| by Daniel Hamiche |
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Par Raphaël Stainville Publié le 08/02/2013 à 17:04
INTERVIEW - Dans un essai personnel et percutant, l'ancienne secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy s'inquiète de la montée de l'islamisme et de la frilosité des politiques à défendre la laïcité.
Le Figaro Magazine. - En janvier 2011, alors secrétaire d'Etat à la Jeunesse du gouvernement Fillon, vous aviez été la première à réclamer le départ de Moubarak. Que vous inspire aujourd'hui son successeur, le président Mohamed Morsi?
Jeannette Bougrab. - L'horreur. Quand je vois la mainmise des islamistes en Egypte, je suis totalement effondrée. Je pensais que la démocratie était possible, que l'application d'un certain nombre de principes universels comme l'égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de conscience, y compris l'apostasie qui est interdite en droit musulman, étaient possibles. Mais les Frères musulmans et le mouvement salafiste al-Nour se sont approprié une révolution à laquelle ils n'ont pas pris part.
Faut-il le recevoir comme s'apprêtait à le faire François Hollande?
Non. Je ne vois pas au nom de quoi notre république peut s'abaisser à dérouler le tapis rouge à un dirigeant qui s'apprête à instaurer un Etat islamiste. Je fais bien la distinction entre l'islam et l'islamisme. C'est pour cela que je ne crains pas de dire que l'islamisme est une sorte de fascisme et de totalitarisme. Je ne peux comprendre que la France reçoive ces tyrans. Cela me choque. Je ne me sens pas obligée de faire des compromis avec des gens qui sont l'incarnation de la négation de l'Etat de droit.
En Égypte, comme en Tunisie ou en Libye, le printemps arabe n'a pas donné les fruits que vous escomptiez. Les révolutions arabes ont poussé au pouvoir des partis islamistes. La France a-t-elle fait preuve de naïveté?
Le problème, ce n'est pas la naïveté de la France, c'est le sentiment de culpabilité de ses dirigeants. Pendant des années, la France a soutenu des autocrates, des tyrans qui auraient voulu être des despotes éclairés. Aujourd'hui, en raison de cette culpabilité, elle verse dans une sorte de surenchère à l'égard de ces nouveaux gouvernements islamistes. Le 17 juillet 2012, c'est en grande pompe que le président tunisien Moncef Marzouki était reçu par le chef de l'Etat et le président de l'Assemblée sans, bien évidemment, que les questions qui fâchent ne soient abordées. Je ne peux que le regretter. Personnellement, je ne soutiendrai jamais un parti islamiste. Contrairement à Alain Juppé qui se persuade qu'il faut accompagner ces partis et félicite les dirigeants d'Ennahdha en Tunisie, je refuse d'être de connivence avec des gouvernements qui portent des valeurs iniques. La diplomatie ne sert pas toujours la démocratie. Laurent Fabius ne fait guère mieux aujourd'hui. Il poursuit la même politique. Les ministres changent mais la lâcheté demeure.
Vous étiez favorable à une intervention au Mali. L'intervention française est-elle un succès à mettre au crédit de François Hollande?
Je trouve pour le moins maladroit que le Président se soit précipité au Mali pour savourer la victoire des militaires français. Il faut certes saluer le professionnalisme de nos armées et notamment celui du 2e REP, mais il convient aussi de se garder de tout triomphalisme en matière militaire. Les colonnes de blindés ne suffiront pas à mettre un terme à cette guerre contre le terrorisme islamiste. L'Algérie en sait quelque chose, qui paie encore un lourd tribut à la guerre qu'elle mène depuis le début des années 90 à l'islamisme. Cette guerre contre le terrorisme est d'une nature nouvelle. C'est une guerre à fragmentation.
C'est-à-dire?
C'est simple. Trois jours après l'intervention de la France au Mali, le conflit s'était déporté en Algérie. Tant qu'on n'aura pas asséché les sources de financement de ces mouvements terroristes, ils seront partout à travers le monde. Nous vivons dans un monde globalisé. Le djihad se délocalise, s'exporte, s'importe. Un jour l'Afghanistan, puis le Mali, demain, l'Algérie, la France et l'Europe.
C'est pourquoi, selon vous, il faut se battre en France sur le terrain de la laïcité?
