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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 08:36

 

 

Nicolas

Journaliste, écrivain.
Gauthier

Une fois de plus, les médias sont pris en flagrant délit de nier les mots afin de mieux faire l’impasse sur les maux. Bien plus grave qu’une simple figure de style, sachant que nier la chose équivaut fatalement à masquer la réalité. Ainsi, la preuve par les faits divers.

Le 11 août, un militaire est placé en détention, « suspecté d’avoir projeté d’attaquer la mosquée des Minguettes à Vénissieux », à en croire Le Monde. Il s’appelle Christophe Lavigne, a servi en Afghanistan et n’est « pas encarté dans une quelconque organisation », admet le quotidien vespéral, lequel le décrit encore comme « solitaire, fragilisé par une rupture sentimentale ». Pas vraiment le profil d’un ennemi public numéro un, d’un Mohamed Merah ou d’un Anton Breivik. Il n’empêche. Pour un méfait potentiel, auquel « il avait déjà renoncé », à en croire les enquêteurs, son prénom, son patronyme, son parcours ont été jetés en pâture à la presse. Nul doute qu’il sera viré de l’armée et ira rejoindre la horde des chômeurs.

Mais il est d’autres cas de figure dans lesquels les mêmes médias sont autrement plus prudents…

Marseille, le 9 août, le jeune Jérémie Labrousse est poignardé à mort par un voyou ; lequel sera interpellé peu après. Qui est-il ? Il faudra quelques jours pour qu’on l’apprenne. Habitué des tribunaux, condamné à six mois de prison en 2013, il s’appelle Ali Hamadou. Une chance pour la France, donc…

Mais là, pas de généralisation, pas d’enquête sur le profil de l’assassin, les livres qu’il lit ou la musique qu’il écoute. Au contraire de Christophe Lavigne : un fait divers sans portée sociétale.

La Garenne-Colombes, le 7 août, un autre drame. Une femme de 32 ans est rouée de coups ; on la retrouve, quasi miraculée, baignant dans son sang. Quelques minutes plus tard, une autre femme, âgée de 21 ans, est violée aux abords de la gare locale. Le 14 du même mois, si Le Monde relate l’affaire, pas un mot sur l’état civil du prévenu ; tout au plus apprendrons-nous qu’il s’agit d’un multirécidiviste bénéficiant d’un régime de semi-liberté. Heureusement, Le Figaro est un peu plus prolixe, concédant qu’il s’agit d’un certain Sofiane M. !

Autrefois, on parlait encore « d’individus de type méditerranéen », histoire de faire comprendre qu’il ne s’agissait pas de vieux Normands de souche. Mais à force de passer la réalité au prisme du politiquement correct, certains journalistes ont fini par se couper de la réalité ; histoire, on l’imagine bien, de ne « pas faire le jeu du Front national ». Comme nos généraux de 14-18, les plumitifs en question se retrouvent immanquablement en retard d’une guerre.

Tétanisés par la peur de se voir taxer de racisme, ils en ont même oublié que Malek Boutih, ancien patron de SOS Racisme, dans un livre intitulé La France aux Français ? Chiche !, coécrit avec notre consœur Élisabeth Lévy, était pourtant le premier à reconnaître qu’« à Fresnes, on peut compter les Blancs… » L’islam, première religion carcérale de France, telle est la réalité. Dans un souci d’équité, on dira aussi que les Gaulois sont majoritaires dans la délinquance sexuelle et que nos compatriotes juifs ne sont pas les derniers à se voir nourris, logés et blanchis aux frais de l’État pour carambouilles financières… Et alors ? Il n’est pas besoin de lire les journaux, mais seulement de se promener dans la rue pour savoir que si tous les enfants issus de l’immigration ne vous gâchent pas la vie en permanence, ceux qui vous la pourrissent sont généralement enfants issus de l’immigration.

Au sommet de l’État, Christiane Taubira, garde des Sceaux, persiste à estimer que la prison n’est pas la solution. Peut-être, mais Christiane Taubira non plus. Quant à Manuel Valls, il se contente pour le moment de jouer au faux dur ; un peu comme, naguère, un certain Nicolas Sarkozy. Et dans ce jeu d’ombres, la palme revient à François Delapierre, bras droit de Jean-Luc Mélenchon : « Valls, c’est l’extrême droite du mouvement socialiste ! »

Fort bien. Et Jean-Luc Mélenchon, c’est qui, c’est quoi ? Garcimore pour la méthode ? Ou Ray Charles pour l’acuité visuelle ?

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Published by voxpop - dans La France en résistance
12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 09:01

 

Atlantico

Guylain Chevrier Jérôme Fourquet Claude Sicard

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant. Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.

Claude Sicard est agronome, docteur en économie, spécialiste du développement, auteur de deux livres sur l'islam, L'islam au risque de la démocratie et Le face à face islam chrétienté-Quel destin pour l'Europe ?

Alors que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, juge "digne d'intérêt" la proposition du Haut conseil à l'intégration d'interdire le voile dans les universités, selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié vendredi 9 août, 78% des Français se disent favorables à cette interdiction.

 

§dernier »

Atlantico : Dans un sondage Ifop pour Le Figaro, 78% des Français se disent opposés au port du voile à l'université. Ils sont même 84% à être opposés au voile dans les lieux public et 63% a y être opposés dans la rue. Comment expliquez-vous cette défiance des Français à l'égard du voile ?

Jérôme Fourquet : Cette thématique du voile commence à être une vieille histoire en France puisqu'elle date de 1989 avec l'expulsion de deux jeunes filles voilées d'un collège de Creil en Picardie. Depuis, ce sujet n'a jamais cessé de se poser de manière régulière à la société française. S'il a été réglé dans les écoles, ils se pose désormais dans d'autres lieux : dans les entreprises, mais aussi dans certains quartiers et peut se poser à l'université.

La société française dans son ensemble accepte mal cette pratique vestimentaire pour trois raisons principales. Nous sommes dans un pays laïque de tradition catholique. Le port du voile peut donc choquer à la fois les personnes issues d'une tradition catholique et les adeptes de la laïcité à la française. Enfin, il y a aussi des motivations féministes. Cette pratique est souvent jugée dégradante et contraire à l'émancipation des femmes. Elle heurte des tradition différentes qui viennent à la fois de la gauche (laïcité, droit des femmes) et de la droite (valeurs chrétiennes). Il y a une convergence de ces tradition qui explique l'hostilité à la pratique du port du voile.

Guylain Chevrier : Il y a une évidence pour les Français dans ces chiffres, qui n’est pas nécessairement celle des observateurs institutionnels qui laissent trop à penser qu’il n’y aurait ici rien à voir. Il y a bien un problème entre la France et tout du mois une partie des musulmans, ceux précisément qui se reconnaissent dans l’obligation du port du voile. Pourquoi ?

