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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 08:35

 

  • 11 juin 2012
  • Le Figaro
  • ISABELLE LASSERRE ilasserre@lefigaro.fr

LORSQU’IL s’était rendu en Kapissa le mois dernier, François Hollande avait justifié sa décision de retirer au plus vite les troupes de combat françaises en affirmant que la mission de lutte contre le terrorisme en Afghanistan était presque terminée. La nouvelle attaque suicide menée samedi contre des soldats français prouve, s’il en était encore besoin, qu’il n’en est rien.

Les talibans ont reconquis une grande partie du pays. Ils attendent, impatients, que les forces internationales aient tourné les talons pour tenter de forcer les serrures qui mènent au pouvoir jusqu’à Kaboul. En Kapissa, ils ont profité du fait que les soldats français ont reçu l’ordre de la part du pouvoir politique de limiter leurs sorties hors des bases depuis juillet dernier, afin d’éviter tout accident pendant la campagne électorale présidentielle, pour regagner peu à peu du terrain. « Lorsqu’il a annoncé en 2011 son intention de retirer les troupes américaines avant la fin 2014, Barack Obama a commis une grave erreur. Ce fut un signal de faiblesse envoyé à l’insurrection. Dans le domaine militaire, on n’annonce jamais à l’avance son intention de partir » commente un officier français.

Le nouveau président français a-t-il eu raison de faire de l’accélération du retrait français - qui d’ailleurs n’en est pas vraiment une, car elle colle au calendrier établi par son prédécesseur - un marqueur de sa campagne électorale ? Pour l’Élysée, l’attaque de samedi n’a rien à voir avec l’annonce du départ des troupes.

Mais pour les insurgés, qui font de la surenchère car ils se disputent le pouvoir et exploitent la caisse de résonance médiatique, la France est une cible de choix. D’abord parce que les pressions ont plus d’impact en période électorale. Ensuite parce que l’annonce d’un retrait anticipé, alors même que la passation de pouvoir n’a pas encore eu lieu avec l’Armée nationale afghane (ANA) en Kapissa, a montré que la France était devenue un maillon faible de la coalition. En agissant sur cet allié, les talibans espèrent sans doute renforcer les doutes qui travaillent les autres petits partenaires de la coalition. À Londres et à Washington, on a longtemps craint que la décision française incite d’autres pays membres de l’Isaf à accélérer eux aussi leur retrait.

Dans une guerre, l’heure de la retraite est toujours dangereuse et compliquée. Celle des soldats français s’annonce risquée. En partant avant tout le monde, sans la protection qu’offre d’ordinaire une opération réalisée de concert entre alliés, ne risquent-ils pas d’être désignés comme des cibles idéales ? Si la majorité des forces combattantes doit plier bagage avant la fin de l’année, qui protégera les soldats restés sur place pour désengager le matériel ? « Il y aura d’autres morts pendant le retrait », prévient le même officier.

Conscient que tout signe de précipitation supplémentaire serait préjudiciable à la sécurité des soldats français, François Hollande a affiché sa détermination à ne pas modifier le calendrier d’un iota. « Ce qui s’est passé ne change rien, n’accélère ni ne ralentit le retrait » a-t-il dit. Les soldats français ont parfois l’impression de devoir partir d’Afghanistan sans avoir terminé leur mission. Mais lorsque l’heure de leur départ aura sonné, nul doute que les combattants américains ressentiront la même chose…

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 07:56
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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 14:39
T'as vu le Président des bisous?
9 juin 2012 à 12:02
Le Président visite l'école de Dieudonne le 7 juin 2012;
Le Président visite l'école de Dieudonne le 7 juin 2012; (Photo Philippe Wojazer. Reuters)
Par RAPHAËL GARRIGOS, ISABELLE ROBERTS

Quarante-huit heures déjà que l’événement est survenu et rien. Rien chez Mediapart, rien sur le Lab d’Europe 1, rien non plus chez Arrêt sur images révélant quelque carambouille auquel le prédécent président nous a tant habitué, d’ouvriers rameutés pour faire masse lors d’une visite de chantier en petits employés mobilisés pour faire bonne mesure. Et pourtant, en une minute et cinq secondes, quelle scène, quel théâtre, quel cirque.