Le combat doit avoir lieu également en France contre l'intégrisme et le fondamentalisme. Il faut arrêter de céder à la première revendication communautaire ou anticiper des revendications qui ne sont même pas demandées. On ne peut tolérer dans notre pays qu'un dessinateur soit protégé par cinq officiers de sécurité pour avoir caricaturé le prophète, qu'un philosophe comme Robert Redeker vive caché sans pouvoir enseigner parce que des fondamentalistes en veulent à sa vie, qu'un petit commerçant d'origine égyptienne se fasse tabasser à Marseille pendant le ramadan. En ne réaffirmant pas avec force nos principes, nous allons de défaite en défaite. Quand le communautarisme triomphe, la république régresse. Nous devons nous montrer intransigeants. A cet égard, je trouve dommage que Jean-François Copé soit allé présenter ses excuses au CFCM (ndlr: après la polémique déclenchée par ses propos sur les «pains au chocolat»).
Le Conseil français du culte musulman n'a-t-il pas un rôle à jouer?
Je n'attends rien du CFCM. Quand on est laïc, on n'a pas à s'immiscer dans l'organisation d'une religion. Pour appliquer le principe de laïcité, il ne faut pas compter sur une organisation plus ou moins représentative des mosquées de France. Je suis très hostile à ces organisations qui viennent nous expliquer comment interpréter l'islam. Le politique n'est pas là pour interpréter l'islam, mais pour appliquer le principe de laïcité. Le principe de laïcité est un principe constitutionnel, pas un principe religieux.
De quoi se meurt la république, selon vous?
La France se meurt de ne plus affirmer ses principes. Voyez ce qui se passe aux Pays-Bas, pays que l'on érige en modèle de société communautariste. Le réalisateur Theo van Gogh est mort assassiné par un islamiste. La députée Ayaan Hirsi Ali a été contrainte à l'exil. Ils sont même parvenus à construire un hôpital «charia compatible» où les hommes sont soignés par les hommes et les femmes par les femmes. Je ne veux pas de ce modèle pour la France. Il existe malheureusement déjà partiellement. Certains territoires de la république sont déjà perdus. Il faut les regagner en n'acceptant plus les revendications communautaires. Lorsque j'ai présidé la Halde, j'ai constaté les ravages du communautarisme et du différentialisme dans l'esprit de gens pétris par une culpabilité postcoloniale. Il faut que cela cesse.
A qui la faute?
La gauche est la première responsable. Elle a été la première à abdiquer. Quand en 1989 Lionel Jospin, alors ministre de l'Education nationale, demande l'avis du Conseil d'Etat, dans le cadre des premières affaires de voile à Creil, il fuit sa responsabilité politique. Je me souviens qu'à l'époque Elisabeth Badinter avait dénoncé l'attitude de Lionel Jospin. On l'avait accusée de faire le jeu du FN. Idem pour Gisèle Halimi, qui avait rendu sa carte de SOS Racisme. Aujourd'hui encore, lorsque vous défendez la laïcité, on vous accuse de faire le jeu de Marine Le Pen. C'est dramatique. La laïcité est un principe constitutionnel. Je n'accepte pas qu'en demandant l'application de la Constitution, on puisse nous accuser de faire le jeu du FN.
D'où vient, chez vous, cet amour désespéré pour la France?
De mon père. Je suis une fille de harki. Mon père s'est battu pour la France en Algérie. Cette histoire particulière fait que chez les Bougrab, la perspective du retour est impossible. Encore aujourd'hui, mon père, même entre quatre planches, ne peut retourner en Algérie. A la maison, on parlait français. On ne faisait pas le ramadan. Cet homme a toujours voué une dévotion à la république. Il incarne plus que n'importe qui d'autre la république. Tout ce que je fais, c'est pour atteindre cet idéal républicain qui n'a probablement jamais existé qu'à travers mon père.
L'UMP a été au pouvoir pendant dix ans. Peut-elle s'exonérer d'un devoir d'inventaire?
Je refuse le droit d'inventaire. Quand on se reconstruit, on regarde devant, pas dans le rétroviseur. J'ai souvent été convoquée à Matignon lorsque j'étais ministre pour m'être exprimée à contretemps. Mais lorsque l'on a des choses à dire, on n'attend pas de ne plus être en responsabilité et d'avoir quitté le pouvoir pour les dire.
