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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 09:04
Bd Voltaire
Entretien avec Renaud Camus

Le 25 février 2014

Selon une enquête “Génération quoi ?”, initiée par France Télévisions, 46 % des 18-34 ans ne font plus confiance aux politiques (qu’ils trouvent corrompus et pour qui gauche et droite se valent). C’est inquiétant ?

Non, c’est assez rassurant sur le bon sens des sondés. La caste politique est un des groupes les plus déculturés, décivilisés, désélitisés de la société française. Elle est noyée dans la société du spectacle ou plus exactement du show-business et se confond avec elle, à un rang inférieur à celui des “artistes”. Rien n’est plus instructif à cet égard que de voir qui épouse qui, qui prend où ses maîtresses et ses amants, qui passe avec qui les fêtes de fin d’année. Après la présidence Jean Clavier, voici la présidence Gérard Jugnot. Pendant ce temps-là ces gens s’occupent (mal) de petites misères tandis que survient dans un silence imposé la plus formidable commotion de toute notre histoire, le Grand Remplacement.

Un tiers des 210.000 répondants envisagent que des emplois puissent être réservés aux Français. Cela vous étonne ?

Oui. Un tiers ça n’est pas beaucoup. D’autant que “Français”, ça ne veut absolument plus rien dire. La distinction entre Français et étrangers n’a plus aucun sens, elle ne sert plus qu’à dissimuler ce qui survient et à permettre aux sociologues de cour, si l’on peut risquer le pléonasme, de soutenir sans rire et même sans mentir qu’il y a de moins en moins d’étrangers — naturellement, puisqu’ils sont tous “français” ! Ils votent socialo-remplaciste avant de voter islamo-remplaçant, Union racaille, Mouvement slamiste, Fédération colonialiste, Rassemblement pour l’exploitation de la conquête. Le moment-clef de mon procès, vendredi dernier, fut celui où l’un de mes témoins, un jeune professeur d’origine marocaine mais français jusqu’au bout des ongles, lui, et même patriote, déclencha la fureur haineuse de l’avocat du Mrap pour avoir décrit ce qu’était sa réalité quotidienne en banlieue parisienne, à savoir que ses élèves rient quand il se déclare français, jugent qu’il est un traître s’il se reconnaît attaché à la patrie française, parlent des Français comme d’un groupe étranger et méprisable, estiment que dans dix ou quinze ans la France sera musulmane et voient la conquête en cours comme un juste dédommagement pour l’ancienne colonisation. Le concept de Français est devenu une fiction qui n’est plus tenable.

François Hollande a annoncé le transfert au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Faites-vous partie de ceux qui, comme Régis Debray, trouvent ces nominations trop policées, trop politiquement correctes ?

Germaine Tillion, au moment de la dite “affaire Camus”, il y a quatorze ans, est de ceux qui se sont acharnés contre moi, à l’aveugle, de confiance, en parfaite méconnaissance du dossier. J’imagine qu’elle ouvre grand la porte du Panthéon à Bernard-Henri Lévy, Josyane Savigneau ou Edwy Plenel. En revanche j’ai un peu connu Geneviève de Gaulle-Anthonioz, qui était une femme admirable. Aucune objection à Pierre Brossolette, certes. Jean Zay a beaucoup à se faire pardonner, mais beaucoup pour se faire pardonner.

Comment s’est passé votre procès vendredi dernier ? (Et quand le jugement sera-t-il rendu ?)

Cela dépend si on l’envisage du point de vue judiciaire ou du point de vue politique. Judiciairement, je n’ai pas la moindre idée de l’issue possible — le jugement doit être rendu le 3 avril. Je tiens tout de même à dire que le déroulement de la (très longue) audience faisait pleinement honneur à la justice : formalisme, politesse, pleine liberté à chacun de s’exprimer. Politiquement, il me semble que notre camp a pu marquer des points. L’adversaire remplaciste est enfermé dans des fictions verbeuses dont il est évident qu’elles ne tiennent plus debout. Pour les lecteurs que cela intéresserait, je me permets de donner deux liens où ils trouveront plus de détails : l’un à un article de L’Express, l’autre à mon propre journal.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 09:28

Parents prenez le temps de lire jusqu'au bout cette analyse édifiante !

Le mathématicien Jean-Pierre Demailly constate que les programmes scolaires sont devenus complètement incohérents. Brighelli l'a rencontré

Propos recueillis par

À la une du Point.fr

   

Littéraire de goût, de formation et de pratique, je ne me sens guère de légitimité pour parler des programmes de mathématiques et plus généralement de sciences à l'école.