Jeudi, à l’école des Trois Cahiers (déjà, t’y crois vachement) à Dieudonne (non, rien), François Hollande rencontre des lardons de maternelle. L’un d’eux lui lance: «François Hollande, t’es beau.» Stop, on arrête tout: combien de Roudoudous nos impôts ont-ils payé pour stipendier cet enfant? On continue. Hollande désignant la perche hors champ: «J’espère que ça a été enregistré parce que ça peut toujours servir.» Et bam, il embrasse le môme. Pendant que Vincent Peillon commente la scène: «Mais tu es beau aussi, tu sais.» Ajoutant, parce qu’il est socialiste, à l’attention de toute la classe: «Vous êtes tous beaux.» Une voix, en dehors du cadre encore, réclame alors un «bisou»pour son Dylan. Là, c’est l’escalade. Les moutards se lèvent tous exigeant chacun leur bisou. Et Hollande de s’exécuter: «Quelle chance, quelle chance.» Analyse d’une Catherine Nay de 90 cm: «Il a plein de bisous.» Hollande approuve: «J’ai plein de bisous, moi, hein, je suis le Président des bisous.» Happy end du président de la République: «Si on me fait autant de bisous pendant le quinquennat, ça ira, hein, mais c’est pas sûr.» A ce stade, si vous êtes diabétique, vous êtes mort. A ce stade, même si vous êtes le Dépeceur de Montréal, vous avez les larmes aux yeux. A ce stade, si vous êtes nous, brandissant votre carte de presse comme un bouclier de cynisme bardé de certitudes, vous doutez.

Quel diabolique spin doctor, quel storytelleur sans âme, quel chargé de la communication à la queue fourchue a pu imaginer telle mise en scène miellée? Et comment, surtout, a-t-on pu la gober ainsi? Quand la photo officielle de François Hollande a aussitôt déclenché des milliasses de détournements, aucun n’a encore été recensé de la scène des bisous. C’est louche. Comme l’a dit Alain Juppé , «en matière d’enfumage médiatique, je crois qu’on n’a pas encore tout vu». 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 22:03
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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:43
  • 8 juin 2012
  • Le Figaro
  • IVAN RIOUFOL RIO irioufol@lef irioufol@lefigaro.fr
Les Français ne sauront rien de leur sort fiscal et économique avant l’issue des législatives, le 17 juin. C’est ce que dit Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, quand il explique que le gouvernement attendra l’audit de la Cour des comptes, prévu pour la fin du mois. « La France arrivera à 3 % de déficit en 2013 sans mesure d’austérité » , croit-il néanmoins pouvoir assurer. Toutefois, cette manière péremptoire de vouloir plier des réalités à des désirs a suffisamment additionné d’échecs pour n’être plus crédible. François Hollande sait forcément qu’il ne pourra tenir son engagement d’un retour à l’équilibre budgétaire sans procéder à des coupes claires dans les dépenses publiques. Il n’est pas besoin d’un énième rapport pour savoir que la France vit très au-dessus de ses moyens et que ce temps est terminé. Voici donc un gouvernement qui se dit vertueux et qui ment.