Vous n'avez pris position pour personne pendant la campagne pour la présidence de l'UMP. Aujourd'hui encore, vous êtes en retrait de la politique. Qu'est-ce qui pourrait vous faire revenir?
Nicolas Sarkozy. J'ai une dette à son égard.
Par Raphaël Stainville Publié le 08/02/2013 à 17:04
Le Figaro Magazine. - En janvier 2011, alors secrétaire d'Etat à la Jeunesse du gouvernement Fillon, vous aviez été la première à réclamer le départ de Moubarak. Que vous inspire aujourd'hui son successeur, le président Mohamed Morsi?
Jeannette Bougrab. - L'horreur. Quand je vois la mainmise des islamistes en Egypte, je suis totalement effondrée. Je pensais que la démocratie était possible, que l'application d'un certain nombre de principes universels comme l'égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de conscience, y compris l'apostasie qui est interdite en droit musulman, étaient possibles. Mais les Frères musulmans et le mouvement salafiste al-Nour se sont approprié une révolution à laquelle ils n'ont pas pris part.
Faut-il le recevoir comme s'apprêtait à le faire François Hollande?
Non. Je ne vois pas au nom de quoi notre république peut s'abaisser à dérouler le tapis rouge à un dirigeant qui s'apprête à instaurer un Etat islamiste. Je fais bien la distinction entre l'islam et l'islamisme. C'est pour cela que je ne crains pas de dire que l'islamisme est une sorte de fascisme et de totalitarisme. Je ne peux comprendre que la France reçoive ces tyrans. Cela me choque. Je ne me sens pas obligée de faire des compromis avec des gens qui sont l'incarnation de la négation de l'Etat de droit.
En Égypte, comme en Tunisie ou en Libye, le printemps arabe n'a pas donné les fruits que vous escomptiez. Les révolutions arabes ont poussé au pouvoir des partis islamistes. La France a-t-elle fait preuve de naïveté?
Le problème, ce n'est pas la naïveté de la France, c'est le sentiment de culpabilité de ses dirigeants. Pendant des années, la France a soutenu des autocrates, des tyrans qui auraient voulu être des despotes éclairés. Aujourd'hui, en raison de cette culpabilité, elle verse dans une sorte de surenchère à l'égard de ces nouveaux gouvernements islamistes. Le 17 juillet 2012, c'est en grande pompe que le président tunisien Moncef Marzouki était reçu par le chef de l'Etat et le président de l'Assemblée sans, bien évidemment, que les questions qui fâchent ne soient abordées. Je ne peux que le regretter. Personnellement, je ne soutiendrai jamais un parti islamiste. Contrairement à Alain Juppé qui se persuade qu'il faut accompagner ces partis et félicite les dirigeants d'Ennahdha en Tunisie, je refuse d'être de connivence avec des gouvernements qui portent des valeurs iniques. La diplomatie ne sert pas toujours la démocratie. Laurent Fabius ne fait guère mieux aujourd'hui. Il poursuit la même politique. Les ministres changent mais la lâcheté demeure.
Vous étiez favorable à une intervention au Mali. L'intervention française est-elle un succès à mettre au crédit de François Hollande?
Je trouve pour le moins maladroit que le Président se soit précipité au Mali pour savourer la victoire des militaires français. Il faut certes saluer le professionnalisme de nos armées et notamment celui du 2e REP, mais il convient aussi de se garder de tout triomphalisme en matière militaire. Les colonnes de blindés ne suffiront pas à mettre un terme à cette guerre contre le terrorisme islamiste. L'Algérie en sait quelque chose, qui paie encore un lourd tribut à la guerre qu'elle mène depuis le début des années 90 à l'islamisme. Cette guerre contre le terrorisme est d'une nature nouvelle. C'est une guerre à fragmentation.
C'est-à-dire?
C'est simple. Trois jours après l'intervention de la France au Mali, le conflit s'était déporté en Algérie. Tant qu'on n'aura pas asséché les sources de financement de ces mouvements terroristes, ils seront partout à travers le monde. Nous vivons dans un monde globalisé. Le djihad se délocalise, s'exporte, s'importe. Un jour l'Afghanistan, puis le Mali, demain, l'Algérie, la France et l'Europe.
C'est pourquoi, selon vous, il faut se battre en France sur le terrain de la laïcité?