J'ai donc demandé à Jean-Pierre Demailly, professeur de mathématiques à l'institut Fourier (Grenoble-I), membre de l'Académie des sciences, qui a collectionné (sans le faire exprès, je peux en témoigner) les plus hautes distinctions et qui est incidemment le président du Grip, ce laboratoire des méthodes intelligentes auquel Vincent Peillon, contrairement à ses prédécesseurs, n'accorde plus qu'une aumône, de donner son sentiment sur les programmes, de la maternelle au bac.

Le Grip, outre ses manuels d'apprentissage de lecture-écriture, édite plusieurs manuels d'apprentissage des mathématiques dont tous ceux qui les ont eus en main et les ont testés sur les chères têtes blondes ou brunes - moi-même, en l'occurrence, mais aussi Natacha Polony, qui en fait grand cas pour ses propres enfants - louent les vertus. Parents, grands-parents, éducateurs, instituteurs, je vous laisse juges des décisions qui s'imposent...

Jean-Paul Brighelli : Vous avez à maintes reprises alerté l'opinion et les services ministériels sur l'épidémie d'innumérisme et de dyscalculie qui frappe aujourd'hui les écoliers français.. Quelles en sont les causes ?  

Jean-Pierre Demailly : Les réformes successives du système éducatif français depuis la fin des années 1960 ont progressivement vidé les programmes scolaires de leur contenu. Les réformes ont surtout été pensées en termes de gestion des flux ou en termes budgétaires, et - pour autant qu'il y ait eu réellement un pilote dans l'avion - les responsables n'ont en général prêté qu'une attention très faible à la cohérence et à la pertinence de ce qui pouvait être enseigné. La situation est particulièrement catastrophique pour l'enseignement des mathématiques et des sciences physiques : il n'y a pratiquement aucun programme à quelque niveau que ce soit qui tienne encore vraiment debout dans notre pays ; on peut observer des incohérences et des lacunes majeures dans toutes les progressions scolaires, depuis la maternelle jusqu'aux classes préparatoires et à l'université.

 

Cela, c'est l'actualité. Mais d'où venons-nous, et où allons-nous - mathématiquement et pédagogiquement parlant ?

 

La France avait eu la chance, avec les grands fondateurs de l'école de la République, comme Pauline Kergomard, d'être l'un des premiers pays au monde à reconnaître le rôle fondamental des premiers apprentissages et de l'école maternelle, et ce dès les années 1880. À cet âge, le langage oral joue un rôle très important, mais les enfants peuvent aussi déjà s'exprimer par le dessin et diverses formes de graphie, préparant ainsi la lecture et l'apprentissage de la géométrie. La synergie des différentes activités joue un grand rôle - il est possible de faire du calcul à l'occasion des séances de gymnastique (mise en rang, etc.) ; la danse, les postures physiques aident à la latéralisation, indispensable à la lecture. On peut même arriver assez vite à des petits problèmes de calcul comme la division par 2, à l'occasion de problèmes de partage simples. Or les objectifs actuels de la maternelle tendent à nier tous ces apprentissages explicites (dessin, graphie, maîtrise du langage oral, calcul sur les petits nombres, premiers déchiffrages) au profit d'objectifs flous comme le "vivre ensemble", quand il ne s'agit pas de pseudo-cours ubuesques de sociologie ou de philosophie. Ainsi la question cruciale du sexe des anges semble être redevenue un des principaux sujets de préoccupation ces dernières semaines...

À l'école primaire, les premiers enjeux - et les enjeux premiers - sont la maîtrise de l'écriture-lecture et du calcul. Ces apprentissages fondamentaux ont hélas beaucoup souffert de la mise en place de méthodes, de programmes et de progressions d'enseignement inadaptés. Peu à peu, le savoir-faire des professeurs d'école s'est érodé, et aujourd'hui, sans en avoir conscience, une majorité d'entre eux se contente de pratiques sous-performantes, souvent à l'instigation de l'institution scolaire elle-même.

L'inefficience de l'apprentissage de la lecture a été fortement médiatisée, du fait de l'usage très répandu de méthodes idéovisuelles ou semi-globales désastreuses. Mais il faut savoir que l'enseignement du calcul et de la géométrie est aujourd'hui tout aussi catastrophique. La pratique de nos classes expérimentales SLECC a confirmé qu'il était beaucoup plus efficace d'apprendre la numération et les quatre opérations arithmétiques simultanément. Cet enseignement est indissociable de celui de la langue et des autres sciences, à travers la rédaction détaillée des solutions, la manipulation des unités de grandeur, la résolution permanente d'exercices, l'observation, la mesure... Or les programmes ignorent ces contraintes et continuent à étaler sur plusieurs années l'apprentissage des quatre opérations en les dissociant entre elles, et en les dissociant de leurs applications. Il faut signaler cependant que les savoirs fondamentaux ne constituent pas un but en eux-mêmes : il s'agit de former de futurs citoyens capables de s'exprimer clairement, de penser de manière rationnelle, de forger un regard critique sur les situations de la vie ; pour cela, il est nécessaire de s'appuyer sur une solide connaissance de l'environnement historique, géographique, scientifique et technologique de nos sociétés.

