiste qui vont accroître très vite, la petite voire la grande délinquance. Il ne réagit pas plus lorsque des églises sont profanées à un rythme annuel de dizaines sur le sol français. Il ne fait rien d’autre que parler, lorsqu’une partie de Paris ressemble à une ville en révolution, comme ce fut le cas samedi soir. 38 interpellations pour des centaines et des centaines de « jeunes » qui se sont défoulés sur des voitures, des abris-bus, des poubelles, des commerces. Avait-il donné à son ministre de l’Intérieur et aux forces de l’ordre mission de stopper par tous les moyens les violences prévisibles d’une manifestation interdite ? Non, bien sûr…


Alors ne nous étonnons pas que désormais la majorité de nos concitoyens ne le considère plus comme l’homme de la situation, comme le redresseur du désastre. D’autant plus que sur le plan économique, et c’est le moins que l’on puisse écrire, il est tout aussi incapable que François Hollande, de redresser la situation puisqu’il est écrit que ce quinquennat ne sera ni courageux, ni révolutionnaire. Sauf s’il s’agit de révolutionner notre vie quotidienne et morale…


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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 07:03

Bd Voltaire

C’était le dernier jour de classe. Sans doute une effervescence joyeuse accompagnait la rentrée des élèves. On allait ranger les classes, chanter une dernière chanson, lire une dernière histoire. Et puis se souhaiter de bonnes vacances. Au lieu de cela c’est l’horreur qui est entrée dans la classe de maternelle de l’école Édouard Herriot d’Albi. Une mère d’élève a sorti un couteau et a poignardé la maîtresse. Fabienne Terral-Calmès, 34 ans est morte. Devant ses élèves. Elle laisse derrière elle deux orphelins dont un de six mois.

Les premiers éléments laissent penser à l’acte d’une déséquilibrée. Mais on le sait, les esprits faibles sont facilement influencés. Et si le meurtre d’un enseignant est, heureusement, exceptionnel, on sait que les agressions, verbales ou physiques, ne le sont hélas pas. On ne peut qu’être frappé de ce que cet assassinat intervient alors que l’INSEE vient de publier une étude montrant que 12 % des personnels de l’Éducation nationale ont été victimes de menaces ou d’insultes [PDF]. Soit deux fois plus que dans les autres professions.

Dans une société où l’ignorance crasse s’étale fièrement, et pas seulement chez les footballeurs mais aussi chez les animateurs télé, les chanteurs à la mode, les journalistes et même les politiques, ceux qui ont fait leur métier de la transmission du savoir ne peuvent qu’être méprisés. Dans une société qui ne valorise que le plaisir immédiat, la jouissance facile, qui prône l’extase obligatoire devant les poncifs éculés de la pensée chamallow, ceux qui demandent aux élèves d’étudier, de travailler, de faire des efforts pour une perspective un peu plus lointaine que demain ne peuvent être perçus que comme des empêcheurs de bonheur instantanée, des « méchants » donc.

Si de plus leur hiérarchie même semble dire que ce sont des sadiques se plaisant à mettre des mauvaises notes à leurs élèves, à les sanctionner plutôt qu’à les encourager, au point d’interdire le zéro, de limiter les punitions, d’envisager la suppression des notes, comment les parents et les élèves ne s’insurgeraient-ils pas contre ces bourreaux d’enfants, ces salauds qui empêchent la jeunesse de France de s’épanouir ?

Mais malgré les études, malgré les insultes, malgré les agressions, malgré le meurtre de Fabienne Terral-Calmès, malgré les suicides de Lise Bonnafous, de Nathalie Filippi, de Pierre Jacques, on continuera à traiter les profs comme des privilégiés qui n’ont pas à se plaindre.

D’ici la rentrée le drame sera oublié, les enseignants continueront de souffrir en silence et le pays de Voltaire et Hugo à glisser irrémédiablement vers l’illettrisme.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 17:42

Lefigaro

INTERVIEW - Pénaliste réputé, Jean-Yves Le Borgne a été vice-bâtonnier de Paris. Il décrypte les questions procédurales posées par la garde à vue et la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

LE FIGARO. - Les juges étaient-ils obligés de faire placer Nicolas Sarkozy en garde à vue?