Le combat doit avoir lieu également en France contre l'intégrisme et le fondamentalisme. Il faut arrêter de céder à la première revendication communautaire ou anticiper des revendications qui ne sont même pas demandées. On ne peut tolérer dans notre pays qu'un dessinateur soit protégé par cinq officiers de sécurité pour avoir caricaturé le prophète, qu'un philosophe comme Robert Redeker vive caché sans pouvoir enseigner parce que des fondamentalistes en veulent à sa vie, qu'un petit commerçant d'origine égyptienne se fasse tabasser à Marseille pendant le ramadan. En ne réaffirmant pas avec force nos principes, nous allons de défaite en défaite. Quand le communautarisme triomphe, la république régresse. Nous devons nous montrer intransigeants. A cet égard, je trouve dommage que Jean-François Copé soit allé présenter ses excuses au CFCM (ndlr: après la polémique déclenchée par ses propos sur les «pains au chocolat»).
Le Conseil français du culte musulman n'a-t-il pas un rôle à jouer?
Je n'attends rien du CFCM. Quand on est laïc, on n'a pas à s'immiscer dans l'organisation d'une religion. Pour appliquer le principe de laïcité, il ne faut pas compter sur une organisation plus ou moins représentative des mosquées de France. Je suis très hostile à ces organisations qui viennent nous expliquer comment interpréter l'islam. Le politique n'est pas là pour interpréter l'islam, mais pour appliquer le principe de laïcité. Le principe de laïcité est un principe constitutionnel, pas un principe religieux.
De quoi se meurt la république, selon vous?
La France se meurt de ne plus affirmer ses principes. Voyez ce qui se passe aux Pays-Bas, pays que l'on érige en modèle de société communautariste. Le réalisateur Theo van Gogh est mort assassiné par un islamiste. La députée Ayaan Hirsi Ali a été contrainte à l'exil. Ils sont même parvenus à construire un hôpital «charia compatible» où les hommes sont soignés par les hommes et les femmes par les femmes. Je ne veux pas de ce modèle pour la France. Il existe malheureusement déjà partiellement. Certains territoires de la république sont déjà perdus. Il faut les regagner en n'acceptant plus les revendications communautaires. Lorsque j'ai présidé la Halde, j'ai constaté les ravages du communautarisme et du différentialisme dans l'esprit de gens pétris par une culpabilité postcoloniale. Il faut que cela cesse.
A qui la faute?
La gauche est la première responsable. Elle a été la première à abdiquer. Quand en 1989 Lionel Jospin, alors ministre de l'Education nationale, demande l'avis du Conseil d'Etat, dans le cadre des premières affaires de voile à Creil, il fuit sa responsabilité politique. Je me souviens qu'à l'époque Elisabeth Badinter avait dénoncé l'attitude de Lionel Jospin. On l'avait accusée de faire le jeu du FN. Idem pour Gisèle Halimi, qui avait rendu sa carte de SOS Racisme. Aujourd'hui encore, lorsque vous défendez la laïcité, on vous accuse de faire le jeu de Marine Le Pen. C'est dramatique. La laïcité est un principe constitutionnel. Je n'accepte pas qu'en demandant l'application de la Constitution, on puisse nous accuser de faire le jeu du FN.
D'où vient, chez vous, cet amour désespéré pour la France?
De mon père. Je suis une fille de harki. Mon père s'est battu pour la France en Algérie. Cette histoire particulière fait que chez les Bougrab, la perspective du retour est impossible. Encore aujourd'hui, mon père, même entre quatre planches, ne peut retourner en Algérie. A la maison, on parlait français. On ne faisait pas le ramadan. Cet homme a toujours voué une dévotion à la république. Il incarne plus que n'importe qui d'autre la république. Tout ce que je fais, c'est pour atteindre cet idéal républicain qui n'a probablement jamais existé qu'à travers mon père.
L'UMP a été au pouvoir pendant dix ans. Peut-elle s'exonérer d'un devoir d'inventaire?
Je refuse le droit d'inventaire. Quand on se reconstruit, on regarde devant, pas dans le rétroviseur. J'ai souvent été convoquée à Matignon lorsque j'étais ministre pour m'être exprimée à contretemps. Mais lorsque l'on a des choses à dire, on n'attend pas de ne plus être en responsabilité et d'avoir quitté le pouvoir pour les dire.
Vous n'avez pris position pour personne pendant la campagne pour la présidence de l'UMP. Aujourd'hui encore, vous êtes en retrait de la politique. Qu'est-ce qui pourrait vous faire revenir?