Oui, le président cache la vérité aux Français. En augmentant le smic et en revenant pour certains à la retraite à 60 ans, il trompe ceux qui pensent que les patrons et les riches paieront encore. C’est d’ailleurs ce que soutient Martine Aubry, première secrétaire du PS, qui estime qu’ilyad’ «énormes marges de manoeuvre en faisant rentrer des impôts complémentaires» . Si la gauche veut accélérer la fuite des contribuables, il lui suffit de continuer à parler de la sorte. Son refus d’entendre les multiples mises en garde l’enferme dans son dogmatisme. Le dernier rapport en date, de l’inspection générale des finances, assure que l’état, contraint à 5 milliards d’euros d’économies par an, doit baisser le nombre des fonctionnaires, geler les salaires, réduire des prestations sociales. Cette diète est déjà celle des pays submergés par leurs dettes. Il n’y aura pas d’exception française. Ce recours réitéré au déni des faits est la pire des réponses pour la France en déclin. Cela fait trente ans que le pays, mené par la droite et par la gauche, avance les yeux bandés. Or, l’impératif d’adaptation au XXIe siècle oblige à en finir avec la lâcheté politique qui laisse entendre que les citoyens seraient incapables d’admettre des évidences, d’autant qu’ils les constatent le plus souvent eux-mêmes. Le flou qui entoure depuis un mois les intentions du pouvoir est une tactique de maquignon. Sans doute endort-elle des électeurs sensibles aux images d’un chef de l’État surjouant la simplicité et l’anti-bling-bling (il a confié au photographe des gens anonymes, Raymond Depardon, sa photo officielle). Mais cette communication sur l’accessoire dissimule un désarroi sur l’essentiel.

L’intégrisme socialiste est un luxe que la France, économiquement vulnérable, ne peut se permettre sans aggraver son état. À l’évidence, cette seule réponse ne peut plus convenir à la complexité des situations. Elles demandent aussi d’être libéral ici, conservateur là. Il ne suffit pas à Hollande de dire « Je le veux ! » pour que la magie opère. Les murs contre lesquels il se heurte avec Angela Merkel et plus spectaculairement avec Vladimir Poutine ne sont qu’un aperçu de ce qui attend ce faux modeste, qui partage avec Nicolas Sarkozy l’art de se faire mousser. La France est en attente d’une doctrine moderne capable de la sortir de l’ornière. La droite divisée, qui s’apprête à perdre les législatives, sera-t-elle un jour à la hauteur de l’enjeu ? Elle a cinq ans pour se préparer. Tête dans le sable

Tandis que Jean-Marc Ayrault vante sa « méthode », il en est une que le gouvernement a reprise à son compte sans attendre les « concertations » et autres « expertises » promises : celle de l’autruche, tête dans le sable. Débordant de la seule sphère économique, elle est appelée à poursuivre, avec la gauche, un bel avenir. C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pourtant réputé parmi les plus réalistes, vient d’abroger la « circulaire Guéant » sur les étudiants étrangers : un texte qui entendait lutter contre l’une des principales filières d’immigration, en restreignant les possibilités pour les diplômés d’exercer leurs compétences en France. Il envisage également, notamment sous la pression des associations antiracistes, d’encadrer les contrôles d’identité effectués par les policiers, soupçonnés du coup de comportements discriminatoires contre les minorités ethniques les plus fréquemment mêlées, de fait, à des actes de délinquance. Rien n’est évidemment plus simple que de refuser de s’interroger sur la maîtrise des flux extra-européens et sur les sources des insécurités. Valls se laissera-t-il aller à cette commodité ? Il en prend le chemin.

Le redire : la cécité des dirigeants et la désinformation des médias sur les phénomènes migratoires de peuplement de ces trente dernières années ont contribué à déséquilibrer la nation, son identité, sa cohésion. Entendre Jean-Luc Mélenchon expliquer : « Il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb » donne une idée de la débandade qui sévit à gauche. L’autre jour, à Villeurbanne (Rhône), trois jeunes Juifs portant la kippa ont été attaqués au marteau et à la barre de fer par des jeunes d’origine maghrébine. Depuis la mort de Mohamed Merah, assassin de sept personnes dont trois enfants juifs, 140 actes antijuifs ont été dénombrés dans les cités. Pour certains, Merah est un héros. Le député (UMP) Jacques Myard a été accueilli sur un marché de Sartrouville (Yvelines) par un jeune : « Vous n’avez rien à faire ici, c’est une terre arabe, c’est une terre appartenant aux musulmans, ce n’est pas une terre française » (voir mon blog). Ne pas compter sur le PS, soucieux de ne pas irriter la susceptibilité des cités, pour résister à l’intolérance des radicaux. La France épuisée de 2017