Nous assistons à un mouvement de revoilement d’une partie de nos concitoyens musulmans, qui croît de façon visible sur le fondement du rejet du mélange au-delà de la communauté de croyance, et participe ainsi d’un mouvement de séparation au risque de l’enfermement. Ce qui est ressenti de toute évidence par les Français comme un rejet de l’esprit de nos institutions, d’une forme de lien social qui, avec la laïcité, s’est construit sur le principe du mélange des individus. Un mélange favorisé par le fait de considérer que ce que l’on met en commun est plus important que ce qui nous différencie, étroitement en lien avec un principe d’égalité placé au sommet de nos institutions. Nous sommes avant tout des égaux indépendamment de la couleur, l’origine, la religion, c’est ce que ne semble pas reconnaitre à travers une certaine mise à part ce que l’on pourrait désigner comme étant « l’islam du voile ».

Concernant la place du religieux dans notre société, il a été acquis progressivement qu’on devait se résoudre à une attitude de discrétion. Une attitude qui a autant à voir avec la laïcité qu’une certaine façon de vivre ensemble en respectant les opinions de chacun, une sorte de respect d’autrui, d’attitude civique, par l’absence  d’affichage de ses convictions ou croyances. Une attitude ayant à voir avec un certain savoir-vivre consistant à ne pas heurter la sensibilité d’autrui, dans le sillon d’une société démocratique et républicaine qui voit d’abord dans les individus des citoyens. Il y a derrière cela une pensée sociale pétrie par le temps qui relève de l’affirmation historique de nos grands principes communs comme la liberté, l’égalité et l’idée de fraternité qui en est indissociable.

C’est un mouvement que l’on doit au rôle que le nombre, le peuple a joué dans l’histoire de notre pays, en faisant prévaloir l’intérêt collectif d’abord et avant tout, particulièrement contre les conservatismes où la responsabilité de la religion était largement engagée à contre-courant du progrès des libertés. Il ne faut pas oublier cette toile de fond si on veut comprendre ce qu’inconsciemment peuvent exprimer ces chiffres. Ce qui apparait comme un rejet de l’islam est surtout un rejet de ce qui s’affirme de plus en plus comme la volonté d’une minorité religieuse d’imposer aux autres, à la société, une nouvelle forme de lien social fondé sur une séparation selon la religion. La priorité donnée aux différences religieuses et culturelles sur la reconnaissance du bien commun, de l’appartenance  à une même société, est perçue comme un danger, et malheureusement, la montée des revendications communautaires à caractère religieux n’est pas une vue de l’esprit qui alimenterait cette perception des Français. 

L'attachement à la laïcité est souvent mis en avant pour expliquer cette hostilité. Est-ce vraiment une explication suffisante ? Le politiquement correct fait-il peser certains "non-dits" sur le débat ? Lesquels ?

Jérôme Fourquet : Oui, la pratique du port du voile est souvent vécue comme le signe ostentatoire d'une conception politico-religieuse qui cherche à imposer ces règles sur une partie du territoire. A tort ou a raison, elle est souvent interprétée comme une volonté de prosélytisme d'une religion qui serait en développement. Cela est mal accepté par une part importante de nos concitoyens.

Guylain Chevrier : Il est vrai qu’il est bien difficile de s’exprimer publiquement sur le sujet épineux de la place du religieux dans notre société, des problèmes que peut poser l’islam au regard d’un processus d’intégration qui se dégrade à la mesure des affirmations communautaires, sans se voir immédiatement accusé de stigmatisation. On tend ainsi à faire le silence sur les témoignages essentiels qui permettraient de mieux mesurer la réalité de ce qui se passe et restent dans l’obscur. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’existent pas parce qu’on en parle pas, le vécu s’en exprime dans les couloirs de l’entreprise ou au café du commerce, mais pas du coup dans la plupart des grands médias.

Un exemple éloquent que j’ai moi-même recueilli. Dans un service administratif, il y a quelques années, personne ne se différenciait, puis, certains employés musulmans ont commencé à faire la prière dans les vestiaires communs, plusieurs femmes à porter le voile. Ainsi, le vestiaire est devenu régulièrement inaccessible pour les autres employés pendant le temps des cinq prières auxquelles s’adonnaient soudain ceux se revendiquant d’un islam pratiquant et visible. Enfin, ceux-ci mangeant tous dans la même petite cuisine, plusieurs employés musulmans en sont arrivés à demander à leurs collègues s’ils pouvaient ne pas manger de porc devant eux…

On voit ici s’exercer le poids communautaire qui crée cette défiance d’une large majorité de nos concitoyens. Ce n’est pas du tout la liberté religieuse individuelle qui est mise ici en cause, mais le fait qu’une minorité impose à la majorité ses vues en pesant de façon collective contre la règle commune, celle de la neutralité dans le quotidien des relations sociales dans l’entreprise. Une certaine paix sociale qui y régnait vient bien ainsi à être bousculée. Il ne s’agit donc pas de fantasmes sur fond de racisme postcolonial, mais de sentiments fondés s’exprimant dans une défiance que l’on peut comprendre, dont la visibilité est même saine, puisqu’elle met en lumière ce que l’on biaise à force de jeter de l’ombre.

La personne qui a rapporté ce témoignage, si on le rendait public nominativement, se trouverait en très grande difficulté face à ce poids communautaire, risquerait même une plainte pour discrimination. Aussi, il est facile à ceux qui rejettent toute critique de ce côté de dire qu’il n’y a que des cas marginaux et que tout va bien dans ce contexte, aidés en cela par un climat politico-médiatique où l’on a tendance à fermer les yeux et à participer par là d’une certaine intimidation. Ce qui n’est pas sans risques d’ailleurs pour les libertés, dont celle de l’information.  

Le discours de culpabilisation, relatif à l’idée qu’il faudrait accepter ce regain du religieux parce que le fait d’une population issue des pays ayant été colonisés par la France qui leur serait ainsi redevable, est devenu insupportable pour une partie non négligeable de nos concitoyens.  Une démarche idéologique qui fabrique du rejet de l’islam à l’identifier à la religion de l’ex-colonisé. Ceci, d’autant plus, que l’on comprend mal comment on devrait justifier de remettre en cause les institutions et valeurs communes pour céder à une logique de compensation qui mène tout le monde dans l’impasse.

Il est certain que le voile est aussi ressenti comme le marqueur d’une différence de considération entre les hommes et les femmes, qui souligne la remise en cause du principe d’égalité et d’une certaine façon,  de la liberté qu’il représente. Un sentiment qui n’est pas faux, en reflet d’une religion dont les textes de référence ne le démentent pas. La religion musulmane dans les textes est clairement inégalitaire envers les femmes, elle institue son infériorité juridique: le Coran ne désigne la femme que comme croyante, épouse et mère et affirme la prééminence de l'homme sur elle : Sourate 4 verset 38 -  Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci (…) Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises (…) vous réprimanderez celles dont vous avez à craindre l’inobéissance, vous les relèguerez (…) vous les battrez.  Sourate 2 verset 228 - Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme. Sourate 2 verset 282 - la femme perçoit la moitié de la part dévolue à l'homme lors d'un héritage. Sourate 4, versets 11-12 - l'homme a droit à la polygamie, à répudier sa femme.

Bien sûr tous les musulmans pratiquants n’appliquent pas à la lettre cette perception des choses, c’est une évidence, mais ce revoilement qui va avec un retour à la tradition donne à penser qu’il y aurait ici du grain à moudre, d’autant que la répartition des rôles sous ce jour entre hommes et femmes, telle qu’elle est perçue, est comme un retour à un conservatisme réactionnaire.