Nicolas Sarkozy. J'ai une dette à son égard.
Régulièrement, des sondages viennent nous raconter les rapports complexes entre les Français et cette mondialisation que certains nous disaient heureuse. Une occasion de fustiger la « tentation du repli », la « peur » de ce peuple trop peu enclin à saluer les merveilleux bienfaits de la libre circulation des biens et des personnes. Dans une enquête du Cevipof et de la Fondation Jean Jaurès publiée le 25 janvier dans Le Monde, on apprenait ainsi que 90 % des Français estiment que la puissance économique française a décliné (63 % pour le rayonnement culturel) et que 61 % jugent que la mondialisation est une menace. Parallèlement, 70 % pensent qu’il y a trop d’étrangers en France, et 62 % qu’on ne se sent plus chez soi comme avant. Pour la majorité des commentateurs, la cause était entendue : la France a peur, la France se replie sur elle-même, elle n’est pas ouverte à l’autre, ni à l’avenir radieux.
Les réticences des Français face à une immigration qu’ils jugent mal intégrée suscitent depuis longtemps déjà les indignations et les sarcasmes de tous ceux pour qui l’immigration est par principe une chance, quels que soient les circonstances, le type d’immigration et l’état du pays d’accueil. Et ceux-là sont effarés de voir qu’ils perdent peu à peu du terrain dans l’opinion, au profit de ce qui serait, bien sûr, une tentation populiste et xénophobe. Pourtant, d’autres sondages nous montrent régulièrement que le racisme recule en France, si tant est que l’on veuille bien analyser objectivement ce qui constitue une pensée raciste. En revanche, c’est vrai, la méfiance envers l’islam progresse, avec cette idée que cette religion serait, par nature, incompatible avec nos valeurs et nos modes de vie.
Ày regarder de plus près, toutes ces données nousprouvent une chose : les Français comprennent plus ou moins consciemment que les tenants de la libre circulation des capitaux et les tenants de la libre circulation des personnes sont des alliés objectifs dans un mouvement de mondialisation qui met à mal chaque jour un peu plus non seulement leur modèle social, mais surtout leurs modes de vie, ce pacte social et politique qui faisait de la France un pays agréable et policé, l’incarnation d’une civilisation. La perception d’un déclin ne relève pas de la peur mais de la lucidité. Les élites ne leur répètent-elles pas à longueur de commentaire que la France n’est plus qu’un petit pays qui n’a d’autre avenir que de s’arrimer à l’Europe ? Sauf que les Français sont un peuple éminemment politique, c’est-àdire attaché à sa souveraineté. Ils sont, d’après le sondage Cevipof, 65 % à estimer que, pour faire face à l’avenir, il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays, même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe. Un chiffre énorme, si on le compare au discours européen de la majorité des responsables politiques et médiatiques. La fracture entre les élites et le peuple est dans ces 65 % : les Français ont le sentiment qu’on leur impose une politique dont ils ne veulent pas.
Le phénomène est rigoureusement le même pour l’immigration. La ville de Grigny alertait récemment les pouvoirs publics sur la différence entre sa population recensée par l’Insee et sa population réelle, ce qui la prive de subventions suffisantes. En cause, une immigration illégale qui fait que la cité Grigny 2 compte aujourd’hui « entre 12 000 et 17 000 habitants », sans que personne ne sache exactement ce qu’il en est. Seuls quelques géographes et démographes osent alerter sur les dangers d’un refus idéologique de chiffrer l’immigration et ses conséquences sur la vie concrète des gens. Comme l’écrit la démographe Michèle Tribalat dans Les Yeux grands fermés, ouvrage qui dénonce ce refus de la connaissance scientifique, estimer qu’il y a trop d’immigrés ne signifie pas la même chose quand on habite Évreux et quand on habite le fin fond de la Creuse.
Les Français sont attachés à l’équilibre qu’ils avaient mis des siècles à faire émerger : des religions reléguées dans l’espace privé et se gardant de toute ostentation, voire de tout ritualisme excessif, une société de libre entreprise, mais un État protecteur et planificateur qui limitait les appétits particuliers, un système d’intégration qui faisait de tout enfant d’immigré, et malgré les difficultés – voire l’hostilité de certains –, des Français promis à la réussite. Ce qu’ils ressentent aujourd’hui devant l’état de leur pays n’est pas de la peur mais de la colère. Et si l’on veut éviter que cette colère n’explose, il vaudrait mieux analyser ce qui a conduit au désastre, plutôt que de marquer une superbe réprobation morale contre ces mauvais penseurs.
