Lettre du 2 janvier 2013 envoyée par le Président de la Confédération Française des Retraités (François Bellanger)
aux partenaires sociaux AGIRC – ARRCO.
Madame, Monsieur,
À nouveau, le dossier des retraites est ouvert et, dans le cadre de la réglementation en vigueur, vous avez un rôle éminent à y tenir. C’est pourquoi, en tant que Président de la Confédération Française des Retraités, je vous fais part des positions de notre organisation.
Ce dossier comporte deux chapitres.
L’un concerne la suite qui sera apportée aux orientations formulées par la loi du 9 novembre 2010 dans ses articles 16 et 41 relatifs, l’un à la mise en place d’un système universel de retraite et l’autre à la création d’une caisse de retraite pour la Fonction publique d’Etat. Le Président de la République a précisé les modalités préalables à la négociation qui devrait s’ouvrir au début de 2013, après la publication du second rapport du Conseil d’Orientation des Retraites. La CFR soutient cette démarche dont elle attend qu’elle simplifie nos systèmes actuels de retraite aux 40 régimes fort disparates, qu’elle offre aux citoyens un système clair et équitable et qu’elle en définisse, enfin, des modalités de financement pérennes.
L’autre chapitre dont les conclusions feront l’objet d’une application, en principe, le premier avril 2013 ont pour objet de faire face aux difficultés de financement des régimes Agirc et Arrco. Pour les préparer vous avez ouvert un cycle de négociations et la presse se fait régulièrement l’écho des discussions que vous avez entamées. Sans faire de procès d’intention en l’absence des décisions, la CFR tient à vous faire connaître ses propres réactions à ces bruits.
C’est tout d’abord l’étonnement devant la contradiction entre le refus répété des plus hautes autorités de l’Etat de mettre en cause le pouvoir d’achat des retraités et d’autre part les hypothèses formulées dans le cadre de vos discussions actuelles, visant soit une amputation immédiate du pouvoir d’achat des retraités actuels, soit une réduction de celui des futurs retraités ou leurs ayants-droit.
C’est aussi l’indignation devant le risque de discrimination dont seraient victimes les bénéficiaires des régimes complémentaires du privé, Agirc et Arrco, dont vous avez la responsabilité.
La CFR, comme ses adhérents et, plus largement, comme l’ensemble des citoyens, sait que la situation financière de notre pays demande que des mesures soient prises. Elles seront douloureuses, mais leur acceptation, même difficile, ne pourra être admise que si elles sont définies avec équité et s’appliquent sans discrimination.
Or ce n’est pas, pour l’instant, ce qui est perçu.
D’autre part, s’appuyant sur des statistiques relatives au niveau de vie, certains concluent que les retraités seraient privilégiés et qu’il serait en conséquence nécessaire de procéder à un rééquilibrage. Comme vous le savez, ces statistiques sont fragiles et par exemple la presse vient d’indiquer que le niveau de vie des retraités serait de 19 500 € et celui des actifs de 21 500 €. Il est également souvent affirmé que les retraités bénéficieraient davantage des niches sociales et fiscales, affirmation invalidée par les travaux d'Henri Sterdyniak. Il s’agit là de quelques exemples de contre-vérités tendant à accréditer l’idée que les retraités dans leur ensemble seraient des privilégiés. C’est un premier axe, infondé, de discrimination entre les retraités et le reste de la société.
Le second axe, tout aussi infondé au regard de l’équité entre les citoyens, consiste à séparer l’ensemble des 15 millions de retraités en plusieurs catégories selon leur régime d’appartenance. Or ce risque est patent et imminent. L’Agirc et l’Arrco que vous gérez connaissent des perspectives inquiétantes et nous ne contestons pas que vous soyez légitimes à rechercher des solutions. Mais les autres régimes de retraite, dans leur majorité, connaissent les mêmes difficultés essentiellement occultées par les contributions d’équilibrage automatique de l’Etat pour la fonction publique et les régimes spéciaux et il serait tout à fait inacceptable que les retraités du privé dépendant des régimes que vous gérez soient les seuls à devoir souffrir d’une situation qui en réalité concerne tout le monde.
Les hautes responsabilités qui sont les vôtres vous commandent de refuser que des injustices soient commises et la CFR vous demande par conséquent d’utiliser votre pouvoir pour ce qui concerne l’Agirc et l’Arrco ainsi que votre influence sur l’ensemble du sujet pour ne pas conduire à une situation discriminatoire inacceptable pour 11 millions de retraités et que nous ne pourrions que condamner.