Le respect du voile que prône le coran, l’idée selon laquelle une bonne musulmane serait celle qui porte le voile, exprime comme une soumission assumée par ces femmes qui peut être perçue comme une grave régression au regard du combat pour l’émancipation qui dans ce domaine a été long et difficile dans notre pays, pour devenir une des composantes essentielles de notre démocratie. Il y a donc aussi ici un sentiment de crainte qui n’est pas complètement infondé.  Lorsqu’à Trappes (département des Yvelines), parce qu’une femme est contrôlée par la police pour porter un voile intégral interdit bien heureusement par la loi, cela déclenche une émeute avec des musulmans qui se sentent solidaires de cette femme, il n’y a pas de quoi dissuader de ressentir autre chose. Comment effectivement ne pas s’inquiéter, alors qu’une frange de notre société entend bien imposer à l’autre ses vues contre la loi et contre les conventions communes, pour inciter encore à s’éloigner d’un civisme qui est aussi une des composantes de la citoyenneté.

Claude Sicard : Le voile, pour les femmes musulmanes qui dans les sociétés européennes le portent, est avant toute chose l’expression d’une revendication de leur identité. Ces personnes tiennent à s’affirmer comme appartenant à la civilisation musulmane, une civilisation différente de la civilisation occidentale dans laquelle elles se trouvent amenées à évoluer. Il faut bien voir que l’identité est devenue ces dernières années un concept majeur des sciences humaines. C’est ce que nous dit Catherine Halpern dans l’un de ses ouvrages  : l’homme ne vit pas uniquement de raison, et cette notion d’identité rejoint cette composante de l’individu que Platon avait appelée le  « thymos », ou encore « l’esprit de vie ». Chaque individu est prêt à se battre, voire à risquer sa vie, pour faire valoir et défendre son identité. Et Hassan al Turabi nous dit  que « les religions donnent un sens de l’identité et une direction de vie ».

On ne peut passer sous silence le fait que la civilisation occidentale, issue de ce que l’ on a longtemps appelé « la chrétienté », et la civilisation musulmane sont deux civilisations différentes, fondées l’une sur le christianisme, l’autre sur l’islam. Ces deux civilisations sont en conflit ouvert depuis plus de treize siècles, et les musulmans vivent avec un ressenti qui leur fait percevoir la civilisation occidentale comme orgueilleuse, dominatrice et méprisante à leur égard. Or, le Prophète Mahomet leur a dit « Vous êtes la meilleure des communautés suscitée parmi les hommes »(Ismat al Oumma- Coran 3,110). Par surcroît, bon nombre de leaders musulmans entretiennent les communautés musulmanes dans l’idée que c’est finalement, dans le temps, la civilisation musulmane qui va triompher. C’est le cas en Europe du Président de l’Union des Organisations Islamiques Européennes (UOIE) basée à Londres, le fameux Yousouf al Qaradaoui qui leur dit 
« L’islam est religion et Etat, foi et loi, Livre et épée, prière et djihad tout à la fois : nous voulons vivre dans une civilisation musulmane complète orientée par la foi musulmane, soumise à la loi de l’islam ». Quant au docteur Othman Altawayri, directeur de l’ISESCO , il affirme avec la plus grande conviction :« La civilisation islamique sera sans aucun doute la civilisation de demain » .

On comprend donc ainsi la signification réelle du port du voile par des musulmanes qui sont noyées dans la civilisation occidentale : c’est autant sinon plus, pour elles, une affaire d’identité que de religion, et les deux sont mêlées. C’est pour elles un acte de bravoure que de se battre contre ceux qui voudraient le leur interdire. Leurs coreligionnaires ne manquent pas de trouver ce combat tout à fait louable, et elles se valorisent ainsi à leurs yeux.

Le collectif de la Gauche populaire, initié par le politologue Laurent Bouvet, explique la montée du vote pour le Front national lors de la dernière élection présidentielle non seulement par "l’économique et le social" mais aussi par le concept d'insécurité culturelle  qui recouvre notamment "la peur de l’immigration, des transformations du 'mode de vie', de l’effacement des frontières nationales". Le port du voile peut-il être considéré comme une manifestation de cette "insécurité culturelle" ?

Guylain Chevrier : Les valeurs communes se trouvent exposées dans ce contexte à une mise à mal, créant une sorte d’insécurité morale, une crainte de voir des libertés inscrites dans notre mode de vie malmenées par les exigences religieuses et communautaires. Les pratiques sociales et culturelles qui font la personnalité de la France laïque et républicaine sont en premières lignes dans cette situation, car des changements s’opèrent qui n’ont pas été désirés, qui sont même largement subis par une large partie de la population.

Il y a tout un discours d’une partie de l’extrême-gauche et de la gauche radicale qui a fait du thème de la fin des frontières un symbole de la lutte en faveur des sans-papiers. La fin de frontières, on le sait, signifierait la fin de toute souveraineté, laissant sans défense nos acquis sociaux qui profitent pourtant à tous. Que cela permette à certains de jouer sur des peurs pour gagner en influence n’a ainsi, et on peut le regretter, rien d’extraordinaire. Il y a des responsabilités qui sont lourdes de conséquences du côté de ceux qui continuent de pratiquer une sorte de terrorisme intellectuel, qui vise à faire taire toute critique sur un retour du poids du religieux sur notre société que l’on doit essentiellement à une communautarisation d’une partie de l’islam de France.

Claude Sicard : Après que dans un premier temps, la montée de l’islam en Europe ait été perçue surtout comme une menace pour la sécurité des personnes, avec les attentats du 11 septembre, puis ensuite ceux de Madrid et de Londres, les opinions publiques en Europe en sont venues, et cela est un phénomène récent, à voir dans le développement des communautés musulmanes dans les différents pays du vieux continent une menace pour leur propre identité. Il s’agit bien, là, d’un choc de civilisation, les populations européennes constatant que les communautés musulmanes sont peu enclines à s’occidentaliser. Elles affichent en effet en permanence leur identité et s’efforcent d’imposer aux sociétés européennes de modifier leurs façons de vivre et de s’organiser : imposition de la viande halal dans les cantines scolaires, revendication de la non mixité dans les piscines municipales, insertion des fêtes religieuses musulmanes dans le calendrier des jours fériés, modification des programmes scolaires pour tenir compte des croyances religieuses des élèves, etc.  

Les pouvoirs publics, quant à eux, soit par conviction philosophique soit pour des raisons démagogiques, mènent un peu partout des politiques d’ouverture à l’égard des nouveaux arrivants. D’ailleurs l’adhésion de notre pays à la Convention Européenne des droits de l’homme les y contraint.