HALTE à la surenchère
Il faut empêcher tous ces furieux de casser notre société !
C'est URGENT !
Nouvelle publication sur L'observatoire de la Christianophobie | |
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| Posted: 06 Feb 2013 03:45 AM PST L’Assemblée Nationale est le temple de notre démocratie. Elle en présente avec ostentation la colonnade grecque que les députés ne franchissent jamais puisqu’ils rentrent de l’autre côté, comme tous les artistes, par le Palais Bourbon, ce qui n’est pas un symbole insignifiant. On dort peu à l’Assemblée et on s’y amuse beaucoup : entre les fou-rires de Madame Taubira, ses petits-bouts et ses longues récitations lyriques, les mimiques amusées des faire-valoir de l’opposition et les feintes indignations sur les inévitables références mémorielles, les parlementaires présents, rares à droite, semblent y prendre du plaisir. D’autres, à gauche, jouent au scrabble ou lisent des romans sur les ordinateurs portables autorisés depuis quelque temps déjà, et d’autres encore prennent des photos, et en bons délateurs, législateurs peu respectueux des règles, les lancent sur les réseaux sociaux. Sans le buzz, l’Assemblée mourrait d’ennui. C’est ce que dit le député PS et joueur : le débat est inutile, et trop long. Il n’y aura pas de référendum, puisque les parlementaires n’ont pas fini de voter les lois organiques de la révision constitutionnelle de 2008. Pas grave : il y aura un long débat au Parlement. Mais celui-ci aussi est superflu. On ne va pas passer trop de temps pour chambouler l’Anthropologie et le Code Civil. On a autre chose à faire : préparer sa réélection en allant faire croire aux ouvriers d’une usine de sa circonscription, qu’on pense beaucoup à eux, qu’on va tout faire pour retarder une fermeture qu’on sait inévitable et que leurs gosses auront grâce à nous des emplois-jeunes à la Mairie ou au Département. > Le 13 Janvier, un million de vrais opposants, non pas au gouvernement, mais à la loi Taubira, s’étaient rassemblés pour être entendus d’un gouvernement manipulateur et méprisant. La caricature de débat à l’Assemblée n’est pas à la hauteur de la mobilisation de ces Français de conviction. Manifestement, ils croyaient que leur nombre compterait. Pour le ludique député bourguignon, ils n’existent même pas. Pour les élus de l’opposition favorables à la loi, soit parce qu’ils ont envie de se faire élire à Paris, soit parce qu’ils frétillent à l’idée d’être les chouchous des médias, soit encore parce qu’ils y ont un intérêt intime, tous ces manifestants sont des gêneurs. Le pouvoir n’est pas dans la rue, mais à la Chambre, comme on disait dans le temps. C’est justement devant cette Chambre où sommeillaient l’intérêt national et la grandeur de la France que le 6 Février 1934, des milliers de Français, révoltés par l’affaire Stavisky et la décrépitude des institutions républicaines, s’étaient rassemblés. Comment ? Vous osez rappeler cette odieuse tentative de coup d’état fasciste ! D’abord, ce n’était pas un coup d’état. Sans aucune organisation commune, sans plan d’action, trois formations d’extrême-droite ont certes participé à des violences qui leur ont valu quatorze morts, mais le gros des manifestants, des anciens combattants de tous bords, et les Croix-de-Feu, du Colonel de La Rocque, s’étaient déjà dispersés. C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler que ce mouvement dont le chef est mort à son retour de déportation, n’a pas été le moins du monde fascisant. > C’est aussi le moment de citer Doriot, député communiste et créateur du Comité de Vigilance antifasciste de Saint-Denis, Marcel Déat, député socialiste, et membre du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes, Adrien Marquet, député-maire socialiste de Bordeaux, Gaston Bergery, « radical-bolchevik » et initiateur du Front Commun contre le Fascisme et la Guerre, député du Front Populaire, le pacfiste de gauche, jean Luchaire, et bien sûr Laval, sénateur-maire d’Aubervilliers, ministre avant et après le 6 Février, tous collaborationnistes notoires, dont le souci de carrière avait animé l’antifascisme et l’esprit républicain en 1934 et la trahison en 1940. C’est un grand honneur que d’être désigné par le Peuple pour le représenter. Le représenter n’est pas