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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:20
  • 22 mars 2013
  • Le Figaro
  • LAURENCE DE CHARETTE

Indignées d’avoir été écartées des débats sur la récidive, elles se mobilisent et écrivent au ministre.

 Ce jeudi-là, Sophie a pris place dans les larges fauteuils de la Maison de la chimie, à Paris, décidée à suivre attentivement les débats de la « conférence de consensus » visant à tracer des pistes de lutte contre la récidive pour le ministère de la Justice. Progressivement, la jeune femme sent la colère l’envahir. Sophie a beau avoir tenté de se construire une vie « normale », effectué une carrière dans les ressources humaines et élevé deux enfants, elle reste au fond d’elle la petite fille de 12 ans qui a vu ses deux parents massacrés sous ses yeux. Une victime, qui, malgré elle, « en a pris pour perpette, avec la douleur » explique-t-elle. Or, sur l’estrade, elle voit défiler des experts de tout poil, un détenu ; mais des victimes, comme elle, de ces criminels récidivistes dont il est tant question, non. Elle prend rageusement des notes. Devant elle, les intervenants se succèdent, évoquant les effets néfastes de la prison « école du crime » sur la récidive, ou l’idée des libérations conditionnelles automatiques…

C’est ainsi qu’elle décide de ne pas taire son indignation. Près d’une trentaine de victimes et proches de victimes ont avec elle pris la plume pour dire au ministre de la Justice, mais aussi au premier ministre et au président de la République - ainsi qu’au ministre de l’Intérieur Manuel Valls - leur profond désaccord avec les 12 recommandations issues de cette conférence de consensus qui n’a de consensuelle que le nom. « Nous sommes déterminés à faire entendre nos voix par tout moyen de droit et serons entendus, soyez-en sûre » avertissent-elles dans une lettre envoyée ce mercredi et signée « les victimes, familles de victimes de la récidive, oubliées de la conférence de consensus sur la récidive ».

Mise de côté lors des réflexions organisé sous l’égide de la Chancellerie, les victimes ont décidé de s’inviter d’ellesmêmes dans le débat.

Chacun des pétitionnaires, a, en outre, pris soin de rédiger un texte destiné plus spécifiquement à Christiane Taubira. À travers ces mots, souvent poignants, parfois durs, ces victimes ont voulu faire toucher du doigt, à cette garde des Sceaux trop soucieuse à leur goût de la surpopulation carcérale, les traumatismes des familles dont les vies ont brusquement volé en éclat le jour où l’un des leurs a croisé le chemin d’un prédateur en liberté.

« Je suis atterrée… je suis en profond désaccord avec la société que vous préparez pour demain », s’indigne Sophie Mougel, la belle-soeur de Natacha Mougel, assassinée par un présumé multirécidiviste alors qu’elle effectuait son jogging. Âgée de 92 ans, Jeanne a perdu deux de ses filles, assassinées à six ans d’intervalle. « Cette douleur, je n’ai pas de mots pour la décrire », dit-elle simplement dans un texte qu’elle a dicté à sa petite-fille. L’un des deux meurtriers a été libéré avant la moitié de sa peine précise-t-elle - et l’on sent à travers ces lignes toute l’incompréhension vis-àvis d’un système dans lequel la peine effectuée reste souvent très inférieure à la peine prononcée.

Profonds traumatismes

Dans sa colère, une mère a adressé à Christiane Taubira l’autopsie de sa petite fille sauvagement martyrisée avant sa mort avec ces quelques mots : « Je ne sais pas si vous avez déjà lu un compte rendu d’autopsie, Madame le Ministre, moi, si. » « Je partage votre souci d’humaniser l’univers carcéral, assure une autre victime de viol, mais je vous en prie, pensez aux victimes ! » implore-t-elle. Ces témoignages soulignent à quel point les années passées, même par dizaines, n’effacent pas de profonds traumatismes. Les victimes confient leurs parcours professionnels brisés, racontent ces années de consultations médicales ou de prise en charge psychologiques qui ne sont pas parvenues à recoller des âmes en pièces. Aux experts qui expliquent froidement que « le risque zéro n’existe pas », elles veulent rappeler que « plus de 1 000 viols et assassinats perpétrés par des psychopathes pourraient être évités par des mesures appropriées » selon les calculs de Jean-Pierre Escarfail, président d’une association de victimes de Guy Georges.