Les observateurs de notre vie politique passent trop facilement sous silence le rôle que joue dans les politiques d’intégration des communautés musulmanes en Europe le Conseil de l’Europe. Dans sa recommandation n°1162, par exemple, il est dit  ceci: « L’Assemblée est consciente de la précieuse contribution que les valeurs islamiques peuvent apporter à la qualité de la vie en renouvelant l’approche globale européenne dans les domaines culturel, économique, scientifique et social ».La même directive recommande de promouvoir l’enseignement de l’arabe dans les écoles, de développer les lieux d’expression culturelle et intellectuelle qui sont nécessaires aux « immigrés du monde islamique », et dit qu’il faut « promouvoir les itinéraires culturels du monde islamique en Europe ». D’ailleurs, dans une autre recommandation, la Recommandation 1743, il est dit textuellement : « muslims are at home in Europe ». Et dans le document 12266 du 25 mai 2010 on lit : « L’Assemblée invite l’ISESCO et l’ALESCO  à travailler avec le Conseil de l’Europe pour lutter contre l’islamophobie » , à croire que le Conseil de l’Europe ignore tout des thèses du directeur de l’ISESCO, thèses que nous avons rappelées plus haut.

Quant à la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, elle dit dans son article 18 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion : ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l ‘enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Lutter contre les manifestation de l’islam en public devient ainsi particulièrement difficile dans les pays ayant adhéré à la Convention européenne des droits de l’homme.

Cette question du voile s'inscrit-elle dans un débat plus vaste dont l'enjeu serait la préservation de l'unité et de l'identité nationale ? Est-ce lié à notre héritage historique ? En quoi ?

Guylain Chevrier : Il s’agit surtout de la préservation de la cohésion sociale, de comment on continue de faire un tout, de faire pays et nation, où la notion de peuple ait encore un sens. L’idée du bonheur commun, dont la recherche a été un puissant vecteur du combat social en France, est largement entamée par les divisions créées par le regain du religieux et son poids dans le débat public. Les forces sociales sont mal en point et divisées sur la situation et comment y réagir, particulièrement face à une religion musulmane qui apparait exagérément comme la religion du pauvre.

L’héritage révolutionnaire est ainsi en mal d’appropriation, où curieusement l’idée que la religion est l’opium des peuples, qui en fait partie, passe dans l’oubli

 L’identité de la France est celle d’un pays laïque qui considère que celui qui y est accueilli doit en respecter la personnalité, et faire peuple avec lui. Un peuple issu d’une histoire faite de révolutions et de luttes sociales, de prises de conscience d’une force commune positive, qui ont contribué à le façonner. C’est accepter de se reconnaitre dans des institutions valant pour tous et de participer à l’écriture d’une histoire commune, sans y opposer de préalable, sans rompre avec une évolution morale qui s’inscrit dans le développement de la modernité démocratique. On ne demande pas pour autant à celui qui vient d’ailleurs, d’oublier d’où il vient et ce qu’il apporte avec lui, pour peu qu’il prenne en compte quelques grands principes.

Claude Sicard : Les musulmans en exigeant comme le leur permet la Convention des droits de l’homme de conserver leur identité et leurs coutumes rompent la cohésion des sociétés européennes qui sont des sociétés de culture chrétienne. La cohésion sociale est la nature de l’intensité des relations sociales qui existent entre les membres d’une société. Ce concept a été forgé par Emile Durkheim : la cohésion sociale implique le partage de valeurs et de normes communes, ainsi que le respect de règles de vie adoptées par tous.

En conservant leur identité et leurs coutumes les communautés musulmanes installées en Europe vont parvenir, à terme, à modifier notre civilisation, et ce d’autant plus facilement que la civilisation occidentale européenne a amorcé à présent sa phase de déclin.

Il faut alors s’en référer alors au célèbre anthropologue Claude Levi Strauss qui nous dit que lorsque deux civilisations se trouvent en concurrence sur un même territoire, il va se produire à terme l’un des deux phénomènes suivants :

- ou bien « une désorganisation et un effondrement de l’un des deux groupes » ;
- ou bien  « une synthèse originale qui alors consiste en l’émergence d’un troisième   pattern lequel devient irréductible par rapport aux deux autres ».

Vu que ni la civilisation du vieux continent n’éradiquera la civilisation des nouveaux immigrants, ni cette dernière ne remplacera la vielle civilisation du continent européen, ce sera donc la seconde éventualité qui se produira : l’apparition d’une nouvelle civilisation qui aura une forme « irréductible par rapport aux deux autres ». Ce sera en somme la fin de la civilisation occidentale européenne, aux environs de la fin de ce siècle.

Alors, on ne peut s’empêcher de rappeler cette pensée très forte de Arnold Toynbee qui nous dit, après avoir passé son existence à étudier l’évolution de quelques 23 civilisations différentes ayant existé dans le passé : « Les civilisations ne sont pas assassinées, elles se suicident ».

La pratique du port du voile s'inscrit-elle également dans le débat sur notre modèle d'intégration ? D'une certaine manière, à travers ce sondage, les Français plébiscitent-ils le retour à modèle d'assimilation plus contraignant hérité de la Révolution et de la IIIe République ?

Guylain Chevrier : Je crois que les Français subissent depuis trop longtemps un discours présentant l’intégration comme un processus en panne, ce qui est globalement faux même si elle connait des difficultés, pour en arriver peut-être du coup, effectivement, à vouloir simplifier le problème en revenant à l’assimilation. L’intégration est un beau principe vis-à-vis duquel il ne faudrait pas revenir en arrière. Il s’agit de faire prévaloir ce qui nous rassemble sur les différences mais sans les nier, en leur donnant une place qui leur permette de coexister sans heurts pour peu que soient respecter le droit et la loi. L’intégration pourrait peut-être être mieux comprise, en la reliant dans le discours public et la pratique à la laïcité, comme principe s’imposant à tous et avec lui, le sens d’une neutralité, d’une réserve dans les relations sociales, qui permette à chacun de mieux comprendre sa place, ses droits, ses libertés.   

Claude Sicard Normalement, le modèle français consiste en une assimilation : cela fut possible dans le passé avec des immigrants issus de pays de même civilisation, c’est à dire d’une civilisation occidentale fondée sur le christianisme : polonais, tchèques, hongrois, italiens, espagnols, portugais, etc. Avec des personnes relevant d’une civilisation fondée sur une autre religion, l’islam en l’occurrence, l’assimilation se révèle impossible, d’autant qu’il s’agit d’une civilisation historiquement en conflit depuis plus de13 siècles avec la nôtre.

Ce refus des nouveaux immigrants de perdre leur identité va donc avoir pour conséquence de modifier en profondeur notre civilisation, pour la faire muter. Il faut en effet raisonner en anthropologues, cette science sociale nous donnant les éclairages nécessaires puisqu’elle est faite pour cela, ce que la quasi totalités des observateurs politiques manquent de faire.

La gauche doit-elle de nouveau légiférer sur la question du voile ? La loi peut-elle vraiment régler tous le problèmes ?

Guylain Chevrier : On peut légiférer et on le doit, que ce soit concernant l’entreprise ou l’université. Ne pas le faire, ce serait rater un rendez-vous politique, un rendez-vous avec l’histoire, qui permettrait de redonner confiance aux citoyens dans la démocratie, dans nos principes et nos valeurs par trop ébranlés.  