le remplacer. Lorsque j’étais député, j’ai été l’un des rédacteurs d’amendements qui ont conduit à l’adoption du projet de référendum d’initiative populaire, dont certains se plaisent aujourd’hui à dire qu’il n’est pas constitutionnel. N’est-il pas là le coup d’état ? Dans ce refus de donner la parole au Peuple pour le confisquer au profit des « professionnels » de la politique ! Aujourd’hui, le débat qui se déroule à l’Assemblée est crucial. La vigilance est celle qu’exercent sur leurs élus les Françaises et les Français qui souhaitent préserver notre modèle de la Famille. Si l’Assemblée montre qu’elle est par trop envahie par des carrièristes ambitieux, par de fins tacticiens dénués d’expérience et de valeurs, qui se moquent de cette question, alors, il faudra craindre le réveil légitime d’une suspicion sur la légitimité du Parlement. Il faudra craindre le retour du 6 Février ! |
« Faire du chiffre est un élément essentiel du métier »
SÉCURITÉ Le fameux « ras-le-bol » qu’expriment à mots souvent couverts les policiers dans l’exercice de leurs missions vient d’être passé au crible. Loin du simple coup de menton, il prend même la forme d’un réel malaise dans les commissariats. C’est en tout cas ce que laisse apparaître une « Étude sur le management et le stress au travail » menée par une unité de recherche du CNRS de Toulouse avec l’appui du syndicat Alliance Police nationale.
Fondé sur un large échantillon de 6 000 gardiens de la paix et gradés témoignant de manière anonyme en région parisienne et en province, le document, épais de 54 pages, dresse un état des lieux très édifiant. D’emblée, les policiers interrogés, souvent critiques sur leur hiérarchie directe, déplorent un « manque de soutien et de reconnaissance de l’institution » . Considérant à 63 % que la police ne valorise pas leur contribution à l’accomplissement de sa mission, ils sont 90 % à réfuter en bloc l’idée selon laquelle « la police se soucie vraiment de mon bien-être » . Dans une proportion quasi équivalente, ils estiment que leur institution ne reconnaît guère leurs efforts (72,2 %), ne tient pas compte de leurs remarques et de leurs attentes (79,6 %) ou encore qu’elle n’est pas fière de leurs réalisations au travail (62,9 %).
Exprimant un réel sentiment d’injustice, sept fonctionnaires sur dix assurent que l’attribution des récompenses est appliquée de manière incohérente et ne se fonde pas sur des « critères objectifs et non biaisés » . Ils estiment à plus de 65 % que « les policiers qui font bien leur travail ne sont généralement pas récompensés » . Au chapitre de la culture du résultat, les policiers sondés entre mai 2011 et janvier 2012 soutiennent alors que « faire du chiffre est un élément essentiel du métier » . « Ils estiment également à 75 % qu’il s’agit d’un critère important afin d’être reconnu par leur hiérarchie, observe le rapport. Cependant, même s’ils sont partagés, ils pensent que la lutte contre l’insécurité reste la norme dans la police (54 %) et que la baisse des chiffres de la délinquance est le principal objectif du métier de policier (49 %). »
Les auteurs de l’étude pointent des « relations de travail saines » au niveau de la base, tant sur le terrain qu’au sein des équipes et des services. « En effet, les policiers estiment en majorité ne pas être en compétition entre eux (59,9 %), ne pas avoir de difficultés relationnelles avec les autres services (47,6 %), décrypte l’étude. De plus, ils mettent en avant le fait d’aider leurs collègues (69,6 %), d’écouter les soucis et les problèmes de leurs collègues (68 %), de transmettre les informations (84,7 %) et de participer à l’intégration des nouveaux (75,4 %). » « Enfin, ils estiment ne pas se sentir constamment surveillé par la police des polices (52,7 %)… » , ajoute l’étude qui montre en creux que nombre de fonctionnaires redoutent encore de tomber entre les griffes des « boeufs carottes » (le surnom de la police des polices). Globalement, le « climat relationnel de travail sain » et le « bon esprit d’équipe à l’opposé des relations avec la hiérarchie » seraient de nature à « favoriser l’efficacité générale des policiers » . Le constat est plutôt heureux tant les forces de l’ordre semblent crouler par ailleurs sous les contingences opérationnelles.