Mais, au-delà de ces drames humains, cette mobilisation spontanée pointe surtout l’incompréhension suscitée par les conclusions de la conférence de consensus, tout particulièrement sur la question de la prison. Les victimes ne comprennent pas que les experts ne fassent pas de la privation de liberté la peine de référence. La peine de « probation » proposée par le jury et défendu par le président de la République ne trouve pas grâce à leurs yeux. De même de la suppression de la rétention de sûreté, cet hôpital prison qui était destiné à accueillir les prédateurs les plus dangereux entre ses murs, même une fois leur peine purgée. « Sachant que certains de nos concitoyens n’ont eu qu’à se retrancher dans des grues pour être reçus, nous espérons que vous serez sensibles à notre démarche » conclut le courrier pétition.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 08:13
  • 22 mars 2013
  • Le Figaro
  • STÉPHANE KOVACS ENVOYÉE SPÉCIALE À NANTES

« On veut du boulot, pas du mariage homo ! »

ILS ÉTAIENT si nombreux, à Nantes ce mercredi soir, que la Manif pour tous a dû se dédoubler. Dans la ville de JeanMarc Ayrault, au coeur de l’une des régions les plus mobilisées contre le mariage gay, une salle de 900 places, pleine à craquer, n’a pas suffi à accueillir toute leur exaspération. A trois jours de la deuxième démonstration de force nationale, la motivation ne fait qu’augmenter : « Le peuple, plus il est muselé, plus il veut s’exprimer ! » , assène Sophie, étudiante. D’autant plus que les premières mesures économiques n’ont pas de quoi le rassurer… C’est avec des slogans bien plus offensifs que les manifestants interpelleront dimanche le gouvernement : « On veut du boulot, pas du mariage homo ! » , s’époumonent-ils, le poing levé.

« Je n’ai plus de voix tellement j’ai crié !, souffle Louis, un cadre qui vient d’être licencié. Mais le gouvernement, le président, le Cese (Conseil économique, social et environnemental, qui a rejeté la pétition des anti-mariage gay, NDLR), tous sont sourds ! La priorité, ce devait être le chômage, et regardez le temps qu’ils passent au Parlement sur cette loi qui ne concerne qu’une infime minorité… » À côté, Aldric, 17 ans, opine : « Je n’ai qu’une envie, c’est d’aller travailler à l’étranger : en France, on s’occupe plus des problèmes de société que des problèmes sociaux ! »

Ayrault, Hollande ou Taubira, difficile de déterminer lequel déclenche le plus de huées. « Non, Hollande, on a besoin de lui !, proteste Xavier Bongibault, porteparole du collectif. Ben oui, pour retirer la loi… » Bruno n’était pas à Paris le 13 janvier, mais fera, cette fois-ci, le voyage : « Déjà que Hollande ne s’en sort pas, bougonne ce retraité. 64 % des Français ne lui font pas confiance, et la manif va lui coûter encore des points ! » Dimanche, lâchent Jessy et Laura, étudiants, « l’alibi c’est le projet de loi Taubira, mais on a plein d’amis, de gauche, qui vont en profiter pour exprimer leur ras-le-bol… »

Dehors, dans le froid, où se relaient les porte-parole devant quelques dizaines de personnes, on entend les mêmes récriminations. « D’une certaine façon, c’est bien que cette loi soit excessive, clame Frigide Barjot, l’égérie du collectif, perchée sur une chaise. Ça nous permet de réagir vraiment, nous qui étions comme anesthésiés depuis vingt ans… »

Stéphane, employé logistique, a voté Hollande : « Je suis foncièrement socialiste, mais ce coup-là, je l’avais pas vu venir ! », tempête ce jeune papa. « Nombreux sont ceux qui ne se reconnaissent pas dans la gauche de Christiane Taubira, qui prétend sortir son sabre pour diriger ! » , affirme Laurence Tcheng, de La Gauche pour le mariage républicain. Au guichet « inscriptions cars », Antoine est euphorique : « Tous les indicateurs montrent que l’on sera plus nombreux que le 13 janvier » , avance-t-il. « Aux amis découragés, qui disaient que la loi serait de toute façon votée, j’ai souligné l’importance de montrer notre révolte contre cette espèce de lavage de cerveau que l’on nous fait subir » , témoigne Laetitia de La Boussinière, créatrice de bijoux fantaisie, dont les « bracelets pour tous » se vendent comme des petits pains depuis un mois.