Jean-Yves LE BORGNE. - Les juges d'instruction ne sont jamais obligés de déléguer leur pouvoir à la police. Ils auraient très bien pu convoquer Nicolas Sarkozy et l'entendre eux-mêmes, comme cela avait d'ailleurs été le cas dans l'affaire Bettencourt. Lorsqu'un juge est saisi d'une enquête, la règle veut qu'il procède lui-même aux auditions des personnes en cause.

Pourquoi ce choix?

Je ne connais pas le dossier. Mais, qu'on le veuille ou non, le régime de la garde à vue a quelque chose d'humiliant. La personne est placée dans une situation d'inconfort, de vulnérabilité. La garde à vue a, en principe, pour but d'empêcher un nouveau délit, une fuite. En clair, elle est réservée aux bandits…

Elle est pourtant souvent utilisée. N'est-ce pas une volonté de montrer que Nicolas Sarkozy est un «justiciable ordinaire»?

Personne ne soutient le contraire. Mais, à tant vouloir ne pas lui accorder de privilèges, faut-il en arriver à le traiter plus mal qu'un autre?

Quelle sera la prochaine étape du dossier? La demande d'annulation des écoutes téléphoniques?

Toute personne mise en examen a un délai de six mois pour contester la procédure devant la chambre de l'instruction. En cas de pourvoi, la question remonte à la Cour de cassation. En l'espèce, il semble que des éléments de conversations entre un avocat, Me Thierry Herzog, et son client, Nicolas Sarkozy, soient le fondement de la poursuite. D'où cette question fondamentale: était-on autorisé à écouter ces conversations? Or, il est évident que non car elles sont couvertes par le secret professionnel. Une seule exception à cette règle absolue: si l'on soupçonne l'avocat de participer à une infraction commise par son client. Dans le cas présent, au moment où les écoutes sont ordonnées, ce soupçon n'existe pas.

Si un recours est déposé, quelles sont les conséquences pour l'instruction?

Formellement, la saisine de la chambre de l'instruction n'a pas d'effet suspensif, l'enquête peut continuer. Dans la pratique, le dossier est souvent mis entre parenthèses, le temps que la demande soit examinée.

Y a-t-il un «acharnement» judiciaire, comme certains le prétendent?

Un constat: on n'a rien trouvé sur Kadhafi, ni sur Karachi, ni sur Bettencourt. Il faudrait donc qu'on trouve quelque chose…

Les juges tiennent-ils du compte du calendrier politique? La convocation de Nicolas Sarkozy en pleine séquence du «retour» est-elle fortuite?

Les croisements d'agendas politiques et judiciaires existent… On l'a déjà vu. Mais je ne peux pas imaginer que des juges gèrent ainsi leur calendrier et choisissent qu'il interfère avec l'agenda politique.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 07:50
Bd Voltaire

Gabrielle Cluzel

burqa
Le 1 juillet 2014
La Cour européenne des droits de l’homme vient de valider (avec quelques réserves) la loi de 2011 sur l’interdiction du port du voile islamique intégral en France.
       
        

La Cour européenne des droits de l’homme vient de valider (avec quelques réserves) la loi de 2011 sur l’interdiction du port du voile islamique intégral en France. Une jeune Française d’origine pakistanaise, représentée par un cabinet d’avocats du Royaume-Uni, avait en effet formé une requête pour la contester.

Une décision prudente, à l’image de notre monde occidental, qui, comme une vieille porte vermoulue, craque sourdement mais résiste encore à chaque coup de butoir, en se persuadant que ce sera le dernier, car il n’a pas d’autre choix que de se bercer d’illusions. Et de paradoxes.

Selon une dépêche AFP, reprise par toute la presse, cette décision était « très attendue ». Mais toujours selon l’AFP, les représentants du gouvernement français, qui demandait le rejet de la requête, ont souligné « le caractère extrêmement minoritaire de la pratique du voile intégral en France ». L’affaire serait donc quasi-anecdotique. Mais pourquoi attendre avec autant de force une décision qui ne concerne pour ainsi dire personne ?

Ce même gouvernement français a précisé que cette loi ne visait pas spécifiquement le voile intégral, mais aussi le port « des cagoules ou des casques de moto ». Il est vrai que de curieux quidams, notamment rue du Cirque, s’entêtant à déambuler cagoulés et casqués, il fallait vraiment légiférer.