Sur des bases aussi incertaines, comment a-t-on cru pouvoir bâtir un collège (unique...) et un lycée qui se tiennent ? Mes collègues de prépas scientifiques déplorent (surtout cette année, où ils reçoivent les premiers produits, si je puis dire, de la réforme Chatel) l'impréparation de leurs élèves.

Le collège concentre aujourd'hui des difficultés majeures : beaucoup d'élèves sortent en effet du primaire avec un niveau catastrophique, parfois sans même maîtriser la lecture, et les classes sont donc souvent extrêmement hétérogènes. Le problème est aggravé par la structure rigide du collège unique, là où il faudrait davantage valoriser les aptitudes manuelles, artistiques ou sportives de certains élèves, en leur offrant des voies exigeantes en rapport avec leurs capacités et leurs intérêts. On a préféré niveler les programmes par le bas, condamnant les bons élèves, ou même les élèves moyens, à la sous-alimentation chronique ou à la paresse. Pis encore, les programmes de science sont devenus un galimatias incohérent où les objectifs parfois trop ambitieux semblent être là uniquement pour donner le change et masquer la faible rationalité des contenus. Le lien entre les sciences physiques et les mathématiques est constamment rompu.

On parle ainsi de pH en chimie en classe de 3e, alors que les élèves n'auront pas encore entendu parler de logarithmes, on n'hésite pas à introduire les tensions sinusoïdales, voire la notion très difficile de tension efficace, alors que seules les fonctions linéaires et affines sont au programme de mathématiques... Et cela devient presque pire au lycée : avec la réforme Chatel, les programmes de sciences ont été littéralement massacrés à la tronçonneuse ; il est vrai qu'ils étaient déjà très mauvais. En terminale S, où globalement les horaires de sciences sont très faibles par rapport à la glorieuse terminale C des années 1970, on n'hésitera donc pas à parler de "transferts quantiques d'énergie" ou de "temps et relativité restreinte". Cependant, ce n'est que d'extrême justesse, et à la suite d'une pétition des professeurs de mathématiques, que le calcul vectoriel en dimension 3 ne s'est pas retrouvé sabordé du programme ; il est donc déjà impossible d'espérer traiter en profondeur les aspects les plus élémentaires de la mécanique newtonienne !

Avec de telles bases, il n'est pas étonnant que l'on assiste en ce moment à un véritable massacre des formations supérieures, notamment celle des professeurs. La comparaison avec les pays asiatiques place aujourd'hui la France dans une situation de profond sinistre éducatif, et le pire semble à venir si le ministère de l'Éducation nationale ne reprend pas ses esprits.

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 09:07

Par

À la une du Point.fr

 

  Faute d'autorité, le Premier ministre n'arrive pas à faire taire sa ministre du Logement qui vitupère tant qu'elle peut. Haro sur ces amants terribles             

Cécile Duflot vaut 2,3 % si l'on se réfère au score obtenu par Eva Joly, candidate des Verts à la présidentielle de 2012. C'est dire son peu d'importance en termes démocratiques. Mais pour conquérir le pouvoir, Hollande avait besoin d'elle et des voix de ses amis, ou du moins le croyait-il. Aussi le PS conclut-il avec les Verts une alliance électorale extravagante. Ceux-ci en effet allaient en tirer un bénéfice hors de proportion avec leur poids politique. Ce fut un jeu de dupes, d'autant plus suicidaire pour les socialistes qu'ils étaient en divergence totale avec les écologistes sur des sujets essentiels, l'avenir le dirait rapidement. Depuis bientôt deux ans, en effet, les ministres Verts sont le poil à gratter permanent de Jean-Marc Ayrault.

À l'origine, donc, une erreur politique due à un calcul électoral opportuniste et que la pusillanimité du président de la République et du Premier ministre n'ont pas su corriger par la suite. Et à l'arrivée, un désordre lamentable dont les incidents de Nantes samedi dernier sont un exemple éloquent. Duflot aurait eu tort de ne pas exploiter la faiblesse chronique d'un partenaire aussi médiocre. Que compte la solidarité gouvernementale pour elle, qui n'a en tête que la défense de ses intérêts à la fois idéologiques et personnels, en face d'un Hollande qui s'était engagé vis-à-vis d'elle à des réformes, dans le domaine énergétique notamment, sur lesquelles il est revenu ? À ambigüité, ambigüité et demie. Nous renvoyons dos à dos ces coquins, lui le fantoche et elle la chipie.