« C’est vrai, c’est capital de préserver la famille, dans la crise actuelle » , renchérit Florence Couchet, mère de 5 enfants, qui repart galvanisée. « Quand on leur explique ce qu’il y a derrière cette loi, beaucoup de musulmans décident de nous suivre » , ajoute Meriem, de l’association Fils de France, évoquant un « réveil » des banlieues. « Maintenant, il ne vous reste plus qu’à convaincre tous vos proches d’aller marcher sur l’avenue de la Grande-Armée, conclut Frigide Barjot en guise de bénédiction. Et, enfin, ce nom aura un sens pour l’avenir de notre pays » .

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:57
  • 22 mars 2013
  • Le Figaro
  • PROPOS RECUEILLIS PAR CHARLES JAIGU

Le député UMP veut que la manifestation contre le mariage pour tous sanctionne la politique de François Hollande.

 Le député de la 3e circonscription des Yvelines, Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, est l’auteur d’un manifeste contre le projet de « mariage pour tous ». Il remonte en première ligne avant la manifestation de dimanche.

Le FIGARO.- Pensez-vous que Hollande puisse reculer sur le texte instaurant le mariage et l’adoption homosexuels ?

Henri GUAINO.- Nous sommes confrontés à un gouvernement qui se croit tout permis, qui se comporte comme si les Français lui avait donné un chèque en blanc pour tout casser. Ils sont engagés dans une entreprise de destruction de l’économie, de la société, de la culture et des institutions sans précédent. Puisque l’on ne peut pas censurer le gouvernement au Parlement, il faut le censurer dans la rue. Dimanche il faut faire comprendre à ce gouvernement qui ne veut rien entendre qu’il doit écouter et respecter les Français. Il faut que le président entende ces Français qui n’ont jamais rien cassé. Honte à ce gouvernement qui méprise ceux qui ne cassent jamais et amnistie les casseurs.

  En élisant François Hollande, les Français n’ont-ils pas souscrit à son projet ?

 Il y avait 60 propositions, une élection présidentielle, ce n’est pas 60 référendums. En refusant de donner la parole au peuple, le président ne grandirait pas la fonction, il l’abaisserait dramatiquement.

 Selon Hollande, la Constitution n’autorise pas un référendum sur les questions sociétales…

Il se moque du monde. Les réformes sociales peuvent être soumises à référendum, le mariage c’est une institution sociale. Le recours au référendum est de la seule responsabilité du président. S’il ne donne pas la parole au peuple ce n’est pas parce qu’il ne peut pas, mais parce qu’il ne veut pas. Dimanche il doit sentir que les Français veulent la parole et ne veulent plus de cette façon de gouverner si méprisante pour ceux qui ne sont pas d’accord avec sa politique.

 La censure par la rue, c’est respecter la République ?

 

  La République, c’est le peuple. Quand on réclame la parole sans rien casser, oui c’est la République. Quand on amnistie les casseurs, c’est le contraire de la République. En refusant les Champs-Élysées aux manifestants le gouvernement s’est comporté de façon antirépublicaine. En 1968, c’est là que le peuple français s’est levé pour s’opposer à la destruction de toute la société. Il est certain qu’une gauche post-soixante-huitarde ne voulait pas revoir ces images. Voilà la vérité. Et ça, ce n’est pas la République.

 S’agit-il dans votre esprit de censurer uniquement le mariage pour tous…

 C’est toute la politique du gouvernement qu’il faut censurer. Que le gouvernement engage une réforme aussi lourde de conséquences, qui peut engendrer autant de souffrances, dans le seul but de détourner l’attention de son incapacité à affronter une crise économique et sociale dramatique, le rend doublement coupable. C’est une double faillite morale devant laquelle aucune conscience française ne devrait rester sans réaction. Oui, c’est à la rue de sanctionner cette faute morale et politique. Si on manque ce rendez-vous de dimanche, alors le pouvoir se croira tout permis.

 L’opposition a-t-elle renoncé à ce combat ?