Quant à la jeune femme ayant formé la requête, elle n’aurait subi « aucune pression » familiale. Aucune pression d’aucune sorte ? Elle aurait agi seule, comme une grande, sans personne pour la pousser dans le dos ? Ce que les lawyers britanniques sont altruistes ! Par pure gentillesse et pour tuer le temps, ils proposeraient gentiment leur assistance juridique aux Françaises anonymes dans l’adversité ?
Son avocat, puisqu’on en parle, présente la jeune femme comme une « parfaite citoyenne française d’un niveau d’éducation universitaire » qui « parle de sa République avec passion ». Bref, « une patriote ».

La jeune femme a une passion pour sa République et aime sa patrie ? Mais quand on aime passionnément une bâtisse vieille de plusieurs siècles et que l’on souhaite l’habiter, n’aime-t-on pas aussi ses murs et sa charpente, ne préserve-t-on pas ses fondations, ne soigne-t-on ses éléments anciens ? Et forme-t-on un recours en justice pour obtenir le droit de la démolir et de reconstruire, dans un tout autre style que celui de la région ?

Quand on minimise les coups de butoir, on s’imagine qu’un petit verrou sur le chambranle suffira à tout contenir.

La loi sur l’interdiction du port du foulard dans les établissements scolaires, aussi, avait été validée par la CEDH. Dans nombre d’écoles, les maîtresses ne peuvent que constater la multiplication de jeunes mères voilées, revendiquant d’accompagner les sorties de classe. Des jeunes mères qu’elles ont vu évoluer parfois en quelques mois. À la rentrée de septembre, avec leur teint mat et leurs cheveux sombres au vent, on pouvait les croire basques ou corses… Non seulement, la République n’assimile plus mais elle désassimile. Et pourquoi cette nouvelle targette que vient de poser la CEDH tiendrait-elle plus que l’autre ?

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 18:08

Minurne

Le chômage a bondi en mai : avec plus de 24 800 nouveaux chômeurs pour la seule catégorie A (n'ayant pas travaillé une seule heure) on atteint les 3,4 millions et, toutes catégories confondues, on dépasse maintenant les 5 millions, mais Valls "refuse tout fatalisme" bien qu'il concède que "Les chiffres ne sont pas bons. Ils sont le reflet d'une croissance plus faible que prévue au premier semestre qui entraîne des destructions d'emplois marchands".
Il n'y a pas que les emplois marchands qui sont détruits, des vies aussi sont mises à mal. Car le chômage dans le secteur privé est infiniment plus dramatique que les vacances payées que constituent de fait les mises à l'écart provisoires d'un changement de poste dans le secteur public où l'emploi est garanti à vie (1).

 

 Nous sommes revenus au rythme du début du quinquennat, soit mille chômeurs supplémentaires par jour ouvrable. La prévision (on ferait mieux de dire "prédiction") de croissance du gouvernement (1 %) pour l'année ne sera pas réalisée, mais Valls annonce qu'il faut poursuivre et accélérer la merveilleuse politique économique socialiste, tout en se privant de la création artificielle de postes dans le service public. Ça ne passerait plus, les Français ont enfin compris que multiplier les salariés à la charge de l'État ne résorbe pas le chômage mais l'accroît dans le secteur privé et provoque une augmentation des impôts.

 

(1) Le chômage est d'ailleurs l'apanage exclusif du secteur privé, puisque l'emploi public est garanti à vie. C'est d'ailleurs un aspect très particulier (encore un !) de "l'exception française".
Suivez attentivement la démonstration qui suit :
Quand on compare la France aux autres pays de l'Union, on compare le nombre de demandeurs d'emploi à la population active. C'est un ratio naturel, rien à y redire. Et on annonce ainsi pour la France un taux de chômage entre 10 et 11 % (3,4 millions de demandeurs d'emploi pour une population active un peu supérieure à 30 millions). C'est très élevé évidemment, mais finalement assez comparable à la moyenne européenne.

Sauf que ce taux dissimule une situation beaucoup plus dérangeante, pour ne pas dire catastrophique, et les experts en sont parfaitement conscients mais le cachent soigneusement. 
Comme ce n'est pas le secteur public, surtout en France, qui va résorber le chômage, on devrait en effet comparer le nombre de demandeurs d'emplois, non pas à la population active totale, mais à la population active nette (hors emplois publics).
Et là, d'un seul coup, en ôtant de la population active les 6 millions d'emplois protégés des différents secteurs publics, on obtient 3,4 millions de chômeurs pour une population active nette (hors emplois publics) de l'ordre de 24 millions.
Ce qui donne un taux réel de chômage de 14 % ! 
Et même 22 % si on prend comme référence l'ensemble des 5,3 millions de demandeurs d'emploi toutes catégories confondues (A,B,C) et non les seuls demandeurs d'emploi de la catégorie A !
Ce raisonnement n'est absolument pas un sophisme : les pays à forte densité d'emploi public comme la France masquent de fait un taux de chômage réel supérieur aux chiffres annoncés, et inversement pour les pays à faible densité d'emploi public.