Le pacte de responsabilité est la dernière carte du président

Les sommations d'Ayrault à Duflot sont de pure forme. Ce n'est pas à un mois des municipales que le gouvernement et la majorité vont éclater. Mais après, ce sera autre chose, ce sera l'épreuve de vérité. Vérité : un drôle de mot si on le rapporte à Hollande, ce Guy Mollet des temps modernes qui se voulait le Mitterrand des temps à venir. Le recentrage d'opportunité, idéologique et politique, auquel se prépare le président de la République devrait provoquer automatiquement une recomposition politique propre à dissiper ces ambigüités dont chacun à gauche accuse l'autre. Du moins est-ce ce que l'on attend, à la condition que Hollande sache gouverner autrement que dans l'ambigüité. La logique voudrait que les Verts, et non seulement les Verts mais la gauche radicale, reprennent leur liberté vis-à-vis d'une solidarité qu'ils n'ont au demeurant jamais respectée que formellement. Cela devrait poser à Hollande le problème de sa majorité parlementaire. La résolution de ce problème se jouera sur le pacte de responsabilité, qui apparaît comme la dernière carte du président. C'est dire le caractère incertain des temps politiques de demain.

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:45

Bd Voltaire

C. Vanneste

 

Du Capitole à la roche Tarpéienne, de la place Beauvau à l’Élysée, il n’y a qu’un pas. Manuel Valls a sans doute pensé suivre Sarkozy sur le second itinéraire, mais il a en fait pris le premier.

Le chouchou a chuté dans les sondages. L’explication en est simple. Il bénéficiait, à droite, d’un courant de sympathie pour tenir le discours ferme du premier flic de France. Mais il a révélé quatre faiblesses. La première appartient à la technique de communication. Sarkozy est un débatteur redoutable qui a rarement été dominé par ses contradicteurs, si ce n’est lors de la célèbre anaphore de Hollande. On se demande encore ce qui l’a retenu de faire un bon mot sur l’anticipation aventureuse et sur le narcissisme de la formule « Moâ président »… Philippot a éclaté Valls sur France 2. Devant le calme et la modestie de son opposant, Valls affichait un visage ulcéré qu’on lui voit souvent maintenant. Manque de technique, manque de maîtrise de soi, ça ne pardonne pas. « Le meilleur imprésario de Dieudonné », devenu incapable d’écouter son adversaire, assenait les poncifs de la gauche sur le Front national qui, l’un après l’autre, tombaient dans le vide.

La provocation éhontée des forces de l’ordre à l’issue de la manifestation du « Jour de colère », empêchant les manifestants de se disperser dans le calme, pour générer des incidents et procéder à 250 interpellations afin de pouvoir brandir le spectre d’une extrême droite factieuse, a également montré ce visage du manipulateur partisan quand beaucoup de Français avaient cru voir en lui le seul ministre républicain attaché à sa mission.

Et puis les résultats sont mauvais. Certes, il faut les prendre avec circonspection. Les manipulations existent. Néanmoins, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales a souligné l’augmentation des cambriolages de 6,4 % en zone urbaine, et de 4,7 % en zone rurale. Les résidences secondaires ont été privilégiées avec une croissance de 17,7 % en zone gendarmerie. Les homicides volontaires sont moins nombreux, sauf à la campagne où ils ont progressé de 14,9 %. On parle de stagnation de la violence parce que son développement se ralentit. On oublie que la délinquance, contrairement à l’inflation, par exemple, n’a pas un potentiel de volume illimité. Elle agit sur une population limitée et il faut considérer toute croissance comme un échec. Les vols avec violence sont apparemment en recul, mais les autres augmentent. Leur lien avec l’immigration de l’est de l’Europe avait été établi par le ministre lui-même, lorsqu’il était sérieux. Entre sa politique d’immigration, d’intégration, et de naturalisations qui dément son discours apparemment ferme et le laxisme pénitentiaire de Mme Taubira, la délinquance a de beaux jours devant elle, et les Français le savent.

Enfin, M. Valls a pris la grosse tête. Lorgnant sans doute sur Matignon, il a commencé à écraser les plates-bandes de ses collègues, en faisant des annonces intempestives. Il a oublié qu’il agaçait déjà à gauche et que l’estime de la droite n’avait rien de profond. Les Français peuvent tolérer la présomption lorsqu’elle est suivie d’une certaine efficacité, comme Sarkozy en donnait au moins l’illusion. « Grand causeux, petit faiseux », ils n’aiment pas et le font payer au coupable. Or, c’est ainsi que M. Valls est désormais

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:33

Le 24 février 2014

Bd Voltaire

Marie Delarue

Ce sont vos impôts qui financent ces 2 milliards d’euros. Vous pourrez peut-être y songer au moment de mettre un bulletin dans l’urne municipale ?