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations les meilleures.
François BELLANGER
Président
Une fiction écrite de fort belle manière, ma foi.
|
François Hollande
est le président de la République le plus impopulaire
après sept mois d’exercice du pouvoir.
Interrogés en décembre 2012 par l’institut OpinionWay pour la 4e vague du baromètre de confiance du Cevipof
33 % seulement des personnes interrogées
considèrent qu’il « a l’étoffe d’un président de la République »
(-9 points par rapport à octobre 2011).
Pour 60 % des mêmes personnes, François Hollande les « inquiète »
(+27 points par rapport à octobre 2011).
Cette montée de l’inquiétude
est impressionnante.
Le Rassemblement Pour la France appelle tous ses militants et sympathisants à participer à la manifestation du 13 Janvier à PARIS pour protester contre le Projet de Loi visant à instaurer le « mariage » entre personnes de même sexe et l’adoption par des « couples » homosexuels. La présence massive des Français et des Françaises dans les défilés sera un acte de résistance :
Famille et Liberté appelle tous ses membres et tous ceux qui sont attachés aux valeurs de LA FAMILLE à manifester à Paris le 13 Janvier !
mardi 8 janvier 2013
Le CERU , laboratoire d'idées sur l'éducation et la jeunesse vient de publier une étude intitulée :
"Vicent Peillon, prophète d'une religion laïque"
Cette note permet de mieux comprendre la conception très personnelle que s’est forgé le ministre de l’Education nationale de la neutralité et de la laïcité à l’école.
A partir de l’étude approfondie de deux ouvrages écrits récemment par Vincent Peillon(Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Le Seuil, 2010 et La révolution française n’est pas terminée, Le Seuil, 2008), l’auteur de cette étude, Vivien Hoch chercheur en philosophie, analyse les fondements sur lesquels se base le ministre pour construire sa vision de la laïcité et de l’école républicaine.
Il ressort de cette étude que pour Vincent Peillon, l’école doit être capable de concurrencer les religions et les traditions. Dans la lignée de Ferdinand Buisson, la laïcité est, pour le ministre "un principe de tolérance certes, mais plus encore de philosophie positive, c’est aussi une religion". La laïcité devient même "la religion de toutes les religions, de toutes les confessions, la religion universelle." Le projet consiste alors " à forger une religion qui soit non seulement plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force et de séduction, de persuasion que lui." Pour arriver à imposer cette nouvelle religion, l’école joue un rôle stratégique et politique. Il convient comme l’affirme d’ailleurs le ministre dans la lettre qu’il a adressé aux recteurs le 4 janvier dernier de "s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités".
Cette étude révèle également que pour Vincent Peillon, République et socialisme sont fondamentalement synonymes. Pour lui, l’Histoire débute avec la révolution française et converge, selon le fameux sens de l’Histoire, vers sa propre construction idéologique de la réalité, tant que celle-ci résiste à l’idée socialiste, la révolution reste "inachevée".
8 janv. 2013
Le Figaro
YVES DE KERDREL ydekerdrel ydekerdrel@lefigaro.fr
Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout. Alors que les malchanceux sont ceux à qui tout arrive. Jean-Marc Ayrault fait partie de cette seconde catégorie. L’homme n’est pas antipathique. Il est apprécié de ses élus nantais. Il inaugure bien les piscines municipales et donne de l’ambiance aux buffets des amicales laïques. Mais il n’a rien d’un premier ministre. Chacun a pu s’en apercevoir dès la fin du mois de juin dernier, à l’occasion de son discours de politique générale. Au lieu d’une allocution dressant les grandes lignes du quinquennat, les parlementaires se sont assoupis au bout de cinq minutes, à la lecture d’une litanie de mesures sans relief, et sans rapport avec la tâche qui revient à un chef du gouvernement.
Depuis, l’affaire des « pigeons », celle du projet d’aéroport de Notre Dame-des-Landes, et surtout la pitoyable cacophonie autour de Florange, ont montré que ce premier ministre n’est ni un chef de gouvernement ni même le premier des ministres, tout juste une sorte de sous chef de cabinet, aux ordres de n’importe quel conseiller élyséen. À côté du « capitaine de pédalo » qu’est François Hollande, Jean-Marc Ayrault fait figure de petit matelot incapable de « recadrer » un ministre de l’Éducation nationale vantant les mérites du cannabis ou une ministre du Logement attaquant bêtement l’Église. Tout cela explique que le locataire de Matignon a voulu débuter l’année en essayant de se refaire une virginité à travers une ennuyeuse tribune, publiée par le journal Le Monde, et titrée « Pour un nouveau modèle français » .