« Lourdeurs bureaucratiques »
Englués dans les « lourdeurs bureaucratiques » , qu’ils situent à un niveau de 8,5 sur une échelle allant de 1 à 10, les fonctionnaires déplorent le « manque de ressources en personnel » (8,5/10), les « équipements et/ou des matériels inadaptés » (7,5/10), une « multiplicité de nouvelles tâches à effectuer » (7,4/10) ou encore « trop de paperasse à faire » (7,2/10). En résumé, la coupe est pleine.
Fort de cette enquête, le syndicat Alliance Police nationale compte évoquer cette « situation préoccupante » à l’occasion des Assises de la formation qu’organise jeudi Manuel Valls à la Cité internationale universitaire de Paris. Nul doute que le premier flic de France devra une nouvelle fois faire preuve de diplomatie pour répondre à ses troupes qui demandent des
Mariage pour tous ? Oui. Mais alors, sans distinction de race (c’est interdit) ni de culture (c’est très relatif). Et laissons la place au pétulant Bruno Nestor Azérot, député martiniquais pas vraiment de droite (Gauche démocrate et républicaine ; en France ultramarine, les appellations politiques n’ont pas toujours le même sens qu’en métropole) qui, le 30 janvier dernier, a créé un certain malaise à l’Assemblée nationale à propos du « mariage pour tous » :
Outre-mer, la quasi-totalité de notre population est opposée à ce projet qui bouscule toutes les coutumes et toutes les valeurs sur lesquelles reposent nos sociétés ultramarines. […] Nous devons exprimer cette opinion de notre électorat qui ne comprend pas ce qui se passe ici et maintenant. Le risque est grand de plonger la population dans un profond désenchantement vis-à-vis de la politique du Gouvernement, voire de provoquer une cassure morale irrémédiable. Ce texte, en effet, ne donne pas une liberté supplémentaire, il fragilise au contraire le délicat édifice sur lequel se sont construites nos sociétés antillaises et guyanaises après l’abolition de l’esclavage. Il existe même, à mon sens, un risque de rupture du pacte républicain qui nous lie depuis deux siècles à la France.
À l’origine, en établissant le mariage comme institution, la société a donné un cadre juridique à une donnée naturelle : l’union d’un homme et d’une femme en vue de la procréation d’un enfant. Or, à l’évidence, il ne peut en être ainsi avec le mariage gay. Certes, aujourd’hui, le mariage est plus un “mariage-sentiment” qu’un “mariage-procréation”, comme il l’était autrefois : l’enfant n’est plus la finalité du mariage, si bien que des personnes hors mariage, voire des couples stériles, peuvent avoir envie d’enfant. La question qui se pose est donc plutôt : le sentiment doit-il donc devenir le sens nouveau et unique d’un mariage qui serait ouvert à tous les hommes et à toutes les femmes, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels ?
Moi, homme issu d’un peuple opprimé, réduit en esclavage, où le système social refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et se marier légitimement, où le mariage était interdit et où il a été une conquête de la liberté, j’affirme le droit à l’égalité dans la différence et non dans le même, le semblable, l’unique ! Car enfin, au nom de l’égalité et du refus des discriminations, peut-on établir une équivalence entre tous les couples ? Au contraire, je crois que l’on ne peut mettre sur le même plan hétérosexualité et homosexualité : un homme et une femme, ce n’est pas pareil que deux hommes ou deux femmes ensemble. Établir une équivalence, une nouvelle égalité, une nouvelle norme, c’est nier la réalité, c’est rétablir une oppression en confondant genre, sexe et pratique. C’est un diktat de la pensée contre l’humanité vitale, contre les droits de l’homme et de la femme. Refuser cette différence naturelle, c’est refuser la différence sexuée, c’est revenir sur l’oppression de la femme et de ses droits émancipés, […] Et l’enfant ? Puisque deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, que va-t-on faire ? Pour procréer, il faut bien un homme et une femme. Inéluctablement se posera la question du recours à la procréation médicale assistée… car ce désir d’enfants est légitime. Toutefois, ce n’est pas le droit qui refuse aux homosexuels d’avoir un enfant, c’est la nature.
CHOISIR
LA FRANCE
J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,
J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.
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