Depuis qu’il a été élu, voilà 21 mois, « Moi, président » s’est fait une spécialité du pas de deux. Pas celui que font les danseurs étoile en collant seyant, levant haut leur partenaire comme on brandit le Saint-Sacrement. Non, celui de l’aboulique, le malade de la décision qui avance et qui recule pour mieux pour mieux que je t’embrasse. Et de fait, M. Hollande nous empapaoute avec une régularité de métronome.

S’il fait ainsi trois pas en avant et deux en arrière – ou l’inverse –, comme les pèlerins sur le chemin de Lhassa, ce n’est pas pour améliorer son jeu de jambes, on s’en doute. Non, c’est pour attirer dans son épuisette trouée toutes les catégories sociales qui l’ont porté sur le trône. Car François Hollande le sait bien : il ne doit son élection qu’à la détestation du Marsupilami Sarkozy et aux aventures de DSK-le-libidineux. Ces deux-là dégagés du paysage, le président de la République se retrouve là où il a toujours été : autour de 17 %.

Contraint, donc, de pratiquer le racolage intensif de l’électorat socialiste traditionnel, l’une des premières mesures du président élu fut ainsi de revenir sur le fameux « jour de carence » mis en place par le gouvernement Fillon pour les salariés de la fonction publique. On se souvient, en effet, de cette banale demi-mesure d’équité : jusqu’à cette date, un fonctionnaire malade (ou prétendu tel) était payé dès sa première heure d’absence, contrairement aux salariés du privé, qui ne le sont qu’à compter du quatrième jour. Certes, les grandes entreprises compensent souvent, mais rarement les PME.

L’absentéisme de nos fonctionnaires est en effet une plaie que dénoncent, là encore avec une régularité jamais démentie, nombre de rapports. Celui de la Cour des comptes, notamment, qui avait épinglé la ville et l’agglomération de Strasbourg : 22 jours d’absence par agent en moyenne en 1999, 38 jours en 2010, « soit près de sept semaines qui s’ajoutent aux congés habituels », nous rappelle le Point (20 février) qui se penche sur le sujet. Ainsi, « la ville et l’agglo accordent, dans leur grande générosité, 27 jours d’absence en moyenne à chaque employé pour raisons familiales ». Coût pour la collectivité : 40 millions d’euros en 2010.

Scandale. D’où l’instauration du fameux jour de carence. Et l’on s’aperçut, ô miracle, que sa mise en place avait fait baisser de 43 % les « arrêts maladie » d’une journée. Un hasard, assurément, puisque le père François, en pleine campagne de câlinothérapie, est revenu sitôt élu sur cette mesure.

Rappelant ces faits, Le Point publie aussi les résultats d’une enquête de la fondation iFRAP (un think tank analysant les performances de l’État) sur l’absentéisme dans la fonction publique. En tête des villes (de plus de 100.000 habitants, hors Paris) : Montpellier. Taux d’absentéisme : 17,48 %, près de 40 jours en moyenne par agent. Beaucoup de « malades » aux beaux jours. On ne dira jamais assez les ravages dus à la proximité de la mer et de la plage… On se souvient que, déjà, Georges Frêche, brave homme, avait décidé « de récompenser la présence plutôt que sanctionner les absences des fonctionnaires ».

À côté de ces tolérances très électoralistes, la directrice de l’iFRAP avance une autre explication : « Le régime de la fonction publique est très particulier. Ce n’est pas l’assurance maladie qui rembourse les indemnités journalières, mais les employeurs publics eux-mêmes […] De plus, les agents en maladie ordinaire sont indemnisés à 100 % pendant trois mois sans aucune formalité, et les contrôles sont moins nombreux. »

La fondation évalue « le surcoût annuel de l’absentéisme » autour de
2 milliards d’euros pour la France. Ce sont donc vos impôts, chers lecteurs, qui financent toute cette gabegie. Vous pourrez peut-être y songer au moment de mettre un bulletin dans l’urne municipale ?

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 23:46

 Le Point.fr    

 

Municipales 2014

Consultez notre site dédié aux municipales et toutes les informations liées à l'élection la plus appréciée des Français.


http://e.infos-lepoint.fr/miror.ashx?i=458460&m=2592&ue=364244071&e=sergefont%40hotmail.fr&CONSENTEMENT=1

 

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 08:24

Bd Voltaire

Nicolas Gauthier

Si les Verts n’existaient pas, il ne faudrait surtout pas les inventer. Quoique… Étant donné l’actuelle conjoncture, les occasions de se taper la panse de rire ne sont pas si fréquentes. Ainsi, les manifestations de ce samedi dernier, à Nantes, contre la construction éventuelle et sans cesse repoussée de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Comme souvent, le début du happening est toujours « bon enfant », comme généralement dit dans les médias. Soit un rassemblement de végétaliennes et de punks à chien, de stagiaires de l’Éducation nationale et de fanas du calendrier maya, de Bonnets rouges égarés et de joueurs de djembé. Et derrière, comme souvent et toujours, ceux qui veulent en découdre. Pourquoi pas, après tout. Prendre le pouvoir par tous les moyens, même légaux, le truc remonte à l’Action française du siècle dernier.