À la première lecture, le texte est franchement incompréhensible. Impossible de voir où le premier ministre veut aller ou ce qu’il cherche à expliquer. À la deuxième lecture, on commence à percevoir l’ambition d’un homme qui voudrait que tout change sans que rien ne bouge. Et à la troisième lecture, il apparaît enfin clairement que ce modèle français que défend Jean-Marc Ayrault est tout simplement ce fameux modèle social-que-le-monde-entier-nous envie et qui a été conçu par le Conseil national de la Résistance il y a désormais près de soixante-dix ans, alors que le monde sortait d’un conflit historique, que l’ambition était de reconstruire et de ressouder un pays coupé en deux par la collaboration. Bref l’avenir, pour Jean-Marc Ayrault, ce sont les idées de Georges Bidault, de Joseph Laniel ou d’André Le Troquer. Pas de quoi faire rêver notre jeunesse qui se demande si elle doit attendre un reflux du chômage ou bien aller chercher un job dans ces pays émergents où le travail compte plus que la protection et où la liberté compte plus que l’égalité.
Car ce qui ressort du modèle français, tel que le conçoit Jean-Marc Ayrault, c’est un pilier et un seul : « la promesse républicaine de l’égalité ». Égalité à l’école. Égalité entre hommes et femmes. Égalité dans l’accès aux soins. Égalité des territoires. Égalité face aux institutions. Triste programme qui nie toute liberté d’entreprendre, toute liberté de risquer, d’imaginer, d’apprendre. En faisant de l’égalité la pierre angulaire de son « modèle pour la France » Jean-Marc Ayrault montre bien qu’en l’espace de six mois il n’a toujours pas progressé dans la compréhension du monde d’aujourd’hui. Alors qu’il y a plus d’un siècle et demi Alexis de Tocqueville nous prévenait déjà clairement : « Les Français veulent l’égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l’esclavage. »
Après avoir fait un long plaidoyer en faveur de cette égalité qui est totalement incompatible avec la notion de liberté, Jean-Marc Ayrault conclut cette tribune insipide et ennuyeuse par un paragraphe qui débute ainsi : « la France doit être plus accueillante à la prise de risque, à l’innovation économique, à la création d’entreprises comme à la création artistique ». Joli voeu pieux au moment où la nouvelle majorité ne pense qu’à mettre en place une fiscalité spoliatrice qui dégoûte, de fait, tous ceux, qui ont envie d’investir dans de jeunes entreprises, tous ceux qui sont prêts à démarrer une activité et tous ceux qui sont habités par l’audace créatrice.
Qui veut vraiment de ce nouveau modèle français où l’État est omniprésent, alors que ses caisses sont vides ?
Qui veut vraiment d’une France où les ministres passent leurs jours à chercher des solutions pour des entreprises
condamnées par la révolution technologique ?
Qui veut vraiment d’un pays où chacun se voit expliquer que l’État est là pour répondre au moindre problème ?
Qui veut de ce nouveau modèle social où l’individu compte moins que la collectivité ?
Paraphrasant Musset, Jean-Marc Ayrault pourrait finalement dire : « je suis venu trop tard dans un monde trop jeune. »
· 8 janv. 2013
Le Figaro
PASCAL PERRINEAU DIRECTEUR DU CENTRE DE RECHERCHES POLITIQUES DE SCIENCES PO (CEVIPOF)
La défiance est sévère au sein des couches populaires,
chez les électeurs du Front de gauche et ceux des Verts
« Le pouvoir gouvernemental semble, à tort ou à raison, mal tenu en mains : le duo président-premier ministre peine à trouver son rythme, la discipline gouvernementale laisse à désirer et la majorité » parlementaire connaît des lézardes
Avec 35 % de Français qui déclarent lui faire confiance,
en décembre 2012, pour « résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement » ,
François Hollande est le président de la République le plus impopulaire après sept mois d’exercice du pouvoir.
Depuis plus de trente ans, la Sofres mesure régulièrement, chaque mois, la confiance envers le président.
Aucun président n’a eu aussi peu de soutiens à l’issue de l’année de son élection
: François Mitterrand, en 1981 et 1988, dépassait largement la barre des 50 % (57 % et 58 %), Nicolas Sarkozy était fin 2007 à 49 %, Jacques Chirac en 2002 atteignait encore 47 %.