 Devant l’interdiction de défiler sur les Champs-Élysées l’opposition aurait pu être plus pugnace. Il faut aller jusqu’au bout de ses convictions sans céder à l’intimidation du politiquement correct. Peutêtre certains devraient-ils y réfléchir

RODOLPHE ESCHER/ LE FIGARO MAGAZINE Henri Guaino : « Les réformes sociales peuvent être soumises à référendum, le mariage, c’est une institution sociale. »
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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 22:58

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MPT-Filles-Marianne

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Michel Garroté, réd en chef – Dimanche 24 mars à Paris,

 

 le rassemblement de la Manif pour Tous aura finalement lieu à 14h00 avenue de la Grande armée. Le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction faite aux opposants au mariage homosexuel avec adoptions d’enfants de manifester sur les Champs-Elysées. Frigide Barjot dénonce cette atteinte à la liberté de réunion et porte l’affaire devant le Conseil d’Etat (cf. lien en bas de page).

Les opposants au mariage homosexuel avec adoptions d’enfants ne défileront pas dimanche 24 mars sur les Champs-Elysées. Le tribunal administratif de Paris a confirmé hier mercredi l’interdiction du parcours déposé par la Manif pour Tous.

Cette décision anti-démocratique et liberticide s’appuie notamment sur l’hypocrite allégation que voici : « Ce n’est pas un événement festif comme la Coupe du monde en 1998, mais à tendance politique, a justifié la préfecture, nous sommes donc en droit de poser cette interdiction ».

Contactée par l’hebdomadaire parisien de gauche L’Express, Frigide Barjot – l’une des chefs de file du mouvement contre le mariage homosexuel avec adoptions d’enfants – confirme que le mouvement Manif pour Tous respectera cette interdiction. Toutefois, elle estime que cette interdiction est une atteinte à la liberté de réunion des Français.

La préfecture de Paris n’a pas apporté la preuve que la manifestation prévue était de nature à troubler l’ordre public. « S’ils craignent des attaques des Femen, nous les contrôlerons comme nous l’avons déjà fait », ironise-t-elle. Frigide Barjot compte porter l’affaire devant le Conseil d’Etat.

L’arrêté de la préfecture de police interdit également aux manifestants l’accès à la place de la Concorde, à la place de l’Etoile et aux Invalides. « Le rassemblement aura finalement lieu à 14h00, avenue de la Grande armée », précise Frigide Barjot, qui maintient la pression avant l’examen du projet de loi par le Sénat.

Elle est prête à aller devant le Sénat le 4 avril afin de faire prendre conscience aux Sénateurs de ce qui se joue. Ce que nous voulons, c’est un sursaut de conscience, un référendum sur la question », précise-t-elle. La manifestation nationale organisée par La Manif pour Tous le 13 janvier dernier à Paris avait rassemblé un million de personnes.

Reproduction autorisée avec mention www.dreuz.info

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/interdits-de-champs-elysees-les-anti-mariage-gay-veulent-maintenir-la-pression_1233426.html

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 15:06

Chacun pourra se faire une opinion....

 

 

Bricq.png

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 00:08
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 09:05
  • 20 mars 2013
  • Le Figaro
  • Philippe Dessertine

Pour le directeur de l’Institut de haute finance, le redressement des finances publiques françaises est un impératif, tant pour nos voisins que pour nos enfants.

Il n’est pas possible de passer d’un statut de locomotive européenne à celui d’un wagon de queue, risquant par ses pesanteurs de faire dérailler le convoi

 

La France est le premier problème de l’Europe.

 

 Deux chiffres, pour illustrer ce brutal constat ? En 2012, le déficit moyen de toute la zone euro (y compris la Grèce, l’Italie, l’Espagne) est de 3,2 %. Celui de la France : 4,5 %. Toujours en 2012, la balance des opérations courantes de la même zone euro est excédentaire de 173 milliards de dollars ; celle de la France est négative de 56 milliards. En clair, sans le poids mort français, la zone euro aurait un déficit moyen inférieur aux fameux 3 % du traité de Maastricht et serait le premier exportateur de la planète, devant la Chine. Cette situation est insupportable. La cinquième puissance économique mondiale ne peut accepter cette humiliation. Depuis la Seconde Guerre mondiale, la France a décidé que l’Europe unie était sa stratégie d’avenir, celle qui permettrait à ses enfants de ne pas connaître les tragédies guerrières de leurs aînés. Notre pays a porté haut l’idée de réconciliation, de paix et de croissance partagée, y compris quand parfois ses intérêts à court terme pouvaient en pâtir.