A l’entreprise, on ne doit pas céder aux accommodements dits raisonnable sous couvert de tolérance ou nous en paierons logiquement cher le prix politique, car c’est dans les urnes que se règleront alors les ressentiments nés de ces situations de laisser faire. Il faut une loi qui permette d’empêcher qu’au nom d’une logique religieuse on puisse venir contredire les valeurs qui en définissent l’activité jusqu’à la relation sociale qui y règne. L’entreprise doit être protégée des conflits religieux liés aux revendications communautaires susceptibles de diviser, de mettre à mal les personnels, de troubler les conditions de son activité. Le contrat de travail doit rester neutre car l’employeur n‘a pas à connaitre la religion de ses salariés.

C’est encore plus vrai pour le secteur associatif qui participe de l’activité économique, l’association devant pouvoir faire prévaloir ses buts et les valeurs qui la définissent, sans se voir comme dans le cas de la crèche Baby loup, mise en cause par une seule manifestation religieuse ostensible aux valeurs contraires jusqu’au risque de la faire disparaitre.

A l’Université, les lieux d’enseignement et de recherche devraient se voir soustraits à toute influence religieuse, tel que le port des signes religieux ostensibles, pour laisser toute la place à une transmission des savoirs qui mérite ce statut de neutralité, puisque nous sommes dans le domaine de la raison. C’est faire que chacun soit plus libre dans ce contexte de se construire sa propre liberté, sa propre pensée, en dehors de tout risque d’influence communautaire pour tous.

Il faut que le religieux ait sa place, mais ne puisse empiéter sur le domaine du commun, sur les relations sociales au point de les mettre à la remorque de ses vues et exigences, comme il l’a toujours fait dès que le pouvoir lui en a été laissé. L’islam comme toutes les religions doit trouver sa juste place dans notre modernité qui est celle du respect de droits et libertés individuelles que remettent en cause les logiques communautaires et les divisions sur fondement religieux.

Si la loi ne règle pas tous les problèmes, elle a l’avantage de poser le principe de l’égal traitement de tous, et donc d’unir parfois jusque par la contrainte, l’ensemble de ceux qu’elle concerne, pour le bien commun. La loi crée de la règle commune et c’est de cela dont nous manquons aujourd’hui si fortement, de clarté dans la définition du lien social sur ce plan. Une fois cela acquis, tous les dialogues sont possibles car ils se posent à partir d’un cadre de référence connu de tous qui lève les ambiguïtés des accommodements à géométrie variable qui mettent la société en miettes. C’est plus de liberté, car c’est renforcer les liens qui nous unissent qui la garantissent pour mieux vivre ensemble, sans craindre notre diversité.

Claude Sicard : Il est tout à fait souhaitable que la majorité actuelle légifère sur le port du voile pour l’interdire: mais au regard de la Convention des droits de l’homme cela est pratiquement impossible en raison de l’article 18 que nous avons rappelé plus haut : seuls des problèmes de sécurité publique peuvent être invoqués, comme ce fut le cas pour la burqa.

Le problème du voile ne constitue en fait qu’un épiphénomène : il faut prendre le problème dans sa réelle dimension : le recours à la naissance d’un « islam européen » qui serait un islam réformé. En effet, il serait hautement souhaitable que puisse être proclamée une « Charte de l’islam en Europe », un islam en somme reformé qui deviendrait compatible avec nos valeurs et nos principes républicains. C’est la seule manière de faire que les musulmans européens s’intègrent parfaitement dans nos sociétés en Europe, l’islam traditionnel étant incompatible avec la démocratie.

Les observateurs politiques ignorent semble -t-il que le seul pays musulman, et c’est le plus important, qui vit en ayant adopté des institutions démocratiques est l’Indonésie, ceci s’expliquant par le fait que ce pays a adopté un islam réformé. Le cas de la Turquie est à mettre à part.

Ce que doivent faire les pouvoirs publics c’est demander au Conseil de l’Europe qu’il s’attèle d’urgence à la tâche consistant à faire que puisse être proclamée en Europe une « Charte de l’islam européen ». Cela est vital pour l’avenir de l’Europe, mais personne aujourd’hui ne s’en préoccupe.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 07:30

 

Boulevard Voltaire

 

Le 9 août 2013

François
Delaître
Artisan.

 

Un maire qui menace de se suicider pour protester contre les installations sauvages de nomades sur sa commune : a priori, la nouvelle pourrait prêter à sourire, tant la réaction semble disproportionnée. Cet été, d’autres maires moins extravagants, ou peut-être simplement moins désespérés, ont manifesté leur ras-le-bol en fermant leurs mairies ou en démissionnant. D’autres encore, plus médiatisés, comme Christian Estrosi à Nice, ont joué les grandes gueules et les gros bras, mais rouler les mécaniques n’a pas plus réglé le problème des occupations illégales de terrains par les « gens du voyage ».

Depuis près de 25 ans qu’il est maire de son petit village du Cher, Paul Renaudat a eu plus d’une occasion de constater son impuissance. Entre « rave parties » et déferlements réguliers de nomades, sa commune a eu son lot d’infortune, et chaque fois la même situation conflictuelle : le maire subit sans moyens d’agir, et se retrouve en porte-à-faux entre la population du village qui lui reproche son laxisme et le tient responsable des atteintes à sa tranquillité, et ces visiteurs qui lui imposent leurs conditions de séjour, laissant parfois derrière eux dégradations et charges impayées.

Les lois successives organisant, depuis plus de vingt ans, les conditions d’accueil dans les communes de plus de 5.000 habitants n’ont manifestement pas changé grand-chose aux habitudes des nomades, qui continuent à s’installer où bon leur semble. Le coût des aires d’accueil s’avère parfois exorbitant pour la collectivité (10 millions d’euros devraient ainsi être dépensés pour 60 malheureuses places à Paris, soit plus de 160.000 euros la place), et toujours, la vache à lait sédentaire est invitée à payer sans meugler.

 

La réaction de Paul Renaudat, toute absurde qu’elle peut paraître au premier abord, révèle d’abord l’absurdité, voire l’indécence des positions défendues par les législateurs qui, ayant oublié depuis longtemps la notion d’intérêt général, s’entêtent à ne plus défendre que des intérêts très particuliers de minorités au détriment du plus grand nombre des Français. Si la question n’est évidemment pas, ici, de contraindre les nomades à la sédentarisation, peut-on s’interroger sur l’obligation qui est faite à la collectivité d’assumer le coût de leur mode de vie ?

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 07:24

 

 

Boulevard Voltaire
Joris
Karl
Journaliste.

 

Quand même un centriste tout mou commence à se révolter, c’est que le grabuge n’est pas loin ! Oui, l’heure est grave, car l’ancien ministre Jean Arthuis a osé un pied dans le Rubicon. Le diable n’est pas encore à le franchir, mais il est sur la bonne voie. Car le sénateur président du conseil général de Mayenne s’est senti obligé de signer un arrêté pour dire stop… à la venue des « mineurs étrangers isolés » dans son département. Des petits jeunes qui débarquent comme ça d’on ne sait où et qui se retrouvent en France, eldorado mondial des délinquants sans papiers. « L’histoire qu’ils nous racontent en général est celle d’un jeune subsaharien, accompagné par un adulte, abandonné à la sortie de l’aérogare, et à qui l’on conseille le département de la Mayenne », raconte, dans L’Express, Jean Arthuis, le très européiste ancien ministre.