Le déclin français ne peut que s’accélérer, sous les effets conjugués d’une politique économique irréfléchie, d’un laxisme sécuritaire et d’un mépris pour la préservation de l’homogénéité culturelle. Si la droite devait échouer, au cours de son éloignement forcé, dans sa réconciliation avec un électorat qui lui a fait défaut, alors Marine Le Pen aura probablement ses chances, dans la France épuisée de 2017. blog.lefigaro.fr/rioufol

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 07:37

 

La FRANCE en résistance

Electeurs de droite, Il faut gagner les législatives

 


 

 

Selon notre sondage Opinionway-fiducial, le PS obtiendrait 32 % au premier tour, contre 31 % pour L’UMP.

La participation attendue pourrait atteindre 62 %

ÉTUDES À quinze jours du premier tour des législatives, la gauche est bien placée pour l’emporter mais ne domine pas outrageusement. C’est l’un des enseignements de notre sondage Opinionway pour Le Figaro et LCI. Le Parti socialiste est ainsi crédité de 32 % contre 31 % pour L’UMP. Les deux grands partis dominent largement leurs concurrents respectifs avec un Front national qui recueillerait 16 % des voix contre un Front de gauche 8 %, Europe Écologie-les Verts (EELV) et le Modem à égalité avec 4 %. L’ensemble du bloc de gauche parvient à 45 %. Un score satisfaisant pour le PS et ses alliés et qui laisse augurer des perspectives électorales favorables. « Comme prévu, il existe un avantage réel à la gauche pour les législatives. C’était attendu, mais ce n’est pas massif. Un résultat pareil limite la perspective d’un raz de marée socialiste à l’assemblée » , reconnaît Bruno Jeanbart, directeur du pôle Études d’opinion d’opinionway. Si l’intérêt pour la campagne est tout juste majoritaire (51 %), la ventilation partisane révèle une différence notable entre la gauche et la droite. Ainsi, les électeurs de François Hollande au second tour de la présidentielle montrent davantage d’intérêt pour la campagne à venir que ceux ayant voté pour Nicolas Sarkozy, 60 contre 53 %. C’est cette plus faible mobilisation de l’électorat de droite qui pourrait, en partie, faire basculer la majorité. Ce phénomène classique de sciences politiques porte même un nom : l’abstention différentielle. Le camp qui a perdu la présidentielle est bien moins motivé dans l’élection qui s’enchaîne. L’abstention pourrait donc se révéler plus forte à droite qu’à gauche.

Selon notre sondage, la participation attendue pourrait atteindre 62 %. Par comparaison, en 2007, elle avait été de 60,42 % et en 2002 de 64,42 %. Une participation attendue relativement faible qui pourrait cependant moins handicaper la droite républicaine face au Front national. « Ce niveau de participation limite en partie la portée du Front national en réduisant le nombre de triangulaires possibles » , explique Bruno Jeanbart. Avec désormais l’obligation de réunir au moins 12,5 % des inscrits pour pouvoir se maintenir au second tour, moins la participation est élevée et, mécaniquement, moins important serait le nombre de triangulaires opposant PS, UMP et FN.

Il n’empêche, le niveau atteint par le Front national est conséquent. Avec 16 %, le reflux est limité par rapport au résultat obtenu à la présidentielle. Une décote limitée à un peu plus de 1 % entre les deux élections, là où traditionnellement le FN reculait de 5 ou 6 points. Une preuve supplémentaire de l’ancrage du parti de Marine Le Pen dans l’opinion. Et pour la première fois, 50 % des personnes interrogées souhaitent même voir des députés FN élus à l’assemblée le 17 juin

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 21:33

 

Le retrait d'Afghanistan, entre «soulagement» et «amertume»

L' accélération du calendrier est appréciée diversement au sein de l'armée. C'est «un soulagement» pour la troupe, assure l’officier de réserve. «Cela fait belle lurette qu’on ne mène plus d’action offensive et que nos soldats sont retranchés dans leurs casernes. Notre présence, c’était devenu de l’affichage.» Un observateur parle«d'un peu d’amertume. Depuis que nos soldats se sont vus imposer des mesures de sécurité renforcées, les progrès enregistrés sur le terrain sont battus en brèche.» Un jugement tempéré par l’état-major des armées à Paris: «Là où nous sommes présents, la sécurité s’est améliorée, et la population vit mieux.» Mais pour combien de temps? Que se passera-t-il lorsque la sécurité de la province de Kapisa aura été transférée totalement à l’armée afghane?