Il n’est pas possible de passer d’un statut de locomotive européenne à celui d’un wagon de queue, risquant par ses pesanteurs de faire dérailler le convoi. De ce point de vue, le déficit français est un scandale, pour nos voisins, autant que pour nos enfants. La défaillance d’un de ses leaders est dramatique pour un ensemble aussi fragile que la Communauté européenne. Le redressement des finances publiques françaises est un impératif pour lequel aucun atermoiement, aucune excuse ne peuvent être invoqués. Il y va de notre honneur, il y va de nos engagements vis-à-vis de l’histoire, si toutefois quelques leçons sont tirées de cette terrible crise qui n’en finit pas de secouer l’économie mondiale.

Pour l’heure, rien de tel ne se produit ; au contraire : les pays avancés rechargent la bombe avec application, préparant le retour de l’explosion prochaine, encore plus violente, encore plus destructrice que la précédente. En cette année 2013, comment est obtenue la croissance ? Par une politique dite « non conventionnelle » des grandes banques centrales : celles-ci maintiennent artificiellement les taux d’intérêt bas, ouvrant en grand les vannes de la dette ; et, comme cette action ne suffit pas, elles inondent le marché de liquidités, n’hésitant pas à racheter par exemple en quantité inouïe, les bons émis par les États européens, ou à refinancer à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars par mois (!) les garanties du système immobilier américain.

Entendons-nous bien, ces choix défiant le bon sens ont été l’unique solution à la disposition des autorités, quand, au plus fort de la spirale, la déchéance des systèmes bancaires ressemblait à l’effondrement d’un château de cartes. Ce qui était concevable en urgence ne l’est plus quand l’aberration se prolonge d’année en année. Qui peut estimer, à part à Washington, cette politique tenable sur le long terme ? Comment prétendre qu’imprimer de la monnaie, créer de la dette folle, permettra de réduire un chômage endémique ou rendra aux entreprises une compétitivité perdue ?

Ces mesures n’avaient d’autre finalité qu’acheter un peu de temps, permettre aux pays coupables de traiter leurs incohérences structurelles : réduire cette dette publique devenue incontrôlable, à l’origine de dysfonctionnements croissants pour l’économie mondiale.

Le sablier s’écoule, et certains, la France au premier rang, rechignent à mettre en oeuvre les réformes douloureuses découlant de décennies de déséquilibres. Un secteur public d’une ampleur colossale, associé à un modèle social au coût exorbitant, ce n’est plus tenable pour quiconque ; la France ne fait pas exception, quoi qu’elle en pense. La focalisation sur la seule pression fiscale est un mirage. L’augmentation des impôts en tous genres montre vite ses limites et surtout ses effets funestes en matière d’emploi ou de dynamisme entrepreneurial. Il est indispensable d’aller beaucoup plus loin dans la réduction des dépenses, et en conséquence de repenser de fond en comble le service public à la française, tout comme le fonctionnement des collectivités locales. Il est indispensable de lancer une réforme enfin ambitieuse des régimes de retraites, d’oser briser les tabous. Il est indispensable de se pencher vraiment sur la refonte du système de santé, dont le délitement est une catastrophe, la dilapidation d’un héritage exceptionnel.

Certes, le prix sera lourd, mais ne parlons pas de choix ou d’alternative. Avec un budget primaire (sans exercice de la dette) excédentaire à 2 %, ce dont nous sommes si loin aujourd’hui, il faudra presque vingt ans pour retrouver un niveau d’endettement de la France équivalent à celui d’avant la crise.

La volonté politique doit s’inscrire avec courage dans cet objectif incontournable, faire sienne la maxime de Léonard : « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir. »

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 08:48

attaque-diligence

 

Boulevard Voltaire

 

Joris

Journaliste.
Karl

 

Mes amis, je vous préviens tout de suite : ne stigmatisons pas ! Bon d’accord, une vingtaine de jeunes, sans doute en grande difficulté sociale, a attaqué le RER D à hauteur de Grigny dans l’Essonne. Toute la presse affirme qu’ils sont « jeunes », ces encagoulés… Peut-être un groupe d’étudiants polonais, il faut se méfier de ceux-là. Ou des touristes norvégiens en mal de sensations ? En tout cas, sûrement pas des néo-nazis : des manifs auraient été organisées le soir même dans tout le pays, et dans nos écoles, on aurait observé une minute de silence…

Moi je penche plutôt pour des « sensibles » comme les appelle si joliment Renaud Camus. Des « sensibles » qui viennent des zones du même nom.