Les dirigeants incompétents d'une France en quasi dépôt de bilan - et notamment le nul et pédant locataire actuel de l'Elysée -  feraient bien de considérer les vrais chiffres du chômage et prendre rapidement les mesures de nature à relancer la croissance, au lieu de supputer leurs chances de l'emporter en 2017 face à Marine Le Pen...
Faute de quoi ils s'exposent à une confrontation sociale majeure, telle que la France n'en a pas connue depuis des lustres.

 

MLS 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 08:36

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Malika Sorel a acordé un entretien fleuve au FigaroVox dans lequel elle revient notamment sur l'affaire Baby-Loup et les violences qui ont suivi la victoire de l'Algérie. Ces propos résonnent à la fois comme cri d'amour pour la France et de colère contre ses élites.


Malika Sorel-Sutter est ancien membre du collège du Haut Conseil à l'Intégration et de sa mission Laïcité. Elle est notamment l'auteur d'«Immigration, intégration: le langage de vérité». Fayard/Mille et une nuits, 2011


La Cour de cassation a confirmé mercredi le licenciement pour faute grave d'une salariée voilée de la crèche Baby-Loup. Que pensez-vous de cette décision? S'agit-il d'une victoire pour la laïcité?

Malika Sorel: La situation que nous vivons est surréaliste. La République est laïque - c'est même inscrit dans sa Constitution -, et nous en sommes réduits à nous réjouir lorsque la Justice nous autorise à appliquer la laïcité. Parler de victoire pour la laïcité, c'est aller un peu vite en besogne. C'est seulement un pas qui va dans le bon sens, celui de la cohérence.

Cette décision règle-t-elle définitivement la question de la laïcité dans les entreprises? Quelles sont les ambiguïtés qui demeurent?

Cette décision va simplement permettre à Baby Loup de continuer d'exister pour peu que les élus, sur place, s'attellent enfin à lever les derniers verrous qui persistent sur le plan des financements. Cette décision n'est d'aucun secours pour les entreprises de droit privé, qui sont pourtant de plus en plus soumises à des revendications religieuses qui introduisent des contraintes de fonctionnement et portent parfois atteinte à la cohésion des équipes. C'est de notoriété publique, mais une fois encore, le législateur, au lieu d'anticiper pour éviter les tensions - ce qui est son rôle -, attend qu'elles se produisent.

La femme française d'aujourd'hui est la descendante directe d'Agnès Sorel qui avait libéré les corps. Depuis, la beauté que la nature a conférée à la femme n'a plus à être cachée.

Il faut garder à l'esprit que les Français se sont sécularisés après des siècles de longs combats, dont une guerre fratricide entre catholiques et protestants. Aussi, voient-ils d'un très mauvais œil l'accroissement sans précédent de signes extérieurs qui manifestent une appartenance religieuse dont, entre autres, un «signe extérieur fort tel que le port du foulard», pour reprendre la qualification exacte qui a été employée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (arrêt Lucia Dalhab, 15 février 2001). Dans le même arrêt, la Cour développait par ailleurs la question de fond posée par le voile: «le port du foulard est imposé aux femmes par une prescription coranique qu'il est difficile de concilier avec le message de tolérance, de respect d'autrui, d'égalité et de non-discrimination que, dans une démocratie, tout enseignant doit transmettre à ses élèves». Nous sommes là au cœur de l'identité culturelle des Français et de bien d'autres peuples européens chez lesquels le statut actuel de la femme est, là aussi, fruit de plusieurs siècles de combats pour la liberté et l'égalité. Comme chacun sait, en France, bien davantage que dans d'autres pays occidentaux, ce sujet est hautement sensible. Avant même qu'elle ne conquière sa liberté au sens où nous l'entendons aujourd'hui, la femme française était pleinement intégrée dans la vie de la cité, aussi bien dans les campagnes qu'à la ville où elle pouvait tenir salon littéraire. La femme française d'aujourd'hui est la descendante directe d'Agnès Sorel qui avait libéré les corps. Depuis, la beauté que la nature a conférée à la femme n'a plus à être cachée. Bien d'autres évolutions pourraient être citées qui ont participé à forger le regard que les Français portent sur eux-mêmes, sur les autres et sur le monde - c'est-à-dire, leur identité culturelle.