 

Autre écueil pour les troupes : la crise morale de fin de mission.«Depuis des mois, l’armée de terre vit sous forte pression, note l’ancien directeur de l’Ecole de guerre, Vincent Desportes. Il y a eu la Côte d’Ivoire, la Libye, nos Casques bleus au Liban…Tous les régiments ont tourné dans les missions et se sont intensivement entraînés avant leur déploiement sur le terrain.» De retour à la maison, les soldats vont retrouver la routine de la vie de caserne. Qui plus est avec de sombres perspectives. Du fait du prix du carburant, les budgets consacrés aux entraînement ont été réduits. «Le nouveau pouvoir veut recruter 12 000 personnes pour renforcer la police et la gendarmerie, et 60 000 dans l’Education nationale. Il va bien falloir réduire les effectifs ailleurs, redoute déjà un officier supérieur. Or .nous ne pouvons pas arrêter de recruter, sinon nous sommes morts Nos soldats doivent être jeunes.» «Nos troupes vont quitter l’Afghanistan avec un certain goût d’inachevé et avec pour seule récompense une probable diminution de moyens», résume un expert.

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:32

 

  • 25 mai 2012
  • Le Figaro
Christian Saint-Etienne
L’économiste, titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers*, mesure le prix de
l’alourdissement annoncé de la fiscalité des entreprises.

Les entreprises françaises ne sont pas riches; mais exsangues ! (…) Les classes politique et médiatique sont aveuglées par les profits que le CAC 40 réalise hors de France !

La France aborde un moment clé de son histoire, alors que la zone euro est en grande difficulté. La Grèce peut enclencher le 17 juin, lors de ses élections législatives qui auront lieu le même jour que le second tour des législatives françaises, une crise d’une violence inouïe si une majorité ne se dégage pas en faveur des accords européens. Ces derniers ont permis de réduire massivement la dette privée de la Grèce tout en lui assurant un financement public de long terme. Un non grec provoquerait la sortie de ce pays de la zone euro et enclencherait une crise systémique frappant tout le sud de l’europe.

C’est dans ce contexte qu’il faut bien mesurer les effets du choc violent annoncé par le programme du nouveau président français. M. Hollande s’est engagé à relever les impôts de 44,5 milliards afin de financer une hausse des dépenses publiques de 20 milliards d’euros et de réduire apparemment le déficit de 22,5 milliards d’euros. Par ailleurs, il a annoncé l’annulation de la mesure de TVA sociale de février 2012 qui doit réduire les cotisations sociales des entreprises de 13 milliards d’euros.

Or, personne n’a commenté le contenu du plan fiscal annoncé. La hausse de 44,5 milliards d’euros se décompose en une hausse de 32,7 milliards d’euros des impôts frappant les entreprises et de 11,8 milliards des impôts sur les ménages les plus riches. Tout semble enfin rentrer dans l’ordre. Les entreprises, qui apparemment regorgent de profits, et les riches vont enfin être punis tandis que ce vaste programme est censé bénéficier aux plus pauvres abandonnés par une République injuste.