On imagine la scène, samedi soir vers 22 heures. Des loups dans une bergerie. Ils ont pour eux l’assurance de l’impunité, ils sont forts, agiles, vivent en meute. Face à eux, des individus isolés, la gorge nouée par la violence de l’assaut, paralysés dès les premières secondes. Des moutons sans réactions attendant que l’égorgement se passe le plus vite possible. Certains passagers lobotomisés par la télé ont, qui sait, pensé à ce que dit Aymeric Caron à longueur d’antenne : pas d’amalgames, surtout pas d’amalgames !!!

« Après ça, tout le monde avait peur de sortir, on ne savait pas s’ils étaient partis ou pas. Ils s’en sont pris à tout le monde. Un vieil homme pleurait. Ils lui avaient volé ses clés et il ne savait pas où dormir. J’ai aussi vu une étudiante qui avait la main en sang. » raconte un témoin.

Selon un policier, « Cela ressemble à une attaque de diligence de l’époque mo­derne. Mais de cette ampleur, ce n’est pas habituel. » Pas « habituel » ? T’inquiètes, ça va le devenir. Et pour le moment, que les victimes ne la ramènent pas trop, elles ont survécu. Faut pas non plus faire sa chochotte, du gaz lacrymo dans les yeux, des pains dans la tronche, des arrachages d’iPhone ou de sacs, une ponction de pognon, c’est pas la fin du monde ! Les « agresseurs » — encore que je trouve que ce mot soit un peu stigmatisant — sont sûrement des jeunes qui ont beaucoup souffert, faut les comprendre ces chérubins. Dans un futur « débat » télé, un curé comme Bruno Roger-Petit nous dira sans doute qu’il ne s’agissait pas d’un fait divers, mais d’un banal fait culturel. Faut pas stigmatiser je vous dis !

D’aucuns disent quand même que ça rappelle le Far-West. Sauf que, en ce temps-là, bien souvent, on retrouvait les voyous gigotant au bout d’un corde. Ce n’était pas encore l’époque de la réinsertion à répétition, de l’excuse à vie pour ces pauvres délinquants. Il y a quelques jours, deux crapules ont attaqué un bus au Guatemala. Ça a mal tourné pour un des deux lascars, lynché et brûlé vif par les passagers. Terrible retour de bâton. Stefan Zweig le disait en méditant sur le Berlin des années folles : au bout d’un moment, à force de laisser-aller, de déliquescence morale, le peuple voudra un retour à l’ordre….

Joris Karl, le 20 mars 2013
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 08:27

racailles

Adrien

Ecrivain et juriste.

 

Abauzit

Samedi 16 mars, en Essonne, une bande de racailles a attaqué un RER pour en dépouiller les passagers. Ce qui, à une époque normale, serait passé pour une déclaration de guerre à la société n’est malheureusement qu’un fait divers parmi tant d’autres.

Pour quelle raison ? Tout le monde le sait : parce que la France est livrée aux voyous et que l’État ne fait strictement rien pour enrayer le phénomène. La société française se barbarise. Le peuple asphyxie. La France craque.

Les filles souffrent d’être harcelées et de ne plus pouvoir prendre les transports en communs après 22 heures de peur d’être victime d’agression sexuelle. Les collégiens souffrent d’un racket de masse dont ils sont les cibles privilégiées. Les commerçants souffrent des braquages de plus en plus réguliers. Les usagers de métro et de RER souffrent des incivilités quotidiennes, par exemple de tous ceux qui imposent à des wagons entiers, terrorisés, le son horrible d’un groupe de rap via leurs téléphones portables. La France n’en peut plus de toute cette violence gratuite, dont les causes ne plongent pas uniquement dans des problématiques sociales. La France souffre de toutes ces agressions, de toute cette haine, de toute cette grossièreté, de cette dégradation de ses conditions de vie, de cette peur mélangée au dégoût qu’elle doit gouter chaque jour qui passe.