Mais, dans leur désir de bien faire, même en s’énervant un peu au passage, la fin de cortège aura néanmoins dévasté une dizaine de boutiques et blessé presque autant de policiers. Aussitôt, Manuel Valls, entre inspecteur Clouseau (La Panthère rose) et Adolfo Ramirez (Papy fait de la résistance), tape du poing sur la table en dénonçant « l’ultra-gauche », tandis que le Journal du Dimanche évoque une « manif écolo dégénérant en guérilla urbaine »…

Un peu comme dans les séries télévisées, qu’on ne comprend pas toujours lorsqu’on a manqué un épisode, c’est ici une saison entière qui nous a échappé. Car on pensait, à en croire ce brave Manu, que ce qui menaçait la France se résumait à une horde de barbares vêtus de Burberry, de Cyrillus et de carrés Hermès à clous, prête à en découdre à coups de poussettes ou de biberons, et pas loin de transformer leur imposante progéniture en bambins candidats à l’attentat-suicide. Bref, une gigantesque pignolade propre à repeindre les murs jusqu’au plafond.

Dans le genre hallucination collective – à côté, les apparitions de Fatima, c’est du Garcimore –, voilà que Cécile Duflot assure, en tant que ministre du gouvernement, dont elle est pourtant partie prenante : « Plutôt deux fois qu’une ! Je suis de cœur avec eux [ces manifestants, NDLR] et ils le savent ! » Les communistes avaient conceptualisé le soutien au gouvernement sans participation. Là, c’est la participation sans soutien.

En bonne logique, Jean-Marc Ayrault aurait dû taper du poing sur la table et congédier la chipie en chef. Nada et peau de zobi. Certes, le poids électoral des Verts aux prochaines échéances électorales, municipales ou européennes, n’est pas à négliger.

Pour les amateurs de prospective politicienne, cela peut aussi signifier que le CDD de Jean-Marc Ayrault arriverait à terme. Et qu’un remaniement ministériel pourrait bien pointer le bout du nez. Dans les gazettes, nos confrères s’agitent. Le nom de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, revient souvent. Quelle trouvaille ! Le changement pour maintenant ? Bartolone, et pourquoi pas le fantôme de Pierre Mauroy, tant qu’on y est…

À y mieux réfléchir, le problème de ce gouvernement n’est pas qu’il campe à gauche – ce qui est bien légitime, les urnes ayant parlé – mais qu’il mouline du vide à grand renfort de rien. Inaptes et ineptes, en d’autres termes.

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 08:50

Bd Voltaire

C. Vanneste

 

Reverdy le disait : « En amour, il n’y a que des preuves d’amour. » Lorsque M. Hollande embrasse, avec plus d’empressement que Valérie naguère, le leader des pigeons, on se demande si le nom du volatile ne lui inspire pas l’idée qu’on peut prendre les enfants du bon Dieu pour des pigeons à rôtir. L’intensité du revirement gestuel est spectaculaire et apporte immédiatement trois informations capitales.

D’abord, le socialisme est une ineptie économique qui mène à la catastrophe. M. Hollande l’avoue piteusement en s’orientant vers la flexibilité et l’allégement du coût du travail.

Ensuite, les mesures qui ont été mises en œuvre et les discours tenus par son gouvernement et sous son autorité étaient néfastes à la santé économique du pays. Ils ont entraîné un recul calamiteux des investissements étrangers dans notre pays. Quand ceux-ci augmentaient de 11 % dans le monde, ils reculaient de 77 % chez nous en raison de la pression et de l’instabilité fiscales, de la complexité et de la rigueur de la réglementation et d’un discours public hostile aux entreprises.

Enfin, en révélant son ignorance et son irresponsabilité, M. Hollande, à 20 % d’opinions favorables, perd sa légitimité réelle. Le revirement déçoit et humilie le peuple de gauche. Les réformes sociétales provocatrices et hors de propos ont mobilisé la droite comme jamais, malgré la profonde nullité de l’UMP.