C’est donc en pleine justice et pour servir les pauvres que les entreprises travaillant sur le territoire français vont être soumises au choc fiscal le plus violent qu’elles aient eu à subir depuis la Seconde Guerre mondiale : 32,7 milliards de hausses d’impôts et 13 milliards d’euros de hausses de cotisations sociales, soit 45,7 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires ou 2,25 % du PIB. Mais il est plus précis de comparer cette somme à la valeur ajoutée de l’ensemble des entreprises, soit 1 230 milliards d’euros en 2011, et à leur excédent brut d’exploitation, soit 317 milliards d’euros en 2011. Le choc fiscal atteint 3,7 % de la valeur ajoutée des entreprises et surtout 14,4 % de leur excédent brut.

En

2011, les entreprises ont dû massivement s’endetter pour financer leurs investissements (à hauteur de 65 milliards d’euros pour les sociétés non financières). Au second semestre 2012 et en 2013, elles vont devoir réduire leurs investissements pour faire face à un énorme choc fiscal qui remettra en cause de nombreux projets et conduira beaucoup d’entreprises à ne pas remplacer les salariés partant à la retraite. Le phénomène de non-remplacement des salariés partant à la retraite sera d’autant plus spectaculaire que le retour de la retraite à 60 ans va accélérer les départs. Dans un contexte de croissance économique européenne atone en 2012-2013, la forte ponction sur les entreprises pourrait entraîner une destruction d’emplois productifs comprise entre 200 000 et 300 000 emplois. Les premières victimes de ce choc fiscal seront les travailleurs en général et les travailleurs pauvres en particulier.

Comment en est-on arrivé à proposer un projet économique aussi suicidaire ?

C’est que toutes les prémisses de ce projet sont fausses ! La France a le budget de protection sociale non pas le plus faible mais le plus élevé de la planète avec un budget social de 32 points de PIB contre 25 points de PIB pour la moyenne des budgets sociaux des autres pays de la zone euro et 17 points de PIB pour la moyenne de L’OCDE. Qui plus est, ce budget a augmenté sous Sarkozy en sorte qu’il a été, dans les faits, le « président des pauvres » le plus généreux de l’après-guerre ! té depuis dix ans, ils l’ont fait deux fois moins que dans les autres pays développés. Surtout, les dix pour cent de ménages les plus pauvres ont vu leurs revenus augmenter plus fortement en France que dans tout autre pays développé au cours de cette période. Tout ceci est cohérent avec l’ampleur inégalée de la redistribution sociale.

La France ne doit pas relancer la consommation mais la production, comme en témoigne son énorme déficit commercial ! En frappant des entreprises exsangues, on prépare une Berezina de la production nationale ! Qui plus est, le déficit public ne baissera pas mais augmentera ! C’est la consommation qu’il faut taxer et la production qu’il faut détaxer !

 

Les entreprises françaises ne sont pas riches mais exsangues ! Quand on retire les 120 premières entreprises françaises des plus de trois millions d’entreprises opérant sur notre territoire, ces dernières ont des taux de marge sur chiffre d’affaires et de rendement sur capitaux investis moitié plus faible qu’en Allemagne ! Les classes politique et médiatique sont aveuglées par les profits que le CAC 40 réalise hors de France !

Si les revenus des ménages appartenant au 1 % supérieur des revenus ont augmenté faits publics incontestables et parfaitement connus des organisations internationales traduit le niveau affligeant du leadership politique et économique de la France.

Mais ce sont le peuple et les « pauvres » qui pourraient regretter le plus amèrement les choix annoncés et pour lesquels ils ont voté sans les comprendre ! * Membre du Conseil d’analyse économique, auteur de « L’incohérence française », Grasset (janvier 2012) et du « Joker européen », Odile Jacob (mai 2012).

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 08:03

 

  • 25 mai 2012
  • Le Figaro
  • IVAN RIOUFOL RIO irioufol@lefigaro.fr blog.lefigaro.fr/rioufol
Le blo bloc-notes

Le bonheur des socialistes fait plaisir à voir. Depuis l’élection de François Hollande, ils additionnent à voix haute ses « sans-faute ». Tout est prétexte à s’émerveiller de sa simplicité, y compris dans le fait d’enlever sa cravate à Camp David (États-unis) à l’invitation de Barack Obama ou dans sa réserve mise, à Chicago, à ne pas commenter le sacre de Montpellier en Ligue 1 de football. Le choeur médiatique loue la baisse des salaires de l’exécutif, son respect des feux rouges, l’usage du train, le refus des cadeaux, la parité entre ministres. La presse brode sur l’aisance du chef de l’état dans ses nouveaux habits. Pas un journaliste n’a eu la curiosité de fouiller les causes de la condamnation pour favoritisme de Jean-marc Ayrault, le premier ministre, au prétexte que la peine est légalement oubliée. Jusqu’alors, les « investigateurs » étaient moins délicats.