La petite délinquance des années 90, certes déjà très diffuse, s’est lentement mais sûrement transformée en une criminalité de masse dont les bastions, qui vivent de l’économie parallèle, ont fait sécession avec le reste de la société.

Quelle est la réaction de nos médias face à ce phénomène ? Ils excusent, ils atténuent, ils cachent, ils maquillent et ils nient… quand ils n’insultent pas. Songeons au regard plein de haine qu’Aymeric Caron a porté sur Laurent Obertone lors de son passage à On n’est pas couché.

Comment expliquer l’indulgence dont ces gredins bénéficient auprès de nos médias bobocrates ? Pourquoi un tel mouvement de pitié envers des voleurs, des agresseurs, des racketteurs, des violeurs, des dealers et parfois même des assassins ? On le sait tous : parce que les racailles sont dans leur grande majorité d’origine étrangère (islandaise, autrichienne…). Or dans la matrice politiquement correcte, un Islandais ou un Autrichien ne peuvent pas être bourreaux, ils ne peuvent être que victimes (de la France bien sûr !). Et qu’importe si personne n’est assez bête pour faire de l’essentialisme et imputer la cause de l’acte incivique à l’origine des concernés.

La France ne veut plus baisser les yeux. Pourtant, l’État refuse de mener une guerre contre les pendards. Une guerre implacable. Si la puissance publique persiste dans l’inaction, gageons que le peuple ne lui demandera pas sa permission pour le faire à sa place.


M Valls s'essouffle à courir d'un délit à l'autre, 24 heures par jour n'y suffiront pas. Grandes envolées lyriques, promesses. A l'évidence il n'est qu'un godillot sympa du gouvernement, . L'écran de fumée pour donner le temps à sa collègue Taubira de faire exploser notre société! Voxpop

 


 

À l’heure où l’on apprend que la Troïka, complice des banques, fait basculer Chypre dans la dictature, en validant la destruction du droit de propriété pour permettre le plus grand braquage de l’histoire de l’humanité, on se dit qu’entre les racailles d’en haut et celles d’en bas, le peuple français a bien du souci à se faire.

Adrien Abauzit, le 20 mars 2013
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 08:18

Boulevard Voltaire 

 

Pierre
Van Ommeslaeghe

Professeur de philosophie.

 

Le mariage forcé est une tragédie pour les jeunes filles qui en sont victimes. Il est important de le combattre sans faiblesse. Sans faiblesse, c’est-à-dire notamment en désignant clairement les coupables. L’Europe a connu ces mariages forcés. La tradition féodale voulait que les pères négocient les mariages de leurs enfants, pour préserver la terre, nouer des alliances. C’est l’honneur de l’Église catholique d’avoir lutté contre ces pratiques, bénissant des unions contraires aux volontés des parents dès lors que les époux voulaient s’unir. Georges Duby a étudié ce phénomène dans Le chevalier, La Femme et Le Prêtre : le mariage dans la France féodale. Pour l’Église, le mariage est le symbole de l’union du Christ et de l’Église ; c’est une union d’amour, qui ne peut qu’être libre.

Si aujourd’hui la question du mariage forcé réapparaît, c’est parce que des cultures non chrétiennes se sont installées en France. Il y concerne essentiellement les personnes de culture musulmane, l’islam, religion de la soumission à Dieu, semblant tolérer cette pratique. Voilà qui a échappé à Mme Vallaud-Belkacem. Dans l’émission Dimanche plus du 17 mars, elle a affirmé : « Le mariage forcé ne concerne pas que les sociétés musulmanes, il peut concerner des sociétés catholiques. Il faut arrêter la stigmatisation. » On sait que cette improbable ministre déteste tout ce qui est catholique, ou masculin, ou de droite (gare à moi qui cumule…). C’est son affaire, nous avons tous nos névroses. Mais qu’elle mente pour dénigrer ou, comme ici, pour dédouaner une culture qui semble lui tenir à cœur, est pire qu’une malhonnêteté intellectuelle. On ne peut lui accorder l’excuse de l’ignorance. Sur ces questions, on ne peut accuser sans savoir, surtout si l’on est ministre de la France.

Pierre Van Ommeslaeghe, le 20 mars 2013
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LA  FRANCE

 

RESISTANCE !

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.

J'ai plus envie de relativiser. >>>>