Il faut permettre à tous ceux qui souhaitent adopter la laïcité comme principe d'organisation de le faire en toute sécurité juridique. C'est un impératif absolu pour peu que l'on souhaite préserver la paix sociale ...

Faut-il légiférer sur cette question de la laïcité?

84 % des Français sont favorables à une loi qui interdit les signes religieux ou politiques dans les entreprises privées (Institut BVA, octobre 2013). Il faut permettre à tous ceux qui souhaitent adopter la laïcité comme principe d'organisation de le faire en toute sécurité juridique. C'est un impératif absolu pour peu que l'on souhaite préserver la paix sociale, car nous ne sommes plus dans la situation où une culture et des fondamentaux communs faisaient que chacun comprenait de lui-même où sa liberté commençait à empiéter sur celle des autres. Comme l'a très bien exprimé le Procureur Général Jean-Claude Marin lors de l'audience en plénière de la Cour de cassation, il convient en effet de distinguer entre «croyance et manifestation de cette croyance». Ce qui se traduit concrètement par l'existence d'un «for interne» et d'un «for externe». Et le Procureur Général de poursuivre: «le for interne, c'est la conviction intime, la foi profonde. Cette liberté est absolue et Inviolable». Par contre, le for externe qui est «la manifestation extérieure des croyances ou des convictions peut se heurter aux autres croyances, générer des conflits, troubler l'ordre public. C'est la raison pour laquelle la liberté de manifester sa conviction n'est pas absolue».

J'ai souvent eu le sentiment de « prêcher dans le désert ».

En 2007, vous publiiez Le puzzle de l'intégration. Comment la situation a-t-elle évolué sur cette question depuis?

Il suffit de le relire pour voir que j'y avais anticipé tout ce qui se produit maintenant. Début 2011, j'avais également publié un programme politique détaillé sur les sujets de l'intégration et de l'école. À chaque fois, mon souhait était que le politique joue son rôle de garant de la paix tant que la situation était encore contrôlable. La plupart des responsables rencontrés, ceux qui détenaient des leviers d'action, sont restés plus ou moins sourds et indifférents au sort de la société française. J'ai souvent eu le sentiment de «prêcher dans le désert».

La victoire de l'Algérie, aussi bien contre la Corée du Sud que contre la Russie, a été célébrée dans toute la France par les supporters algériens. Certaines manifestations de joie et les violences qu'elles ont parfois entraînées ont pu choquer certains Français. Qu'est-ce que cela vous inspire? Est-ce selon vous le reflet d'un certain malaise identitaire?

Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans cette situation de malaise identitaire. N'importe quelle enquête met en évidence que nombre d'entre eux ne se revendiquent pas de l'identité culturelle française. Ils l'expriment d'ailleurs avec franchise et grande honnêteté.

Le fait que les Algériens fêtent la victoire de leur pays est légitime. La seule chose qui puisse être reprochée c'est que certains parmi eux saisissent toute occasion, défaite ou victoire, pour attenter à l'ordre public et même procéder à des opérations de destruction. C'est le mépris de la France et de tout ce qu'elle représente culturellement à leur yeux qui s'exprime ici.

Le malaise identitaire était le passage obligé de tous ceux qui s'engageaient dans le processus d'intégration culturelle car la construction de sa propre identité, surtout lorsqu'elle diffère fortement de celle de ses ascendants biologiques, est un processus jalonné de questionnements profonds mais aussi de souffrances morales inévitables. Nous ne sommes plus dans cette époque où existait une volonté d'intégration culturelle.

Le fait que les Algériens fêtent la victoire de leur pays est légitime. La seule chose qui puisse être reprochée c'est que certains parmi eux saisissent toute occasion, défaite ou victoire, pour attenter à l'ordre public et même procéder à des opérations de destruction. C'est le mépris de la France et de tout ce qu'elle représente culturellement à leur yeux qui s'exprime ici. Mais là encore, il convient de hiérarchiser les responsabilités. Ce sont nos élites qui ont créé les conditions d'une telle expression. Je renvoie de nouveau vers mes ouvrages, où j'avais longuement décrypté le pourquoi du comment.