Nulle part le nom de Nicolas Sarkozy n’est prononcé. Cependant, son successeur fait tout pour faire comprendre que le changement doit se lire, tout de suite, sur sa propre personne et dans ses premiers pas d’homme normal. Les communicants, hagiographes et cireurs de bottes survendent des insignifiances. Le procédé laisse voir, derrière le président affable qui refuse de se protéger de la pluie lors des cérémonies du 8 Mai, un personnage perméable à la suffisance et à l’enflure. Il fut inélégant de ne pas raccompagner son prédécesseur lors de son départ et de ne pas en dire un mot aimable. Il fut vaniteux d’assurer, au G8, que son mandat était « honoré » au prétexte que la croissance était écrite, banalité rhétorique, dans le communiqué final.

En fait, Hollande n’a rien à envier à Sarkozy dans la mise en scène de ses gestes et ceux de sa compagne. La journaliste Valérie Trierweiler ne fait d’ailleurs pas mystère de ses ambitions et a déjà ses têtes. L’hôte de l’élysée, qui disait vouloir « réenchanter le monde » , en rajoute dans le ronflant. Le ridicule est atteint quand le ministère d’arnaud Montebourg (condamné mercredi pour « injures ») est débaptisé de son « Redressement productif » au profit d’un plus humble « Redressement progressif » , tandis que George PauLangevin se voit chargé de la « Réussite éducative » . Voici un gouvernement qui, chargé d’illustrer l’anti-blingbling et la morale, recourt à des maquillages tape-à-l’oeil et à d’opportunes amnésies. Saura-t-il tenir les promesses du candidat ? Il est permis, heureusement, d’en douter.

Certes, Christiane Taubira, garde des Sceaux, s’est empressée de confirmer l’angélisme de la gauche en annonçant la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs récidivistes de plus de 16 ans. La repentance unilatérale est, elle, illustrée au mieux par le premier ministre : maire de Nantes, il vient d’inaugurer un ambitieux Mémorial sur la traite des Noirs (coût : 8 millions d’euros) tandis que rien ne rappelle, sur les mêmes quais de la Loire, les massacres et noyades de la population locale organisés par Jean-baptiste Carrier en 1793 au nom de la Convention. Pour autant, l’irréalisme du projet présidentiel a peu de chances de passer l’épreuve des faits. Hollande a déjà dû mettre de l’eau dans son vin au sujet du retrait français d’afghanistan et du traité de discipline budgétaire européen. Et les choses sérieuses ne font que commencer.

Accélérer l’aggiornamento du PS Faut-il laisser le PS se dépatouiller avec les crises – la banqueroute de la Grèce serait redoutable pour la France, qui détient 100 milliards d’euros de sa dette – ou la droite doit-elle espérer reprendre une main sur le volant, à l’occasion des législatives des 10 et 17 juin ? L’aggiornamento du PS ne pourrait que s’accélérer s’il devait rester, seul, en prise avec les réalités. Elles obligent, notamment, à concrétiser les désendettements publics en engageant des économies de fonctionnement, avant de penser à des mesures de relance grâce à des investissements publics. Quand Hollande s’autocongratule pour avoir imposé la croissance dans ses conversations avec Angela Merkel, il feint d’ignorer que tout le monde est pour une telle dynamique, à condition d’engager parallèlement des réformes structurelles de réduction des dépenses, voire des assouplissements dans le marché du travail. En réalité, l’unique vision étatiste d’une croissance à crédit ne peut prétendre être la réponse aux crises des États-providence qui obligent aussi à des solutions libérales. Parce qu’il ne semble toujours pas vouloir l’entendre, le chef de l’état se lie avec un dogmatisme qui caricature son parti, au même titre que le laxisme dont il fait preuve sur les jeunes délinquants. À ajouter aussi : l’irréalisme sur le retour partiel à la retraite à 60 ans et le sectarisme né des premières « chasses aux sorcières » dans la police (voir mon blog). Le gouvernement se comporte, depuis trois semaines, comme s’il redoutait d’entrer dans le monde réel, au risque de briser l’union franco-allemande. Saura-t-il atterrir un jour ?