Comment restaurer la confiance qui est le carburant psychologique de la croissance quand on a installé pendant deux ans la défiance des investisseurs ? Une élection présidentielle anticipée avec un président capable, enfin, de lancer les réformes nécessaires au pays, au besoin à coup de référendums, plutôt que de pratiquer la stupide ouverture à gauche de Sarkozy, serait miraculeuse.

Un changement de gouvernement, après élections législatives anticipées, donnerait au Président une chance de se refaire, car les réformes créent toujours du mécontentement. La victoire de Mitterrand en 1988 et la défaite de Schröder en Allemagne le montrent bien. Un nouveau gouvernement de gauche sera insuffisant et accentuera le malaise et les divisions dans son camp. C’est pourtant ce vers quoi nous allons.

Quelles seront les armes à sa disposition ? Politiquement, elles seront limitées par la majorité elle-même en raison de ses divisions idéologiques et de son archaïsme doublé d’irréalisme sur les sujets économiques. Inexistante au Sénat, elle s’affaiblira à l’Assemblée. Après la raclée prévisible aux européennes et, sans doute, une montée de l’euroscepticisme. Le pays dont le redressement est le plus spectaculaire est le Royaume-Uni, hors de l’Euroland, et qui donnera peut-être le grand signal de la « dés-union ».

Le Premier ministre a lancé un grand chantier en vue d’une refonte de la dépense et de son financement. Bonne idée en 2012. Aveu d’inconduite et d’ignorance en 2014 ! On va donc en rester aux timides avancées sur le marché de l’emploi et à l’ersatz révisé « pacte de responsabilité » de la fausse TVA sociale mise en œuvre sournoisement avec maladresse sur son assiette et mauvaise évaluation de ses conséquences. Comment va-t-on financer la politique familiale ? Qui peut croire aux contreparties ? En quoi la baisse des charges, sans faire peser son financement sur les importations, contrairement à la TVA sociale, va-t-elle favoriser notre industrie  ?

La création d’une agence de plus, d’un nouveau « machin », de nouveaux fonctionnaires et de 200 millions d’euros de dépenses supplémentaires pour accueillir les capitaux étrangers montre qu’au-delà des gestes d’ouverture, les réflexes du socialisme technocratique restent les mêmes.

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Published by voxpop - dans La France en résistance
23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 08:34

Bd Voltaire

Gérard Hardy

 

Tout d’abord, un grand merci à nos athlètes pour leur belle participation. Voilà des femmes et des hommes qui, pour notre plus grand plaisir, ont mis sur la table face aux juges internationaux des années de travail, souvent l’engagement de toute une vie et qui ont su faire au mieux avec peu de moyens et assez peu de soutien. Voilà des athlètes qui se sont battus pour une médaille et pour porter un drapeau. Un état d’esprit à des années-lumière de celui de certains sportifs que nous ne nommerons pas ici, plus soucieux de leurs fins de mois et de leur préoccupations matérielles que de nos trois couleurs.

Bravo à l’armée française, dernier bastion d’excellence qui nous a fourni une part non négligeable de la délégation avec 22 sportifs de haut niveau issus du ministère de la Défense.

On citera parmi les plus visibles le sergent Martin Fourcade, son frère le caporal-chef Simon Fourcade et le caporal-chef Anaïs Bescond en biathlon, le première classe Célia Aymonier en ski de fond, le première classe Pierre Vaultier en snowboard ou encore le caporal-chef Steve Missilier, le caporal Anémone Marmottan en ski alpin et l’agent Maxime Châtaignier en patinage de vitesse…

On peut se demander pourquoi les médias français passent cette origine militaire de nos représentants sous silence. Il est vrai que pour nos esprits soixante-huitards, le sport, c’est bien, mais l’armée, ça pue.

Malheureusement, le sport n’est plus une priorité dans le civil et dans notre « Éducation nationale ». Les cours d’éducation physique et sportive dans notre enseignement sont désormais bien souvent réduits à des séances de découverte de telle ou telle activité sportive plus ou moins facultative. Nos élèves participent aujourd’hui à ces séances en dilettante, radio dans les oreilles et mains dans les poches, à leur rythme, à leur bon vouloir, sous le regard souvent désabusé d’un professeur qui a baissé les bras depuis longtemps. Le jeune Français ne cherche pas l’effort puisque tout lui est dû. En France, à l’effort on préfère le confort et la facilité. On ne peut s’étonner, dès lors, de la faiblesse de la délégation française à Sotchi. Là où la Russie ou l’Allemagne font l’effort, la France manque cruellement de ressource humaine.

On sait depuis toujours le caractère politique de ces manifestations sportives internationales. Le rendez-vous de Sotchi 2014 aura été une belle réussite de la Russie et de son président, malgré les tentatives de deux « Pussy Riot » et d’un transsexuel italien pour gêner aux entournures le pouvoir russe. Le coup médiatique n’a pas marché.