Tous les discours lénifiants qu'ils continuent de servir aux Français, ils n'y croient pas eux-mêmes. J'ai été aux premières loges pour le voir et l'entendre.

Vous critiquez le concept de diversité. Celui-ci mène-t-il finalement à l'effacement de l'«identité française»?

Baby Loup en est l'exemple flagrant. Parce que la crèche a souhaité appliquer la laïcité, la vie lui a été rendue impossible et elle a dû partir, déménager, quitter le territoire de Chanteloup-les-Vignes. Le concept de diversité a été propagé par les élites politiques, intellectuelles, médiatiques pour désigner ceux qui n'étaient culturellement pas Français mais auxquels l'État attribuait pourtant, en toute connaissance de cause, des papiers d'identité français. En seulement quelques années, dans les échanges à huis clos au sein du monde de la haute administration et de la politique, nous sommes passés d'un «il n'y a pas de problème d'intégration. C'était exactement la même chose avec les Italiens» à un «c'est fini. Il est trop tard!» C'est la raison pour laquelle ils ont abandonné la République, et chemin faisant la France. Tous les discours lénifiants qu'ils continuent de servir aux Français, ils n'y croient pas eux-mêmes. J'ai été aux premières loges pour le voir et l'entendre.

Je continue quant à moi de penser que pour celui qui aime son pays, il n'est jamais trop tard pour participer à faire recouvrer à son peuple la maîtrise de son destin, c'est-à-dire la maîtrise de son projet de société.

Comme l'explique Michèle Tribalat dans son dernier livre, les politiques ont abandonné depuis une trentaine d'années le principe d'assimilation au profit d'une logique multiculturelle. N'est-il pas trop tard pour faire marche arrière?

C'est ce que pensent beaucoup de nos politiques. Je continue quant à moi de penser que pour celui qui aime son pays, il n'est jamais trop tard pour participer à faire recouvrer à son peuple la maîtrise de son destin, c'est-à-dire la maîtrise de son projet de société. Dans mes différents ouvrages, j'ai longuement développé les raisons pour lesquelles j'étais opposée au fait d'imposer l'assimilation. Le choix de sa propre identité doit en effet être libre et non contraint. La liberté d'être est, à mes yeux, la plus importante qui soit. Par contre, il est évident que nul ne peut être exonéré du respect, sur un territoire donné, des normes collectives qui correspondent à l'héritage politique et culturel du peuple auquel ce territoire appartient.

C'est autour de la question du respect de leur identité, et de tout ce que cela commande, qu'il faut chercher la source principale du divorce entre les élites et le peuple

En revanche, j'ai toujours précisé que l'octroi des papiers d'identité français devait obligatoirement correspondre à la réussite du processus d'intégration culturelle qui se matérialise par l'assimilation. Ce n'est là que respecter le contenu du code civil relatif à cette question. C'était le sens de la Charte des droits et des devoirs du citoyen français que nous avions élaborée au sein du HCI, et qui avait commencé à être mise en œuvre par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant. C'est autour de la question du respect de leur identité, et de tout ce que cela commande, qu'il faut chercher la source principale du divorce entre les élites et le peuple. Il est manifeste qu'au long de ces dernières décennies, les gouvernements qui se sont succédé ont pour beaucoup violé les termes du contrat de délégation de pouvoir confié par le peuple. Le fait que le pouvoir politique persiste à laisser entrer des flux migratoires et à distribuer des papiers d'identité qui sont autant de titres de propriété sur la terre est extrêmemnt grave. De même en est-il du droit du sol devenu totalement obsolète. Obsolescence que les gouvernants ont pourtant refusé de prendre en considération. À qui peut-on encore faire croire que naître sur une terre suffit à faire de vous un porteur de l'identité de cette terre?

Voir la France et le peuple français tant humiliés, violentés, y compris par leurs élites, m'était devenu insupportable. Rester assis et ne rien faire, c'est se rendre complice.

Vous êtes vous-même d'origine étrangère. Qu'est-ce qui vous pousse à mener ce combat sur l'intégration depuis tant d'années?