Selon lui, « Quand il n’y a plus de place, il n’y a plus de place. Et Mme Taubira est bien placée pour le savoir, on l’a bien vu avec ce qui s’est passé à Chartres […] La situation est simple : il y a cinq ans, on avait cinq mineurs étrangers isolés en Mayenne. Aujourd’hui, nous en avons 55.»

Arthuis, qui s’y connaît (ce fut un des ministres chargés de nous faire passer à l’euro), a fait les comptes : son département doit débourser environ 150 euros par jour pour un mineur étranger isolé, et avec l’augmentation des demandes d’accueil, la charge atteint 2 millions d’euros par an pour le département qui accueille 57 mineurs étrangers isolés en plus des 700 jeunes pris en charge au titre de l’aide sociale ! Bien sûr, la Mayenne ne prend qu’une petite part de cette immigration sauvage, sans rapport avec la vague qui déferle sur le 93 (800 mineurs isolés étrangers en mai dernier). Et on ne vous parle pas de Mayotte ou de la Guyane pour ne pas gâcher votre journée…

Arthuis a donc dérapé. Et il est illico convoqué le 20 août au ministère de la Justice pour s’expliquer. « L’État ne saurait accepter » la liberté prise par la Mayenne avec ses obligations, ont mis en garde Manuel Valls et Christiane Taubira. « Le préfet a demandé le retrait de cet acte illégal. À défaut, il sera déféré devant la juridiction administrative », ont avancé les deux ministres.

Parmi les chiens de garde de l’invasion migratoire, l’association d’extrême gauche France terre d’asile a cru bon de montrer les crocs : « M. Arthuis se distingue par une prise de position à l’encontre des valeurs républicaines et humanistes qu’il revendique par ailleurs». Pierre Henry, le président de FTA, enfonce le clou : « C’est un buzz politique de la pire espèce fait sur le dos des enfants, tout en amalgames. J’interroge M. Arthuis sur la définition du mot salaud donnée par le philosophe André Comte-Sponville : « Ce n’est pas donné à tout le monde d’être un salaud : c’est celui qui fait du mal à autrui pour son bien à soi. »

Jean Arthuis, salaud de la République ou politicien soudain atteint de lucidité ?

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 21:55

 

 Rédigé par la Mission laïcité du Haut Conseil à l'intégration, il conclut à une montée du communautarisme.

L'interdiction du port du voile à l'université fera-t-il l'objet d'une loi à venir? C'est en tout cas l'une des préconisations d'un rapport rendu en avril par la Mission laïcité du Haut Conseil à l'intégration (HCI), dont Le Monde a révélé l'existence. Un rapport dont l'Observatoire de la laïcité, installé en avril par François Hollande - se substituant de fait à la Mission - se serait bien passé. «Ce rapport n'engage que la Mission laïcité qui n'a plus de fonction officielle depuis quelques mois», assène Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire.

Parmi les douze propositions de ce rapport dédié à «l'expression religieuse et la laïcité dans les établissements publics de l'enseignement supérieur», est effectivement suggérée l'adoption d'une loi interdisant «dans les salles de cours, lieu et situation d'enseignement et de recherche des établissements publics d'enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse». Loi qui serait une extension du texte de 2004 en vigueur dans le second degré. À l'université, qui accueille des publics majeurs, seul le voile intégral est pour l'heure prohibé, conformément à la loi de 2010.

Des frictions à gauche

Le sujet est des plus sensibles, comme en attestent les réactions suscitées par cette fuite. Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman, y voit une «nouvelle stigmatisation de l'islam». «Nous avons suffisamment de lois», poursuit-il. «La liberté d'expression reconnaît aux étudiants le droit d'exprimer leurs convictions religieuses à l'intérieur des universités», réagit de son côté Abdallah Zekri, le président de l'Observatoire contre l'islamophobie, qui rappelle que le Conseil d'État avait en 1996 jugé illégal un arrêté du président de l'université Lille-II interdisant l'accès de bâtiments aux jeunes femmes voilées.

 

Mais le rapport de la Mission laïcité ne se limite pas au voile. Sur la base d'auditions de professeurs et présidents d'universités, il conclut à «une montée de revendications identitaires et communautaristes». Actes de prosélytisme, récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, «actions souterraines» sous couvert d'associations culturelles, contestation du contenu des enseignements, critiques des théories darwiniennes par des «courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes», rejet des écrits de Voltaire, Pascal ou Camus… Autant d'éléments suscitant le «malaise d'un nombre croissant d'enseignants», conclut le rapport qui, selon Le Monde, serait largement basé sur des conclusions de la Conférence des présidents d'universités (CPU).

«Faux», répond Jean-Loup Salzmann, le président de la CPU qui dit avoir eu de nombreux échanges avec une mission qu'il qualifie d'«autiste». Il réfute toute idée de «montée du communautarisme ou de l'intolérance à l'université», concédant «des incidents comme partout», comme cette étudiante voilée brièvement exclue d'un cours à l'université de Nantes, en janvier dernier.

Même message du côté de Jean-Louis Bianco. «Jusqu'ici, nous n'avons pas évoqué l'éventualité d'interdiction du voile à l'université», explique le président de l'observatoire qui lors d'un rapport d'étape remis le 25 juin à François Hollande expliquait que la France n'avait «pas de problème avec sa laïcité». «La loi ne règle pas tous les problèmes», expliquait-il.

Des propos que l'ensemble des membres de l'observatoire ne partagent pas forcément, à l'instar de Patrick Kessel, ex-membre de la Mission laïcité et ancien grand maître du Grand Orient de France. «Contrairement à Jean-Louis Bianco, François Hollande avait estimé que la loi doit intervenir», avait-il réagi. Il faut dire que le sujet de la laïcité suscite des frictions au sein de la gauche, où certains n'hésitent pas à qualifier d'«islamophobes» ou de «maximalistes» les membres de feu la Mission laïcité.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 21:26

Huit Français sur dix se disent en effet opposés au port du voile ou du foulard islamique dans les salles de cours des universités, selon un sondage Ifop pour Le Figaro*. «Une opposition comparable au niveau de ce que nous avons déjà pu observer sur cette théma­tique», commente Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion publique à l'Ifop. En octobre 2012, dans un contexte brûlant de publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, ils se déclaraient opposés à 89 % au port du voile dans les écoles pu­bliques. Une quasi-unanimité, saluant, de fait, la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes et de tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse. Quant à leur refus de voir le voile porté dans la rue, il atteint les 63 %. «L'université se situe à mi-chemin entre l'école et la rue», observe Jérôme Fourquet.