Seul Jacques Chirac, en 1995, avait subi la tourmente du mouvement social de novembre-décembre 1995 et se retrouvait à 39 % de confiance. En l’absence d’un tel contexte de protestation sociale, l’actuel président de la République se situe encore plus bas.
Ce niveau historiquement faible fait prendre conscience de l’ampleur du désaveu : en sept mois François Hollande a perdu 20 points,
seul Jacques Chirac, en 1995, avait encore perdu davantage (25 points).
Cette érosion vertigineuse est générale mais particulièrement accentuée dans les couches populaires (-35 points chez les ouvriers, -27 chez les employés), dans les couches supérieures des classes moyennes (-29 chez les Français appartenant à la catégorie moyenne supérieure des revenus), chez les personnes âgées (-25) et chez les électeurs proches du Front de gauche (-42) et d’Europe Écologie-Les Verts (-33).
Au fond, la base sociale et politique de la gauche présidentielle est en train de se fissurer profondément.
À cette défiance qui touche les « fidèles » il faut ajouter celle des « aînés » qui traditionnellement accordent par légitimisme leur confiance au nouveau président élu et celle de classes moyennes supérieures qui sentent qu’ils porteront l’essentiel du fardeau fiscal.
En revanche, dans les catégories aisées de par leurs revenus ou la culture, l’érosion est plus faible ainsi que parmi les sympathisants de droite où la confiance avait été chichement comptée au lendemain de la victoire du 6 mai 2012.
François Hollande tient mieux dans la bourgeoisie et les élites que dans le peuple.
Il y a là un élément inquiétant pour l’avenir de la gauche au pouvoir.
La « forme » présidentielle
Ce délitement obéit à la fois à des raisons de forme et de fond. La « forme » présidentielle est exigeante sous la Ve République. Nicolas Sarkozy qui avait cru subvertir la solennité de la fonction l’avait découvert à ses propres dépens. François Hollande, en voulant mettre en oeuvre une « présidence normale » (réduction des salaires de l’exécutif, utilisation de moyens de transport modestes, communication à faible intensité…), n’a pas convaincu et a pu donner l’impression qu’il n’était pas « à la hauteur » de la fonction.
Interrogés en décembre 2012 par l’institut OpinionWay pour la 4e vague du baromètre de confiance du Cevipof
33 % seulement des personnes interrogées
considèrent qu’il « a l’étoffe d’un président de la République »
(-9 points par rapport à octobre 2011).
Pour 60 % des mêmes personnes, François Hollande les « inquiète »
(+27 points par rapport à octobre 2011).
Cette montée de l’inquiétude est impressionnante.
Indépendamment du style d’exercice du pouvoir, le « fond » de celuici participe de la vague d’inquiétude. Le pouvoir gouvernemental semble, à tort ou à raison, mal tenu en mains : le duo président-premier ministre peine à trouver son rythme, la discipline gouvernementale laisse à désirer et la majorité parlementaire connaît des lézardes.
Dans un contexte de crise économique et financière hors du commun, ces flottements politiques sont sévèrement sanctionnés par l’opinion et renforcent le sentiment que les politiques mises en place sont inefficaces.
Dans un sondage réalisé le 21 décembre par BVA pour i-Télé,
40 % des Français interrogés considèrent que Nicolas Sarkozy a mené la « politique la plus efficace »,
22 % seulement pensent de même pour François Hollande,
31 % pensant qu’ils sont « aussi inefficaces l’un que l’autre ».
Trois millions de chômeurs
Cette crise de confiance par rapport au pouvoir présidentiel s’est brusquement accentuée en septembre dernier (-15 points de confiance de septembre à décembre) et va de pair avec l’annonce du dépassement de la barre symbolique des trois millions de chômeurs.
Le nouveau président a été pris dans un effet de tenaille entre une politique classique de relance de la demande (hausse du smic, augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, recrutement d’enseignants…) qui ne convainc pas et une politique d’austérité, véritable « stratégie de l’offre » assumée comme telle lors de sa conférence de presse du 13 novembre ( « il faut que notre offre soit plus compétitive et je l’assume » ) qui prend à rebrousse-poil tout une partie d’un électorat de gauche peu accoutumé aux vertus proclamées du « social libéralisme ».
CHOISIR
LA FRANCE
J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,
J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.
J'ai plus envie de relativiser. >>>>