Mon engagement est celui d'un combat pour la justice. Voir la France et le peuple français tant humiliés, violentés, y compris par leurs élites, m'était devenu insupportable. Rester assis et ne rien faire, c'est se rendre complice. Les citoyens doivent en prendre pleinement conscience car, tôt ou tard, notre époque, comme d'autres avant elle, sera passée au crible par des historiens. Au vu des moyens d'information fabuleux dont nous disposons, nous ne bénéficierons d'aucune circonstance atténuante telle que celle de l'ignorance des faits qui avait pu tantôt prévaloir.

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 16:39

FIGAROVOX/ENTRETIEN - La victoire de l'Algérie face à la Russie a provoqué des scènes de liesse, émaillées d' «incidents», partout en France. Pour Ivan Rioufol, cette manifestation d'appartenance est le signe d'un echec de la République.


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Ivan Rioufol est éditorialiste au Figaro. Retrouvez ses chroniques sur son blog.


Figarovox: Lors des deux victoires de l'Algérie à la Coupe du Monde, des grandes manifestations «de liesse» ont eu lieu partout en France suivi de débordements, qualifiés «d'incidents» par certains médias.Y-a t-il une indulgence trop grande vis-à-vis de ces débordements?

Ivan Rioufol: On ne peut pas se contenter de s'attendrir devant ces «scènes de liesse», ainsi décrites complaisamment par les médias. Ce qui se passe est choquant. Un étranger regardant la France hier soir pouvait se demander légitimement: dans quel pays suis-je tombé? Sommes-nous encore en France?

Ce que nous avons sous nos yeux sont des manifestations d'appartenance et de fierté patriotique, singulièrement à travers l'exhibition des drapeaux algériens. Dans certaines mairies, le drapeau français a été décroché et remplacé par le drapeau algérien. Ce n'est pas «faire le jeu du Front National» de le dire, comme on l'entend. C'est la réalité. Il n'y a pas eu de telles manifestations lorsque la France s'est qualifiée en huitième de finale.

A cette volonté d'appartenance, s'ajoute une recherche de visibilité. Ces jeunes veulent montrer et faire comprendre qu'ils sont Algériens avant d'être Français.

Il y a également une recherche d'appropriation des lieux publics, parfois violente: 74 interpellations ont eu lieu jeudi soir, des forces de l'ordre ont été caillassées, des voitures ont été brulées un peu partout. Ces casseurs-là, minoritaires, veulent clairement en découdre avec la République.

Leurs parents ayant refusé l'Algérie française, ils veulent la France algérienne. Leurs drapeaux brandis dans les rues expriment un refus du vivre-ensemble, voire une volonté de contre-colonisation.

Ces manifestations de patriotisme algérien sont-elles le signe de l'échec de la politique d'assimilation?

Bien sûr, c'est un échec flagrant qui nous est donné de voir. Si l'assimilation fonctionnait, ces jeunes seraient descendus dans les rues pour fêter la victoire de la France! Nous assistons aujourd'hui à un phénomène de communautarisation de la société française, à sa fragmentation, à son éclatement. Toute une jeune génération se comporte comme si elle voulait prendre sa revanche sur la France colonisatrice. Leurs parents ayant refusé l'Algérie française, ils veulent la France algérienne. Leurs drapeaux brandis dans les rues expriment un refus du vivre-ensemble, voire une volonté de contre-colonisation. La question qu'il faut se poser est: la France doit-elle accepter de se faire ainsi cocufier?

Les mêmes scènes de liesse ont eu lieu à Alger, mais sans les violences contre les forces de l'ordre: là-bas, on respecte l'Etat.

Le vrai responsable, ce serait-donc la faiblesse de l'Etat français?

Oui, c'est d'abord la faiblesse de la République qui entraine de telles dérives. L'Etat a été incapable d'enclencher un processus d'identification. Par une succession d'abandons, d'auto-flagellations, de démissions, d'indulgences, il a perdu toute attractivité et toute autorité.

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 07:07
Entretien avec Frédéric Pichon
Bd Voltaire

Le 27 juin 2014

Entretien réalisé par Gabrielle Cluzel

Dans un éditorial du Point daté du 26 juin dernier, Franz-Olivier Giesbert, révèle, s’appuyant sur des travaux d’expert, qu’en Syrie, seuls les rebelles djihadistes ont pu perpétrer l’attaque chimique de Ghoutta. Il accuse ouvertement le Monde, le gouvernement français et les services secrets américains d’avoir montré du doigt, sans preuves, le régime d’Assad, pour justifier les frappes à venir. Cet éditorial aurait dû l’effet d’une bombe, non ?