 

Les attentes de l'opinion sont claires

La question de la nécessité de légiférer se pose également dans l'entreprise privée. Là encore, les attentes de l'opinion sont claires. En mars 2013, alors que la Cour de cassation annulait le licenciement pour port du voile d'une salariée de la crèche Baby Loup dans les Yvelines, 84 % des sondés interrogés par l'Ifop se disaient opposés au port du voile dans des lieux privés accueillant du public. Un dossier sur lequel Manuel Valls avait aussi fait entendre sa voix, plaidant dans l'Hémicycle pour une «initiative législative»,«s'il y a un vide juridique à combler». Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, se disait alors favorable à l'extension de l'interdiction du voile dans les établissements privés assurant une mission de service public. À droite, le député UMP Éric Ciotti a présenté en juin une proposition de loi permettant aux entreprises d'inscrire dans leur règlement intérieur le principe de neutralité. Car, sur le sujet de la laïcité, la gauche, en proie à différents courants sur le sujet, semble bien désormais jouer l'apaisement.

Après la publication, en début de semaine dans Le Monde, du rapport du HCI, l'Observatoire de la laïcité, l'organisme qui lui a succédé et qui a été installé en avril par François Hollande, s'est largement tenu à l'écart de ces préconisations, par le biais de son président, le socialiste Jean-Louis Bianco. En juin dernier, il déclarait que «la loi ne règle pas tous les problèmes». Alors que la promesse de campagne de François Hollande visant à inscrire la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État dans la Constitution semble tombée dans l'oubli, la gauche va-t-elle légiférer sur la question laïque? Rien n'est moins sûr. Pourtant, près de 70 % de ses sympathisants se disent aujourd'hui opposés au port du voile dans les salles de cours universitaires, quand ils sont respectivement 91 % et 95 % du côté des sympathisants UMP et FN

sondage-voile.jpg 

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*Sondage réalisé en ligne, les 6 et 7 août 2013.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 23:20

La chronique de Natacha Polony

 
Le Figaro

Dieu, mais que Marianne était jolie, quand elle marchait dans les rues de Paris…» Oui, Marianne était jolie, quand elle incarnait la France dans son unité, descendante de La Liberté guidant le peuple de Delacroix. Une Marianne qui mêlait les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité qui rassemblent les Français au-delà de leurs convictions politiques avec cette féminité qui nous rappelle que l'esprit français repose sur  un commerce apaisé entre les sexes, héritage de l'amour courtois et  de la galanterie, qui fait que les femmes ont toujours eu en France une place  que les pays latins d'un côté, les pays anglo-saxons de l'autre, leur déniaient.

Marianne, aujourd'hui, a un nouveau visage qui apparaît sur les timbres que nous sommes tous amenés à utiliser.  Il est d'ailleurs affiché depuis quelques jours dans tous les bureaux de poste. C'est le visage d'une jeune femme blonde avec des fleurs dans  les cheveux.  il s'agit d'un portrait d'Inna Shevchenko, la jeune Ukrainienne  chef de file des Femen.

 

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 Mais le fait de choisir une Femen comme visage pour Marianne,  qui est censée symboliser  la République, la capacité  de la communauté nationale à décider de son destin, prouve que personne, chef de l'État en tête, n'a plus  en considération le caractère essentiel de l'unité nationale. Mettre en avant  un personnage qui clive à ce point  le pays, notamment en insultant une part de ses habitants, c'est ne pas voir que la France souffre déjà gravement de ces diverses fractures idéologiques qui se creusent et qui font s'affronter des pans entiers de la société.

Moi président, nous avait promis François Hollande, on ne dresserait plus les Français les uns  contre les autres. La Marianne  qu'il a contribué à afficher  dans tous les bureaux de poste  de France a eu cette déclaration  sur Twitter, qui résume assez bien  la haine et le mépris de certains pour ceux qui ne pensent pas comme eux,  et qui ont le mauvais goût de ne pas être du côté de la modernité triomphante: «Désormais, tous les homophobes, extrémistes et fascistes devront lécher mon cul pour envoyer  une lettre!»Étant entendu que sont homophobes, extrémistes et fascistes les Français qui ont exprimé non seulement leur opposition, mais même leur simple réticence, au mariage pour tous. Marianne n'est plus la France, parce que la France n'est plus  la France, mais un amas d'individus sans valeurs communes.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 23:09

La chronique de Natacha Polony

Le Figaro

Une association d'automobilistes a pris d'assaut, ce jeudi,  la gare de péage  de Saint-Arnoult- en-Yvelines et bloqué entièrement la circulation pendant plusieurs heures, détruit des équipements et lancé des explosifs. Pourquoi? Parce qu'un conducteur avait été contrôlé par la police  pour excès de vitesse et avait mal pris  de se voir verbaliser. L'association parle aux micros de harcèlement, explique que le contrôle a été violent, que les policiers se sont comportés comme des cow-boys et qu'elle évacuera le péage quand les renforts venus pour ramener le calme  seront retirés car ils constituent  une provocation.

Cette histoire, bien sûr,  est une fiction. Toute ressemblance avec des faits réels ne serait pourtant pas fortuite. Parce qu'il n'y a aucune raison que ce qui nous ferait bondir  de la part d'un groupe de citoyens,  en l'occurrence des automobilistes, puisse être jugé acceptable, ou même simplement compréhensible,  quand il s'agit d'une autre catégorie  de citoyens. Mais les événements  de Trappes ont prouvé que, pour certains, cette perception à géométrie variable n'est nullement dérangeante.

Car le scénario décrit est rigoureusement celui qu'on a vu s'afficher dans les médias. Tout d'abord, un individu, une femme convertie à l'islam, enfreint la loi  en toute connaissance de cause.  Elle et son mari peuvent ensuite prétendre avoir été maltraités  par les policiers: aucune preuve  ne vient étayer leurs dires. Mais  c'est pourtant la thèse qui sera reprise en boucle par certains habitants  du quartier et de gentilles associations toujours promptes à défendre les droits des individus qui refusent la règle commune.

Pire, on entend au micro des journalistes des jeunes gens expliquer, sous couvert d'anonymat, que s'«ils veulent le retour au calme», «ils n'ont qu'à retirer les CRS qu'ils ont positionnés depuis quelques jours». Et là, on est comme pris de vertige. Les CRS  ne sont là que parce que des voyous brûlent des voitures et ont attaqué  un commissariat. Mais dans l'idée  de ces citoyens modèles, ils n'ont pas  à venir rétablir l'ordre et rappeler la loi républicaine. Ils ne sont pas chez eux.

La logique est claire, assumée: on est dans une lutte pour le territoire. Il est des lieux, en République française, où la loi n'a pas à s'appliquer, où la police n'a pas à pénétrer, parce qu'il lui sera répondu par la violence. L'attitude supposée insultante des forces  de l'ordre n'y est qu'un prétexte:  leur seule présence est en fait considérée comme une façon d'empiéter sur les prérogatives  des «propriétaires» des lieux.  Il est des territoires qui sont perdus pour la République.

De plus en plus, la libanisation  de la France et sa fracturation  en des espaces privatisés deviennent une sorte d'évidence, un principe  de raisonnement. On est dans  le donnant-donnant. Police et voyous sont sur un pied d'égalité. En même temps, la puissance publique est réclamée, rappelée à l'ordre, même, car considérée comme ne remplissant pas ses obligations. Ce qui est certes vrai. Mais ceux qui se sont approprié l'espace sont ceux-là mêmes  qui induisent aussi le processus  de dégradation des quartiers  en détériorant les halls d'immeuble,  en agressant les chauffeurs de bus  qui osent leur demander de montrer leur titre de transport ou bien  en refusant l'application d'une loi  sur le voile intégral qui incarne  les valeurs de notre contrat social.