La France schizophrène En réalité, c’est le pays tout entier qui devient schizophrène. Le peuple penche majoritairement à droite, mais c’est la gauche qui détient la quasi-totalité des pouvoirs. Les électeurs sont de plus en plus nombreux à fulminer contre la pensée médiatique, mais ils ont offert sa plus belle victoire en lui laissant la tête de Sarkozy. L’UMP parle de serrer les rangs contre la gauche, mais François Fillon trouve plus urgent de lancer la bataille contre Jean-françois Copé en vue de la présidence du mouvement. Le PS aimerait devenir réaliste, mais il s’accroche à ses idéologies. Les Français dansent ainsi d’un pied sur l’autre, sur un sol qui se dérobe. Un temps instable se profile, faute d’idées claires nulle part.

Les dés roulent… « Si un homme politique n’est plus cru, c’est qu’il est cuit » , disait Pierre Dac. Nous y sommes. Le PS doit se réconcilier avec les faits, et L’UMP avec l’électorat qui a rejoint Marine Le Pen. Elle fera probablement encore perdre la droite en juin. En attendant, les dés roulent…

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Published by voxpop - dans Politique
25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:21

 

Où est MR VALLS ? Qu'en pense Mme Taubira ?

De nouvelles échauffourées ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi entre les forces de l'ordre et de jeunes habitants après la mort mercredi d'un jeune homme qui roulait sans casque avec une moto volée. Une source proche de l'enquête a fait état de tirs de mortiers et d'un jet de boule de pétanque, sans plus de précisions. Selon cette source, il n'y avait ni blessés, ni dégâts, et la police n'avait procédé à aucune interpellation. Une autre source proche de l'enquête a indiqué que le calme est revenu vers 1H00. Mercredi soir, des détritus qui se trouvaient sur le trottoir avaient été incendiés. Plus tard, une voiture a été retournée et des affrontements ont eu lieu. Des encombrants, qui avaient été déposés sur le trottoir, ont été placés sur la route. Des vitres ont été brisées sur une vingtaine de véhicules. Il n'y avait eu ni blessés ni interpellations. Ces violences font suite à la mort d'un jeune garçon, dans la nuit de mardi à mercredi, alors qu'il circulait à bord d'une moto volée. Selon des sources concordantes, des rumeurs mettent en cause la police. Le jeune homme décédé, âgé de 24 ans, était originaire de la ville voisine d'Antony (Hauts-de-Seine). Il aurait perdu le contrôle de la moto, qu'il venait de dérober lors d'un cambriolage à Vauhallan (Essonne), et qu'il conduisait à très vive allure. Il ne portait pas de casque et ne détenait aucun permis de conduire. Selon les premiers éléments de l'enquête, la moto a été retrouvée à une quarantaine de mètres du point d'impact. Connu des services de police, ce jeune homme présentait un taux de 1,08 g d'alcool dans le sang, et avait consommé du cannabis, selon cette même source. Un autre jeune homme, âgé de 19 ans, originaire de Massy, et qui se trouvait avec lui sur la moto, a été grièvement blessé. Il a été transporté à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Une source proche de l'enquête avait indiqué mercredi soir que les forces de l'ordre sont arrivées sur place après les faits, appelées par un témoin.

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Published by voxpop - dans Politique

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

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J'ai plus envie de relativiser. >>>>