Si FOG, qui connaît tout le monde à Paris, écrit cela, c’est que désormais, ce thème commence à faire consensus : on peut en parler. Mais cela illustre comment fonctionne notre système médiatique. Les informations ne sortent que quand le système lui-même l’autorise. Et toujours en différé. A présent, cela n’intéresse plus personne. Il s’agit pourtant d’une véritable forfaiture. Fin août dernier, nous avons assisté à une campagne internationale qui, en France, s’est traduite par un vrai déchaînement de la part de certains journaux. En particulier Le Monde, dont la ligne fut incroyablement partisane, comme elle le fut récemment lors de la crise ukrainienne. Le problème c’est qu’en France, c’est ce journal qui donne le la.

A la fin du mois d’Août 2013, il était très difficile d’aller en sens contraire. J’ai été très sollicité à cette époque : j’ai remarqué que les médias étrangers étaient beaucoup plus disposés à accueillir un discours prudent. En France, je me souviens très bien que le fait même de ne pas acquiescer, d’attendre des preuves, de résister à l’emballement médiatique dont on voyait bien qu’il faisait les affaires du gouvernement était suspect. C’était pourtant la seule position tenable pour le chercheur que je suis et cela aurait du être le cas pour la presse.

Vous-même en aviez la confirmation depuis bien longtemps ?

Je vous avoue que sur le moment et jusqu’à maintenant, je n’ai évidemment aucune preuve. C’est plutôt un réflexe méthodologique qui m’a incité à la prudence. Et puis, ce n’était pas très sérieux : le gouvernement syrien demande officiellement à une délégation ONUSienne de venir inspecter pour constater une utilisation d’armes chimiques de la part des rebelles et moins de 48 h après leur arrivée, une autre attaque a lieu dans la banlieue de Damas. Cela pouvait à tout le moins provoquer quelques interrogations.

Mais j’ai senti venir la chose il y a moins d’un mois. Au hasard d’une interview dans Spiegel peu après sa démission de médiateur de l’Onu, Lakhdar Brahimi a indiqué qu’il n’y avait plus aucun doute que l’attaque chimique de Khan al Assal était le fait des rebelles. Or c’est cette attaque au printemps 2013 qui a motivé la demande d’inspection de la part de Damas, qui déjà accusait les rebelles. Mais là aussi, cela est passé pratiquement inaperçu.

En fait, personne n’y croyait dès le début. Mais les liens entre le politique et la presse en France sont tellement contre-nature qu’il fallait servir sur un plateau une intervention qui n’a pas eu lieu. Obama, lui, savait dès septembre à mon avis : cela explique le retournement spectaculaire de Washington et l’annulation de l’opération. Hollande ne pouvait pas l’ignorer non plus…

Pensez-vous que cet aveuglement occidental a contribué à renforcer durablement la capacité de nuisance des djihadistes ?

Oui typiquement, il faut tordre le coup à l’ idée suivante : ce serait l’absence de soutien occidental à la rebellion dite « modérée » qui à permis aux djihadistes de prospérer. C’est totalement faux. Pourquoi n’a -t-on pas aidé davantage l’opposition syrienne? Tout simplement parce que dès le début, les chancelleries savaient quels type de rebelles agissaient sur le terrain. Le Quai d’Orsay avait toutes les informations depuis le début.

Avec des rebelles que finançaient et armaient nos amis du Golfe, les gouvernements savaient pertinement qu’il serait impossible de « vendre  » aux opinions publiques une aide à des « révolutionnaires » qui dès le début étaient gangrénés par les djihadistes que la Turquie et d’autres pays voisins laissaient librement circuler vers la Syrie.

Et j’ai fait partie des experts qui ont mis en garde contre le caractère clairement islamiste de la rebellion en Syrie. Je n’ai eu droit qu’à l’épithète de « pro-Assad ». Alors après coup, on invente des justifications : les djihadistes sont en fait une création du régime d’Assad. Les terroristes sont en fait des membres des services de renseignement. Ou enfin, cette idée très à la mode qui prétend que c’est notre inaction qui explique leurs succès. Des fables grossières qui feraient rire si elles n’avaient provoqué la destruction d’un pays tout entier… et aussi les graves menaces pour notre propre pays, qui détient le record d’engagés djihadistes sur le terrain syrien.

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