Il est d'ailleurs intéressant  de constater que l'idée selon laquelle, «après tout, les gens ont bien le droit  de s'habiller comme ils veulent» fut défendue cette semaine par la frange libertaire de la gauche et par un quotidien s'affirmant libéral comme L'Opinion. Libéraux et libertaires  se rejoignent une fois de plus  dans le refus d'une philosophie républicaine fondée sur le partage  d'un espace par une communauté nationale. Il n'y a que des individus, avec leurs droits en bandoulière.

Sur une radio nationale,  on pouvait entendre lundi ce délicieux commentaire d'une journaliste: «Retour au calme à Trappes: la police signale seulement deux ou trois tirs  de mortier…» Bienvenue  dans la République française.  Le ministre de l'Intérieur  peut bien rappeler à des habitants  qui l'interpellent que le respect  de la loi est inconditionnel,  tant que ce principe semblera à certains chaque jour moins évident, le pays  se fracturera.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 22:53

La chronique de Natacha Polony.

Le Figaro 

L'horreur de l'accident de Brétigny n'avait pas encore fini d'ébranler le pays que déjà se faisaient jour d'autres dimensions de cet épouvantable drame. Les questions autour de l'enquête, qui se traduisent par les titres des journaux: «Le doute» en une du Journal du dimanche. Doute terrible. Doute autour du caractère volontaire ou non de l'accident, doute autour de la possibilité pour une pièce de dix kilos de se déplacer au cœur d'un système d'aiguillage. Des questions, mais aussi des rumeurs, des interrogations, des faits et leur extrapolation.

Avant les affirmations du Point, seuls quelques entrefilets dans les journaux ont fait état du «caillassage» des premiers secours arrivés sur les lieux. Des policiers et des pompiers pris à partie par des jeunes gens qui ne pouvaient ignorer la gravité de ce qui venait de se passer. Le phénomène n'a été pourtant ni confirmé ni commenté par les autorités. Pire, une fonctionnaire de police du syndicat Alliance raconte comment des victimes de l'accident, des gens qui étaient présents sur le quai ou dans les wagons accidentés, ont été détroussées par des délinquants qui prétextaient de leur porter secours. Pourtant, pas un mot, pas un commentaire de plus, pas un rapport pour établir les faits. Certains membres de syndicats de police réclament que l'on s'intéresse aux caméras vidéo de la gare, mais rien, à part un démenti officiel non étayé.

Étrange et pour le moins malheureuse discrétion du ministère de l'Intérieur. Car si ces faits étaient avérés, ils constitueraient non pas un simple épiphénomène, un malheureux incident à évacuer au plus vite, mais la révélation d'un état de décrépitude morale qui horrifie à juste titre les Français. Alors quoi? Nous en serions revenus aux détrousseurs de morts des guerres napoléoniennes, à ces paysans miséreux qui achevaient les blessés sur les champs de bataille pour leur voler leurs maigres biens? On entend d'ici les nobles préventions des adeptes du black-out: il ne faut pas jeter d'huile sur le feu, ni «dresser les Français les uns contre les autres», ni «stigmatiser»… Le plus dangereux, une fois encore, ne serait pas les faits mais les pensées et les mots. Le plus dangereux, ce serait la réprobation morale de ceux qui respectent la loi et entendent maintenir dans leur société des mœurs civilisées.Il y a bien plus grave. Le silence des médias et l'omerta du ministère de l'Intérieur nourrissent les pires fantasmes. Partout dans le pays, dans les discussions entre simples gens, sur les forums d'Internet, des hypothèses hasardeuses se font jour. Les jeunes délinquants auraient eux-mêmes placé l'éclisse au cœur de l'aiguillage pour faire dérailler le train et dépouiller les voyageurs. Rumeur pour l'instant infondée, aberrante, et qui rebute la raison. Nous n'aurions plus affaire à des détrousseurs mais à des naufrageurs, comme sur les côtes les plus reculées, dans des temps frustes et obscurs. À la négation même de la civilisation, qui repose sur l'empathie et le respect de la vie humaine.

Qu'un nombre croissant de gens puissent croire en ce retour des naufrageurs nous en dit beaucoup sur l'image qu'ils ont de la société française. Ces gens ont en mémoire les récents épisodes d'attaque de trains, cette ambiance de western qui ravage le lien social. Ils ont en tête le sentiment d'impunité de leurs auteurs. Et leur impunité réelle, puisque les peines prononcées leur ont semblé bien légères pour des faits à ce point symboliques. Les Français furent si frappés par ces événements qu'ils considèrent à présent que tout est possible, qu'ils vivent dans un pays où certains sont sans foi ni loi. Ces rumeurs ne sont pas le fait de gens craintifs ou haineux. Elles traduisent la colère, le dégoût et la défiance.

Mais Manuel Valls préfère, au lendemain des événements, expliquer qu'il n'a «pas le sentiment qu'il s'agisse d'un acte de malveillance». Étonnante formulation. Demande-t-on au ministre de l'Intérieur d'avoir des «sentiments»? Même ses intimes convictions ne nous intéressent pas. Ce que le ministre de l'Intérieur doit aux Français, c'est la vérité des faits, dans son horreur et dans sa crudité. C'est une enquête précise, et un récit exact des événements. Seul le silence et la dissimulation attisent les haines.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 11:29

 

COMMUNIQUE DE PRESSEde Jacques MYARDDéputé UMP
Président du Cercle Nation et République


 

Le 6 AOÛT 2013


 
En demandant l'interdiction des signes religieux à l'université , le Haut Conseil à l'intégration a la lucidité et le courage de dénoncer des dérives qui menacent la cohésion et la paix universitaire fondements mêmes de l'excellence des études supérieures .

Il est en effet évident que le port du voile islamique suivi du refus de la mixité , justement pointés par les présidents d'université , constituent une démarche communautaire qui ne s'arrêtera pas à ces signes visibles et se poursuivra pour imposer des règles religieuses dans l'espace public contraires à la laïcité et à l'unité de la République .

De deux choses l'une :
-soit on met fermement un terme à ces dérives communautaristes , véritable poison de la société ,
-soit par laxisme et lacheté on joue un prétendu apaisement et demain on fera face à des actions de prosélytisme bien plus conséquentes qui conduiront à de serieux affrontements voire à la guerre civile !

L'heure n'est pas à rendre" la laicité aimable " comme l'affirment certains députés du PS en affirmant que la loi sur l'interdiction du voile intégral est inapplicable , SIC ! Elle n'est inapplicable que pour ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face et fuient leurs responsabilités tel Ponce Pilate !

A ce titre les premières réactions de l'Observatoire sur la laïcité laissent perplexes et la politique du " pas de vagues " que certains de ses membres semblent vouloir adopter n'est pas de nature à conforter la nécessaire fermeté pour maintenir la cohésion nationale et le vouloir vivre ensemble !

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