N’en déplaise à quelques journalistes mal habitués, ces Jeux olympiques ont été un réel succès dans leur organisation. Même si, à plusieurs reprises, certaines et certains d’entre eux ont tenté quelques critiques quant à leur installation « pas assez confortable », ils ont vite été repris par les athlètes eux-mêmes qui, pour leur part, n’ont eu que des mots flatteurs à l’égard de l’organisation russe. Sans doute les journalistes ont-ils d’autres exigences que les sportifs…

Il faut dire que si, au travers de ces Jeux, au milieu de ces athlètes, Vladimir Poutine, omniprésent, a soigné son image, il n’en est pas moins un véritable sportif et il aime cette ambiance. Tout le monde a en mémoire les images du président russe en kimono ou aux commandes d’un avion de chasse. Ça nous change, en France, du mou du bide en scooter qui nous sert de président ... 

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Published by voxpop - dans La France en résistance
22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 07:52

Bd Volaire

P. Bilger

 

Le syndrome du « comme tout le monde » nous atteint de plus en plus.

Le plat réalisme nous accable et la médiocrité nous guette à chaque coin de rue, de page, d’image, d’émission, d’audience. Avec quelle volupté on laisse la masse, dans ce qu’elle a de négatif et d’étriqué à cause de sa pesanteur collective, s’emparer de nous, des arts, de notre esprit, de notre perception et de notre vision du monde ! La solitude fait peur : elle nous séparerait de la chaleur ouatée et étouffante des autres […].

Il faut être, penser, agir, créer, écrire, rire et parler comme tout le monde. Il faut feindre d’aimer tout le monde pour mieux déchirer, dans le dos, par le sarcasme ou la dérision, les rivaux, les adversaires ou les copains d’un soir. Il faut se plonger dans la multitude, s’enivrer de pluriel pour se faire pardonner – et ce n’est pas gagné ! – même une très légère touche singulière […].

Le tribunal de grande instance d’Orléans vient de reconnaître « le préjudice d’affection » qu’auraient subi cinq fans de Michael Jackson à la suite du décès brutal de leur idole (Le Parisien). Quand j’ai lu cette information, d’abord je n’y ai pas cru, même si je connaissais leur avocat et son infinie ingéniosité juridique. Mais cela frôle le comble du grotesque. Des magistrats ne sont pas obligés de tomber dans tous les panneaux qu’on leur tend. Mais il convenait de greffer son raisonnement sur le délitement général. Puisque quelques égarés réclamaient justice pour n’importe quoi, plutôt que de les renvoyer au bon sens et à une certaine conception du ridicule et de l’allure, on s’engouffre, pour faire comme tout le monde, dans une adaptation désastreuse au fil du temps […].

Les personnalités publiques, les politiques, les présentateurs, pour ne pas évoquer les commentateurs sportifs qui se mettent parfois à quatre pour froisser le français, les accords et les liaisons, n’ont plus qu’une obsession et ils parviennent à l’assouvir avec une perfection dévastatrice : laisser aller comme tout le monde. J’entends déjà l’argumentation de ces dégradations qui répugnent à être des modèles. On veut être comme tout le monde. De l’absence de cravate pour les responsables politiques au dévoiement du vocabulaire, le principe est le même : ne pas se distinguer, célébrer l’abandon au relâché puisque, partagé par beaucoup, il mériterait sans cesse d’être cultivé. La tenue : un accident dans l’inéluctable déclin […].

La normalité de notre président de la République a vite fait long feu. Il ne s’agissait au fond que d’être, d’agir et de se comporter comme tout le monde. Quel que soit le registre. Hors de question que la force républicaine soit précisément, pour celui qui en a été investi, de nous porter haut par son exemple, de nous illustrer grâce à son aura, de nous conduire vers l’exceptionnel par rectitude et honneur. Il ne serait plus alors comme tout le monde. Non pas surgir au-dessus mais se fondre. Non pas susciter l’admiration même de ses adversaires mais, dans l’imitation d’un peuple mal connu dans ses désirs et méprisé dans ses exigences, se vautrer dans une grisaille qu’on aura beau qualifier de démocratique pour la rendre acceptable, elle demeurera sans âme ni élan.

Je pressens déjà ce qu’on va m’opposer. Par exemple, écrire à partir du réel et de l’humanité authentique pour accéder à l’universel, faire de son ego un miracle pour le monde, de sa vision et de son art un éblouissement pour beaucoup, donner par son style un style à notre destinée, quelle superbe entreprise, quel génie il faut être ! Proust n’est pas comme tout le monde.

Mais il n’y a plus de génies puisqu’il faut être comme tout le monde.

Extrait de : Comme tout le monde !

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